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Affichage des articles dont le libellé est désinformation. Afficher tous les articles
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vendredi 9 novembre 2018

Un scanning de la couverture de presse mondiale sur le vapotage montre le grand décalage entre les journalistes et le public

Ils ont déniché 86'872 articles d'information traitant du vapotage depuis 2013. Une équipe de chercheurs américains du domaine de la santé publique a scanné plus de 100'000 sources en 23 langues provenant de 148 pays dans les archives de Google News, Bing News et des partages sur Twitter à partir de mots-clefs dans le registre du vapotage. De 8 articles publiés par jour en 2013, la moyenne de publications quotidiennes a bondi à 75 au premier semestre 2018. "Les informations données sont à la fois un marqueur de l'essor des ENDS [systèmes électroniques de délivrance de nicotine, acronyme utilisé par les auteurs pour parler de vapotage] et un vecteur de la manière dont les informations (et la désinformation) sont diffusées à propos des ENDS", estiment les auteurs de l'étude dirigée par John Ayers, de l'Université de San Diego, et publiée dans la revue Plos One

Une étude financée par le milliardaire anti-vape Michael Bloomberg

"Où les ENDS bénéficient-ils d'une couverture? Quelles problématiques émergent? Quelles stratégies réglementaires sont privilégiées? Le monitorage des médias d'information peuvent répondre à ces questions, et à bien d'autres encore", argumentent les auteurs. Financés par l'organisation de l'affairiste anti-vape Michael Bloomberg, ils ont analysé la provenance géographique, le sujet des reportages, la popularité des sujets dans le public, et le sentiment à propos du vapotage véhiculé par les articles.

La plupart des articles concernent les Etats-Unis avec 34% du total des publications, devant le Royaume-Uni (7%). Les articles de France sont très loin derrière symbolisant le peu de traitement du sujet au niveau francophone. La menace que fait peser la loi française contre l'information positive sur le vapotage jouant probablement un rôle dans ce mutisme.

Alarmisme contre arrêter de fumer

Le grand écart entre l'intérêt et l'orientation des journalistes et le public commence à se dévoiler avec les catégories des articles sur le vapotage. Les médias anglophones et francophones privilégient les informations d'avertissements contre le vapotage, devant les questions d'interdictions. Les sujets sur les prix viennent en troisième place dans ces régions, tandis qu'ils sont le centre d'intérêt premier dans les pays de l'est (Russie, Ukraine), en Inde et en Egypte.

Mais ces intérêts éditoriaux ne sont pas forcément ceux du public. Le principal sujet propulsant la popularité d'articles sur la vape est l'arrêt tabagique. "Il y a peu d'articles sur les ENDS centrés sur l'arrêt du tabac, mais ces articles ont le plus de chances d'être populaires, avec une probabilité de 13% de finir dans les 3 premiers déciles du classement de popularité", souligne la recherche. Dans la sphère francophone, les journalistes privilégient dans 30% des cas l'alarmisme, contre seulement 8% d'articles traitant de l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage. 

Le double d'articles négatifs que positifs

Une accentuation de la faible popularité des sujets de prédilection des journalistes est peut-être à chercher dans l'orientation qu'ils impriment à leurs articles. En analysant des marqueurs de sentiment exprimés par les registres sémantiques, les chercheurs notent que "très peu d'articles (17%) expriment des sentiments positifs, et seuls environ 1% sont fortement positifs". Selon l'analyse des chercheurs, le double d'articles expriment une orientation négative (39%), voire très négative (2%). Parmi les 44% d'articles classés comme neutres, on peut noter que ceux utilisant un registre très légèrement négatif sont plus de quatre fois plus nombreux que ceux très légèrement positifs.
La provenance géographique ne semble pas jouer de rôle sur l'orientation positive ou négative des articles. "Cependant, les articles sur l'abandon du tabac et les prix étaient généralement plus positifs que les articles ayant d’autres sujets", remarque l'étude publiée dans Plos One.

La césure avec le public 

"Nos résultats mettent en évidence plusieurs déconnexions entre les priorités de la communauté scientifique et les domaines de préoccupation potentiels du public", concluent les auteurs. Ils déplorent que les journalistes ne traitent pas suffisamment à leur goût du projet d'interdiction des arômes de vapotage. "De plus, les articles les plus populaires concernent comment arrêter de fumer, alors que ces articles contiennent plus de représentations positives que d’autres articles sur les ENDS", regrettent les auteurs, avant d'insister: "Bien que les études sur les ENDS comme aide à l'arrêt tabagique restent limitées et controversées dans le monde universitaire, le public semble désirer en apprendre davantage et les rédacteurs discutent souvent de manière positive de l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage".

mardi 6 novembre 2018

[Bref] La RTS effrayée à l'idée que la Juul puisse faire baisser le tabagisme en Suisse

Avant même qu'elle ne soit en vente en Suisse, la Juul est l'objet de l'attention de la radio nationale RTS. Un sujet sur la matinale d'hier la présente comme l'objet qui "fait fureur chez les jeunes américains". Rien de moins. C'est faux, mais c'est une super accroche marketing pour le lancement d'une mode chez les jeunes suisses. Pour donner l'impression de s'appuyer sur des faits, la RTS référence une tribune de Scott Gottlieb, le Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA), dans le Washington Post. 

Trumpetterie

Dans le style trumpien, il avance des chiffres non-publiés, invérifiables où le propos gonfle une grenouille à coup de pourcentages à défaut de faits tangibles. A une époque où les records de trumperies quotidiennes explosent, on aurait pu s'attendre à un peu plus de sérieux et de professionnalisme des journalistes de la RTS avant de reprendre pour argent comptant cette esbroufe. Mais sur le sujet, on a déjà pu le voir à plusieurs reprises, notamment lors de la publication du rapport scientifique du Royal College of Physicians, la RTS préfère les mensonges et la calomnie que d'informer.

En réalité, 1,6% des jeunes entre 15 et 34 ans déclarent utiliser une Juul au moins 10 fois dans le mois, selon les données de la dernière recherche de Truth Initiative, une organisation hostile au vapotage. Parler d'épidémie est risible avec un tel taux à une fréquence d'usage plus basse que celle prise en considération habituellement (20 fois par mois) pour le tabagisme. Selon cette recherche publiée dans la revue Tobacco Control, en tout 6% de cette classe d'âge dit avoir utiliser la Juul, mais dont près des trois quart ne l'utilisent pas fréquemment.

De manière plus globale, le vapotage a décimé le tabagisme des jeunes américains depuis son essor en 2011. Moins de 2% de lycéens vapotent régulièrement, pour les 9/10ème avec un passé tabagique. Environ 10% d'autres lycéens vapotent occasionnellement sans nicotine. Ce sont ceux qui en expérimentant le vapotage évitent d'expérimenter la cigarette. Les conséquences sont manifestes: le tabagisme des jeunes américains dégringole comme jamais auparavant. 

Chez les 18-24 ans, qui étaient adolescents durant l'essor du vapotage, ils ne sont plus que 10,4% à fumer. 5% sont ex-fumeur, pour une bonne partie en s'aidant du vapotage, et 13% ont vapoté momentanément dans leur vie et éviter de devenir fumeur. Si cette part d'adolescents avait essayé la cigarette à la place, ce qui 7 fois sur 10 fini par du tabagisme régulier à long terme, le taux de tabagisme serait à peu près similaire à ce qu'il était avant 2011 et la popularisation du vapotage.

En promotion cette semaine, la peur

Mais tout ceci n'intéresse pas la RTS. La peur est un meilleur produit médiatique. Et ce n'est pas totalement gratuit. L'élue 'verte libérale' Graziella Schaller en profite pour placer son slogan de marketing politique: "j'espère vraiment que ce [la vape] sera assimilé à des produits du tabac pour protéger les jeunes, qui actuellement peuvent avoir un accès extrêmement facile à ces produits". C'était également la demande des cigarettiers cet été lors de la table-ronde avec l'administration fédérale. Ce dernier épisode de la RTS a le mérite de lever l'ambiguïté sur les motivations de Graziella Schaller et dans quel camp elle se trouve. Livrer les vapoteurs et la vape aux cigarettiers pour programme.

Actuellement, 38% des jeunes romands de 18 à 24 ans fument, plus du quart des 15 à 18 ans suisses aussi. Mais selon la responsable politique, le problème est donc le vapotage, pas la situation tabagique que la politique actuelle a engendré. Du Orwell version 2018: "Fumer est nocif, donc empêchons les gens d'éviter de fumer avec le vapotage". 

La Juul en Suisse bientôt, mais laquelle ?

Concernant le monstre fantasmé que serait la Juul, un petit pod avec des recharges scellées, son arrivée sur le marché Suisse se précise depuis que la firme a déposé son nom au registre du commerce de Zoug cet été. Mais rien n'indique quelle version du produit sera commercialisée le cas échéant. Deux versions de la Juul existent en dosage de nicotine très différents, une américaine et une autre européenne. 

La Juul aux Etats-Unis contient 0,7 ml de liquide concentré à 50 mg/ml de sels de nicotine. Un bon équilibre entre tirage serré et dosage de nicotine en sels, qui a attiré une part conséquente de fumeurs américains. Le cabinet financier Citi estimait en avril que la Juul est la raison la plus probable à l'effondrement des ventes de cigarettes au 1er trimestre de cette année. D'où la réaction très agressive des défenseurs des cigarettiers contre la start-up qui menace leur profit.

Mais la Juul existe aussi désormais dans une version européenne de 1,2 ml à 17 mg/ml de sels de nicotine, commercialisée depuis peu dans certaines villes anglaises. Le produit dans cette version n'apporte rien de particulier qui ne soit déjà offert sur le marché. Laquelle des deux sera en Suisse, la chose n'est pas claire à ma connaissance... 


samedi 3 novembre 2018

Photos truquées sur la vape: les autorités de santé du Montana prises en flag' de manipulation

Les échanges de mails entre Jen MacFarlane, responsable de la promotion de la santé du comté de Gallatin dans le Montana (USA) et la graphiste engagée par son département sont effarants. Demande d'images terrifiantes, de trucages et de falsifications, ainsi que d'utiliser des photos d'adolescents de minorités ethniques et de sub-cultures marginales pour parfaire l'amalgame. On retrouve toutes les ficelles d'anciens processus de criminalisation de consommateurs, mais cette fois contre le vapotage. Ces mails, Ron et Deanna Marshall, du magasin Freedom Vapes, se les ont procuré en activant le Freedom of Information Act (FOIA), la loi sur la liberté d'information qui permet d'avoir accès à la correspondance des services d'Etat. Ils ont reçu 4'000 pages recto-verso.

Liquide anti-gel, respirateurs artificiels et rappeurs

"Merci pour ces images. Pouvez-vous modifier les labels du liquide de vape pour représenter la toxicité, ce serait grandiose", demande sans point d'interrogation Jen MacFarlane, le responsable du département de santé à la graphiste. La créatrice a bien saisi l'esprit du travail. "Est-ce que nous montrons un jeune avec un respirateur artificiel, ou avec un inhalateur pour asthme avec le slogan "Vapoter n'est pas sans risque" ?", demande t-elle à un autre moment. Il n'existe aucun cas de bronchopneumopathie (BPCO) à cause du vapotage, mais cela n'est pas même évoqué dans la conversation. 

Pour compléter l'invention du mythe, elle propose aussi de faire des photos d'une vaporette remplie de "liquide anti-gel". MacFarlane insiste pour inclure des images d'adolescents "identifiés au Hip-Hop ou d'autres groupes de pairs et culture alternative". Etc. Les idées de faux pullulent au long des documents internes.

Programme de publication pour les jeunes

Ces falsifications n'ont pas été sans conséquence légale. Le comté de Gallatin s'est appuyé sur ces documents pour décider d'interdire le vapotage dans les lieux publics, y compris dans les magasins de vape. Les usagers expérimentés ou débutants ne peuvent plus essayer ni recevoir d'instructions pratiques dans les shops spécialisés. Ron Marshall, commerçant de vape, déplore cette restriction et plus globalement la stigmatisation du moyen d'arrêter de fumer. "Ils essaient de représenter une image du vapotage qui est un mensonge. Les gens l'utilisent pour arrêter le tabac", déclare t-il à la chaîne NBC Montana (voir vidéo en fin d'article).

Interdiction contestée

"Le porte-parole du département de la santé du comté de Gallatin, Matt Kelley, a déclaré que les courriels faisaient partie d'un programme visant à créer des publications sur les réseaux sociaux destinées aux jeunes avec une subvention reçue des Centers for Disease Control (CDC)", précise la chaîne de télévision. Le porte-parole estime justifiées ces falsifications contre le vapotage. De leur côté, les autorités ont eu des doutes et ont fait volte-face à deux reprises. Finalement ce 25 octobre, le Conseil de santé du comté a voté par 7 voix contre 2 l'interdiction du vapotage en intérieur avec effet immédiat.

Les vapoteurs sont désormais punissables d'une amende de 25$ à 100$, tandis que les gérants de magasins peuvent écoper d'une amende de 100$ à 500$. Cela ne devrait ne pas en rester là. "Il y a collusion et il pourrait y avoir une violation des droits civils", estime Ron Marshall. Son épouse a annoncé une plainte après le vote du Conseil du comté au quotidien local Bozeman Daily Chronicle. De son côté, Matt Kelley, le porte-parole du département de santé dit réserver ses déclarations sur d'éventuels litiges seulement lorsque les poursuites seront officiellement entamées.

Le reportage de NBC Montana:



dimanche 29 juillet 2018

Un communiqué de presse de l'IADR désinforme sur les résultats d'une étude sur la réduction des risques cancérigènes du vapotage

"Les vapoteurs exclusifs sont exposés à des niveaux de nitrosamines nettement plus bas que les utilisateurs des produits de tabac, en dépit d'exposition à la nicotine similaire". Les données sont claires dans le résumé de l'exposé de Benjamin Chaffee, de l'Université de San Francisco Californie, à la 96ème session de l'International Association for Dental Research (IADR) hier à Londres. Les taux de nitrosamines spécifiques au tabac (TSNA), connus pour être cancérigènes, sont très nettement plus bas chez les vapoteurs que chez les fumeurs et les autres utilisateurs de produits de tabac. Entre autres, le taux de NNAL (4-(methynitrosamino)-1-(3)-pyridyle-1-butanol) mesuré dans les urines des vapoteurs exclusifs était en moyenne de 4-pg/mg [variant de 2 à 9], contre 286-pg/mg chez les fumeurs exclusifs, et atteignant 869-pg/mg [variant de 411 à 1632] chez les usagers de produits de tabac oraux américains.

Le communiqué de presse contredit les résultats de l'étude

Pourtant, Elise Bender, chargée de comm' de l'Association international de recherche dentaire, a divulgué un communiqué de presse dont le titre affirme l'exact inverse: "L'usage d'e-cigarette et de produits du tabac lié à une augmentation du risque de cancer oral". En évitant soigneusement de citer les données de l'étude sur 6'241 participants qui montrent que les vapoteurs ont des niveaux urinaires de TSNA jusqu'à plusieurs centaines de fois moindres que les consommateurs de tabac. "Le titre de ce communiqué de presse contredit directement les résultats de cette étude. L'étude n'a pas trouvé chez les vapoteurs de niveaux de cancérigènes indiquant un risque de cancer", réagit le Pr Peter Hajek, de l'Université Queens Mary de Londres. "Le titre aurait du être "les produits du tabac mais pas les e-cigarettes sont liés à des risques de cancer" "

Taux de nitrosamines des vapoteurs similaires à des non-fumeurs

Sur la page du Science Media Centre, le Pr Peter Hajek précise que les taux mesurés chez les vapoteurs sont approximativement ceux détectés habituellement chez des non-fumeurs. Même si le résumé de l'étude, qui n'a pas encore été publiée, ne livre pas les niveaux mesurés chez les non-fumeurs. "Sans accès à l'étude évaluée par les pairs, il est difficile de mettre ces résultats en contexte", explique le Pr Paul Aveyard, de l'Université d'Oxford. L'étude semble avoir classé comme vapoteur toute personne déclarant avoir utilisé une vaporette au cours des 30 derniers jours, quelque soit la fréquence d'usage. "Le niveau de vapotage qui consiste simplement à essayer ne devrait pas réduire l'exposition aux substances cancérigènes du tabac", souligne le professeur de médecine comportementale. Selon le résumé de l'exposé de Benjamin Chaffee, 72% des usagers de vapotage du panel étaient aussi consommateurs de tabac, contre 28% de vapoteurs exclusifs. 

"Cesser totalement de fumer aussi vite que possible"

Le Pr Paul Aveyard rejoint le Pr Peter Hajek sur le caractère très rassurant des résultats pour les vapoteurs exclusifs. "L'étude montre que les personnes qui utilisent du tabac, qu'il soit oral ou fumé, présentent des niveaux élevés de cancérogènes, alors que les personnes qui utilisent des vaporettes, qui sont sans tabac, ont des niveaux très bas. Ce qui est très rassurant pour les gens qui vapotent", souligne t-il. Cependant, le cas des double-usagers, qui vapotent et fument encore, est sensiblement moins rassurant. "Les personnes qui vapotent et fument ont des niveaux de cancérogènes similaires aux fumeurs", précise le Pr Paul Aveyard.

Le Dr Ed Stephens, auteur d'une méta-analyse sur les risques cancérigènes comparés entre fumer et vapoter, insiste sur l'effet de tromperie du communiqué de presse et l'importance d'informer sur les risques de conserver une consommation de tabac. "En résumé, le fait de ne pas clarifier dans le communiqué de presse la catégorie des double usagers vapotage et tabac désinforme sur les résultats en laissant entendre que le vapotage seul comporte un risque de cancer de la bouche comparable au tabagisme. Les données ne corroborent pas cette conclusion, au contraire elles montrent clairement que les vapoteurs qui ne fument plus ont un risque beaucoup plus faible de cancer buccal lié aux TSNA que ceux qui combinent le vapotage avec le tabagisme. Le message pour les fumeurs qui prennent le vapotage pour des raisons de santé est très clair - cesser de fumer tout à fait aussi vite que possible".



mercredi 18 juillet 2018

[Bref] Pfizer offre 300'000 $ à qui veut faire de la propagande anti-réduction des risques

300'000$ pour des programmes d'éducation ciblés sur l'aide aux fumeurs. Fantastique! L'appel à candidatures pour une subvention de Pfizer, la grande firme pharmaceutique, parait formidable à prime abord. C'est en lisant les détails qu'on déchante et que son véritable objectif apparaît. "Nous avons l'intention de soutenir des programmes visant à accroître les connaissances des professionnels sur l'importance de l'abstinence tabagique complète à l'opposé des stratégies de réduction des risques pour les fumeurs motivés à arrêter", stipule l'appel d'offre de Pfizer ouvert aux Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Espagne et Japon. Toute l'annonce s'axe sur l'opposition aux approches de réduction des risques, c'est-à-dire "les mesures prises pour réduire les risques pour la santé associés à l'utilisation de tabac fumé" et tout particulièrement le vapotage et les cigarettes chauffées, précise Pfizer.

Les organismes intéressés à toucher leur part des 300'000$ pour faire de la propagande contre la réduction des risques et saboter l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage ont jusqu'au 28 août pour soumettre leur demande à Pfizer. La New Nicotine Alliance (NNA) britannique n'a pas déposé de dossier. Par contre, elle a envoyé un courrier pour dénoncer l'opposition stérile et infondée de Pfizer entre abstinence aux cigarettes et réduction des risques. "Malgré le fait que l'appel d'offre déclare que «Pfizer n'a aucune influence sur aucun aspect des projets», il est clair que Pfizer tente d'influencer les projets avant même qu'ils ne commencent en fournissant une description aussi trompeuse de l'objet à traiter", s'agace Sarah Jakes, présidente de l'association NNA. A priori, peu de chance que la NNA touche un chèque de Pfizer. Par contre, on sait quoi penser de l'éthique et du professionnalisme de ceux qui encaisseront.


vendredi 6 juillet 2018

24 Heures refait le coup du vendeur fantôme de vaporette à un enfant, pour servir le Sommet Etat & Tabac contre la vape

Le jour même où l'administration convie l'industrie cigarettière pour "réguler" le vapotage en Suisse, le quotidien lausannois 24 Heures nous refait le coup du vendeur fantôme de vaporette à un enfant. Six mois après le bidonnage de la Liberté, le quotidien de Tamedia annonce en titre de Une qu'un garçon de 10 ans a acheté "une vapoteuse en toute légalité". Le journaliste s'appuie sur le récit d'un papa anonyme sans jamais aller vérifier ses dires auprès du vendeur indélicat soi-disant de Morges. Pourtant le journaliste précise que l'enfant aurait indiquer l'endroit de l'achat. Je n'ai jamais vu un journaliste agir de cette manière: enregistrer un témoignage accusant une partie et ne pas essayer de contacter cette partie accusée. Or, comme lors de l'affaire de la pseudo-vente à Fribourg de la Liberté, aucune vérification n'est faite. Sic ! Pourtant, le code de déontologie du Conseil de la presse Suisse précise en directive (3.1) que "l‘acte premier de la diligence journalistique consiste à s‘assurer de l‘origine d‘une information et de son authenticité".

Lors du précédent buzz, la Liberté avait été incapable de me confirmer l'existence d'un vendeur et une équipe, dépêchée spécialement à Fribourg dans ce but et très motivée, de la RTS n'avait pas réussi à retrouver ce mystérieux vendeur fantôme. Cela n'avait pas empêché la chaîne nationale de diffuser un reportage à charge sur "cette histoire" sans sujet. D'autres opérations médiatiques similaires de "vente fantôme" laissent à penser à un nouvel épisode d'une technique de communication bien éprouvée. 24 Heures y ajoute le buzz de la pseudo étude mensongère sur les souris et quelques assertions sans fondement de lobbyistes pour livrer son article à sens unique.

24 Heures au service du Yalta Etat-Tabac

L'article du jour, à sens unique, prend une saveur particulière puisqu'il est publié le jour même que l'administration fédérale organise son Yalta de la vape, sous l'impulsion de lobbyistes de la pharmaceutique, de connivence avec les grands cigarettiers conviés et quelques représentants isolés de l'industrie indépendante du vapotage. Aucun représentant des usagers n'a été contacté. L'objectif de ce sommet de l'Etat et du tabac: restreindre les ventes de vapotage. Le prétexte: le risque de vente à des mineurs. alors que près de 16% sont fumeurs en Suisse. Un taux stable durant les années de prohibition du vapotage commencée en 2009 (et non 2015 comme l'invente le journal vaudois). 

Les comptes du tabagisme adolescent caché en Suisse

Dans la même période, les parts de fumeurs chez les adolescents américains et britanniques a été divisé de moitié sous l'impact du vapotage. En France, le suivi Paris Sans Tabac rapporte le même phénomène de ringardisation du tabagisme sous l'effet des vaporettes. Sur les données récoltés avant les législations en interdisant la vente aux mineurs, les trois quarts des quelques 20% d'adolescents expérimentant le vapotage le faisaient sans nicotine. Un moyen d'essayer, de "jouer à", pour les ados sans risque de dépendance. Le 1,7% des ados américains vapotant régulièrement avec nicotine étaient pour la quasi totalité (9/10) déjà fumeurs. En bref, là où le vapotage s'est développé, le tabagisme des jeunes a dégringolé. En Suisse, il s'est maintenu. 

Conserver la situation propice au tabagisme est bien l'objectif de la plupart des acteurs poussant à ce sommet anti-vape Suisse, alors même que la vente de cigarettes est autorisée aux mineurs au niveau fédéral. On y retrouve donc une administration encaissant plus de 2,2 milliards Fs par an en taxe tabac, et faisant l'économie de plus de 15% de retraites non versées aux morts prématurées du tabac, l'industrie cigarettière, et la pression des petits soldats du lobby du cancer qui veulent "soumettre la cigarette électronique au même cadre légal que les produits du tabac". Aujourd'hui les jeunes qui avaient 16 ans au moment de la prohibition du vapotage en Suisse en 2009, ont 25 ans. Ils sont 38% de fumeurs en suisse romande, selon les statistiques officielles. C'est la défense de ce statu-quo, favorable au tabac, à la pharma et à l'Etat, au détriment de la population qui se joue aujourd'hui et pour lequel le journal vaudois a déployé ce grossier enfumage émotionnel.


mercredi 27 juin 2018

Le Commissaire européen à la santé Andriukaitis participe t-il à la diffusion de fake news en faveur du tabagisme?

Luke Ming Flanagan n'a pas sa langue dans sa poche. Le député européen irlandais, connu pour ses positions en faveur de la réduction des risques, a demandé le 25 avril au Commissaire à la santé européen, le lituanien Vyrtenis Andriukaitis, de clarifier les choses sur le vapotage.  "Les fake news [la désinformation] sont une préoccupation majeure pour quiconque a un intérêt direct dans la démocratie. (...) Un exemple récent et potentiellement nocif concerne le vapotage (...) Actuellement, une pléthore de fausses «études»* sont largement citées dans nos médias traditionnels**, bien que ces «études» aient été démenties***", explique le député irlandais indépendant, mettant en référence l'enfumage grossier des chercheurs de Portland dans le New England Journal of Medicine, démonté par une série de scientifiques dont ceux du Public Health England (voir référence en fin d'article).

Dans ce climat de maccarthysme anti-vapotage, Luke Ming Flanagan demande à la Commission européenne de prendre ses responsabilités. "Compte tenu de ce qui précède, la Commission réexaminera-t-elle l'inclusion de la réglementation sur le vapotage dans la directive sur les produits du tabac (TPD), elle-même fondée sur des appareils obsolètes et avant les études de pointe du Public Health England (PHE), du Royal College of Physicians (UK) et du Cancer Research UK ?". Pour le dire de manière directe, le Commissaire lituanien va écouter les scientifiques ou continuer de participer à l'enfumage pour maintenir les fumeurs dans le tabagisme.

Andriukaitis veut tout bloquer jusqu'en 2021 (au moins)

La réponse de Vyrtenis Andriukaitis est aussi claire que l'indépendance de son gouvernement envers la production de cigarettes et du principal acteur de la reconstruction de la Lituanie dans les années 1990' et qui en est toujours un des investisseurs majeurs, le cigarettier Philip Morris. "Etant donné l'absence de preuves concluantes concernant les effets à long terme sur la santé des cigarettes électroniques, leurs modes d'utilisation et la possibilité de faciliter le sevrage tabagique, l'article 20 de la directive adopte une approche prudente autorisant ces produits à rester disponible pour les consommateurs. La Commission surveille en permanence les développements liés aux cigarettes électroniques, y compris les preuves scientifiques émergentes. Ces informations contribueront au rapport de mise en œuvre que la Commission est tenue de présenter en 2021 conformément à l'article 28, paragraphe 1, de la directive", répond par écrit le Commissaire à la santé ce 26 juin. Une réponse aussi immuable que l'état de ses connaissances sur le sujet semble t-il.

De quoi faire sauter au plafond les scientifiques du domaine. Le Dr Riccardo Polosa par exemple, s'étonne que Vyrtenis Andirukaitis n'est pas encore pris connaissance des rapports cités par Luke Flanagan. Le rapport du Public Health England est sorti en 2015 et vient d'être mis à jour au début de l'année, celui du Royal College of Physicians, l'institution la plus en pointe sur le domaine tabagique depuis son rapport de 1962, est sorti en 2016, le Cancer Research UK multiplie les études sur le sujet...

Pourquoi le vapotage est-il assimilé à la directive sur le tabac ?

Mais Luke Flanagan ajoute un point précis à sa question du 25 avril. "Cela signifie t-il que les produits de vapotage sont considérés comme des produits du tabac, même s'ils ne contiennent pas de tabac: si c'est parce que ces produits contiennent de la nicotine, pourquoi les tomates, les pommes de terre, les poivrons, etc. ne sont-ils pas considérés comme des produits du tabac?" Réponse laconique du Commissaire lituanien: "En raison des caractéristiques des cigarettes électroniques, et en particulier de leur teneur en nicotine, il a été jugé approprié de les considérer comme des produits liés au tabac et de les inclure dans le champ d'application de la directive." Y a t-il besoin de commentaire à une réponse aussi creuse et hypocrite ?

Les références à la question de Luke Flanagan:


samedi 23 juin 2018

L'administration Suisse prépare son Yalta du vapotage avec les cigarettiers sans les usagers

Au nom de la protection des jeunes, les services d'Alain Berset s'apprêtent à livrer les vapoteurs helvétiques aux cigarettiers dans une sorte de Yalta Suisse de la vape. L'Office fédéral de la Sécurité Alimentaire et des affaires Vétérinaires (OSAV) annonce, dans une mise à jour du 18 juin de sa page consacrée au vapotage, inviter "les acteurs de la branche à une table ronde début juillet". D'après nos renseignements, seuls sont conviés à ce rendez-vous pour s'entendre sur le vapotage: les grands cigarettiers et quelques professionnels indépendants. L'initiative des bureaucrates bernois suit, en en reprenant les termes, l’interpellation au début du mois du Conseiller aux Etats Joachim Eder.

Le Conseil Fédéral "est-il disposé à organiser une table ronde avec l'industrie du tabac et le commerce des produits du tabac en vue d'étendre l'autorégulation de la branche aux nouveaux produits et de convenir avec le commerce d'un âge minimal de 18 ans pour la remise de produits du tabac et de cigarettes électroniques?", demande Joachim Eder au Conseiller fédéral Alain Berset, en charge du domaine de la santé. Celui-ci n'aura pas eu le temps de répondre officiellement que son administration s’exécute déjà. Promptitude exceptionnelle dans la capitale helvétique.

L'alliance des anti-tabac et des cigarettiers

Joachim Eder, qui siège au Conseil d'administration d'une entreprise pharmaceutique avec la Conseillère nationale ultra anti-vape Ruth Humbel, cache à peine avoir préparé son interpellation en bonne intelligence avec les cigarettiers. Japan Tobacco se déclare évidemment enthousiaste. "Nous sommes tout à fait ouvert à un tel dialogue et un régime de protection des jeunes intra-industrie", affirme Kevin Suter chargé de communication de Japon Tobacco International (JTI) au quotidien gratuit suisse-allemand 20 Minuten"Voici une entreprise responsable envers la protection des mineurs", commente Joachim Eder, dans le même article. Le tout est d'avaler que le vapotage est un danger pour les jeunes tandis que la vente de cigarettes, sans restriction d'âge au niveau fédéral et fumées par un tiers des 15-24 ans, est un acte "responsable envers la protection des mineurs".

Les usagers écartés par les autorités

La couleuvre est grosse, mais l'entente entre lobby du tabac et soi-disant anti-tabac sur le dos des vapoteurs, bien assaisonnée d'enfumage par les médias mainstreams, semble réussir à la faire passer. L'OSAV va donc orchestrer le partage de la vape avec les grands cigarettiers et, pour faire bonne figure, quelques représentant de l'association des professionnels du vapotage indépendants (SVTA). Les usagers, eux, semblent avoir tout loisir d'attendre un hypothétique rendez-vous. Dialoguer avec les principaux concernés ne semble pas une priorité de l'administration Suisse. Ah oui, n'oublions, tout ça se fait au nom de la défen$e des jeunes en voulant les priver d'un moyen d'éviter de fumer... 



lundi 18 juin 2018

[Flou] Le Grand Conseil valaisan interdirait aux mineurs d'arrêter de fumer avec la vape, selon la RTS [MàJ]

On ne trouve rien de clair et précis concernant cette décision sur le site du parlement valaisan pour le moment. Mais d'après la télévision nationale RTS, le Grand Conseil valaisan a adopté jeudi dernier une interdiction de vapotage pour les mineurs. La "cigarette électronique", selon les termes de la télévision, est interdite de vente aux moins de 18 ans en Valais à partir du 1er janvier prochain. "En cas de non-respect, l'amende pourra atteindre jusqu'à 50'000 francs pour les vendeurs", prévient la RTS. Aucun détail sur la portée de cette prohibition n'est donné par l'organe de télévision. Par ailleurs, le Grand Conseil valaisan repousse l'âge légal de vente des cigarettes ainsi que de l'herbe faible en THC à 18 ans.

Add 19-06-2018 : Voici le texte de la modification de loi.
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La notion de "cigarette électronique" n'étant qu'une appellation impropre, difficile de savoir ce que cette décision recouvre sur la base des propos de la télévision nationale. Le Tribunal Administratif Fédéral (TAF) a rappelé récemment sur le sujet que les autorités ont un devoir de clarté dans sa décision. Le flou volontairement entretenu par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) avec des termes approximatif et abstraits, tels que "cigarette-électronique", utilisés pour recouvrir un ensemble de produits distincts a été jugé un "vice de forme" et "une erreur grave" par le tribunal. Justifiant de casser la décision administrative de prohibition.

Le député PS Valentin Aymon ment et nuit

Le soucis de clarté et d'honnêteté ne semble pas animer particulièrement le socialiste Valentin Aymon, Face caméras, le parlementaire valaisan s'est permis de mentir, et de nuire potentiellement à la santé de ses concitoyens, en affirmant que le vapotage "n'est pas moins dangereux que de fumer". Valentin Aymon a ainsi implicitement encourager les 38% de jeunes romands de 15 à 24 ans fumeurs à continuer de fumer et de ne pas essayer de passer au vapotage pour éliminer le monoxyde de carbone et les goudrons. :Gerbe: 

Le niveau de tabagisme stagne chez les jeunes adultes en Suisse tandis qu'en comparaison, le tabagisme des jeunes adultes anglais a chuté de 16% à 19% depuis 2010 sous l'impact du vapotage. En France, les enquêtes de Paris Sans Tabac montrent une chute sans précédent du tabagisme des adolescents. "Le vapotage a rendu ringard la cigarette et amplifié les effets du PNRT. (...) L’évolution actuelle rend très optimiste sur l’extinction du tabagisme", estime le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et spécialiste de la question du tabagisme en France.

Dans la tranche d'âge de 15 à 17 ans, les jeunes suisses sont 15,8% à fumer selon les statistiques officielles. Un taux qui semble avoir sensiblement décroché depuis 2014 (20,7%). Le Valais serait le premier canton a interdire à ses mineurs l'accès au moyen de réduction des risques qu'est le vapotage. Affaire à suivre en espérant avoir des informations accessibles plus claires et précises que cette bouillie...



dimanche 10 juin 2018

[Bref] En Nouvelle-Zélande, la santé publique demande a une obscurantiste américaine de la fermer

"Laisser une personne des États-Unis, scientifique de laboratoire sans aucune expérience réelle de travail avec les gens pour les aider à arrêter de fumer, tenir ces propos est tout simplement irresponsable. Elle ne semble pas travailler avec des patients ni dans la santé publique. Pourquoi la laisser commenter ces questions ?" Lance Norman, le directeur de Hãpai Te Hauora le service de santé publique maori, ne décolère pas des propos irrationnels contre le vapotage diffusés sur TV3 à travers une interview de Michelle Peace, professeure en Médecine légale de Virginie (USA). Les acteurs de terrain néo-zélandais s'agacent de cette "ingérence américaine contre la santé publique " sur la question de l'arrêt tabagique.

A l'émission The Project mercredi dernier en prime time, l'américaine Michelle Peace déclare croire que les vapoteurs devraient "être inquiets", car le vapotage contient des "produits chimiques" (!) dont de "la nicotine" (!!). "Je pense que les scientifiques discutent encore pour déterminer si les effets sont ou non à l'échelle inoffensive. Ce n'est pas de la vapeur d'eau, et l'eau dans les poumons est appelée la noyade alors... [rires]", s'est-elle ridiculisée. Avant de refuser de débattre de l'efficacité du vapotage pour arrêter de fumer, en concédant qu'il ne fait "aucun doute que les gens ont besoin d'arrêter de fumer des cigarettes"

Dry dead

"Comment perdre sa crédibilité de scientifique d'un seul coup? Allez sur The Project NZ et dites que les vapoteurs 'inhalent de l'eau', et que donc 'ils seraient en train de se noyer'! Oops. S'en tenir à des sujets que l'on connait", griffe Marewa Glover, spécialiste néo-zélandaise de l'arrêt tabagique, sur Twitter. Bien qu'américain, le Pr Carl Philipps ajoute avec son sens de l'ironie que "si vous n'avez pas trace d'humidité dans les poumons, c'est que vous êtes mort en plein désert depuis quelques temps déjà".

Lance Norman aussi a bondit de son canapé en entendant le florilèges de grosses conneries de Michelle Peace à une heure de grande écoute. "Des commentaires erronés ont été émis dans cette émission à l'intention des personnes qui essayent d'arrêter de fumer. Nous sommes surpris qu'il n'y ait pas eu de contre-point", explique le communiqué de l'organisme de santé maori. "Il y a des dizaines de millions de personnes qui vapotent dans le monde entier et il n'y a encore aucun signe de problème de santé majeur, rien de comparable aux dommages immenses et irréversibles causés par les cigarettes. Parler de la maladie des ouvriers du «pop-corn» américains à cause du vapotage est de l'alarmisme infondé", insiste Lance Norman sur une des perles de l'américaine.

Ne pas nuire

Mihi Blair, directrice générale du service national de lutte contre le tabagisme, est aussi en colère contre l'obscurantiste américaine: "Si elle se souciait de nos communautés, en tant que toxicologue médico-légale, elle aurait pu mentionner la stupéfiante toxicité de fumer des cigarettes et de la fumée secondaire et que le vapotage ne présente pas". Cette volée de bois vert s'est clôt par un appel à la responsabilité sanitaire du directeur de Hāpai Te Hauora. "Nous devons être en mesure d'offrir à nos gens la meilleure chance possible d'être sans fumée", déclare Lance Norman. "Nous avons les témoignages de beaucoup de fumeurs pour qui le vapotage fonctionne pour eux. Ne rendons pas une tâche difficile encore plus dure en répandant des peurs inutiles".


samedi 3 mars 2018

AFP & UCSF bullshit: la vape provoque t-elle des crises cardiaques avant qu'on ne se mette à vapoter ?

Le professeur poursuivi pour harcèlement sexuel par plusieurs étudiantes est toujours bien entouré
La dernière imbécillité du Pr Stanton Glantz: transformer une corrélation en lien de causalité sans même connaitre la temporalité des deux événements liés. A savoir, un lien entre crise cardiaque et vapotage dans une étude transversale (!) où il n'était pas demandé la date de l'éventuelle crise cardiaque. Autrement dit, les données recueillies dans les National Health Interview Surveys de 2014 et 2016 permettent de savoir qui a eu une crise cardiaque et parmi ceux-ci qui fume et/ou qui vapote. Mais on ne sait pas quand ces personnes ont eu une crise cardiaque. Avant ou après s'être mis à vapoter ? On ne le sait pas. La seule chose montrée par ces données est "une association significative (odds ratio=1,79) entre l'utilisation quotidienne de vapotage et le fait d'avoir subi une crise cardiaque dans sa vie". Contrairement à ce qu'affirme la dépêche de l'AFP reprise sur une série de sites putaclicks, rien ne permet d'affirmer un quelconque lien causal entre les deux événements.

Honte académique

L'AFP s'est fait une spécialité de répandre les fausses infos contre le vapotage
On ne peut pas affirmer à partir de ces données que subir une crise cardiaque amène des fumeurs à essayer d'arrêter de fumer avec le vapotage. Même si cela parait de bon sens, on ne peut pas l'affirmer à partir de ces données parce qu'on ne connait pas la séquentialité entre les événements recensés. Mais évidemment, on ne peut pas non plus dire à partir de ces données que vapoter provoque des crises cardiaques, dont il est possible qu'une partie (voire une très grande partie) se sont déroulées avant que les personnes ne commencent à vapoter. C'est pourtant ce qu'a fait Stanton Glantz, de l'Université Californienne de San Francisco. Bien que l'étude ne soit pas encore publiée, l'ultra anti-vape l'a présenté au congrès de la Société de Recherche sur la  Nicotine et le Tabac (SRNT) la semaine dernière à Baltimore. 

Le plus plausible: le vapotage pour arrêter de fumer après une crise cardiaque

Pour le Pr Mickael Siegel, de l'Université de Boston, il est "peu plausible que le vapotage puisse augmenter le risque de maladie cardiovasculaire au-delà du tabagisme" contrairement à ce que prétend Stanton Glantz. "Pourquoi? Parce que les effets cardiovasculaires de la fumée sature à un niveau très bas d'exposition. Cela signifie qu'il suffit de fumer déjà un peu pour fortement augmenter le risque. Mais au-delà, le risque augmente peu", explique le professeur de santé publique. Une raison pour tenter autant que possible de ne pas/plus fumer, même peu. Evidemment, l'hypothèse la plus plausible, mais ce ne peut être qu'une hypothèse, est que les fumeurs de l'enquête ayant subi une crise cardiaque ont été motivés ensuite à arrêter de fumer. "Ces dernières années, de nombreuses tentatives d'arrêt se font à l'aide du vapotage", souligne le Pr Michael Siegel. 

Stanton Glantz a raison sur un point

Célèbre pour prétendre devant ses étudiantes "pouvoir violer même la fille du gouverneur sans risquer aucun problème", le Pr Stanton Glantz semble avoir raison au moins sur ce point. Malgré les plaintes à son encontre pour harcèlements, discriminations racistes et enrichissement personnel, l'Université de Californie de San Francisco continue de le protéger et de lui assurer l'impunité.


mercredi 21 février 2018

Faut-il avoir peur du vapotage? Six rumeurs démystifiées par la science

La presse à sensation et les sites "à click" multiplient les articles anxiogènes sur le sujet. Le Pr Martin Dockrell, directeur du programme sur le tabac du Public Health England (PHE), balaie six mythes sur le vapotage dans un article publié hier sur le site officiel de l'organe de santé publique anglais. "Il y a beaucoup d'inexactitudes et d'idées fausses sur le vapotage. Ce billet se penche sur les mythes les plus courants et présente les faits", explique t-il en s'appuyant sur la récente mise à jour du rapport scientifique du PHE ayant sélectionné et révisé plus de 400 études internationales sur le vapotage. 

"Malgré les sujets dans les médias parfois confus, et confondants, sur la sécurité du vapotage, il y a un consensus croissant autour des connaissances. Bien qu'il ne soit pas totalement sans risque, le vapotage est beaucoup moins nocif en comparaison du tabagisme. Cette évaluation est soutenue par nombre d'organismes clés, notamment le Cancer Research UK (CRUK), l'Action on Smoking and Health (ASH), le Royal College of Physicians (RCP), la British Medical Association et, récemment, un important organe scientifique américain, la National Academies of Sciences, Engineering and Medicine", rappelle en préambule le Pr Martin Dockrell.

Mythe 1 : la "maladie du pop-corn"

C'est la rumeur préférée des sites sensationnalistes. A l'origine de la rumeur, des ouvriers d'une usine américaine de pop-corn, utilisant massivement du diacétyle pour parfumer leur produit d'une saveur beurrée, ont été atteints à l'orée des années 2000 de bronchite obstructive, une maladie pulmonaire très rare. "Bien que le diacétyle est désormais interdit comme ingrédient des liquides de vapotage au Royaume-Uni, il a été détecté par le passé dans certains arômes d'e-liquide, mais à des niveaux cent fois inférieurs à ceux de la fumée de cigarette. Or même à ces niveaux, le tabagisme n'est pas un facteur de risque majeur pour cette maladie rare", précise le Pr Dockrell. En fait, les cas de malades liés au diacétyle ont été exposé à des doses des milliers de fois supérieures à celle détectées dans les "pires" liquides de vapotage avant l'entrée en vigueur des normes européennes. Contrairement à un mensonge colporté par des sites douteux, aucun cas de malade n'est apparu.

Mythe 2 : l'absence de réglementation et de connaissance

Dans l'Union Européenne (UE), l'implémentation au niveau national des articles relatifs au vapotage de la directive sur les produits du tabac (TPD) dote les pays d'une réglementation. "Les produits de vapotage sont soumis à des normes minimales de qualité et de sécurité, ainsi qu'à des exigences d'emballage et d'étiquetage pour fournir une information nécessaire aux consommateurs pour faire des choix éclairés", précise le PHE. Si ces normes et obligations d'avertissements sont discutables, c'est plutôt par excès de principe de précaution. La composition et un ensemble de tests des produits mis sur le marché sont obligatoirement notifiés aux autorités de santé, l'Agence des médicaments et des produits de santé (MHRA) pour le Royaume-Uni. C'est aussi le cas en France, même si la Ministre de la santé ne semble pas au courant.

Mythe 3 : la peur de la nicotine

"Quatre fumeurs sur dix croient à tort que la nicotine cause la plupart des cancers liés au tabagisme, alors que les preuves scientifiques montrent que la nicotine ne comporte qu'un risque minime pour la santé", souligne le Pr Dockrell. La nicotine fait partie des raisons de fumer, mais ce sont les milliers de substances chimiques produites dans la combustion du tabac qui sont les causes de maladies. "Le vapotage ne dégage pas de goudron ni de monoxyde de carbone, deux des éléments les plus nocifs de la fumée de tabac. Il contient certains produits chimiques trouvés dans la fumée de tabac, mais à des niveaux beaucoup plus bas", explique le responsable du PHE sur la base des recherches scientifiques.



Mythe 4 : le spectre du vapotage passif 

Le tabagisme passif est nocif. Même sans fumer soi-même, inhaler dans un lieu clos la fumée de cigarettes a des conséquences sanitaires. C'est la raison justifiant les interdictions de fumer dans les lieux publics fermés et les lieux de travail. "Ces lois ne couvrent pas le vapotage et les organismes sont libres d'établir leurs propres règles sur l'utilisation du vapotage dans leurs locaux", rappelle le PHE concernant le Royaume-Uni. Contrairement aux cigarettes, qui se consument entre deux bouffées émettant ainsi l'essentiel (environ 85%) de ses rejets dans son environnement proche, il n'y a pas d'aérosol émis directement dans l'atmosphère par la vape. Seul est rejeté l'aérosol expiré par le vapoteur, qui en a absorbé la majeure partie des substances. "Le dernier examen des données de PHE montre qu'à ce jour, aucun danger pour la santé n'a été identifié pour l'entourage", souligne le Pr Dockrell. Précisant cependant que des personnes souffrant d'asthme ou d'autres affections pulmonaires peuvent être sensibilisés aux irritants dans l'air. ce qui peut inclure le vapotage.

Mythe 5 : la "théorie de la passerelle" du vapotage amenant les jeunes au tabagisme

Des jeunes expérimentent le vapotage. Mais la plupart ne font qu'essayer et ne l'adoptent pas. "Notre rapport n'a trouvé aucun élément pour soutenir l'inquiétude que le vapotage serait une voie vers le tabagisme pour les jeunes. Les enquêtes britanniques montrent que les jeunes expérimentent le vapotage mais son usage régulier est rare et confiné presque entièrement à des jeunes déjà fumeurs. Tandis que le tabagisme des jeunes au Royaume-Uni continue de baisser", résume clairement le spécialiste de santé publique.

Mythe 6 : le vapotage est un cheval de Troie de Big Tobacco pour maintenir le tabagisme

C'est une théorie du complot très répandue chez les opposants à l'approche de réduction des méfaits. Certains allant jusqu'à prétendre que le vapotage empêche d'arrêter de fumer. "Il n'y a actuellement aucune preuve suggérant que le vapotage encourage les gens à continuer de fumer - les données au Royaume-Uni suggèrent le contraire", démystifie le Pr Dockrell. Plus de la moitié des 2,9 millions de vapoteurs britanniques actuels, soit environ 1,5 millions ont totalement arrêté de fumer. Auxquels s'ajoutent plus de 770'000 personnes qui ont arrêté de fumer puis arrêté de vapoter. "Dans le même temps, les taux de réussites de sevrages tabagiques ont augmenté et nous constatons une accélération de la chute du taux de tabagisme, qui atteint un record du niveau le plus bas à 15,5% de fumeurs [de plus de 15 ans] en Angleterre", insiste le responsable du PHE. 

Le Pr Dockrell conclue cette brève démystification des fausses rumeurs les plus répandues dans les médias et internet: "En résumé, le vapotage et les cigarettes ne sont pas similaires et ne doivent pas être traitées de la même manière. Il est important que les sept millions de fumeurs anglais aient conscience de ces différences et puissent avoir une information adéquate pour faire leurs choix de santé. Le vapotage n'est pas totalement sans risque mais il ne comporte qu'une fraction du risque du tabagisme et il aide des milliers de fumeurs à s'en sortir et rester non-fumeurs".


jeudi 15 février 2018

Guerre commerciale, propagande puritaine ou hystérie américaine? L'étrange suite au hoax des souris, vape et cancer

Le 7 février en quelques minutes, des messages très inquiétants ciblant les jeunes sont apparus sur les forums, groupes de chat et les réseaux sociaux américains. Une semaine après le hoax sur les souris, la vape et le cancer, le principal texte diffusé raconte qu'un garçon de 19 ans, par ailleurs jamais fumeur, aurait eu un cancer des poumons diagnostiqué après une année d'utilisation de la vapoteuse Juul. Le bombardement de ces messages affirmant que "des ados ont le cancer en ayant uniquement vapoter la Juul" semble avoir pour origine les campus universitaires de l'Université de San Francisco (UCSF), New York (NYU) et de l'Iowa. Matt McDonald du site d'information the Tab, qui révèle l'opération, a préféré interroger le Dr Kien Vuu. "C'est très improbable que vapoter la Juul [ndr. les américains disent "juuler"] ait un effet cancérigène à si court terme qui puisse causer un cancer aussi tôt chez une jeune personne. Il y a normalement un temps de délai entre l'exposition à un cancérigène et l'apparition du cancer", confirme le professeur de médecine à l'Université de Los Angeles.

Même son de cloche chez l'auteur de l'étude sur les souris qui a fait le very bad buzz de l'AFP le 1er février. "Je ne suis pas médecin, mais il est bien connu que les cancers des poumons induits par la fumée de tabac prennent des années à se développer", explique Moon-Shong Tang, de l'Université de New-York. Avant de préciser au Tab: "Je n'ai connaissance d'aucune publication qui établisse une relation entre le vapotage et le cancer des poumons". Ce qui inclue évidemment sa propre étude publiée dans le PNAS, dont l'AFP a donné un compte-rendu mensonger et non corrigé depuis. Etude qui n'a d'ailleurs rien à voir avec la technologie particulière de la Juul, puisqu'elle a utilisé un vieux modèle d'atomiseur de la marque Njoy, disparue depuis, couplé par ailleurs de manière incohérente à du matériel disparate.

Opération d'enfumage de puritains ou d'un concurrent cigarettier ?

Dans la foulée du premier texte sur l'improbable "juuleur" de 19 ans atteint de cancer, un autre message le 7 février du même cru annonce une épidémie de cancers chez des jeunes filles. Puis des vagues de courtes vidéos ont été lancées sur les réseaux sociaux montrant des personnes se débarrassant ou détruisant une Juul. Impossible de savoir si celles-ci sont de véritables utilisateurs de Juul terrorisés par ces annonces délirantes, des militants puritains anti-vape cherchant à créer un effet de mimétisme ou des acteurs engagés par une marque concurrente pour discréditer Juul. 

Tradition bas de plafond

Au plus, peut-on noter que si ce sont des utilisateurs de Juul, ils ne montrent pas de grande difficulté à arrêter de l'utiliser. On peut remarquer aussi le peu de conscience écologique de ces personnes qui jettent des Juul dans la nature et la stupidité de l'une d'elle tapant à coups de marteau sur le dispositif qui contient une batterie au lithium. La nature très démonstrative des images ajoutée à ce niveau de bêtise donne tout de même un indice sur le type de personnes pouvant faire cela. Si on se rappelle des mauvais canulars suisses inventant des ventes de vapoteuse à des enfants de 12 ans, on a de quoi deviner à quelle tradition idéologique appartient ce type d'enfumage. 

Habituellement, les médias se permettent les mensonges les plus grossiers sur le vapotage, sachant qu'ils ne courent aucun risque de poursuite en raison du peu de moyen financier de la branche, contrairement à d'autres type de produits. Peut-être que cela est en train de changer. La Juul a totalement rebattu les cartes depuis un an en prenant 32% du marché américain des vapoteuses prêtes-à-usage, qui était entre les mains des marques de cigarettiers, selon l'institut Nielsen. Le pod au liquide à 50 mg/ml de sels de nicotine se présente comme une manière efficace et pratique d'arrêter de fumer, assurant son succès fulgurant depuis son lancement fin 2015.

Des poursuites en justice ?

L'entreprise indépendante a désormais des moyens financiers plus conséquents que n'avaient jusque-là les petits producteurs indépendants du vapotage. De quoi avertir officiellement les auteurs des calomnies sur internet qu'une plainte est de l'ordre du possible: "L'affirmation circulant sur les réseaux sociaux selon laquelle des" amis "d'individus ont été diagnostiqués avec un cancer comme conséquence directe de l'usage de JUUL est sans fondement et imprudente. Pour tous nos clients, partenaires et employés qui partagent avec nous une mission importante pour améliorer la santé publique, sachez que nous allons protéger l'entreprise et nos clients et prendre des mesures légales le cas échéant".