S'abonner via email :

Vous allez recevoir un mail pour confirmation. Il faut y répondre pour activer l'abonnement. Parfois il est considéré comme spam par des services de mail ;)

Affichage des articles dont le libellé est répression. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est répression. Afficher tous les articles

dimanche 24 mai 2020

#TobaccoExposed : l'OMS viole la Convention-cadre anti-tabac

Entrée en vigueur en 2005 et signée par 167 pays et l’Union européenne, la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) intègre, dans la définition de ses objectifs, l’approche de réduction des risques. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de lancer une nouvelle campagne contre le vapotage. Si outrancière qu’elle touche au ridicule en mettant en scène une enfant de huit ou neuf ans. En la signant de la CCLAT, l’OMS bafoue le texte fondateur de la Convention en stigmatisant l’approche de réduction des risques.

Mais l’OMS semble aussi prendre à la légère les décisions des membres de la Convention, qui lors de sa dernière assemblée en 2018 (COP8) ont refusé d’assimiler le vapotage au tabac. Contrairement aux cigarettes chauffées, qui elles ne sont « étonnamment » pas même mentionnées dans la campagne de l’OMS. Pourtant la responsabilité des pays membres de la CCLAT est pleinement engagée par la campagne de l’OMS faite en leur nom. Ce point est d’autant plus sensible que le dénigrement du vapotage mine les programmes de lutte anti-tabac de pays finançant la Convention-cadre. On peut penser notamment au Royaume-Uni et à la France (~6 % chacun du financement de la CCLAT).

Le vapotage n’est pas un produit de tabac

Factuellement, le vapotage n’est pas un produit de tabac. Il ne contient pas de tabac et fonctionne sans combustion. Il ne dégage donc ni monoxyde de carbone ni goudron, les deux principaux serial-killers de la fumée. Le vapotage est utilisé par des dizaines de millions d’ex-fumeurs pour consommer de la nicotine en évitant les risques des cigarettes. Les méfaits sont ainsi réduits d’au moins 95 % selon les estimations scientifiques des organismes de santé publique indépendants britanniques. Dans les pays développant des politiques d’aide à l’arrêt tabagique, de nombreux professionnels socio-sanitaires de terrain l’utilisent pour aider des fumeurs à quitter le tabac fumé.

Ce sont des raisons pour ne pas amalgamer le vapotage au tabagisme malgré les fortes pressions des compagnies pharmaceutiques, mais aussi celles des grandes nations tabagiques lors de la COP 8. Illustrant la dissonance, la nouvelle campagne de dénigrement lancée par la direction de l’OMS survient au moment où une étude anglaise montre que la méfiance du public envers le vapotage, répandue par ce type de propagande, favorise le maintien dans le tabagisme.
« Nos résultats mettent en évidence la nécessité d’une augmentation de couvertures médiatiques et de campagnes de santé publique axées sur la réduction des méfaits pour la santé lorsque l’on passe du tabac fumé au vapotage et la nécessité d’une réduction de la couverture médiatique alarmiste », soulignent Olga Perski, Emma Beard et Jamie Brown, de l’University College London, dans leur étude publiée dans la revue BMC Medicine.

Prise en otage émotionnelle perverse

Dans la veine sensationnaliste, la nouvelle charge anti-vape de la direction de l’OMS prend en otage émotionnel par des photos-montages de jeunes enfants, pour prétendre que le vapotage conduit à fumer. C’est tout simplement mensonger.

Les analyses rigoureuses, notamment en France par l’OFDT et l’École des mines de Saint-Étienne, au Royaume-Uni par l’Action on Smoking and Health, les statistiques sur vingt ans du tabagisme adolescent aux États-Unis, ainsi que d’autres études (liste non exhaustive), montrent que le tabagisme adolescent recule sous l’impact du vapotage.

Des papiers ne tenant pas compte du tabagisme des proches, le principal facteur de risque de tabagisme des adolescents, ont abouti à des résultats biaisés pour affirmer que le vapotage pouvait avoir un « effet passerelle ». Mais la chute accélérée du tabagisme adolescent dans les pays où le vapotage s’est répandu depuis dix ans suffit à invalider cette théorie fumeuse.

Dans le monde réel, malgré son interdiction de vente aux mineurs, le vapotage détourne une partie de ceux-ci d’essayer la cigarette, qui dans sept cas sur dix aboutit à un tabagisme à long terme. Une large partie des ados ne font qu’expérimenter ponctuellement le vapotage et souvent sans nicotine (p.ex. récent les données allemandes de Debra). Chez ceux qui l’utilisent de manière régulière, la vaste majorité est déjà dans une démarche pour sortir ou réduire un tabagisme précoce.

Campagne programmée pour provoquer ce qu’elle prétend éviter?

La campagne de l’OMS a toutes les caractéristiques de communications contre-productives déjà vues dans le passé. Que ce soit celle de Nancy Reagan contre les drogues, ou les tournées des cigarettiers dans les écoles des années 1980', elles ont toutes abouti à faire augmenter la consommation qu’elles prétendaient faire reculer.

Ce type de communication provoque ce qu’elle prétend faire éviter chez les jeunes. Mais elle incite les parents à adopter une attitude de crainte et court-circuiter toute réflexion rationnelle. Des effets qui permettent d’obtenir des crédits dans une fuite en avant pour mener la « guerre » à un problème initialement inexistant.
« Les perceptions négatives et les craintes du grand public, renforcées par l’image négative que véhiculent les médias, ont fait des drogues et de ceux qui en consomment des “cibles faciles” pour les politiciens et d’autres élus en quête de voix. L’exemple le plus frappant est ce que les sociologues ont qualifié de “panique morale”, qui consiste à attribuer de façon exagérée ou mensongère un comportement dangereux à un groupe particulier, tel qu’une minorité ou une sous-culture (souvent en exposant des cas extrêmes comme s’ils étaient ordinaires) », rapport 2017 (p. 28) de la Commission globale de politique en matière de drogues (GCDP).
Dans un article sur cette nouvelle campagne de l’OMS, le Dr Philippe Arvers, médecin des armées et administrateur de la Société francophone de tabacologie (SFT), s’interroge sur cette attaque ciblée.
« Cette année, au lieu de se focaliser sur le tabac chauffé, l’OMS veut diaboliser la nicotine en utilisant des enfants. Les affiches proposées sont plus que tendancieuses et ne reposent sur aucun fondement scientifique. Au contraire, elles peuvent être incitatives à expérimenter les produits du tabac », Dr Philippe Arvers, article sur son compte Linkedin.

Incompétence abyssale des cadres de l’OMS sur le sujet

Il est difficile de déterminer, sans enquête indépendante ayant accès à des documents et à la nature des sources de financement de ce programme de l’OMS, si la campagne est motivée pour servir des intérêts financiers ou si elle n’est que le fruit d’une incompétence larvée dans une vision étriquée.

Au crédit de la lecture d’un moteur idéologique arriéré, il est clair que l’expertise des cadres de l’OMS sur la réduction des risques face au tabagisme est affligeante de nullité. La présentation de Ranti Fayokun au Conseil exécutif en février dernier à Genève sur le sujet — disponible en replay sur le site de l’OMS — est symptomatique à ce sujet : ignorance de notion basique de chimie, contresens sur des données scientifiques, malhonnêteté intellectuelle, absence de toute réflexion de gestion des risques et mépris du public concerné.

De son côté, Vinayak Prasad, directeur du programme Initiative pour un monde sans tabac (TFI) de l’OMS financé par la Bloomberg Philanthropies Company, a mené la campagne médiatique anti-vape autour du rapport Mpower à l’été 2019. Auparavant, il a été haut fonctionnaire de l’État indien durant 18 ans, notamment au ministère des Finances. Son interview avec David Nazar, enregistré fin février 2020, parle de lui-même sur l’absence de prise en compte des réalités humaines et des données scientifiques qui ne souscrivent pas à son a priori.
Les contenus du briefing de Ranti Fayokun et de l’interview de Vinayak Prasad sont dans la ligne idéologique de la scandaleuse page sur le vapotage, même après modification, que l’OMS avait publié en janvier. Pourtant à plusieurs reprises, des scientifiques et experts, des organismes de santé, des médecins, en Allemagne aussi, des tribunes dans des revues spécialisées, et même la santé publique britannique ont tenté de faire revenir l’OMS à la raison. Comme le déclare Vinayak Prasad dans son interview (ci-dessus), les cadres de l’OMS refusent de prendre en compte ces expertises et études.

Qui a intérêt à empêcher les fumeurs de sortir de la cigarette?

Mais si l’OMS viole aussi brutalement ses principes de fonctionnement, à la fois d’honnêteté scientifique et de respect des votes de la Convention, ainsi que les principes mêmes de la Convention, on peut se demander si ce n’est peut-être pas par un effet d’une troisième violation de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac : celle stipulée à son article 5.3, d’élaborer les programmes anti-tabac à l’abri de l’influence de l’industrie du tabac. 

Or, le cas indien est, au minimum, troublant. Troisième producteur mondial de tabac et actionnaire d’ITC — le Big Tobacco indien —, l’influence de l’Inde sur la Convention anti-tabac de l’OMS s’est accrue de manière prépondérante ces dernières années. D’une part de manière officielle, à travers l’organisation de la COP 7 à Delhi en 2016 et la présidence par Preeti Sudan de la COP 8 à Genève en 2018 notamment.
« En jouant le jeu d’ITC, le gouvernement protège et promeut la part de marché monopolistique de 80 % dont jouit ITC. Cela va à l’encontre du principe de concurrence dans l’intérêt du consommateur. ITC a réussi à invoquer des raisons de santé comme si les cigarettes fabriquées par ITC protégeaient la santé du fumeur et celles fabriquées uniquement par des étrangers provoquaient le cancer », soulignait déjà en 2012 l’analyste financier Janardan Kothari sur MoneyLife India.
D’autre part, l'Inde a accrue son influence au sein des organes de direction à l’OMS par la nomination en son sein d’ex-haut-fonctionnaires indiens. C'est un secret de pacotille, l’Inde milite pour la prohibition du vapotage qui fait concurrence à son tabac et ses cigarettes. Depuis la prohibition de la vape en Inde, ITC a d’ailleurs lancé en début d’année ses nouvelles cigarettes « fruitées » (voir photo) pour essayer de récupérer des clients.
« Dans un sens faible, le décret de prohibition du vapotage ne fait que susciter l’inquiétude que le gouvernement [Indien] utilise la santé des individus comme un écran de fumée pour une augmentation de ses revenus. Le fait d’être le plus grand actionnaire de la plus grande entreprise de tabac donne au gouvernement une incitation directe à ne pas faire progresser la santé publique », Nihal Sahu et Vedantha Sai, dans l’International Journal of Constitutional Law du 29 février 2020.

Financements opaques par un oligarque à la morale douteuse

De même, les financements de l’OMS par la Bloomberg Philanthropies Company, qui n’étant pas une fondation ne présente aucune transparence de ses comptes, sont aussi extrêmement problématiques puisque personne ne peut savoir quels intérêts financiers sont ainsi défendus et représentés. Aucun élément financier n’est accessible de manière transparente. D’une part, Michael Bloomberg refuse de publier sa propre déclaration d’impôt, et surtout, d’autre part, il a enregistré sa compagnie « philanthropique » sous le régime de Liability Limited Company (LLC) permettant l’opacité totale sur les comptes.
« Une “LLC philanthropique” peut contourner les règles habituelles en toute légalité. Elle n’est soumise à aucune obligation annuelle de distribution minimum de fonds à des causes caritatives, ni à aucune restriction concernant les délits d’initiés (lorsqu’un donateur doit s’interdire de faire un don qui lui profite directement) », précisent les sociologues Linsey McGoey, Darren Thiel et Robin West de l’Université d’Essex (UK), dans leur article de 2018, Le philanthrocapitalisme et les « crimes des dominants ».
Dans son ouvrage Follow the money, Sarah Reckhow, politologue de l’Université du Michigan, estime que ces nouvelles LLC constituent une évolution antidémocratique de la « philanthropie » en rendant toute recherche indépendante impossible à leur propos. Rien ne permet au public de connaitre les liens financiers, ou leurs absences, de Bloomberg et de ses entreprises avec les différents intérêts économiques sur le sujet. Il est incompréhensible qu’une telle opacité soit acceptée en regard de l’article 5.3 de la CCLAT.

Des financements par une structure économique à but lucratif et totalement opaque financièrement sont incompatibles avec l’exigence de garantir l’indépendance des activités de l’OMS de l’influence d’intérêts nocifs. Par exemple, comment savoir si les choix stratégiques ne visent pas à pervertir un programme en le détournant vers la lutte contre un moyen d’arrêt tabagique pour protéger des intérêts en place ?

Or Bloomberg a déjà privilégié l’intérêt de ses affaires à l’honnêteté et à la vérité par le passé. Bloomberg News a notamment étouffé la révélation d’un scandale de corruption dans l’élite chinoise pour arranger un futur partenariat économique, comme le montre l’affaire révélée en avril par la National Public Radio (NPR).

La poursuite d’affaires de Bloomberg avec des États tabagiques tels que l’Inde, la Thaïlande ou la Chine sont évidentes, bien qu’aucun détail n’est accessible en raison de l’opacité totale de Bloomberg. Le régime de LLC fait que la Bloomberg Philanthropies Company, n’est pas philanthropique. C’est une compagnie qui vend de la philanthropie. Et nul ne peut juger de la qualité du produit en raison de l’opacité totale sur son fonctionnement et son économie.

Au vu des attitudes incohérentes des organisations que Bloomberg finance dans le domaine « anti-tabac », on ne peut pas écarter que l’affairiste les utilise en monnaie d’échange pour arranger ses partenaires économiques, comme cela a été le cas avec la Chine dans le dossier étouffé par son journal du scandale de corruption.

Les violations des droits humains sont-elles bonnes pour la santé ?

Dans sa haine des vapoteurs, les félicitations récurrentes de l’OMS aux violations de droits humains sont ahurissantes. Une publication de Sovape a listé en janvier certaines des mal-conduites de l’OMS sur le sujet. Exactions de la junte militaire en Thaïlande où sévit le Monopole du tabac thaïlandais, menaces du dictateur cinglé Rodrigo Duterte aux Philippines, répression en Inde où 275 millions de consommateurs de nicotine sont forcés à utiliser les produits les plus nocifs, et modèle totalitaire Nord-Coréen bénéficient du soutien de l’OMS.

Une enquête indépendante est nécessaire

Dans ces conditions, une enquête sur les activités et les procédures de décision de l’OMS sur ce dossier est absolument nécessaire pour lever les doutes sur une éventuelle stratégie de manipulation ou d'instrumentalisation, clarifier le niveau de compétences des responsables, et éventuellement donner des balises d’un fonctionnement efficace et honnête à l’institution sur le sujet.

Des chercheurs de l’Université d’Édimbourg ont déjà alerté en 2018 sur le risque de stratégie de « cheval de Troie » au sein d’accord multilatéral concernant la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac. Le dernier épisode de cette nouvelle campagne de l'OMS concrétise cette crainte.
« Les deux organisations [l’OMS et la Banque mondiale] sont financées par une poignée de philanthropies privées et font face à des risques similaires pour une lutte antitabac efficace : réduction de la responsabilisation et de la mobilisation des ressources, mauvaise autorité décisionnelle en raison de l’influence spécifique des donateurs et difficulté de suivi et d’évaluation », souligne l’étude dirigée par le Dr Mitsuru Mukaigawara, publiée par Wellcome Open Research
Une enquête indépendante devrait chercher à déterminer si la direction de l’OMS :
  • viole le principe de réduction des risques de la définition (1.d) de la lutte anti-tabac du texte fondateur de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac
  • a violé la décision de la dernière assemblée (COP8) de la Convention-cadre avec cette campagne assimilant le vapotage au tabac
  • respecte ou au contraire nuit aux politiques anti-tabac de pays membres, notamment du Royaume-Uni ou de la France
  • respecte dans l’élaboration de ses programmes le principe d’indépendance envers les intérêts de l’industrie du tabac, notamment de l’Inde actionnaire des cigarettiers ITC et VST
  • s’assure de l’indépendance et de la probité de ses sources financières, notamment celle de Bloomberg qui est totalement opaque au public
  • examine et analyse avec rigueur et sérieux les études et données scientifiques à disposition, ce qui semble improbable à la lecture des publications de l’OMS sur le sujet
D’autres sujets connexes devraient aussi être éclairés par un tel audit. L’OMS respecte-t-elle le principe médical de ne pas nuire — « primum non nocere » —, en incitant des fumeurs à ne pas arrêter de fumer à l’aide du vapotage ? Le droit à la santé comprend la réduction des risques, ce qui dans la tradition humaniste s’enracine dans le droit individuel à la sauvegarde de sa propre intégrité physique. En incitant à la prohibition ou au maximum d’entraves à l’accès légal du moyen de réduire les risques pour les fumeurs, l’OMS respecte-t-elle encore ce droit humain ? Le soutien à des exactions et répressions violentes de régimes autoritaires contre les usagers de vapotage, en Thaïlande, Inde et Philippines notamment, devrait aussi être examiné.

Il est urgent que les pays démocratiques, soucieux des droits humains et d’approches de santé publique efficaces face au tabagisme, réagissent face à la dérive toxique de l’OMS contre les vapoteurs, et qui, de fait, favorise le tabagisme et les industries bénéficiant de ce fléau sanitaire. La crédibilité des autorités de santé des pays démocratiques est aussi en jeu. Ne pas dénoncer cette campagne outrancière et nocive de l’OMS serait de facto s’en faire complices aux yeux du public concerné. Et la période n'est pas à la confiance aveugle...


samedi 16 mai 2020

#SaveRayYeates Les autorités canadiennes veulent couper de force l'oxygène à un vapoteur de 70 ans atteint de BPCO

Aujourd'hui, Ray Yeates est pour ainsi dire dans le couloir de la mort. Pourtant depuis 2013, il ne fume plus et son emphysème s'est stabilisé. Plus, le cancer des poumons qui lui avait été diagnostiqué ne s'est plus manifesté. Ce qui le menace de mort ce sont les autorités de l'État canadien de Nova Scotia. Avec l'état d'urgence promulgué, elles lui ont annoncé bientôt lui retirer sa bouteille d'oxygène, de force si nécessaire. Cet oxygène le maintient en vie. Le prétexte invoqué par les autorités de Nova Scotia est qu'il vapote. Sans son oxygène, Ray Yeates a de fortes probabilités de mourir en étouffant.

Ray Yeates est atteint d'un emphysème diagnostiqué depuis 2013. La cause est claire, il a fumé dès son adolescence pendant 49 ans. Il a tenté de multiple fois d'arrêter sans succès. Fin 2013 pour se sortir du tabagisme, il opte avec bonheur pour le vapotage. Enthousiaste, il crée dans la foulée l'association canadienne de défense des usagers de produits à risques réduits face au tabagisme: la Tobacco Harm Reduction Advocates du Canada (THRA-Canada). 

Mis à mort parce qu'il vapote

Cette décision ressemble à une condamnation à mort, sans procès, sans défense, sans recours possible. Et ceci pour le seul "crime" d'avoir arrêté de fumer avec le seul moyen qui s'est montré efficace pour lui. Le temps presse pour sauver Ray Yeates. Un des rares moyens à disposition est la pression sur les autorités dans l'espace public. Mais qu'il soit clair que si Ray Yeates venait à succomber à ce traitement inhumain, ce serait un assassinat prémédité des autorités canadiennes.

En 2014, Ray Yeates défendait déjà la vape face au tabagisme:

mercredi 25 mars 2020

Belgique: Maggie de Block profite du Covid-19 pour pousser les vapoteurs vers le tabac

« Ouvrez les vape shops, comme en France, en Italie ou en Suisse ! On ne veut pas recommencer à fumer ! ». En situation de confinement depuis le 18 mars, le cri de détresse des vapoteurs belges n’a presque que les réseaux sociaux pour trouver écho. Les diverses échoppes de tabac sont ouvertes sans restriction. Par contre, les magasins de vape sont fermés depuis le 18 mars, alors que tout achat à distance de produits de vapotage est interdit depuis un arrêté royal de 2016. « Pris de court, certains consommateurs se retrouvent démunis », constate RTL Info, seul média belge a avoir consacré un article au sujet hier

Interdiction de répondre aux demandes à l’aide

« On a un gros souci avec nos clients, s’ils n’ont pas leur liquide ou matériel pour faire fonctionner leur vaporette et bien ils vont droit vers la cigarette », témoigne le tenancier d’un magasin de vape de Bruxelles à RTL. Les vapeshops reçoivent des tas de demandes par mails de leurs clients. Mais ils n’ont pas le droit de leur fournir quoi que ce soit. 

Un professionnel qui a un magasin en France, à Longwy, et un autre en Belgique à Arlon, témoigne aujourd’hui dans le Républicain Lorrain. « Nos clients sont contents qu’on ait pu rouvrir. Ils commençaient à avoir peur de se tourner à nouveau vers la clope... », constate-t-il côté français, tandis que son magasin belge est fermé. « On a écrit à l’État pour en savoir plus, on attend la réponse ».

Le Pr Frank Baeyens, de l’Université de Louvain, interpelle les autorités depuis plusieurs jours. « Ne conduisez pas inutilement près de 10 000 vapoteurs à recommencer de fumer. Autorisez l’ouverture des magasins de vape ou la vente sur internet », interpelle le chercheur dans un tweet le 20 mars adressé à Maggie de Block, la ministre de la Santé et d’autres décideurs du Service public fédéral (SPF) 

Arrangement annulé depuis en haut

Des professionnels de vape aussi ont tenté de dialoguer avec l’administration de santé publique. Un arrangement semblait avoir été trouvé, comme le relate RTL Info : « “Les magasins de e-cigarette doivent fermer mais peuvent vendre en ligne et faire des livraisons”, nous a d’abord communiqué Vinciane Charlier, porte-parole du SPF Santé Publique. Un peu plus tard, une décision est prise dans le sens inverse. La vente en ligne de ces produits reste finalement interdite. »

De longue date, les autorités belges font la guerre aux vapoteurs. En 2016, le ministre des Finances espérait relancer les ventes de cigarettes pour remplir les caisses de l’État. Maggie de Block avait réagi en poussant à un arrêté royal particulièrement restrictif contre le vapotage. L’absence de compassion et d’intelligence actuelle de la ministre de la Santé n’est pas une découverte. Dans la situation de crise actuelle, ces restrictions abusives déploient tout leur potentiel délétère en termes de santé publique. 

Le droit à la santé mal en point en Belgique

« Le droit à la santé est complété par le droit de bénéficier des progrès scientifiques et de leurs applications », rappelle Eurotox en se référant à la Déclaration des droits humains (1948), dans une prise de position sur le droit à la santé publiée ce 19 mars. L’observatoire socio-épidémiologique alcool-drogues en Wallonie s’est avant tout concentré sur les conséquences des lacunes politiques pour les usagers de substances prohibées. Mais le parallèle avec le vapotage, entravé en temps normal et prohibé de fait avec le confinement, est saisissant. Tandis que les ventes de tabac sont pleinement diffusées, même en période de confinement. Près de 14 000 personnes meurent chaque année de maladies liées au tabagisme en Belgique.
Extrait de la prise de position ce 19 mars d'Eurotox sur le droit à la santé: « Le droit à la santé requiert des États qu’ils mettent en œuvre une véritable politique nationale de réduction des risques à destination des usager·es de drogues, sans discrimination aucune, et qui soit à même de délivrer l’ensemble des services et dispositifs essentiels à la possession du meilleur état de santé atteignable. (...) ceci doit exister dans un environnement où les usager·es de drogues ne risquent pas des problèmes avec la police ou la justice dans leurs démarches de soins et de réduction des risques. »

mercredi 19 février 2020

Avertissement: Saisies des produits de vapotage aux aéroports en Inde

Attention si vous voyagez en Inde. Les services de sécurité des aéroports saisissent les produits de vapotage. Harsh Vardan, le ministre de la Santé de l'Inde, avait promis au Parlement que la prohibition du vapotage ne prendrait pas les usagers pour cibles. Les promesses en politiques n'engagent que ceux qui les croient. Les deux chambres parlementaires ont cru le ministre et ont validé l'interdiction de la production, l'import-export, la vente et la distribution, ainsi que la publicité des produits de vapotage en décembre. Cependant, depuis le 10 janvier, les services de sécurité des aéroports saisissent les produits de vapotage des voyageurs qu'ils découvrent lors des contrôles.

[add 20-02-2020] Si vous faites partie des victimes de confiscations abusives aux aéroports indiens, merci de prendre 2 minutes pour remplir le formulaire de l'Association of Vapers India (AVI) sur le sujet https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSesFNB1eo_nIYSPcsFYrZGbxhXqmlwPoamulGXiPrURb1johw/viewform [/]

Saisies aux aéroports

"Le Bureau de sécurité de l'aviation civile (BCAS) n'a pas compris la nouvelle loi. Le ministre de la Santé, le Dr Harsh Vardhan, dans son discours à Lok Sabha [le parlement], a déclaré très clairement que l'utilisation personnelle est exclue de son champ d'application, car cela criminaliserait les utilisateurs et violerait les libertés personnelles. Mais le régulateur de l'aviation va à l'encontre de l'assurance publique du ministre. Nous exhortons le ministre de la Santé à intervenir dans cette affaire afin que les gens ne soient pas harcelés", explique Samrat Chowdhery, président de l'Association of Vapers India (AVI) dans un communiqué de presse de l'association des usagers.

Bientôt dans les rues?

Pour le moment, les témoignages ne concernent que des saisies dans les aéroports. Mais la répression pourrait s'intensifier. Le Millenium Post, journal local, annonce aujourd'hui un durcissement y compris dans les espaces publics. Les agents de police de New Delhi notamment ont reçu des consignes en ce sens.

Touristes dépouillés par les forces de sécurité

Dans les aéroports, de nombreux touristes ont été victimes des saisies abusives, y compris parfois en embarquant pour le vol retour. "Le gouvernement indien a adopté une loi interdisant le vapotage, mais pas la consommation personnelle. Le ministère indien de l'aviation civile a mal interprété la loi et il fait saisir et détruire la propriété de visiteurs britanniques sans méfiance", explique l'association britannique d'usagers New Nicotine Alliance (NNA) dans un communiqué de presse aujourd'hui

"La NNA a demandé au Foreign and Commonwealth Office de mettre à jour les conseils aux voyageurs". Plus d'un million de Britanniques voyagent chaque année en Inde, dont près de 50'000 vapoteurs selon l'estimation de la NNA. Mais les Britanniques ne sont pas les seuls touchés. Nous avons connaissance d'un touriste français qui s'est fait dépouiller de son matériel de vapotage à l'embarquement de son vol de retour. 

Un million de morts annuels pour Indian Tobacco

La prohibition touche évidemment aussi la population locale. Elle subit l'interdiction d'accès aux moyens de réduction des risques face au tabagisme. Plus de 120 millions d'Indiens consomment du tabac et près d'un million meurt des maladies liées chaque année. L'Inde est le second producteur de tabac au monde. Le Gouvernement détient directement une part du capital des deux principaux cigarettiers du pays, vendant près de 85% des cigarettes en Inde.


lundi 10 février 2020

Philippines: Duterte taxe la vape, interdit les arômes, sauf tabac et menthol, et la vente aux moins de 21 ans

Trois mesures contre le vapotage dans une nouvelle loi ont été promulguées aux Philippines. Le président Rodrigo Duterte a signé la loi RA 11467 le 22 janvier. Elle interdit la vente de produits de vapotage aux moins de 21 ans, sous peine de 10 000 pesos (180 €) d’amende et jusqu’à 30 jours d’emprisonnement. Des taxes sur les liquides sont instaurées à 45 pesos (0€81) pour 10 mL de liquide nicotiné basique et 37 pesos (0€66) par mL pour les pods aux sels de nicotine. La loi programme des hausses annuelles par la suite. Ces deux mesures sont entrées en vigueur sans délai. Enfin, les arômes autres que tabac et menthol sont bannis, avec un délai d’application de 18 mois.

Un certain flou entoure encore l’application des mesures, notamment de l’interdiction des arômes, qui sont désormais sous l'autorité de la Food and Drug Administration Philippines (FDA-Ph). Bien qu’elle déplore particulièrement l’interdiction des arômes, l’association Philippines E-Cigarette Industry Advocates (PECIA) continue de participer au groupe de travail du Sénat sur les réglementations en espérant limiter la casse. Onze autres mesures réglementaires sont encore en discussion, concernant notamment les conditions de vente, d’emballage, de distribution et sur la publicité. 

Hausses annuelles de taxes programmées

Déjà décrétées en juillet dernier, les surtaxes des liquides nicotinés basiques sont portées à 45 pesos (0€81) pour 10 mL dés à présent. La nouvelle loi prévoit qu’elles augmentent ensuite de 5 pesos (9 cts) par an, pour atteindre 60 pesos (1€08) en 2023, puis de 5 % chaque année par la suite. Les pods aux sels de nicotine sont désormais taxés à 37 pesos (0€66) par mL. Cette taxe augmentera ensuite aussi de 5 pesos par an jusqu’à 52 pesos (0€93) en 2023, puis de 5 % chaque année au-delà.
[add 17.02.2020] Les prix des cigarettes varient de 60 Pesos à 120 Pesos le paquet selon les marques. Pour sa part, le salaire moyen aux Philippines est aux alentours de 244 € par mois, selon la Banque mondiale. [/]

Selon la page dédiée aux Philippines du rapport sur l'état de la réduction des risques face au tabagisme dans le monde (GSTHR), les autorités sanitaires évaluaient en 2015 à près de 12,7 millions de fumeurs au quotidien, soit 18,7% de la population. Tandis que le vapotage était utilisé 'couramment' par 0,8% de la population.

Les Philippines ont frôlé encore pire

Les nouvelles mesures semblent mettre un terme au projet d’interdiction complète du vapotage, pour lequel Ranti Fayokun, cadre de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), était venu plaider le 10 décembre au Sénat. Elle avait notamment montré des photomontages d’un bébé et du dessin animé Dora l’exploratrice en train de vapoter pour affirmer que ces produits sont destinés aux enfants. La soi-disant experte de l'OMS avait également amalgamé le vapotage de nicotine à la soixantaine de décès aux Etats-Unis, en réalité liés à l'inhalation de produits frelatés à la vitamine E du marché noir du THC.

Son intervention prenait place dans un climat tendu. Trois semaines plus tôt, le 14 novembre, Rodrigo Duterte venait de décréter lors d’une conférence de presse l’interdiction de vapoter en public. Enchaînant quelques jours plus tard avec une sortie menaçant « d’exécuter cette pute de vapoteur ». En parallèle, le Département de la santé Philippin annonçait le 15 novembre la pneumopathie d'une adolescente de Visayas en l'attribuant au vapotage.

Un cas de pneumopathie mystérieuse

Bien que le médecin a d'abord suspecté une maladie infectieuse et que les cas aux Etats-Unis soient liés à l'inhalation de produits frelatés à l'acétate de vitamine E du marché noir du THC et non pas au vapotage de nicotine. A ma connaissance, le rapport médical sur le cas de pneumopathie de la jeune fille, qui s'est rétablie selon la presse locale, n'est pas l'objet d'une publication disponible.

De nombreuses arrestations pour saisir le matériel de vapoteurs avaient lieu immédiatement après l’annonce orale de Duterte de l’interdiction de vapoter en public. Finalement, le despote n’a pas déclenché de nouveau massacre de masse. Alors qu’en 2016, il avait ordonné l’exécution des "toxicomanes", entraînant près de 30 000 exécutions sommaires selon les observateurs. Pourtant, Rodrigo Duterte est lui-même dépendant, avec des effets visibles sur son comportement, à l'opioïde de synthèse Fentanyl.

jeudi 19 décembre 2019

Prohibition en Inde: les arrestations commencent tandis que l'association des vapoteurs récolte des fonds pour un recours

La prohibition du vapotage en Inde, imposée par ordonnance du gouvernement mi-septembre, a été confirmée au parlement au début du mois de décembre. Le 18 septembre, Nirmala Sitharaman, la Ministre des finances, avait justifié l'interdiction pour empêcher une épidémie de vapotage chez les jeunes et un effet passerelle vers le tabagisme, sur la base d'un rapport du 31 mai du Conseil indien de recherche médicale (ICMR). Ce rapport se réfère lui-même à des "informations" de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). "Globalement, ces produits ont un impact négatif net sur la santé publique", affirme ce rapport de l'ICMR, doté d'une bibliographie très pauvre. Le gouvernement et sa majorité se sont cramponnés à ces conclusions pour obtenir la prohibition.

Les deux chambres, le 28 novembre et le 2 décembre, ont voté la loi au terme de débats, qui m'ont paru ahurissants. Le texte final interdit la production, l'importation, la distribution et la publicité, avec des peines pouvant aller jusqu'à un an de prison et 100'000₹ (~1'300€) d'amende. Le transport et le stockage de produit de vapotage sont également prohibés. Bien que l'usage lui-même n'est pas interdit formellement, l'arrestation d'un vapoteur russe à Goa le 10 décembre illustre déjà la logique répressive.

Dernière chance de faire respecter leurs droits, l'Association des Vapoteurs en Inde (AVI) tente de récolter des fonds pour faire recours à la Cour Suprême. "L'Inde interdit le vapotage tout en autorisant la vente des cigarettes mortelles. La loi ne contient aucune clause pour protéger l'usage personnel", regrette Samrat Chowdhery, de l'AVI.

La méconnaissance comme argument de prohibition

Pourtant, une protection des usagers aurait pu être implémentée si certains des 60 amendements proposés au projet de loi étaient passés. Mais Harsh Vardan, le Ministre de la santé, a fait un blocus total avec sa majorité au parlement. "La plupart d'entre nous n'avons même jamais vu une e-cigarette, nous n'avons pas encore un concept de ce que cela peut être", a justifié Harsh Vardan devant la chambre basse le 27 novembre. Une méconnaissance qui l'a encouragé a exiger avec succès la prohibition.

Durant les débats, les députés des états du sud, producteurs de tabac, ont plaidé l'interdiction du vapotage en raison de la dépendance et de méfaits présumés de la nicotine. Tout en s'offusquant à l'idée d'interdire le tabac. "L'absence d'interdiction du tabac ne peut pas justifier de ne pas interdire d'introduire une nouvelle dépendance", a argumenté le Ministre de la santé. 

Aux contre-arguments de l'opposition, notamment une intervention remarquable du Pr Rajeev Gowda, soutenant la réduction des risques pour les fumeurs passant au vapotage, la majorité a brandi la carte nationaliste hindou pour rejeter la "science occidentale". Ils ont ainsi exclu les conclusions scientifiques du Collège Royal des médecins britannique et du Public Health England. "Aucune preuve de la moindre nocivité de vapoter par rapport à fumer n'a été établie", a asséné le Ministre de la santé dans son allocution finale avant le vote de la chambre Rajya Sabha [à 2mn35].

L'OMS pour justifier de protéger le tabac indien

Cette sentence obscurantiste de l'absence de preuve que le produit sans tabac, sans combustion, sans monoxyde de carbone et sans goudron notamment, serait moins nocif que la cigarette se réfère au rapport Bloomberg, présenté à l'OMS cet été. "Les études sur les risques sanitaires associés au vapotage (ENDS) sont non concluantes", prétend ce rapport feignant qui n'a pas pris la peine de lire sérieusement les études disponibles.

Mais il a permis de donner une couche de vernis supplémentaire de justification à l'exclusion des connaissances de science par les partisans indiens de la prohibition. Ceux-ci ont d'ailleurs rappelé la recommandation de l'OMS "d'interdire ou réglementer" le vapotage, en insistant sur le premier terme. Preeti Sudan, présidente de la 8e Conférence (CoP 8) anti-tabac de l'OMS à Genève en octobre 2018, n'est pas étrangère à la manière dont cette recommandation a été rédigée. L'économiste de formation est aussi secrétaire déléguée du Ministère indien de la santé.

"Pourquoi débattre de savoir si le vapotage est nocif ou non? C'est une dépendance", a-t-elle tranché, au nom du Ministère de la santé, face aux médias à la mi-septembre. Depuis la CoP7 anti-tabac de l'OMS à Delhi en 2016, l'Inde instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production de tabac et ses propres marques face à la concurrence des cigarettes occidentales et au vapotage.

India Tobacco Company

Notamment, le principal cigarettier du pays ITC Ltd (ex-India Tobacco Company) dont le gouvernement fédéral détient 28,5% du capital. Le cigarettier qui règne sur le marché indien va bénéficier de l'interdiction du meilleur moyen d'arrêter de fumer. ITC Ltd a vu son bénéfice bondir de 36,16% pour le trimestre de juillet à septembre, avec un chiffre d'affaires des activités cigarettières en hausse de 5,9%.

Approximatives, les estimations chiffrent à plus de 120 millions d'Indiens consommateurs de tabac, sous forme de cigarettes, de bidies fumées, ou de tabac oraux tels que le paan et le gutkha, souvent mélangés à de la noix d'arec ou de bétel favorisant les cancers des voies orales. Près d'un million d'Indiens meurent des maladies liées au tabagisme chaque année, selon les évaluations.

Une régression de santé publique

Du côté des médecins, plusieurs voix dissidentes se sont élevées pour dénoncer la prohibition absurde du moyen de réduction des risques sans tabac ni combustion face au tabagisme. "L'interdiction va donner lieu à un marché noir et le gouvernement n'aura aucun contrôle sur celui-ci. Il aurait été dans l'intérêt public supérieur que le gouvernement réglemente le vapotage et autorise davantage de recherches sur les outils de réduction des risques", explique le Dr Bharat Gopal, pneumologue et directeur du National Chest Center de Delhi, à l'Agence de presse indienne ANI

"Avec l'interdiction, les vapoteurs vont être poussés à recommencer de fumer. Il s'agit d'une mesure régressive prise par le gouvernement", se désole la Dre Sree Sucharitha, chercheuse au Tagore Medical College. "La prohibition du vapotage est une défaite pour la science", précise-t-elle. Pour le Dr Aparajeet Kar, pneumologue au BLK Super Specialty Hospital de New Delhi, c'est également un coup porté à la démocratie sanitaire, par l'absence de débat et la violation du droit à l'accès aux moyens de réduction des risques. 

Cagnotte pour faire recours à la Cour Suprême

Du côté des usagers, Jagannath Sarangapani, de l’Association of Vapers India (AVI), regrette aussi que le gouvernement indien ait décidé d'ignorer les droits des usagers, l'état des connaissances scientifiques et l'intérêt de la santé publique. L'association de défense des vapoteurs a lancé une cagnotte pour porter un recours devant la Cour Suprême, ce qui requiert des "fonds importants". "Les tribunaux ont jusqu'à présent rendu des jugements favorables, à Delhi, Mumbai et Kolkata, pour alléger les mesures contre le vapotage", se montre optimiste l'AVI, qui avait fait annuler une décision de prohibition par la Cour de Delhi. 

Arrestation de vapoteur à Goa

Dans l'attente d'un éventuel recours en justice, des arrestations ont commencé, notamment dans les Etats tabagiques du Sud. Non seulement de vendeurs de rue, mais aussi au moins un utilisateur. Un touriste russe de 45 ans a été arrêté à Anjuna dans l'Etat de Goa, selon la presse locale. "Un commando de la police d'Anjuna a mené un raid dans un appartement de la résidence Blue Lagoon. La police a arrêté l'accusé avec 4 vaporettes et 46 fioles de liquides de vapotage", rapporte l'Herald de Goa le 10 décembre.

Libéré depuis sous caution, le touriste russe est poursuivi des chefs d'inculpation des sections 5 et 8 de la loi de prohibition du vapotage. C'est à dire pour le stockage de produit de vape, punissable de 6 mois d'emprisonnement et 50'000₹ (~650€) d'amende. Pourtant, le Ministre de la santé avait promis, devant le parlement, que la loi ne s'attaquerait pas aux utilisateurs. "Nous ne voulons pas criminaliser les vapoteurs", avait prétendu alors le Ministre Harsh Vardan.


samedi 7 décembre 2019

France: la municipalité de Ligueil impose des panneaux illégaux et pervers [MàJ]

[MàJ (16h12): le titre a été édité suite à la réaction d'Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer (voir plus bas). Le terme "impose" à été remplacé par "inaugure"- Le texte et le titre (une seconde fois) ont été édités suite à la clarification apportée par Axel Kahn sur l'absence de lien de la Ligue avec les panneaux d'interdiction municipaux]
Des enfants de l'école primaire de Ligueil, en Indre-et-Loire, ne verront plus leurs parents les attendre à la sortie de la classe. Ce sont les enfants des fumeurs et des ex-fumeurs utilisant le vapotage qui devront se tenir hors d'un périmètre de 15 mètres autour de l'école. "Le conseil municipal a transformé volontiers cette décision en arrêté municipal", explique le journal local la Nouvelle République. "Nous avons fait passer le message à la police municipale, pour qu’elle veille à ce que ce soit respecté", précise le maire Michel Guignaudeau. 

La signalétique mise en place à Ligueil, a été fournie par la Ligue contre le cancer, selon la Nouvelle République. Dont le président Axel Kahn était présent à l'inauguration.
[Edit 16h30] Selon Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer, la Ligue n'a fourni que les panneaux verts et blancs "Espace sans tabac", qui ne font aucun amalgame avec d'autres produits que le tabac. En conséquence, les panneaux aux signalisations violant les dispositions de la loi santé seraient de la seule responsabilité des autorités locales. [/]

Les panneaux apposés violent la loi française en assimilant un produit à risque réduit sans tabac ni fumée à l'interdiction de fumer. Pourtant, dans le but d'éviter ce type de perversion, l'arrêté sur la signalétique concernant les interdictions de fumer dans des lieux publics fixe des dispositions graphiques qui "ne doivent ni ne peuvent en aucun cas être modifiés". Le graphique est présenté en annexe de l'arrêté du 1er décembre 2010 fixant les modèles de signalisation prévus par l’article R. 3511-6 du code de la santé publique:

Mise à jour (16h12): réaction d'Axel Kahn sur twitter:

[/]

Assimiler le tabac à des produits à risque réduit perverti le message sanitaire sur les risques du tabagisme

La mesure pour protéger la signalétique a évidemment pour but d'éviter de pervertir le message sanitaire sur les risques du tabagisme. Par exemple en les assimilant à des produits beaucoup moins risqués et amenuiser la perception du risque particulier du tabagisme. On se rappelle du temps où des cigarettes en chocolat servaient le même message d'assimilation du tabac à des produits à risque réduit. C'est parce que le législateur avait en tête ce possible sabotage du message qu'il a fixé ce point.

Cela fait de nombreux mois que les défenseurs de l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage alertent sur des signalétiques perverses diffusées initialement par des entreprises privées, sans que l'on sache précisément leurs liens d'intérêt.
[édité- Axel Kahn, de la Ligue explique ne pas être responsable de la signalétique des panneaux qui seraient donc de la responsabilité des autorités municipales. Je lui présente mes excuses pour avoir suivi l'information de la Nouvelle République sur la responsabilité de la Ligue des panneaux d'interdiction. Il reste que ces panneaux sont illégaux et pervers.]

Cancer, tabagisme et réduction des risques: le besoin de messages clairs

Au Sommet de la vape, organisé par Sovape le 14 octobre dernier à Paris, Antoine Deutsch de  l'Institut National du Cancer (INCa) a rappelé les énormes biais de perception de la population sur les cancers et les risques, notamment du tabagisme. La présentation d'Antoine Deutsch est disponible en ligne:
Sur cette question, l'INCa diffuse d'ailleurs ce spot d'information très clair:


mercredi 20 novembre 2019

Commission Européenne: les Etats n'ont relevé aucun problème, mais certains vont en créer en interdisant des arômes de vape

Il n'y a pas de problème de pneumopathie lié à la vape en Europe, mais comptons sur les bureaucrates pour en créer. En résumé, c'est ce qui ressort du compte-rendu de la réunion le 15 octobre dernier du groupe de travail de l'Union Européenne sur la 3ème révision de la directive des produits du tabac et du vapotage (TPD) mis en ligne avant-hier. Le groupe de travail réunissant un représentant de chaque Etat membre était encadré par pas moins de douze bureaucrates de la Commission Européenne SANTE, désormais dirigée par Stella Kyriakides. Malgré la demande du député européen Christian Busoï (national-libéral, Roumanie) en ce sens, aucun parlementaire ne semble y avoir assisté, selon le compte-rendu de séance (en anglais seulement). A notre connaissance, aucune organisation indépendante d'usagers n'a été consultée pour ce travail de révision du texte réglementaire qui les concerne au premier chef.

Pas de problème signalé...

Le sujet du vapotage, prévu d'être abordé en sous-groupe spécial vape le 28 novembre, a été avancé en raison des "récents développements aux USA" . "Aucun cas similaire à ceux trouvés aux États-Unis n'a été signalé parmi les États membres de l'Union Européenne dans l'une ou l'autre des portails de sécurité (RAPEX) ou ICSMS", annonce Thea Emmerling, qui préside cette séance du 15 octobre au nom de la Commission SANTE.

Aucune mention de l'impact du vapotage ayant favorisé la baisse du tabagisme en Europe n'est évoqué dans le compte-rendu. Il est précisé qu'un travail sur le vapotage - "effets sanitaires, cessation et initiation" - du Comité scientifique sur la santé, l'environnement et les risques émergents (SCHEER) est en cours, avec un rapport final attendu pour septembre ou octobre 2020.

Le compte-rendu spécifie que la Commission a rappelé aux représentants des Etats membres "que la responsabilité de réglementer les arômes (y compris l'interdiction) reste entre les mains des États membres (selon le considérant 47 de la TPD). Les États membres peuvent également utiliser les dispositions de l'article 24 (3) de la TPD pour appliquer la législation sur les médicaments". Le considérant 47 de la TPD précise que "toute interdiction de ces produits aromatisés devrait être justifiée et la notification soumise conformément à la directive 98/34/CE du Parlement européen et du Conseil".  

... mais des prohibitions d'arômes déjà en route

Le compte-rendu poursuit: "Certains États membres ont déjà mis en place une interdiction des arômes et d'autres États membres envisagent de mettre en œuvre une telle interdiction. Un État membre a présenté son rapport national d'expérience et l'approche en matière de mise en œuvre de leur interdiction des arômes". Le texte ne précise ni de quels Etats il est question, ni les justifications apportées pour se conformer au considérant 47 de la TPD. Ces informations sont pourtant dignes d'intérêt pour le public. Mais on a déjà pu constater l'hostilité et la déloyauté des bureaucrates européens envers le public. Par exemple lors de la dernière consultation publique sur le projet de taxes anti-vapoteurs: avant, pendant et après.

Il faut donc espérer le développement de la plateforme européenne des défenseurs de moyens de réduction des risques face au tabagisme ETHRA, pour que les usagers soient informés. Créée en septembre, l'ETHRA n'a pas encore une banque de données très étoffée. Selon son fil des news, l'Irlande discute d'une interdiction des arômes. Par ailleurs, sans prohibition totale des arômes, les Pays-Bas ont déjà interdit depuis juillet la vente de tout liquide de vapotage, aromatisé ou non et avec ou sans nicotine, en contenant de plus de 10 ml, provoquant le recours à l'achat d'arômes de pâtisserie par les utilisateurs pour contourner la restriction absurde. Des prohibitionnistes néerlandais appellent à interdire totalement le vapotage pour ne laisser que les cigarettes en vente.

La prohibition, origine toxique des pneumopathies américaines

Face à la tentation des prohibitions, il semble pertinent de rappeler l'origine de la crise sanitaire américaine, ce qui n’apparaît pas dans le compte-rendu du groupe de la Commission Européenne. Les pneumopathies aux Etats-Unis ont été provoquées par des produits frelatés, notamment avec de la vitamine E, vendus comme étant au THC. Près de 39 décès et plus de 2000 personnes atteintes de pneumopathies ont été recensées par le Center for Disease Control (CDC) depuis cet été. 

Une prohibition des arômes, en plus de favoriser le tabagisme, créerait une situation potentielle de mise en danger du public par la perte de contrôle de la qualité des produits sur le marché noir ou des achats "à l'aveugle" d'arômes pas forcément compatibles avec le vapotage. Alors que des organismes tels que l'AFNOR essaient d'établir des normes les plus sures en réunissant les différentes parties prenantes au sujet - professionnels de santé, professionnels du secteur et usagers -, des Etats européens sabotent de manière irresponsable la situation. Ils ne s'y prendraient pas autrement s'ils cherchaient à programmer la mort d'utilisateurs. Et la probabilité que cela frappe des jeunes inexpérimentés est forte. 

Les bureaucrates plus préoccupés par l'initiative Vaping is not tobacco

La Commission et les représentants des Etats, laissés anonymes dans le compte-rendu au public, "ont convenus de continuer à suivre la situation et d'approfondir les discussions lors du prochain sous-groupe sur les cigarettes électroniques, le 28 novembre 2019". Avant ce prochain rendez-vous, la Commission a informé le groupe de "l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE), 'Demandons une réglementation plus intelligente du vapotage !'. Le groupe a discuté de préoccupations selon lesquelles certains aspects du processus de l'Initiative pourrait contrevenir aux dispositions pertinentes de la TPD sur la publicité, la promotion et la vente de cigarettes électroniques". Le groupe a chargé la Commission d'écrire aux responsables de l'ICE.

Lancée fin avril, l'ICE "Vaping is not tobacco" demande "à l'Union européenne de créer un cadre réglementaire unique séparant les produits du vapotage des produits à base de tabac", selon le texte de l'initiative sur son site. L'ICE est soutenue par des associations de professionnels de vape, mais aussi par des cigarettiers, dont Imperial Brands, et des associations d'utilisateurs. La présence de cigarettiers a freiné certaines associations d'usagers et de professionnels indépendants, qui n'avaient pas été consultés à la création de l'initiative et craignent notamment son instrumentalisation pour imposer l'interdiction des produits ouverts, telle que désirée par plusieurs cigarettiers.


dimanche 11 novembre 2018

[Bref] Le Département des accises de Thaïlande voudrait légaliser le vapotage avec une taxe

"Des changements majeurs sont en cours concernant le vapotage en Thaïlande", annonce le site d'information thaïlandais Sanook. Le Directeur général du Département des accises Anuntasilpa Patchara a annoncé à la presse ce 7 novembre étudier une légalisation du vapotage en le taxant. Mais le dossier est épineux. "Le Ministère des Accises est prêt à taxer le vapotage en tant que produit légitime. Parce que ce n'est pas une drogue. Mais le Ministère du Commerce en a interdit l'importation et le Ministère de la Santé s'oppose à sa consommation", explique le directeur du Département des accises au journal local Khaosod

L'association des vapoteurs reçue au Ministère du commerce

Ces dernières semaines, le Ministère du commerce a reçu l'association de défense des vapoteurs Ends Cigarette Smoke Thaïland (ECST). Le dernier rendez-vous le 31 octobre a débouché sur la constitution d'un comité pour reconsidérer le statut du vapotage. Autre motif de réformer la vape pour le Gouvernement: le tourisme. Les ambassades de huit pays ont demandé des clarifications sur le statut du vapotage suite aux arrestations de leurs ressortissants. "Au cours des seuls trois derniers mois, le Département des accises a saisi 80 produits de vapotage divers et infligé des amendes d’un montant total de 5 millions de bahts [≃152'000 Fs]", précise le Bangkok Post du 8 novembre

Les arrestations de touristes sont un "gros problème"

Depuis la prohibition décrétée en décembre 2014 par la junte militaire, détenir un produit de vapotage équivaut à du trafic illégal, punissable jusqu'à dix ans de prison et d'une amende. De manière aléatoire, des vapoteurs locaux et étrangers ont été arrêtés, parfois amendés, parfois incarcérés"L'impact sur les touristes entre en jeu sur le dossier du vapotage. C'est un gros problème chaque jour", reconnait le Directeur Anuntasilpa Patchara. Son département estime les cigarettes de tabac chauffé simples à réglementer, tandis que le cas des liquides de vapotage doit être évalué pour fixer "une fiscalité correcte"

Dans l'attente d'une réforme, la détention de produits de vapotage reste punissable d'amende et de prison en Thaïlande. Le Royaume compte officiellement 42% de fumeurs, qui consomment pour 80% des cigarettes du Monopole du Tabac de Thaïlande.

jeudi 18 octobre 2018

[Bref] En Thaïlande, les vapoteurs demandent à l'Ombudsman d'intervenir pour faire cesser la répression

Détenir une vaporette en Thaïlande peut vous faire condamner, pour importation d'un objet illicite, à dix ans de prison et une amende d'un million de baths (26'000€). Depuis le 12 décembre 2014, la junte militaire a interdit les produits de vapotage. Depuis des arrestations de vapoteurs bourgeonnent de manière aléatoire au gré des humeurs arbitraires des forces de l'ordre. La presse locale fait parfois l'écho de ses arrestations absurdes, de la vieille dame ayant arrêté de fumer avec le vapotage à la jeune starlette du web contrôlée avec une vaporette dans sa voiture, où même le touriste suisse mal-informé de la situation.

L'Ombudsman saisi de l'affaire

L'Ends Cigarette Smoke Thaïland (ECST), l'association des vapoteurs "pour en finir avec la cigarette fumée", s'est adressé au Directeur du département des droits de l'Ombudsman pour que cette interdiction soit reconsidérée. L'Ombudsman, qui a un rôle de médiateur lors de contentieux entre citoyens et pouvoirs publics, est officiellement entré en matière pour "enquêter sur la légalité de la prohibition du vapotage en Thaïlande".

L'ECST entendu au Ministère du commerce

Dans une situation réglementaire considérée comme la pire au monde par les spécialistes du domaine, l'association des vapoteurs de Thaïlande active les leviers à sa portée pour faire bouger les choses. Le 12 octobre, une délégation de l'ECST était reçu au Ministère du commerce, qui a ouvert un examen sur la question du vapotage depuis le 8 octobre. Les représentants des vapoteurs ont remis entre autres documents, une pétition de plus de 40'000 signatures pour légaliser le vapotage en Thaïlande.

Marit Karunyawat, représentant de l'ECST, fait valoir, dans le journal Asia Times, que régulariser le vapotage serait bénéfique à toutes les parties. Les usagers ne seraient plus en prise avec une répression absurde et arbitraire et ils trouveraient des produits avec plus de sécurité sur leur qualité. Surtout, les fumeurs auraient accès plus facilement à un moyen de réduction des risques reconnu, alors que le tabagisme touche une large part de la population. En régularisant les produits de vapotage, les pouvoirs publics pourraient les réglementer et en contrôler les conditions de vente.

De son côté, Roengrudee Patanavanich, responsable adjoint du Centre de recherche sur la lutte antitabac, reconnait qu'il y a de plus en plus de vapoteurs en Thaïlande et dans le monde. Cependant, selon lui "jusqu'à 30,5% des personnes qui vapotent pensent, à tort, que celles-ci ont un bon parfum, sont sûres et modernes et sans additifs". Seront-ils entendus dans un pays où l'Etat détient le Monopole du Tabac de Thaïlande ?

L'ECST a reçu une réponse d'entrée en matière de l'Ombudsman:

Printfriendly

Licence Creative Commons: Attribution (BY) + Non Modification des partages (ND)

 
Real Time Analytics