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mercredi 4 mars 2020

Retournement à Genève: Mauro Poggia promet que les vapeshops pourront faire tester leurs produits

« Il faudrait être d’une totale mauvaise foi pour dire qu’il faut acheter les yeux fermés ». Promesse inattendue de Mauro Poggia. Hier soir à l’émission A bon entendeur de la RTS (accessible en replay, à partir de 22e mn), le Conseiller d’État s’est engagé à ce que les magasins de vape genevois puissent faire essayer leurs produits aux clients adultes. Sa loi prévoit pourtant l’interdiction du vapotage dans tout espace public. Face à lui, Isabelle Pasini, de l’Association romande des professionnels de vape, se réjouit. Puis, surprise, demande comment cela va se passer légalement. « Dans le règlement d’application, c’est possible? ». « On peut le prévoir, mais il me semble évident qu’on doit pouvoir tester un produit avant de l’acheter », répond le Conseiller d’État, sans préciser le point légal. 

« Nous sommes prêts à encourager les fumeurs à passer au vapotage »

Qu’est-ce qu’il en sera pour les groupes d’entraide autogérés? Personne ne le sait. Pourtant, Mauro Poggia s’est enthousiasmé. « Si vous voulez proposer des produits de vapotage à de grands fumeurs, et bien bravo! », adresse-t-il à Isabelle Pasini, qui le fait depuis plus de cinq ans dans ses magasins à Genève. « Nous sommes prêts à encourager qu’un grand fumeur passe à la cigarette électronique. Je pense qu’on doit applaudir. Je crois a priori que c’est une bonne chose et même les scientifiques le reconnaissent », renchérit le Conseiller d’État.

Il a pourtant rédigé un texte de loi qui nous avait semblé rendre presque impossible le développement de l’approche de réduction des risques. C’est ce qu’avait aussi compris Malik Melihi, le présentateur de l’émission. « L’idée générale c’est de considérer la cigarette électronique comme une cigarette classique, et on peut mettre tous ces produits dans la même loi et lui faire subir les mêmes rigueurs, c’est juste? » « Non, pas exactement », rétorque énigmatiquement Mauro Poggia. 

« La règle principale qui est le fondement de cette loi, c’est [l’interdiction de] la vente à des mineurs », insiste le Conseiller d’État. C’était l’antienne de toute l’émission: la peur du vapotage chez les jeunes. Bien que le seul témoignage déniché par A bon entendeur est celui d’un adolescent ayant arrêté de fumer avec le vapotage. Ce n’est pas tout à fait l’effet du hasard. Bien que passé sous silence dans l’émission, l’héritage tabagique de la politique romande actuelle a produit 25% des adolescents (15-18 ans), et 38% de jeunes adultes (18-24 ans) fumeurs. Rien ne leur est proposé d’autre que le discours de l’abstinence.

L’émission a rappelé les chiffres d’Addiction Suisse (ex-ligue de tempérance) sur l’essai du vapotage chez les adolescents annoncé à 50 % des garçons et 34 % des filles. Mais sans évoquer ceux de l’Office fédéral de la statistique (OFS). « Selon l’Enquête Suisse sur la Santé, réalisée par l’Office Fédéral de la Statistique, 1,5 % des jeunes de 15 ans utilisaient des e-cigarettes en Suisse en 2017 », rapporte le fil de news de Stop-Tabac.ch du 11 février rédigé par le Pr Jean-François Etter. Ce qui fait un très grand écart des mesures entre la fondation privée, qui s’est intéressée à l’expérimentation y compris sans nicotine pour la qualifier de « fléau », et l’OFS, dont la question implique l’idée d’utilisation...

Mystère politique

Qu’est-ce qui a fait prendre conscience à Mauro Poggia des conséquences absurdes de sa loi interdisant aux fumeurs adultes d’essayer le vapotage? Mystère des coulisses politiciennes. En Commission du Grand Conseil, où le Conseiller d’État n’avait pas jugé utile d’être présent, Isabelle Pasini avait insisté sur ce point, pour rien. Il semble que la menace du référendum déposé par l’Association romande des professionnels de vape a été plus efficace pour être entendu.

[Edit à 12h:] L'ARPV, qui ne m'envoie pas ses communiqués de presse (:/), annonce avoir recueilli les signatures suffisantes, au moins 5294 valides, pour présenter le référendum. L’ARPV «se félicite de ce premier succès, obtenu grâce à l’engagement de ses membres sur le terrain, dans les magasins spécialisés et dans la rue, mais aussi grâce au soutien de consommateurs convaincus du bien-fondé des produits de vapotage comme solution pour arrêter de fumer. Grâce à ce référendum, un vaste débat démocratique va pouvoir s’engager sur la cohérence des politiques de santé publique et de prévention du tabagisme», selon le site de la Tribune de Genève

On peut se réjouir de l'annonce du Conseiller d'Etat, sous réserve de voir les modalités concrètes. Et rester un peu interloqué du temps perdu. L'aboutissement de la récolte de signatures met évidemment l'association romande des professionnels de vape dans une situation plus confortable pour négocier les modalités avec l'Exécutif genevois. [/]

Jacques Cornuz explique le problème américain

En marge de cette annonce, on peut signaler deux séquences intéressantes dans l’émission. Le Pr Jacques Cornuz, du CHUV, explique à partir de la 2e minute clairement que la vague de pneumopathies aux États-Unis est liée à des produits de THC frelatés à l’acétate de vitamine E. (Même si cet ajout n’est pas « pour mieux vapoter », comme le dit le Pr Cornuz, mais pour tromper les clients sur le taux de THC des cartouches vendues. On excusera, le Pr Cornuz n’a pas forcément l’expérience du marché noir...).

Un autre moment sympathique est la présentation de la fabrication de nicotine vapologique par la marque française VDLV à Bordeaux à partir de la minute 18'10. Un développement économique de la filière de réduction des risques qui tente le pari de la relocalisation, avec des implications sociales et écologiques qui mériteraient développement en ces temps de pandémie, crise sociale et écologique.

Bullshit de Fribourg

Je ne vais pas prendre la peine de commenter en détail la séquence de la responsable du Cipret Fribourg à propos du snus. Simplement rappeler que la Food and Drug Administration (FDA) américaine a accordé, pour la première fois, le statut de produit à risque réduit aux produits de Snus de la marque Swedish Match en novembre. Ce label a été accordé après un examen scientifique de cinq ans. Le fabricant peut afficher cet avertissement:
« L’utilisation de General Snus au lieu de cigarettes vous expose à un risque plus faible de cancer de la bouche, de maladie cardiaque, de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral, d’emphysème et de bronchite chronique. »
La Suède où environ 17 % de la population adulte consomme du snus, mais avec seulement 5 % de fumeurs, détient les plus bas taux de cancers oraux-buccaux et des poumons, selon les données du Centre international de recherche sur le cancer (IARC). Les témoignages dans l’émission d’utilisateurs sur le fort potentiel dépendogène du snus sont justes.

Les photos d’atteintes à la bouche présentées dans l’émission me semblent typiques de l’usage des horribles produits de tabac oraux indiens (gupka, etc.) qui n’ont rien à voir avec le snus.

L'Inde où le vapotage est interdit depuis septembre, tandis que 120 millions d'indiens consomment des produits du tabac oraux ou fumés. Près d'un million en meurt chaque année. Le gouvernement, dont Vinayak Prasad, aujourd'hui à l'OMS était un haut-fonctionnaire, détient une part du capital des deux principaux cigarettiers du pays. Ceci et le fait que le rapport anti-vape de Vinayak Prasad a été financé par l'entreprise Bloomberg Philanthropies Limited, dont les comptes sont totalement opaques, aurait été des précisions utiles au téléspectateur pour situer la parole du responsable interviewé.


lundi 2 mars 2020

USA - Scandale des liquides contaminés: le CDC aurait pu prévenir près de 80% des cas

Chronologie d'un désastre sanitaire évitable ponctué de 68 décès et 2807 personnes hospitalisées. Les maladies pulmonaires provoquées par des cartouches contaminées à l’acétate de vitamine E sur le marché noir du THC aux États-Unis au second semestre 2019 ont pris la proportion d’une crise sanitaire. Pourtant, les autorités détenaient très tôt des informations claires sur l'origine réelle des pneumopathies. Une communication loyale des responsables de santé publique aurait pu prévenir plus de huit dixièmes des malades. A l'inverse, le Center for Disease Control (CDC) et la Food and Drug Administration (FDA) ont manipulé l'information au public dans un calcul politicien cynique. Les consommateurs de produits au THC ne se sont évidemment pas sentis concernés par les avertissements contre les « E-cigarettes ». Tandis que, secondes victimes de la campagne de confusion, des millions de fumeurs de cigarettes ont renoncé à passer au vapotage.

Plus de 80% des 2807 cas se sont déclarés après le 19 août

Ce 18 février 2020, le Center for Disease Control (CDC) dénombre 68 décès et 2807 personnes atteintes par les pneumopathies liées aux liquides frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC aux États-Unis. L’agence américaine a affublé cette vague de pneumopathies du nom trompeur de « e-cigarette, or vaping, product use associated lung injury (EVALI) ». En réalité, les biopsies des victimes ont clairement confirmé que la cause des pneumopathies était l’acétate de vitamine E, absente de cette dénomination.

Substance huileuse, l’acétate de vitamine E était ajouté par les dealers du marché noir à des liquides au THC pour tromper leurs clients sur la teneur en substance psychotrope des cartouches frelatées. Aucun élément n’a indiqué que l’e-cigarette au sens courant du terme, la rapportant au vapotage de nicotine, ait été impliquée.

Dés fin juillet, les autorités de santé ont des indices forts sur la réelle origine des problèmes. Le 19 août, un rapport d’analyse, stipulant clairement que le seul suspect identifié à l’origine des pneumopathies est l’acétate de vitamine E, est remis aux autorités du CDC et de la Food and Drug Administration (FDA).

Pourtant, le CDC et la FDA vont organiser une grande campagne de désinformation pour incriminer le vapotage de nicotine. Des milliers de consommateurs de produits au cannabis n’ont ainsi pas été prévenus du danger les concernant. Selon le décompte final du 25 février 2020 du CDC, 81% des 2807 cas se sont déclarés après le 19 août.

Le CDC s’autocongratule de sa gestion sanglante

« En raison de la baisse continue des nouveaux cas d’EVALI depuis septembre 2019 et de l’identification de l’acétate de vitamine E comme cause principale d’EVALI, la publication d’aujourd’hui est la dernière mise à jour hebdomadaire du CDC sur le nombre de cas d’EVALI hospitalisés et de décès à l’échelle nationale », déclare l’agence aux médias ce 25 février pour clore le dossier.

Malgré sa désastreuse communication, l’agence s’autofélicite. La vague de malades aurait diminué en raison de « la sensibilisation accrue du public au risque associé à l’utilisation de produits de cigarette électronique ou de vapotage contenant du THC résultant de la réponse rapide de la santé publique », affirme le CDC fin février.

En réalité, la direction du CDC a diffusé une désinformation tronquée, biaisée et trompeuse durant des mois. Une mise en danger de la population dont le déroulé est affligeant. Et ceci alors que l’agence détenait déjà des éléments probants de la réelle source des pneumopathies: l’acétate de vitamine E.

Avant même la crise, des alertes sonnent. Dès le 6 juillet, Eliana Golberstein, chimiste à Auckland pour Myriad Pharmaceuticals qui commercialise un dispositif de vapotage, pointe la vitamine E comme un potentiel danger à l’inhalation.

Des alertes sur les cartouches du marché noir du THC dès la fin 2018

La mise en garde de la chimiste survient après d’autres alertes. Depuis plusieurs mois, des professionnels de produits de cannabis légaux aux États-Unis tentent alors de faire réagir les autorités sur les risques de produits du marché noir. Le magazine Rolling Stones couvre le sujet en décembre 2018. Officieusement, les « insiders » ont déjà identifié la mise sur le marché d’un nouvel « additif épaississant » depuis la fin 2018, mais craignent de s’exposer au risque d’un procès en diffamation s’ils en parlent publiquement.

Le produit se vend aux dealers pour tromper leurs clients sur la teneur en THC des cartouches de liquide. Les acheteurs des cartouches pré-remplies faisaient le test de la bulle d’air pour évaluer cette teneur: si la bulle remontait lentement, cela indiquait un produit chargé en extrait de THC. L’additif nouvellement utilisé permet de faire croire à un liquide épais, malgré une faible concentration d’extraits de cannabinoïdes. Mais les autorités sanitaires préfèrent ignorer les alertes et optent pour la posture de l’autruche.

Le 25 juillet, alerte et image du principal produit frelaté

Les premiers cas apparaissent au printemps, puis leur nombre augmente en juillet notamment au Wisconsin. Le 25 juillet, le Département de santé local lance l’alerte: huit cas sont identifiés, l’un d’eux a été plongé dans le coma artificiel. Son frère témoigne devant les caméras de Fox6 Milwaukee et montre une cartouche « Dank Vape », une marque illégale de produits au THC. Il affirme avoir déjà donné aux services de santé d’autres échantillons de ce produit acheté dans la rue par son frère.

Aucun autre média ne reprend cette information. Seule la mise en cause du vapotage sans autre précision par les autorités du Wisconsin est diffusée largement.

Le rapport du Wadsworth Center tenu secret

Le 19 août, le département de santé de New York envoie au CDC et à la FDA un rapport d’analyse de 38 échantillons de liquides utilisés par les dix premiers new-yorkais touchés par la pneumopathie. « L’acétate de vitamine E est la principale découverte dans les liquides aux cannabinoïdes. Aucun composé pouvant être lié à EVALI n’a été trouvé dans les deux produits à base de nicotine testés », conclut cette première analyse complète des produits suspects des pneumopathies par le Wadsworth Center. Ces résultats ne seront rendus publics que six mois plus tard, le 20 février 2020 par la revue Toxics.

Aussi le 19 août sur la chaîne locale WLFI, le Dr Marc Estes, responsable du département de santé de l’Indiana, pointe clairement que les onze cas détectés dans son Etat « ne sont probablement pas corrélés au vapotage lui-même, mais à ce que les individus ont vapoté », évoquant les produits de THC.

Le même jour dans l’Utah, la Dre Dixie Harris, pneumologue à Intermountain Healthcare, souligne que « tous les cas sont assurément associés à des concentrés de marijuana », au Salt Lake Tribune (non atteignable depuis l’Europe). Le 22 août, le département de santé de l’Iowa signale que trois patients sur les quatre cas reconnaissent avoir utilisé des produits illicites au THC.

Sur le terrain, tout désigne les produits frelatés du marché noir du THC

« De nombreux États ont signalé que le THC était lié à la plupart des cas, sur la base des déclarations des patients. Par exemple, l’Utah a rapporté que 94% des patients ont admis utiliser des cartouches de THC alors que seulement 6% ont déclaré ne vapoter que de la nicotine. Dans cet État, les tests des produits utilisés par les patients ont révélé qu’aucun dispositif de vape à la nicotine n’était contaminé, mais 89% des cartouches de THC ont été détectées comme frelatées avec des ingrédients pouvant expliquer les maladies », relate le rapport de Michelle Minton et Will Tanner, du Competitive Entreprise Institute (CEI), publié le 21 janvier 2020 malgré les obstructions de la bureaucratie du CDC, comme le montre cette conversation téléphonique.

Pourtant, en dépit des communications des départements de santé des États, de l’analyse des liquides des patients par le Wadsworth Center du département de santé de New York, des témoignages et des cartouches de produits frelatés de marques illégales en leur possession, les autorités du CDC et de la FDA vont choisir de sciemment désinformer le public.

Le briefing du mensonge du 23 août

Le 23 août, l’émotion du public est à son comble avec la survenue du premier décès.« Cette mort tragique dans l’Illinois renforce les risques graves associés aux produits de cigarette électronique », déclare Robert Redfield, directeur par intérim du CDC, dans un communiqué officiel. À partir de là, les grands médias mettent en boucle la sentence: « L’e-cigarette tue ». En complément du communiqué, les autorités de santé tiennent un briefing par visio avec la presse.

Ileana Arias, directrice adjointe du CDC, annonce « 193 cas potentiels non confirmés de maladie pulmonaire grave associée à l’utilisation de produits de cigarette électronique ». Aux questions insistantes des journalistes sur les possibles substances en cause, les responsables affirment à plusieurs reprises ne pas avoir de données.

« Nous n’avons spécifiquement lié aucun de ces ingrédients spécifiques aux cas actuels, mais nous savons que l’aérosol de cigarette électronique n’est pas inoffensif », enfume le Dr Brian King, de la section tabac du CDC, à une question d'un journaliste de NPR.

Mich Zeller, directeur de la section tabac de la FDA, renchérit dans le mensonge par omission. « Nous avons reçu des échantillons de produits et nous les analysons pour voir s’ils contiennent de la nicotine, des substances telles que le THC, ou d’autres produits chimiques ou ingrédients. Les résultats de ces analyses seront communiqués aux États afin de les aider dans leur enquête en cours », déclare-t-il sans évoquer les résultats du Wadsworth Center qu’il détient.

Quatre jours après avoir reçu le rapport, les responsables du CDC et de la FDA ont donc sciemment décidé de cacher au public les informations du département de santé de New York sur la mise en cause de l’acétate de vitamine E dans les cartouches au THC du marché noir. Les médias reprennent la communication des autorités sanitaires et incriminent « la cigarette-électronique », ce qui dans le langage populaire signifie le vapotage de nicotine.

Leafly mène l’enquête

« C’est l’un des plus grands manquements au devoir de la part des dirigeants américains de la santé publique que j’ai vue de mon vivant », dénoncera Bruce Barcott, rédacteur-en-chef adjoint du site spécialisé sur le cannabis Leafly, dans sa chronique de fin d’année. « Pendant des mois, les responsables du CDC ont déclaré au public qu’il était impossible de savoir quel type de vape tuait des gens. En fait, les dirigeants de la santé publique ont désespérément tenté de rejeter la faute sur les appareils de vapotage de nicotine. Pourtant les faits racontent une autre histoire », poursuit-il.

Le responsable de Leafly est bien placé pour le savoir. C’est David Downs, son journaliste en Californie, qui révèle le 30 août le lien entre les pneumopathies et un additif à l’acétate de vitamine E lancé sur le marché pour tromper les acheteurs de cartouches au THC. Les gens vapotent, des extraits de cannabis, de la nicotine ou simplement des arômes, depuis des années sans problème. Et soudain cette vague de pneumopathies. « Qu’est-ce qui a changé? », se demande David Downs dans l’article. 

Honey Cut

« Les initiés de l’industrie [du cannabis légal] qui suivent de près les marchés légaux et illégaux des cartouches de vape au THC disent à Leafly qu’un nouveau type d’additif a commencé à apparaître à la fin de 2018. Il est depuis devenu largement utilisé sur les marchés parallèles. Il s’agit d’une nouvelle classe d’agents épaississants inodores et insipides », explique le journaliste de Leafly, dont les éclaircissements n’ont pas l’audience des médias mainstreams. 

La suite de son enquête confirmera ces informations, pointant spécifiquement un additif épaississant vendu sous le nom de « Honey Cut » et constitué à près de 95% d’acétate de vitamine E. Mais pour éviter le risque de poursuites judiciaires, il ne publiera l’information que le 8 novembre, immédiatement après que le CDC ait enfin reconnu officiellement que l’acétate de vitamine E est « fortement suspecté » d’être impliqué dans les pneumopathies.

Le 5 septembre, le département de santé de New York brise l’omerta

Entre-temps, le département de santé de New York a eu le courage de braver les consignes de désinformation du CDC et de la FDA. Le 5 septembre, un communiqué de presse brise l’omerta: « Les résultats des tests de laboratoire ont montré des niveaux très élevés d’acétate de vitamine E dans presque tous les échantillons contenant du cannabis analysés par le Wadsworth Center dans le cadre de cette enquête. Au moins un produit de vape contenant de l’acétate de vitamine E a été associé à chaque patient qui a soumis un produit pour un test », explique le communiqué associé à des photos de produits du marché noir en cause.

La presse reprend l’information de manière plus ou moins confuse. Mais la hiérarchie du CDC tente de brouiller le message avec une conférence de presse dès le lendemain. Et cela marche, comme on peut le constater dans cet article confus du Washington Post du 7 septembre.

Malgré cela, le message sur les liquides frelatés commence à percer dans le public concerné. Le pic de nouveaux cas va être atteint la semaine suivante, puis décroître progressivement au fur et à mesure que l’information se répand auprès des consommateurs de produits au THC.

Le crash du 11 septembre

Cependant, les responsables du CDC et de la FDA se rapprochent de l’objectif politique de leur campagne de désinformation. Alors que le pays compte six décès liés à ces pneumopathies, le président Donald Trump annonce le 11 septembre vouloir interdire le vapotage aromatisé devant les caméras.

Le 15 septembre, Andrew Cuomo, le maire de New York, profite de l’épidémie de peur pour annoncer l’interdiction des liquides de vape aromatisés. Cette annonce suit celle du Michigan et précède celle du Massachusetts, où le gouverneur Charlie Baker a interdit les produits de vape. L’épidémie de prohibition se répand, selon le suivi du Vaping Post, à l’État de Washington, le Rhode Island, l’Oregon, le Montana...

Malgré les pressions du lobby Parents against vaping (PAVe) sur la première dame, Donald Trump renifle la supercherie du CDC concernant les pneumopathies. Il convoque à la Maison Blanche une table-ronde réunissant les lobbyistes anti-vape, cigarettiers, mais aussi Gregory Conley, infatigable défenseur de la vape indépendante avec l’American Vaping Association (AVA).

Trump décide au dernier moment de diffuser en streaming la réunion du 23 novembre. Il en ressort la vision prohibitionniste des anti-vape et le jeu de dupes des cigarettiers, espérant éliminer la concurrence de la vape indépendante avec des restrictions. Mais de manière inattendue, l’intervention de Gregory Conley attire l’attention du président.

Le Far West sauvage commence maintenant

Au final, Trump décide en janvier d’interdire la vente des cartouches de pods préremplis aromatisées, sauf les goûts tabac et menthol, et de porter à 21 ans l’âge légal pour acheter des produits de tabac et de vapotage. Les liquides de vape indépendants échappent à l’interdiction des arômes.

Cependant, la campagne médiatique nourrie par le CDC a massacré le secteur. Des centaines, si ce n’est des milliers, de boutiques spécialisées ont définitivement fermé. Enfin, la perspective des très onéreuses procédures d’homologation dites PMTA laisse peu de chance de survie aux produits indépendants aux États-Unis.

Des produits illégaux de vape nicotinée, bâtis en projet économique éphémère, en profitent pour se répandre avant de disparaître après quelques mois et millions encaissés. À l’image des Puff Bars de conception archaïque et de qualité très médiocre, pour le dire avec euphémisme, ces produits jetables sont vendus à bas prix (~ 10 $). Les adversaires de la réduction des risques, qui ont abusivement utilisé l’image du Far West sauvage pour demander des interdictions, sont en train de réellement créer une situation propice aux produits hors de tout contrôle. 

Pandémie de désinformation

Au-delà des États-Unis, l’onde de choc de l’épidémie de désinformation a frappé tous les pays. Par exemple en France, la Fivape, fédération des entreprises de vape indépendantes, estimait à près de 30% de chute de chiffre d’affaires en août et septembre. Les ventes légales de cigarettes, en baisse sur l’année, sont restées à un niveau relativement stable sur le dernier trimestre 2019 selon les données de l’OFDT. L’opération du Mois Sans Tabac en novembre a connu une chute de 20% de participation par rapport à la précédente édition, alors qu’elle progressait d’année en année.

Sans être définitifs, ces indicateurs laissent penser que la campagne de dénigrement mensongère contre le vapotage, particulièrement soutenue de la part de l’AFP, a profité à un relatif maintien du tabagisme aussi en France. Le sondage BVA/Sovape publié en octobre 2019, en pleine tempête médiatique anti-vapotage, renforce cette impression: 59% des Français croient que vapoter est aussi ou plus nocif que fumer. Des tendances similaires sont rapportées dans d’autres pays.

Les victimes

Les premières victimes de l’opération de désinformation sont les milliers d’usagers de produits au THC qui n’ont pas été prévenus du danger. Des centaines garderont des séquelles respiratoires, une large partie des décès aurait pu être évitée.

Les centaines de millions de fumeurs dans le monde abusés par cette propagande contre le vapotage sont les autres victimes. Près de la moitié mourront d’une maladie liée au tabagisme, tous auront leur santé amoindrie de ne pas avoir arrêté de fumer.

Une des premières victimes de toute guerre est aussi la vérité. La manière dont les autorités de santé et les médias ont massacré les faits, défiguré la réalité, instrumentalisé des victimes dans la détresse et trompé la population dépasse la simple violation déontologique. La falsification du 19:30 de la télévision romande RTS en est un exemple pitoyable.

Victoire à la Pyrrhus

De manière peut-être paradoxale, une victime qui se révélera à plus long terme est l’autorité de la santé publique. Les mensonges caractérisés du CDC, et d’autres organisations sous influence privée dans son sillage, sur cette affaire marquent une rupture de confiance pour des dizaines de millions d’usagers du vapotage, ainsi que de cannabis, même si ceux-ci subissent déjà une longue histoire de tromperie. Il y a aussi, pour un nombre que je ne sais pas estimer, des professionnels de santé. 

Assurément, le CDC a abusé une grande partie de la population. « Près de 3 Américains sur 5 pensent que les décès récents dus à une maladie pulmonaire sont liés à l’utilisation de cigarettes électroniques », relate un sondage du cabinet Morning Consult de septembre 2019. Tandis que seulement 34% pensaient que les cas concernaient « de la marijuana ou des e-cig au THC ». Le sondage ne posait pas la question du rôle de la vitamine E aux sondés. Probablement que le taux de personnes informées correctement aurait été catastrophique. Le sondage a également montré que moins de 22% des Américains savent que vapoter est moins nocif que fumer. 

Cependant, une minorité importante de la population américaine semble avoir saisi la mécanique de manipulation autour de cette vague de pneumopathies. À plus long terme, la question reste ouverte de la crédibilité de ceux qui ont porté le mensonge. La tromperie fonctionne tant que les victimes ne s’aperçoivent pas de la supercherie. Avec une technologie aussi simple et résiliente que le vapotage, qui ne disparaîtra pas en tant que tel, il n'est pas impossible qu’une large partie du public comprenne avec le temps l’énormité de l’enfumage dont elle a été victime durant ce tragique second semestre 2019.

En complément - La conférence d’Ethan Nadelmann, fondateur de la Drug Policy Alliance, à l’Ecig Summit de Londres le 14 novembre 2019 sur la diabolisation du vapotage aux États-Unis : https://vimeo.com/374470255

samedi 1 février 2020

Affaire de la falsification du 19:30: la RTS veut m'imposer un accord de non-divulgation

Il y a des pays où les journalistes défendent la liberté d'expression. Et puis il y a la Suisse, où la Radio Télévision Suisse Romande (RTS) tente de bâillonner les rares voix qui la critiquent. En l’occurrence ma voix, en voulant m'imposer une clause de confidentialité à propos de l'affaire de l'interview falsifiée diffusée par le journal télévisé 19:30 le 5 septembre 2019. J'avais transmis mon article dévoilant la supercherie au service de médiation de la chaîne de service public romande. Le service d'information de la RTS a traîné autant que possible pour répondre, pour finir par demander mi-janvier à ce que les échanges soient soumis à une clause de non-divulgation. 

Si j'avais accepté cette fameuse NDA, cela m'aurait interdit de parler, évoquer, publier ou transmettre le contenu de ces échanges à qui que ce soit. Je n'aurais pas pu écrire ce billet par exemple. J'ai refusé cette clause, tout en acceptant la poursuite du dialogue. Le service de médiation de la RTS n'a plus répondu.

La falsification du 5 septembre

Pour rappel, la RTS a diffusé le 5 septembre dernier une interview initialement tournée par CBS News dont elle a coupé des passages, dénaturant ainsi le contenu pertinent pour les téléspectateurs. À savoir, un jeune, atteint de la vague de pneumopathies aux États-Unis cet été, reconnait avoir consommé des liquides frelatés achetés au marché noir du THC, et son médecin de confirmer la présence de vitamine E dans ceux-ci. 


La RTS n'a retenu que la part de l'interview où le jeune malade évoque son utilisation d'une vaporette d'une marque célèbre. Le commentaire du journaliste suisse incrimine uniquement le vapotage, compris dans le langage courant comme le vapotage de nicotine, et passe totalement sous silence la cause réelle des pneumopathies. La chaîne n'a apporté aucun correctif, malgré ma demande.

Ya du bon tabac à la RTS

Ce procédé viole de manière flagrante la déontologie journalistique. Il y a de multiples intérêts à maintenir le tabagisme. Notamment celui de l'industrie cigarettière, celui des laboratoires pharmaceutiques dont une large part du chiffre d'affaires profite des malades du tabagisme, et les milliards de taxes récoltés par le Département fédéral de l'Intérieur, dirigé par Alain Berset, l'idole socialiste et romande de la RTS. Mais il y a aussi l'intérêt direct de la chaîne à promouvoir le maintien dans le tabagisme, ainsi que l'interdiction de publicité par affichage et dans les journaux du tabac, car plusieurs de ses programmes profitent des financements de l'industrie cigarettière. 

Les grands prix de Formule 1, programme hautement 'bankable', voient ses deux principales écuries financées par Philip Morris et Britsh American Tobacco. La firme cigarettière vaudoise finance aussi une des écuries des courses de moto GP diffusées sur la RTS. À peu près tout le monde a compris que le nombre ahurissant de fumeurs dans les séries télévisées et pas mal de films dépasse le besoin scénaristique. Les restrictions de publicité se sont accompagnées d'une explosion de la présence de cigarettes sur les écrans. Il y a environ deux fois plus de fumeurs dans les séries actuelles qu'il y a 20 ans. Dans tous ces cas, la RTS ne reçoit pas directement d'argent des cigarettiers, mais profite de leur financement de la production de programmes qu'elle diffuse.

Soft power et encéphalogramme plat

Évidemment, la hiérarchie de la RTS ne procède plus à la "soviétique". Le new management a aussi converti ses salles de rédaction. Les consignes prennent les formes éthérées de conseils, remarques et petits commentaires. On ne licencie plus les journalistes qui n'ont pas suivi la ligne, on leur confie juste d'autres sujets. Et, évidemment le plus important, on emballe cette ligne éditoriale dans la bonne conscience politiquement correcte que le vapotage serait la nouvelle cigarette. Le journaliste romand ne pense pas mentir à ses concitoyens, ses voisins, ses proches ou ses enfants. Non, il croit les sauver d'un complot.

Comme un lapsus

L'imbrication de ses deux éléments était illustrée par le débat Infrarouge du 18 septembre, deux semaines après la diffusion de l'interview falsifiée au 19:30. En préambule du débat et non visible dans le replay, la publicité pour la prochaine diffusion sur la RTS du grand-prix de formule 1 avec l'écurie à la couleur Marlboro en gros plan. L'émission refoule, au sens pour ainsi dire psychanalytique du terme, cette publicité qui l'a introduit. Cette forclusion de la responsabilité de la RTS structure la discussion. Ainsi Infrarouge plante le cadre du débat contre le vapotage en réitérant la présentation mensongère de la crise américaine avec un sujet similaire à celui du 19:30 que je mets en cause. 

Parmi les multiples séquences confondantes du débat, dont les leçons joliment récitées par deux étudiants qui rappellent un peu le style révolution culturelle maoïste, la présentatrice Cynthia Gani se fend d'un très théâtralisé "Mais les enfants ! Mais les enfants !". Tuant d'office la possibilité d'un débat sur la réduction des risques pour les jeunes. Alors que, selon les chiffres d'Addiction Suisse à qui certains reprochent d'être sous-estimés, 25% des ados de 15 à 18 ans et 38% des jeunes adultes de 18 à 24 ans romands sont fumeurs. 

Les futurs malades du tabagisme programmés par la RTS

Combien de ceux-ci auraient pu éviter d'essayer la cigarette en essayant plutôt de vapoter, occasionnellement comme les 3/4 des jeunes qui vapotent? Combien parmi ceux déjà fumeurs réguliers auraient pu sortir du tabagisme avec la vape? On peut se faire une idée avec les exemples d'autres pays. Au Royaume-Uni, le taux de tabagisme des jeunes a décru des deux tiers depuis 2011, aux États-Unis de moitié. Ces chutes se sont accompagnées d'un taux élevé d'expérimentation du vapotage, mais d'un niveau faible de vapotage au quotidien. Ce qu'il se passe n'est pas très compliqué à comprendre. Mais c'est tabou et la RTS se tient ferme dans son déni. Non seulement dans cette émission, mais sur l'ensemble de son traitement du sujet depuis plusieurs années.

Le rejet de la réflexion par principe de protection de son déni

Cette forclusion abreuve la duplicité des journalistes de la RTS. Ils savent pertinemment qu'ils mentent. On ne coupe pas de la manière dont a été falsifiée l'interview du 5 septembre sans savoir ce qu'on fait. On ne prépare pas la réplique surdramatisée sur "les enfants" de Cynthia Gani sans savoir qu'on cherche à manipuler le public. Et il y aurait un triste tas d'autres exemples en provenance de la RTS télévision et radio. 

Mais, autant j'ai peu de doute sur le cynisme de la stratégie commerciale de la direction de la RTS sur ce dossier, autant je crois que les journalistes enrobent leurs mensonges et manipulations d'un voile de morale. Probablement ont-ils besoin de croire absolument à la notion de pureté des jeunes. Tous les programmes de prévention sont organisés autour de ce mythe romantique. En réalité, ils sont violemment inefficaces pour les jeunes. Mais ils confortent les a priori idéologiques et moraux des décideurs qui avalisent ces programmes. Ils sont conçus pour être efficaces à obtenir des budgets, pas à être efficaces sur les jeunes. 

C'est ainsi que se reproduit mécaniquement un taux de tabagisme où près de la moitié des jeunes adultes fument. Les journalistes, pour des raisons d'ordre psycho-sociologiques sur lesquelles je fais l'impasse ici, embrassent ce qu'ils croient être le point de vue des décideurs. Ce rôle hybride entre chien de garde et caniche était patent dans le débat d'Infrarouge. En dénigrant le vapotage et en soutenant des mesures qui en entravent l'accès, ce ne sont pas seulement les 'vieux' fumeurs que ce camp anti-vape condamne à mort. C'est en premier lieu une large partie des jeunes qu'il pousse à ne pas avoir d'alternative à risque réduit au tabagisme. Mais ceci est invisibilisé par ce refoulement derrière l'alibi moral.

Un certain dégoût de l'abject

Cette duplicité perverse conciliant bonne morale ainsi que protection et reproduction du tabagisme traverse de part en part le service d'information de la RTS sur le sujet depuis plusieurs années. Son rôle a été déterminant dans la mise en place d'un rapport de force politique qui est sur le point d'aboutir aux lois scélérates anti-vapoteurs aux niveaux fédéral avec le projet de LPTab, et cantonal, à Genève par exemple. Je pense qu'on peut déjà leur concéder la victoire. La partie est jouée, même s'il reste quelques formalités de procédure. Le tabagisme Suisse va se maintenir encore au moins dix ans dans la continuité des dix années précédentes. L'ordre tabagique est sauf, le pseudo "principe de précaution" pour maintenir ses 10'000 décès annuels a prévalu.

Dans ce contexte, accepter l'accord de non-divulgation que voulait m'imposer la RTS n'aurait pas seulement été problématique en regard de mes activités de blogueur et associatives. Cette acceptation de la loi du silence m'aurait été une forme de complicité moralement intenable. Le mauvais traitement infligé par la RTS à la réduction des risques pour les fumeurs a imprégné, malgré moi, mon regard de leurs programmes de la couleur de l'abject. Je ne sais pas si j'arriverais un jour à lever ce dégoût.

lundi 25 novembre 2019

Un vapoteur Suisse a été malade en 2018: le Blick Tobacco et les anti-vapes toujours plus ridicules

Ce dimanche, le Blick a refait son coup préféré de la panique à partir de rien. En l’occurrence, un vapoteur aurait eu des problèmes respiratoires en 2018, et il aurait consulté à l'hôpital de Schaffhouse. Voilà. C'est la totalité des informations contenu dans l'article du Blick sur cette histoire. Le directeur de la pneumologie de l'hôpital de Schaffhouse ajoute qu’il ne s’agit pas d’un cas suspect lié à la cigarette électronique mais que c'est "assez clair".

Qu'a eu précisément le vapoteur pour que les médias nous en parlent? Fabian Eberhard, le journaliste du Blick, n'en sait rien. L'hôpital de Schaffhouse protège le secret médical. Mais cela ne l'a pas empêché de titrer son article: "Un second fumeur d'e-cigarette Suisse était à l'hôpital avec une intoxication". Ah..! En somme, il a eu le tort d'arrêter de fumer des cigarettes des sponsors du Blick. Qui agrémente son article d'un sur-titre aguicheur sur les décès de pneumopathies aux Etats-Unis, mensongèrement attribués au vapotage.

Le seul lien avec la vape, c'est la putasserie des médias Suisses

Le Blick, et les médias romands comme le Matin qui reprennent l'enfumage, passent sous silence que ce sont des produits frelatés du marché noir, où ont été poussés des consommateurs de cannabis par la prohibition, qui est la cause des malades aux Etats-Unis. Bien que même le Center for Disease Control a reconnu avec quatre mois de retard le rôle d'adultérants, notamment de l'huileuse vitamine E, dans les pneumopathies américaines.

Rien n'indique qu'il y a la moindre ressemblance entre les cas américains et le premier soi-disant cas médiatisé par le gourou anti-vape Macé Schuurmanns, la veille du vote au Conseil des Etats d'une taxe anti-vapoteurs. Comme le relève Phil Scheck, dans un billet en réaction à l'article du Blick, "la Télévision suisse-allemande SRF a dû admettre dans une déclaration sur son programme "Puls", dans laquelle le Dr Schuurmanns avait rapporté ce cas, qu'il n'y avait aucune indication fiable d'un cas d'EVALI [acronyme des cas de pneumopathies aux Etats-Unis] ni même un lien avec le vapotage en général dans cette histoire". Ceci n'empêche pas le Blick et les autres médias pro-cigarette de faire de nouveau l'amalgame à l'occasion de ce papier complètement vide et stupide.

Chasse aux sorcière pour protéger le only-tobacco cigarette en Suisse

De son côté, Laurent Nicod, président de l'Association des pneumologues, demande un fichier des vapoteurs en Suisse. Nous aussi, on veut bien que ce dossier médical soit examiné par des tierces parties. Mais qui va faire ces analyses au moment où Macé Schuurmanns et ses amis lobbyistes font la chasse aux sorcières contre les scientifiques s'intéressant à la réduction des risques face au tabagisme en Suisse?  Coupes des financements et loi du silence imposée aux chercheurs intéressés à une approche de réduction des risques face au tabagisme sous peine de se faire calomnier et flinguer sa carrière en Suisse.

Cette chasse aux sorcières et l'alliance entre cigarettiers et puritains rappellent évidemment l'histoire du Snus en Suisse. En 1991, sous le slogan "la nouvelle drogue qui va tuer nos enfants", le Blick était déjà le journal qui avait lancé une grande campagne de panique contre le Snus pour soutenir son interdiction demandée, au nom de la lutte anti-tabac, par Peter Hess, député démocrate-chrétien. Dix ans plus tard, une enquête de journalistes britanniques révélait que Peter Hess était en secret un agent de British American Tobacco (BAT). 

Les assassins associés

Aujourd'hui, on sait aussi que la Suède a divisé par quatre le taux des cancers liés au tabagisme, grâce au report sur la consommation de Snus de plus de 3/4 des fumeurs durant cette période. En réalité, c'est donc sa prohibition, jusqu'à mai dernier, qui a probablement tuer une partie des fumeurs Suisses. 9'500 personnes meurent du tabagisme chaque année en Suisse. Le Blick et les puritains en ont leurs parts de responsabilité. Les cigarettiers, les pharmaceutiques et leurs lobbyistes, ainsi que le Département de l'Intérieur continuent d'encaisser l'argent sanglant, sans aide pour les fumeurs qui tentent de s'en sortir.


dimanche 15 septembre 2019

Simple erreur ou mensonge délibéré: la RTS corrigera t-elle son sujet sur le vapotage du 5 septembre? (MàJ)

Le reportage a le ton de l'angoisse. Et pour cause, il s'agit d'empoisonnements pulmonaires et de décès. Le 5 septembre, le journal télévisé de la RTS traite le sujet des "malades liés au vapotage" aux Etats-Unis. A aucun moment, le fait que les victimes ont consommé des liquides frelatés et illicites au THC provenant du marché noir n'est évoqué. Au contraire, le sujet rend sensible le problème en présentant Adam Hergenreder comme rendu malade à cause de son vapotage de Juul depuis un an. Sauf que la version de la RTS diffère sensiblement de l'interview original par CBS.

Les mêmes images mais deux histoires contradictoires sur CBS et la RTS

Le jeune homme de 18 ans de l'Illinois a été hospitalisé et placé temporairement sous respiration artificielle. Le commentateur de la RTS affirme que la maladie pulmonaire du jeune homme fait suite à sa consommation de vapotage de la marque Juul depuis un an. En fait, Adam Hergenreder vapote depuis deux ans, sans problème précédemment. Mais il surtout reconnait à CBS News avoir aussi consommé des produits illégaux de vape au THC les mois précédents sa crise de détresse respiratoire. "Je les ai eu auprès d'une sorte de dealer de drogues", explique t-il à CBS.

Le sujet de la chaîne américaine montre clairement que le problème est très probablement lié à un additif huileux à la vitamine E des liquides illégaux, utilisé par les dealers pour tromper leurs clients sur la qualité de leur marchandise. De son côté, la RTS a utilisé les mêmes images et éléments de l'interview, mais en coupant tous les passages concernant les produits illégaux impliqués dans l'empoisonnement du jeune homme. Celui ressemble fort à une 'Patrick Poivre d'Arvor': le traficotage d'un interview pour induire en erreur l'auditeur. Mais peut-être n'est-ce qu'une erreur que la RTS va corriger? [MàJ: Voir réponse du 19H30 ajoutée en fin d'article...]


Le reportage de CBS News du 5 septembre se trouve en ligne:
Celui de la RTS de la même date:

La politique du pire

Est-il besoin de préciser que l'interdiction de vente de liquides aromatisés que promeut le reportage de la RTS n'aura aucun effet sur les produits frelatés du marché noir, tels que celui consommé par Adam Hergenreder? Probablement, puisque la chaîne de télévision d'Etat n'a pas jugé opportun de le signaler au public romand.

Pire, si on prend quelques secondes de réflexion, on peut craindre qu'une prohibition empire la crise. "Si la plupart des produits de vapotage se retrouvent interdits aux États-Unis, alors les fumeurs retourneront au tabac et, pour ceux qui ne le feront pas, la demande pour des produits au marché noir va augmenter. Un marché illicite florissant est beaucoup plus susceptible de nuire à la santé", estime la Pr Linda Bauld, spécialiste de renommée mondiale sur le tabac de l'Université d'Edimbourgh, sur le site gouvernemental Science Media Centre.

Et le pire de la politicaillerie

Ce lundi, le Conseil des Etats va se prononcer sur le projet de loi tabac (LPTab), dont l'objet principal est d'entraver le vapotage par diverses restrictions. Avec un milliards de Fs par an de vente de tabac pour les cigarettiers, autant pour les vendeurs (kiosques et chaînes grande distribution), trois milliards de médicaments vendus aux fumeurs tombés malades, 2,5 milliards de taxes récoltées et 7 milliards de rentes AVS économisés sur les fumeurs morts prématurément, le dossier pèse lourd. Trop peut-être pour que la RTS offre une information honnête au public sur le sujet de la réduction des risques et du vapotage. Déontologie, honnêteté, tout ça...

16-09-19 à 11h : Le compte tweeter du journal télé 19h30 de la RTS a répondu :




mardi 6 novembre 2018

[Bref] La RTS effrayée à l'idée que la Juul puisse faire baisser le tabagisme en Suisse

Avant même qu'elle ne soit en vente en Suisse, la Juul est l'objet de l'attention de la radio nationale RTS. Un sujet sur la matinale d'hier la présente comme l'objet qui "fait fureur chez les jeunes américains". Rien de moins. C'est faux, mais c'est une super accroche marketing pour le lancement d'une mode chez les jeunes suisses. Pour donner l'impression de s'appuyer sur des faits, la RTS référence une tribune de Scott Gottlieb, le Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA), dans le Washington Post. 

Trumpetterie

Dans le style trumpien, il avance des chiffres non-publiés, invérifiables où le propos gonfle une grenouille à coup de pourcentages à défaut de faits tangibles. A une époque où les records de trumperies quotidiennes explosent, on aurait pu s'attendre à un peu plus de sérieux et de professionnalisme des journalistes de la RTS avant de reprendre pour argent comptant cette esbroufe. Mais sur le sujet, on a déjà pu le voir à plusieurs reprises, notamment lors de la publication du rapport scientifique du Royal College of Physicians, la RTS préfère les mensonges et la calomnie que d'informer.

En réalité, 1,6% des jeunes entre 15 et 34 ans déclarent utiliser une Juul au moins 10 fois dans le mois, selon les données de la dernière recherche de Truth Initiative, une organisation hostile au vapotage. Parler d'épidémie est risible avec un tel taux à une fréquence d'usage plus basse que celle prise en considération habituellement (20 fois par mois) pour le tabagisme. Selon cette recherche publiée dans la revue Tobacco Control, en tout 6% de cette classe d'âge dit avoir utiliser la Juul, mais dont près des trois quart ne l'utilisent pas fréquemment.

De manière plus globale, le vapotage a décimé le tabagisme des jeunes américains depuis son essor en 2011. Moins de 2% de lycéens vapotent régulièrement, pour les 9/10ème avec un passé tabagique. Environ 10% d'autres lycéens vapotent occasionnellement sans nicotine. Ce sont ceux qui en expérimentant le vapotage évitent d'expérimenter la cigarette. Les conséquences sont manifestes: le tabagisme des jeunes américains dégringole comme jamais auparavant. 

Chez les 18-24 ans, qui étaient adolescents durant l'essor du vapotage, ils ne sont plus que 10,4% à fumer. 5% sont ex-fumeur, pour une bonne partie en s'aidant du vapotage, et 13% ont vapoté momentanément dans leur vie et éviter de devenir fumeur. Si cette part d'adolescents avait essayé la cigarette à la place, ce qui 7 fois sur 10 fini par du tabagisme régulier à long terme, le taux de tabagisme serait à peu près similaire à ce qu'il était avant 2011 et la popularisation du vapotage.

En promotion cette semaine, la peur

Mais tout ceci n'intéresse pas la RTS. La peur est un meilleur produit médiatique. Et ce n'est pas totalement gratuit. L'élue 'verte libérale' Graziella Schaller en profite pour placer son slogan de marketing politique: "j'espère vraiment que ce [la vape] sera assimilé à des produits du tabac pour protéger les jeunes, qui actuellement peuvent avoir un accès extrêmement facile à ces produits". C'était également la demande des cigarettiers cet été lors de la table-ronde avec l'administration fédérale. Ce dernier épisode de la RTS a le mérite de lever l'ambiguïté sur les motivations de Graziella Schaller et dans quel camp elle se trouve. Livrer les vapoteurs et la vape aux cigarettiers pour programme.

Actuellement, 38% des jeunes romands de 18 à 24 ans fument, plus du quart des 15 à 18 ans suisses aussi. Mais selon la responsable politique, le problème est donc le vapotage, pas la situation tabagique que la politique actuelle a engendré. Du Orwell version 2018: "Fumer est nocif, donc empêchons les gens d'éviter de fumer avec le vapotage". 

La Juul en Suisse bientôt, mais laquelle ?

Concernant le monstre fantasmé que serait la Juul, un petit pod avec des recharges scellées, son arrivée sur le marché Suisse se précise depuis que la firme a déposé son nom au registre du commerce de Zoug cet été. Mais rien n'indique quelle version du produit sera commercialisée le cas échéant. Deux versions de la Juul existent en dosage de nicotine très différents, une américaine et une autre européenne. 

La Juul aux Etats-Unis contient 0,7 ml de liquide concentré à 50 mg/ml de sels de nicotine. Un bon équilibre entre tirage serré et dosage de nicotine en sels, qui a attiré une part conséquente de fumeurs américains. Le cabinet financier Citi estimait en avril que la Juul est la raison la plus probable à l'effondrement des ventes de cigarettes au 1er trimestre de cette année. D'où la réaction très agressive des défenseurs des cigarettiers contre la start-up qui menace leur profit.

Mais la Juul existe aussi désormais dans une version européenne de 1,2 ml à 17 mg/ml de sels de nicotine, commercialisée depuis peu dans certaines villes anglaises. Le produit dans cette version n'apporte rien de particulier qui ne soit déjà offert sur le marché. Laquelle des deux sera en Suisse, la chose n'est pas claire à ma connaissance... 


dimanche 11 février 2018

[Ristrett'] Vigousse écrase les ragots du tabacco-journalisme Suisse

Note d'optimisme en cette fin de semaine au pays de Philip Morris et Novartis, où la chaîne du cancer est assurée de la production jusqu'au service après-vente. C'est désormais scientifiquement prouvé, il reste au moins un journal indépendant et intègre en Suisse. Il s'appelle Vigousse. Tandis que les médias du tabagisme helvètes nous ont pris la semaine dernière pour des Mickeys prêts à gober un hoax de plusieurs centaines de fois la dose quotidienne, le petit satirique romand vaporise le "cancer de la désinformation". "Les médias ont fait leurs gros titres sur une fumeuse étude proclamant que le vapotage était cancérigène. Et encore une fois, c'est du vent", croque Stéphane Babey. "Signalons en vrac quelques unes des innombrables failles", relève le jurassien, "l'échantillon est ridicule, avec dix individus testés. Les quantités de nicotine ingurgitées par les souris sont astronomiques et sans aucune mesure avec un vapotage normal".

Ce buzz qui tue s'est répandu comme la peste malgré les dénonciations de scientifiques. Mais si dans d'autres pays quelques médias consciencieux ont démonté l'enfumage, en Suisse, aucun n'avait encore osé défier cette propagande pour le tabagisme. "Le mal est donc fait et la désinformation se propage comme une mauvaise odeur de mégots froids. Pendant ce temps, les cigarettiers se frottent les mains devant cette bonne propagande gratuite offerte par la presse à sensation. De nombreux fumeurs vont renoncer à essayer le vapotage et continuer de payer leurs clopes qui, elles sont garanties 100% cancérigènes", déplore Stéphane Babey. Le numéro de l'hebdo, à la traditionnelle et inénarrable page 17, reste en vente dans les meilleurs kiosques romands jusqu'à jeudi. En plus, il y a des dessins.


mercredi 24 janvier 2018

Suisse romande: un professionnel de la vape atomise l'enfumage de la RTS

"On peut effrayer les gens sur n’importe quel sujet en disant presque la vérité, mais pas toute. Il suffit d’appliquer un traitement négatif. C’est ce que vous avez réussi au sujet de la vape vendredi". La lettre ouverte de Nicolas Michel  réagit au reportage du journal télévisé 19:30 du 12 janvier de la télévision romande RTS.  En 2 mn, la RTS avait déclenché une vindicte contre les professionnels du vapotage romands, accusés de pervertir les enfants avec des produits dangereux. Dans sa lettre, le porte-parole romand de l'Association indépendante des professionnels de la vape en Suisse (SVTA) pulvérise en quelques lignes les propos artificiellement anxiogènes assénés par le médecin cantonal fribourgeois Chung-Yol Lee dans un montage serré et sans contrepoint du 19:30. "L'eau est un solvant. Elle peut contenir des traces de métaux lourds. Et boire à la bouteille dans la rue pourrait re-normaliser l'alcoolisme", pastiche le tenancier de la boutique lausannoise Fumerolles. Il montre ainsi que l'on peut appliquer à l'eau les propos tenus sur le vapotage dénués de tout mise en perspective d'une échelle de dangerosité et de contextualisation.

Le "grand problème" de la RTS

La rédaction de la RTS en fera t-elle un sujet d'alerte sur la propagation du monoxyde de dihydrogène parmi les jeunes avec des techniques de marketing jouant sur l'attractivité des couleurs et des arômes de sirops ? On peut s'attendre à tout. Aux plaintes du public romand sur ce reportage, digne des plus belles années de la télévision soviétique, Alain Hertig, rédacteur-en-chef adjoint de la rubrique actualité, a rappelé que "le grand problème" avec le vapotage est qu'il ne tombe pas "sous le coup de la loi sur les produits pharmaceutiques". Prépare t-il son CV pour briguer une place de chargé de comm' chez Novartis ou voulait-il illustrer sa totale incompétence sur le sujet ? Mystère. 

Moins taquin que moi-même, Nicolas Michel souligne que le soi-disant "grand problème" de contrôle de qualité des liquides à vapoter n'existe que dans la tête du rédacteur-en-chef adjoint. "En Europe, suite à la TPD (directive sur les produits du tabac) chaque e-liquide vendu doit faire l’objet d’une notification. C’est ainsi que 89’000 e-liquides ont été analysés en laboratoire, créant un nouveau segment de marché sans pour autant diminuer les cas d’intoxications qui n’existaient déjà pas avant. Il est donc possible de les analyser tous, et ils le sont", rappelle factuellement le professionnel du vapotage.

La pluralité d'opinion en mode pensée unique

Contre le mensonge de la RTS présentant l'avis discutable du Dr Chung-Yol Lee comme l'unique vérité scientifique, le représentant de la SVTA rappelle les rapports scientifiques sur le sujet. "Les méta-analyses existantes sur la vape concluent à une réduction des risques d’au moins 95% et à l’absence d’effet passerelle", souligne Nicolas Michel, se référant implicitement aux travaux du Public Health England (2015), du Royal College of Physicians UK (2016), de l'Université de Victoria au Canada (2017) et au rapport américain mandaté par l'organisation Truth Initiative (2017).

Même en Suisse des professionnels de santé se prononcent en faveur de l'outil de minimisation des méfaits. Bien que la RTS ait été le seul média mainstream a la black-outé, la Fédération des professionnels des addictions a pris position en novembre dernier pour ré-orienter la politique sur le tabagisme et y intégrer le pilier de la réductions des risques, le vapotage se présentant comme l'outil actuellement le plus probant. De nombreux tabacologues de terrain en Suisse constatent l'efficacité de la vape (Dr JP Humair, des HUG), réfléchissent à son rôle de santé publique (Pr JF Etter de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève), et la prennent en considération dans leur approche (Dr Jacques Cornuz de la Policlinique de Lausane).

Cacher l'échec de la voie de l'abstinence

Il est vrai qu'à l'opposé le lobby de la pharma et les tenants de l'abstinence, seules voix autorisées au JT de la RTS à ce sujet, cultivent doute et peur envers le vapotage, convaincant ainsi les fumeurs de se maintenir dans le tabagisme. Le rédacteur de la lettre ouverte à la RTS le note. Le reportage a non seulement salit l'image du vapotage mais passe sous silence le massacre humain du tabagisme auquel il s'oppose. "Malgré des décennies de luttes anti-tabac, environ 30% de la population Suisse fume. La lutte contre le tabac est un échec. (...) Interdire aux jeunes fumeurs l’accès au moyen le plus efficace pour arrêter de fumer ne protège pas les jeunes, cela protège le tabac". La RTS osera t-elle faire un travail de journalisme honnête sur le sujet? Parait-il qu'elle est garante de la liberté d'expression, de pluralité d'opinion et d'information de qualité. Cela devrait donc couler de source...



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