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mercredi 14 novembre 2018

Etude: côtoyer des vapoteurs encourage les fumeurs à essayer d'arrêter de fumer

Une étude anglaise passe à la trappe la légende de la "renormalisation" du tabagisme par les vapoteurs. La rumeur savamment entretenue contre les vapoteurs ne reposait sur à peu près aucune recherche le démontrant. "À notre connaissance, aucune étude n’a exploré l’impact de l’exposition au vapotage en contexte réel et n’a examiné les associations possibles avec la motivation d’arrêter de fumer ou d’essayer de cesser de fumer", explique la première étude sur le sujet publiée en open access ce matin dans BMC Medicine. L'équipe de l'University College of London, menée par la Dr Sarah Jackson, a épluché les données de 12'787 questionnaires du Smoking Toolkit Study à des fumeurs anglais entre novembre 2014 et mai 2018, dont 1'580 ont été suivi six mois plus tard. 

Côtoyer des vapoteurs est lié à plus de tentatives d'arrêter de fumer

Selon ces données, un quart des fumeurs anglais côtoient régulièrement des vapoteurs. L'analyse statistique montre qu'ils sont sensiblement plus enclins à avoir essayé d'arrêter de fumer: 32,3% d'entre eux contre 26,8% des autres fumeurs (RR 1,21). Leur motivation est aussi sensiblement plus forte (RR 1,17), tandis qu'à l'opposé les 66% de fumeurs côtoyant régulièrement d'autres fumeurs sont moins motivés à arrêter (RR 0,89). Par contre, les fumeurs fréquentant des vapoteurs ne sont que très légèrement plus susceptibles d'avoir tenté l'arrêt tabagique dans les six mois suivant (34,4% contre 31,3%; RR: 1,10). 

Contrairement à la petite étude expérimentale montrant que la présence de vapoteurs "pourraient évoquer l'envie de fumer" sur le moment à des fumeurs, cette analyse statistique montre l'évolution de mentalité à travers les fréquentations régulières en société. "Ainsi, même si le fait de voir une personne en train de vapoter peut momentanément augmenter l'envie de fumer, l'exposition répétée à cette utilisation peut attirer l'attention des non-utilisateurs sur l'utilité potentielle de ces dispositifs pour les aider à cesser de fumer, ce qui accroît leur motivation à faire une tentative d'arrêter", suggère le travail publié dans BMC Medicine.

Contagion de santé publique par l'exemple

En résumé, côtoyer des vapoteurs tendrait plutôt à inviter les fumeurs à abandonner la cigarette et non l'inverse. Mais un élément déclencheur pour passer à l'acte de l'arrêt tabagique semble le fait de posséder soi-même une vaporette. Les 20% de fumeurs ayant un appareil de vape sont le double proportionnellement à faire partie des 15% très motivés à arrêter et plus du double a déjà avoir tenté que les autres fumeurs. "Un facteur clé des différences réside peut-être dans le fait que les fumeurs régulièrement exposés au vapotage d'autres sont plus susceptibles de les utiliser eux-mêmes", suggère la Dr Sarah Jackson sur ITV News

Les liens entre la fréquentation de vapoteurs, l'envie d'arrêter de fumer et la possession de vaporette par les fumeurs semblent donner du crédit à la thèse de la contagion réticulaire du vapotage contre le tabagisme. "Le fait d'avoir un lien social étroit avec un utilisateur de vapotage pourrait augmenter les chances d'une personne de l'utiliser elle-même", discute l'étude. En somme, les vapoteurs font de la propagande par le fait.

Fin d'une légende urbaine à deux balles

"Jusqu'ici, il n'y avait pas vraiment de preuves permettant de déterminer si le vapotage pourrait renormaliser le tabagisme. Il est donc encourageant de voir avec cette étude que les fumeurs qui se mêlent aux vapoteurs sont de fait encouragés à cesser de fumer", commente Kruti Shrotri, experte en lutte antitabac du Cancer Research UK (CRUK) qui n'a pas participé directement à l'étude, à la presse

En soi, l'étude n'amène rien de très surprenant, mais elle a le mérite de tordre le cou à cette légende urbaine, prospérant sur un biais cognitif, de faire croire que des personnes évitant de fumer à l'aide du vapotage pourrait inciter à fumer. Une thèse aussi intelligente que d'accuser la consommation de jus de pomme en public d'augmenter l'alcoolisme, les pistes cyclables d'inciter à utiliser la voiture ou la vue de lecteurs dans les parcs de nourrir les usages problématiques aux écrans...

samedi 10 novembre 2018

[Bref] Le Royaume-Uni autorise les allégations de santé dans la publicité sur la vape

"Suite à une consultation étendue, les Comités des pratiques publicitaires (CAP et BCAP) ont modifié les règles relatives à la publicité afin que les allégations de santé ne soient plus interdites dans les publicités pour le vapotage". L'annonce officielle avant-hier de la modification des règles publicitaires britanniques est symboliquement un énorme pas pour extirper le vapotage du rideau de fumée tabagique. Principal changement, la mention interdisant les allégations de santé de l'article 22.5 du Code du CAP est éliminée.

Interdictions européennes

La réglementation révisée n'ouvre pas la porte à tout, loin s'en faut. En premier lieu, l'interdiction de publicité pour le vapotage dans les mass-média, provenant de l'implémentation de la directive européenne (TPD), règne encore au Royaume-Uni. "Sans licence [pharmaceutique], les produits de vapotage contenant de la nicotine ne peuvent faire objet d'annonces dans les médias audiovisuels ; le BCAP souligne donc que la proposition de lever l'interdiction des allégations de santé pour les produits de vapotage pourrait bien être très limitée dans son application, mais il a exprimé le souhait de procéder néanmoins au changement par cohérence du régime du CAP et afin de refléter l'état des meilleures connaissances scientifiques disponibles", explique le memo de l'Agence de normalisation de la publicité (ASA), chargée de l'application.

Flou sur ce qui est permis de dire

D'autre part, les allégations médicales restent interdites. Le vapotage n'étant pas un médicament, cela semble de bon sens. Mais la limite entre allégation de santé, désormais autorisée, et allégation médicale interdite est très floue. Si des termes comme "guérir" appartient assez clairement au registre médical, des mots comme "prévenir" ou "éviter" ne semblent pas être la propriété des seuls médecins. Le CAP n'ayant pas défini précisément les allégations possibles ou non, il y aura probablement des ajustements en pratique. D'autre part, l'ASA insiste sur le fait que les assertions se doivent d'être établies et générales à la classe des produits de vapotage: pas de publicité annonçant que tel modèle particulier a des vertus. 

Pouvoir combattre la désinformation

L'esprit de la modification s'éclaire par les justifications du CAP à celle-ci. Les principales autorités de santé publique britanniques, notamment l'organisation anti-tabac Action on Smoking and Health (ASH), le Cancer Research UK (CRUK), le Public Health England et le Royal College of Physicians, ont soutenu une révision du code publicitaire en faveur du vapotage. "La compréhension par le public du risque relatif plus faible [du vapotage par rapport au tabagisme] est limitée et semble être en déclin. Or les spécialistes du marketing sont actuellement dans l'impossibilité de corriger cette mécompréhension dans leur propre publicité", résume le mémo de l'ASA. 

Face aux campagnes de désinformations des lobbys anti réduction des risques, cette modification du code publicitaire donne un peu de liberté pour répliquer aux organisations de santé et aux professionnels du vapotage britanniques. "Une annonce majeure comme celle-ci envoie également un signal positif aux consommateurs: il est bien plus prudent de vapoter que de fumer. Cela n’est peut-être pas allé aussi loin que nous le souhaiterions, mais c’est un grand pas en avant dans la bonne direction", estime James Dunworth sur Ashtray Blog.

Lever le bâillon de la réduction des risques

Après le Canada, le Royaume-Uni donne ainsi un peu plus de marge de liberté d'expression au camp de la réduction des risques face aux divers lobbys affairistes s'y opposant. A contrario, la France reste toujours bloquée dans une position répressive où les défenseurs de l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage risquent à tout moment des poursuites pour "propagande"

Une situation paradoxale alors que la vape est de loin le moyen matériel le plus utilisé par les français qui tentent d'éviter de fumer, selon les données de Santé Publique France. La propagande pour ne pas arrêter de fumer à l'aide du vapotage, elle, est légale et largement répandue par les médias. En Suisse, aucune restriction n'existe pour le moment, ce qui permet à des magasins de vapotage a faire ouvertement campagne en faveur de l'arrêt tabagique.



samedi 3 novembre 2018

[Bref] Les astuces pratiques pour passer au vapotage et arrêter de fumer des britanniques

"Staying switched". Les 'conseils pour les néo-vapoteurs de la part d'anciens' est le fruit d'une collaboration entre professionnels de santé et vapoteurs anglais. Le tract double-face (voir plus bas), publié par le Centre national de formation à l'abandon du tabagisme (NCSCT), est issu de l'expérience des usagers de la New Nicotine Alliance (NNA) ainsi que des études des chercheurs de l’Université d’East Anglia (IEA) et du Cancer Research UK (CRUK). "Rappelez-vous qu'en arrêtant de fumer, vous faites la meilleure chose possible pour votre santé. Vapoter n'est pas tricher. C'est une alternative beaucoup plus sûre que de fumer".

Nicotine & fun sans fumée

Le flyer couleur, qui sera distribué dans tout le Royaume-Uni, liste les conseils pour bien démarrer avec le vapotage et arrêter "pour de bon" de fumer:
  • Trouver le bon appareil
  • S'amuser à essayer des arômes de vape: "Ils aident à faire perdre le goût des cigarettes moins attrayant"
  • Face au manque, ne pas hésiter à utiliser un liquide plus concentré en nicotine
  • Ne pas s'inquiéter de vapoter fréquemment: "Les recherches montrent que les usagers auto-régulent leur niveau de nicotine sans devenir plus dépendant qu'en fumant"
  • Lors de sorties en soirée ou d'événements excitants, ne pas hésiter à utiliser un liquide plus dosé en nicotine pour éviter une envie de cigarette
  • Avoir un appareil de secours pour éviter de se retrouver en rade en cas de problème technique

Ne vous flagellez pas si vous trébuchez

Manquent peut-être le rappel de boire suffisamment d'eau pour éviter la sécheresse, et parfois un léger mal de tête, liée à la capture de l'humidité par le vapotage, ainsi que les plages de puissances correctes, entre 3,5 et 4,5 volts, pour éviter de surchauffer le liquide. Les conseils techniques sont laissés à l'initiation en magasin spécialisé.

Pour ceux qui trébuchent et fument quelques cigarettes, "ne vous flagellez pas". Les recherches montrent que cela ne se traduit pas systématiquement par une rechute. "Augmentez votre nicotine, essayez une nouvelle saveur ou offrez-vous un nouveau gadget", encouragent les auteurs.

Concernant la question d'arrêter le vapotage, "cela doit être votre décision - pas celle de quelqu'un d'autre". La fiche d'information de santé rappelle "qu'inhaler de la nicotine en vaporisant du e-liquide est beaucoup plus sûr que l'inhalation de fumée de tabac".

Qui va piano, va sano

Pour les vapoteurs voulant réduire leur consommation de nicotine, la devise "qui va piano, va sano" s'impose.  "Réduire trop rapidement votre taux de nicotine vous rend plus vulnérable aux envies de fumer". Au cas d'arrêt du vapotage, garder une vaporette de secours: "Il est préférable de recommencer de vapoter que de fumer".

Pour plus d'aide, le flyer invite à aller voir au magasin de vape spécialisé et de contacter le centre stop-tabac local. Enfin, "si vous n'êtes pas en mesure de vapoter, prenez en considération des alternatives nicotinées telles que les patchs, les gommes ou les sprays".


samedi 29 septembre 2018

#COP8FCTC La NNA appelle le gouvernement britannique à sauver la vape de la menace de l'OMS

Le Royaume-Uni va t-il sauver la vape durant le sommet mondial COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève la semaine à venir ? Le réseau international des associations d'usagers INNCO va tenir des piquets pour rencontrer le public à la place des Nations durant la semaine. De son côté, l'association New Nicotine Alliance, qui en est membre, prie le gouvernement britannique de faire barrage aux projets d'interdictions et de restrictions contre le vapotage du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS.  

Un succès britannique

"Le vapotage est une alternative plus sûre que fumer du tabac. Le Royaume-Uni compte plus de 1,7 million d'anciens fumeurs passés des cigarettes au vapotage exclusif. Le gouvernement a judicieusement reconnu les avantages significatifs que les stratégies de réduction des risques du tabac peuvent apporter et, grâce à des campagnes positives telles que Stoptober, a vu le nombre de fumeurs chuter considérablement ces dernières années", déclare Sarah Jakes, présidente de l'association d'usagers de produits nicotinés à risque réduit.

Les pauvres ont-ils droit à la réduction des risques ?

Or, le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS pousse à interdire ou restreindre le vapotage, n'hésitant pas à donner en modèles la Corée du Nord et la junte militaire thaïlandaise, détentrice du Monopole du tabac de Thaïlande. Après la prohibition prononcée en Inde, le sujet sera au cœur de ce Sommet COP8FCTC. "Les pays développés tirent de grands bénéfices des outils de réduction des risques du tabac. Les fumeurs des pays moins nantis ont le droit de bénéficier des mêmes opportunités. La NNA encourage la délégation britannique à résister à l'interdiction des produits à risque réduit de délivrance de nicotine", explique le communiqué de la NNA.

La Commission Européenne contre le droit d'information ?!

"Nous avons aussi entendu des informations inquiétantes selon lesquelles la délégation de l'Union Européenne envisage de demander au sommet anti-tabac de l'OMS de lancer un appel pour une interdiction mondiale de publication sur le vapotage. Il serait scandaleux que la délégation britannique soit complice d’une telle initiative qui s’oppose à l’engagement du gouvernement d’améliorer la disponibilité des produits innovants à risque réduit", précise Sarah Jakes, comme l'avait révélé le Vaping Post il y a deux semaines

Les britanniques vont-ils financer une politique opposée à la leur ?

Avant de rappeler que le Royaume-Uni fournit une contribution financière "très généreuse", à vrai dire la plus importante de tous les pays, au secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Nous exhortons donc le gouvernement à utiliser l’influence de notre contribution financière et de bien agir. C'est-à-dire de rejeter la prohibition des moyens de réduction des risques que les pays moins nantis se sentent obligés d'appliquer en raison de la désinformation de l'OMS, et d'exhorter le secrétariat anti-tabac (FCTC) à respecter sa propre convention (art.1 d.) en faveur de la réduction des risques, et enfin à résister aux restrictions de promotion des alternatives à risque réduit au tabagisme".

Opacité totale

Au Sénat italien, une question parlementaire a été posée à la Ministre de la santé Giulia Grillo pour savoir la position défendue sur le sujet par sa délégation. Sans réponse pour le moment, selon le site spécialisé SigMagazine. En France, des défenseurs de la lutte anti-tabac, de la réduction des risques et du vapotage sont inquiets et sans nouvelle ni du mandat ni de l'identité de la déléguée envoyée par le Ministère de la Santé à ce sommet. Celui-ci va se dérouler à huis-clos, probablement sans observateur des associations d'usagers, suite au pré-avis négatif du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS à la demande d'accréditation d'INNCO.


jeudi 27 septembre 2018

Faut-il couper le financement de l'OMS pour sauver la réduction des risques ? La presse anglaise ouvre le débat avant la #COP8FCTC

Une situation paradoxale. Le Royaume-Uni est le pays le plus engagé pour soutenir le vapotage comme alternative à risque réduit contre le tabagisme. Avec un grand succès. Mais c'est également le pays qui finance le plus le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), devenu le fer de lance de la guerre au vapotage dans le monde. Avant même de tenir son 8ème sommet à Genève à partir du 1er octobre, ce secrétariat a publié un rapport encourageant les interdictions et restrictions contre le moyen de réduction des risques. La presse anglaise se fait l'écho de cette situation étrange. "Les contribuables britanniques ne devraient plus subventionner les lois anti-vapoteurs", titre le Daily Express du mardi 18 septembre.

Retirer le financement à l'OMS tant qu'elle soutient la répression du vapotage?

Dans ses colonnes, Christopher Snowdon, de l'Institute of Economic Affairs, exprime l'exaspération des britanniques qui "paient un saladier pour soutenir cette organisation prohibitionniste". "La position effrayante de l'OMS sur le vapotage est en contradiction avec celle du gouvernement britannique qui est fondée sur des preuves scientifiques. À moins que l'OMS ne retire son soutien à l'interdiction du vapotage, le gouvernement devrait lui retirer son financement", explique l'auteur du Nanny State Index spécial nicotine.

L'OMS revendique la Corée du Nord et la Thaïlande comme modèles

Totalement à l'opposé de la politique britannique d'intégration de la de réduction des risques, le secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS mène une campagne féroce contre le vapotage. Sa cadre indienne Jagdish Kaur prône même en Asie de prendre modèle sur la junte militaire thaïlandaise, qui arrête et emprisonne régulièrement des vapoteurs, et la Corée du Nord, dont on ne sait pas si les menaces de déportation des déviants qui vapoteraient sont ou non effectives. Deux pays où le tabagisme est roi et la respect des droits humains absent. L'Inde, autre grande nation du tabac avec le Brésil, vient de rejoindre le cercle des pays prohibitionnistes.

Porte-battante au secrétariat anti-tabac de l'OMS

Ce sabotage du droit des population d'accéder aux moyens de réduction des risques contre le tabagisme se fait grâce à l'argent britannique. En plus du financement de 164 millions $ annuel régulier à l'OMS, seconde contribution derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni a accordé un financement supplémentaire spécifique au secrétariat anti-tabac (FCTC) de 3,7 millions $ par an de 2016 à 2021. Andrew Black, le responsable qui a décidé de cette enveloppe, a depuis obtenu un poste de cadre à ce même secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Heureuse coïncidence de carrière bien rémunérée pour Andrew Black", ironise Christopher Snowdon dans un billet sur son blog.


Le budget du secrétariat anti-tabac (FCTC) approche 6 millions $ dans les années sans sommet. En 2016, celui tenu à New Delhi avait poussé les dépenses à près de 11 millions de $. Soit 5 millions $ de plus pour la semaine de réunion dans le palais des congrès de Noida et les frais des délégués. Le sommet genevois de la semaine prochaine devrait faire exploser la facture. 

Le risque de précipiter l'OMS dans les bras de Bloomberg

Faut-il couper les fonds à cette organisation en dérive autoritaire pour que la réduction des risques soit prise en considération? La proposition de Christopher Snowdon pourrait avoir un effet pervers. Celui d'augmenter encore plus la prise de contrôle de l'OMS par l'affairiste milliardaire Michael Bloomberg. Celui-ci a déjà largement annexé les activités de l'organisme à son profit sous couvert de "philanthropie". 


vendredi 21 septembre 2018

L'Angleterre entrevoit la disparition du tabagisme d'ici 2030

Toutes les 80 secondes, un anglais arrête la cigarette. Près de 400'000 anglais sont ainsi sortis du tabagisme en un an. Parmi eux, Jeremy Kyle. Après 35 ans de tabagisme, le présentateur vedette de Good Morning Britain a troqué son paquet journalier pour une vaporette depuis plus de quatre mois. "Ce qui m'aide vraiment à ne pas fumer, c'est le vapotage. Je suis actuellement au plus faible taux de nicotine, je quitterai la vape quand le moment sera venu pour moi", explique le présentateur de l'émission médicale Emergency Room. "Avec mon arrêt, j'ai compris à quel point il est important d'utiliser le soutien plutôt que de vouloir y aller seul à la volonté", conseille Jeremy Kyle sur le site de la BBC

63% d'arrêt avec la vape et du soutien

Les statistiques semblent lui donner raison. Plus de 63% des fumeurs ayant combiné le vapotage et le soutien des centres Stop-tabac anglais ont réussi leur arrêt de 2017 à 2018. Un chiffre supérieur à la moyenne générale tous moyens confondus déjà élevée de 51% des Stop Smoking Services. En comparaison, tenter d'arrêter de fumer sans aide ni soutien ne réussit que dans 4% des cas. Reste que la bonne manière d'arrêter est celle qui marche pour soi. "Cette année, Stoptober peut vous aider à trouver une combinaison qui pourrait vous convenir", explique la Dr Jenny Harries, directrice médicale de Public Health England. Pour cela, la campagne annuelle pour encourager les fumeurs à arrêter en octobre propose un nouvel outil en ligne personnalisé. [lien ajouté à 15h]

Un répertoire de vapeshops recommandés par le Public Health England

Autre nouveauté du Stoptober 2018, un répertoire en ligne des boutiques de vape indépendantes recommandées par le Public Health England en partenariat avec l'Independant British Vaping Trade Association (IBVTA). "Les magasins de vape spécialisés sont idéalement placés pour conseiller les personnes cherchant à utiliser le vapotage pour les aider à cesser de fumer. Les services spécialisés d'arrêt du tabac peuvent également fournir un soutien supplémentaire aux personnes qui cherchent à utiliser le vapotage, ce qui leur donnera les meilleures chances de cesser de fumer", précise la Dr Jenny Harries.

La fin du tabagisme d'ici 2030 ?

Une stratégie de réduction des risques payante, puisque en deux années l'Angleterre a vu plus d'un million de fumeurs arrêter. Le taux de tabagisme est passé sous la barre des 15% en 2017, alors qu'il était de près de 20% en 2010. "Des millions de personnes vivent mieux grâce à nos efforts pour réduire le tabagisme. La Grande-Bretagne est un chef de file mondial en matière de lutte antitabac et nos politiques robustes ont fait tomber le taux de tabagisme à un niveau record", explique Steve Brine, Ministre de la santé britannique. 

La plus forte baisse de tabagisme se situe chez les 18 à 24 ans, un groupe d'âge optant plus facilement pour le vapotage. En se basant sur ces tendances, les autorités de santé publique anglaises prévoient que le tabagisme se réduise entre 8,5% et 11,7% d'ici cinq ans, et sa chute en dessous de 5% d'ici 2030. Un optimisme que l'on peut cependant modérer devant le ralentissement de la sortie du tabagisme depuis l'entrée en vigueur des restrictions européennes (TPD) contre le vapotage. Des freins que le rapport publié mi-août par la Commission parlementaire des sciences propose de réviser pour favoriser la santé publique à l'occasion du Brexit.

[graphique ajouté à 16h]

jeudi 23 août 2018

Le Trésor britannique enterre le projet de surtaxe anti-vape au Royaume-Uni

Le Trésor britannique a déjà enterré le projet d'une surtaxe anti-vape, qui se serait ajoutée à l'actuelle TVA à 20%. "Je suis d'accord que les produits de vapotage ont un rôle à jouer dans la réduction du tabagisme", annonce Robert Jenrick, secrétaire du Trésor. Dans sa lettre à l'association professionnelle UKVIA, le porte-parole du Trésor écarte le projet d’introduire une surtaxe sur les produits de vapotage, tout en reconnaissant qu'elle a été à l'agenda des mesures évaluées par les Ministres. Tandis que les médias francophones passent sous silence le projet de la Commission Européenne de taxe contre la vape visant à protéger les ventes de cigarettes de cette "concurrence déloyale", l'idée du Trésor britannique d'imiter ses homologues de Bruxelles a soulevé un tollé ces dernières semaines au Royaume-Uni. 

Aussi bien les libéraux, "par nature" anti-taxe, que les partisans de taxes comportementales se sont opposés à ce projet saugrenu. "Le vapotage est un des moyens les plus efficaces pour arrêter de fumer. Le gouvernement doit financer plus de recherche et éventuellement en distribuer gratuitement dans les Services de santé (NHS). Cela peut permettre d'économiser de l'argent sur le traitement du cancer, etc. Je ne pense donc pas que le surtaxer soit une bonne idée", déclare Vicky Foxcroft, députée travailliste de Lewisham Deptford. Tandis que Chris Snowdon, du libéral Institute of  Economic Affairs, estimait qu'une taxe sur le vapotage reviendrait à vouloir taxer les vélos pour prévenir l'obésité.

"Une taxe sur le vapotage tuerait des gens"

"En tant que législateurs, nous utilisons souvent le système de taxation pour inciter le public à adopter des modes de vie plus sains, d’où les «taxes sur le péché» [comportementales] sur les cigarettes, l’alcool et le sucre. Que vous soyez ou non d'accord avec le principe que le gouvernement s'engage dans une économie comportementale, une "taxe sur la vape" aurait un impact régressif sur la santé publique", explique Mary Glindon, députée travailliste dans le journal City AM du 8 août"Il est important que nous poursuivions des politiques efficaces de réduction des risques. Une taxe sur le vapotage irait à l'encontre de cet objectif"

Même du côté du parti du gouvernement, des conservateurs se sont distingués du projet. "Une taxe sur le vapotage tuerait des gens", s'est offusqué Mark Wallace dans le Conservative Home, avant d'insister: "elle pénaliserait les personnes qui arrêtent de fumer et aurait probablement pour effet de dissuader certaines personnes de le faire. Des gens en mourraient et la santé publique - cette cause pour laquelle le même Trésor dépense beaucoup d'argent - en souffrirait".

Dans la sphère de la santé publique, le Pr Robert West, directeur des recherches sur le tabac à l'University College de Londres (UCL), avait dénoncé dans le Times "une stratégie à très haut risque du point de vue de la santé publique". Mené avant l'annonce de projet de taxe mais publié la semaine dernière, le rapport de l'enquête parlementaire sur les opportunités offertes par le Brexit concernant le vapotage a nourri le rejet d'une taxe punitive contre l'outil de réduction des risques.

La New Nicotine Alliance, l'association des usagers de produits nicotinés à risque réduit, s'est réjouit de l'abandon du projet de sanction financière contre les vapoteurs "contraire à l'éthique". Le projet européen reste de son côté d'actualité...



vendredi 17 août 2018

Brexit: les députés britanniques veulent libérer la vape de la loi tabagique made in EU

"Le Gouvernement rate une opportunité avec le vapotage". Publié ce matin, le rapport parlementaire britannique pointe les freins à la sortie du tabagisme grâce au vapotage à cause de restrictions contre-productives et infondées imposées par Bruxelles. Mais, le Brexit s'offre comme une chance de sortir du carcan tabagique européen pour le Royaume-Uni. "Fumer reste une crise sanitaire nationale et le gouvernement devrait envisager des moyens novateurs de réduire le taux de tabagisme", déclare Sir Norman Lamb, qui a dirigé les travaux du Comité science et technologie. "Vapoter est moins nocif que fumer, mais les politiques et les réglementations actuelles ne le reflètent pas suffisamment", insiste l'ancien Ministre aux affaires sociales.

Le vapotage un instrument d'arrêt tabagique trop souvent négligé

Le Comité, composé de onze députés des différents partis, propose une série de recommandations basée sur plus d'une centaine de rapports écrit et les entrevues de 25 témoins, spécialistes de santé publique, usagers et industriels [add. les séances sont aussi sur Youtube]. Là où la Commission Européenne agit dans l'opacité des coulisses bruxelloises hantées de milliers de lobbyistes, les députés britanniques ont procédé en toute transparence, chaque entrevue filmée et transcrite étant accessible sur leur site. Avec une réduction des risques évaluée par les organismes de santé publique britanniques à au moins 95% que les cigarettes, le vapotage est "instrument pour arrêter de fumer trop souvent négligé", estime le Comité.

"Le Comité a constaté que le vapotage ne constitue pas une «passerelle», y compris pour les jeunes non-fumeurs, vers le tabagisme conventionnel et ne présente pas de risque significatif par inhalation passive", résume le communiqué du parlement. "Cette théorie de la passerelle ne tient tout simplement pas la route", déclare Sir Norman Lamb au Guardian, "les jeunes essayent, mais le nombre qui l'utilise régulièrement est minuscule". Comme l'a démontré la plus grande enquête au monde actuelle sur plus de 60'000 jeunes et le vapotage.

Les taxes anti-vape sont un scandale de santé publique

Au Royaume-Uni, le tabagisme, aussi bien chez les adolescents que les adultes, a chuté de près d'un quart depuis 2011, mais la baisse a ralentit depuis l'implémentation des directives européennes en 2016. Près de 900'000 adultes ont arrêté de fumer avec le vapotage puis arrêté de vapoter et 1,5 millions vapotent exclusivement après avoir arrêté de fumer, selon les données de l'office national des statistiques (ONS). Tandis que 1,4 millions vapotent et fument encore, dont la moitié déclare vapoter avec l'objectif d'arrêter de fumer.

Les projets de taxes anti-vape, qui fourmillent aussi bien à la Commission Européenne qu'au Trésor britannique, sont critiqués par le rapport parlementaire. Dans le quotidien City AM, Daniel Pryor, du think tank liberal Adam Smith, renchérit: "La plupart des gens de tous bords politiques préviennent qu'une taxe sur le vapotage provoquerait un véritable tollé". Une pétition européenne a dépassé les 40'000 signatures contre le projet de la Commission Européenne en consultation publique jusqu'au 3 septembre.

Urgence à abolir la limite trop basse du taux de nicotine

Pour le Comité parlementaire, l'urgence est de réviser les limitations européennes du taux de nicotine de 20 mg/mL maximum, et de la contenance des atomiseurs à 2 mL. "La limite du taux de nicotine des recharges devrait être revue car les gros fumeurs peuvent être désavantagés pour arrêter avec des taux trop faibles - et la restriction de la taille des réservoirs ne semble pas être fondée sur des preuves scientifiques et devrait donc être réexaminée de toute urgence", soulignent les conclusions du rapport.

Autre restriction imposée par Bruxelles favorisant le maintien du tabagisme, le Comité parlementaire britannique conteste l'interdiction d'informer le public sur la réduction des risques du vapotage. "L'interdiction d'informer des avantages relatifs pour la santé de cesser de fumer et d'utiliser le vapotage a empêché les fabricants d'informer les fumeurs des avantages potentiels et devrait être examinée pour déterminer les possibilités de changement après le Brexit", recommandent les députés.

Rompre avec les peurs infondées

Le Comité regrette de manière générale le manque de proportionnalité des règlements en rapport avec les faibles risques du vapotage: "Il doit y avoir un débat plus ouvert sur la manière dont le vapotage est traité dans nos lieux publics, afin d’aider à trouver une solution qui au moins commence par des preuves plutôt que par des idées fausses de leurs effets sur la santé". Il déplore aussi l'insuffisance d'engagement en faveur du vapotage des Services de santé national (NHS), en particulier pour le groupe très vulnérable des personnes soufrant de troubles psychiques. "Les personnes ayant des problèmes de santé mentale sont presque 2,5 fois plus susceptibles de fumer que la population générale. Il est vraiment choquant qu'un tiers des services de santé mentale du NHS interdisent le vapotage", déclare Sir Norman Lamb.

Appel à évaluer la question du snus

Le Comité appelle également à profiter du Brexit pour ré-évaluer le dossier du snus, produit interdit par l'Union Européenne sauf en Suède. Ce tabac en sachet à suçoter est pauvre en nitrosamines, des toxiques cancérigènes présents dans la cigarette et les autres tabac oraux. En renouant avec ce produit traditionnel, les suédois sont sortis massivement du tabagisme, qui ne concerne plus que 5% de la population adulte selon l'Eurobaromètre 2016. Les maladies liées au tabagisme ont suivi la même chute depuis les années 1990'.

Un programme d'action bienvenu

"Bien que le rapport puisse être perçu par certains comme radical dans la recommandation de mesures visant à faciliter l’utilisation du vapotage, du point de vue d’un scientifique travaillant sur le terrain, la traduction des données probantes dans un programme d'action est bienvenu. J'espère qu'il aura un impact majeur sur l'évolution de la politique", déclare le Pr Robert West, directeur des études sur le tabac à l'University College de Londres et spécialiste de renommée mondiale sur le sujet, dans le Guardian. Le Public Health England aussi salue un rapport qui épouse ses analyses.

De son côté, Chris Snowdon, auteur du Nicotine Nanny State Index du très libéral Institute of Economics Affairs (IEA), évite la langue de bois dans une tribune pour le journal City AM ce matin. "Les auteurs du rapport sont trop polis pour le dire aussi franchement, mais en fin de compte, nous devons retourner à la situation du marché du vapotage qui prévalait avant que les politiciens européens ne s'en mêlent". La New Nicotine Alliance (NNA), association d'usagers de moyens de réduction des risques, a accueilli favorablement le rapport "pour son message clair et sans équivoque selon lequel le vapotage et les autres produits de nicotine à risque réduit sont beaucoup plus sûrs que le tabac combustible et devraient être traités comme tels".

Enfin, l'Action on Smoking and Health (ASH), principale organisation anti-tabac, souligne la proposition du Comité de soutenir l'homologation de vaporette médicale. "Les entreprises qui obtiendraient des licences médicales bénéficieraient de la disponibilité de leurs produits sur ordonnance. Mais les entreprises qui restent sur le marché des "produits de consommation "devraient également en bénéficier. Les produits homologués rassureraient les fumeurs et les professionnels de santé sur le fait que le vapotage est moins nocif que le tabagisme, encourageant ainsi davantage de fumeurs à changer", déclare Hazel Cheeseman, de l'ASH UK, au site Planet of the Vapes


vendredi 3 août 2018

Projet de taxe anti-vape au Royaume-Uni ? "Une stratégie très dangereuse" selon le Pr Robert West [MàJ]

Tandis que les vapoteurs se mobilisent peu en cette période estivale, les affidés de taxes anti-vape manœuvrent en coulisses. D'un côté, à peine plus de 30'000 signatures pour la pétition des associations contre les surtaxes anti-vape en Europe. De l'autre, un renfort de poids aux quatorze pays de l'Union Européenne (UE) ayant déjà implémenté une taxe contre les vapoteurs. Même si l'Italie semble toujours plus proche d'abolir cette mesure désastreuse, le gouvernement britannique projetterait de suivre le mouvement européen de taxe punitive. Révélé hier par la presse britannique, le projet de taxe anti-vape n'a pas été démenti par le Chancelier Philip Hammond. "Des sources de Whitehall [le siège du Gouvernement] ont déclaré qu'aucune décision n'avait été prise mais que rien n'était retiré de la table", rapporte aujourd'hui le Times

"Une stratégie à très haut risque du point de vue de la santé publique"

Une liste de possibles taxes "sur les pêchés", qu'en français ses partisans préfèrent nommer "taxes comportementales", est envisagée pour financer le service de santé national (NHS). La surtaxe sur la vape pourrait être de 5%. Le Trésor espère en retirer près de 40 millions £ par an. A condition que les 2,9 millions de vapoteurs britanniques continuent de vapoter et d'acheter légalement leurs produits. "C'est une stratégie à très haut risque du point de vue de la santé publique", réagit le Pr Robert West, directeur des recherches sur le tabac à l'University College de Londres, dans le Times

Moins de vapoteurs, plus de fumeurs

"Il est clair que le vapotage aide à arrêter de fumer les gens qui ne sont pas aidés par d'autres moyens. Si nous dissuadons les gens de l'utiliser en augmentant le prix, alors moins de gens vont les utiliser et il y aura plus de fumeurs", explique l'éminent spécialiste de santé publique. Les faits en Italie ou en Grèce, pays soumis à de telles taxes anti-vape, confirment le propos. Il y a près d'un million de fumeurs en plus depuis 2016 en Italie, tandis qu'il y a autant de vapoteurs en moins. Pour sa part, la Grèce détient le record de prévalence tabagique en Europe avec 36% de fumeurs. Depuis l'instauration de la taxe, un marché noir de vape prospère

Pas d'externalité de santé

"Il n'y aucune raison valable de taxer le vapotage: il n'y a pas de risque lié au vapotage passif, il n'y a aucun signe d'effet passerelle chez les adolescents. Au contraire, le tabagisme des adolescents chute à un niveau sans précédent aux Etats-Unis, car certains attirés autrement par les cigarettes ont opté pour la vape", souligne David Pryor, directeur de l'Institut Adam Smith, dans une tribune pour le Times ce matin. "Financer le NHS en taxant le vapotage, c'est comme financer le service d'incendie en taxant les détecteurs de fumée. Le gouvernement met des vies en danger pour une bouchée de pain", s'offusque t-il, "Une taxe sur le vapotage entraînerait plus de décès liés au tabagisme".

Faut-il taxer les vélos pour lutter contre l'obésité ?

Rédacteur du Nanny State Index on Nicotine, Chris Snowdown estime dans le Sun que taxer le vapotage pour financer le NHS serait comme "taxer les bicyclettes pour payer les coûts liés à l'obésité". Chez les professionnels anglais de la vape, on tombe des nues. "Le vapotage est une énorme opportunité de santé publique qui a déjà aidé trois millions de fumeurs à arrêter ou réduire leur tabagisme. Imposer une taxe supplémentaire sur le vapotage, non seulement n'aurait pas de sens, mais ce serait préjudiciable au NHS et à la santé publique", explique Dan Marchant, du comité de l'Association de l'Industrie de la vape britannique (UKVIA).

Appel à l'action européenne

Dans le camp des usagers, la New Nicotine Alliance (NNA) condamne fermement le projet de taxe dans un communiqué de presse. "Le vapotage a été le catalyseur d'une baisse spectaculaire du tabagisme ces dernières années. Il serait hautement contraire à l'éthique que le gouvernement sanctionne financièrement les vapoteurs", déclare Sarah Jakes, présidente de la NNA*. L'organisation britannique a cosigné fin juin l'appel de 16 associations contre les taxes anti-vape en Europe et propose une page d'aide pour remplir la consultation européenne d'ici le 3 septembre. Par ailleurs, Sarah Jakes a participé en juillet à une séance du groupe parlementaire sur le vapotage à propos des opportunités de réformes à l'occasion du Brexit. Gageons que les parlementaires auront saisi le danger qu'il y aurait à une taxe anti-vape, même si elle était imposée indépendamment de Bruxelles. 
* édité pour rendre compte du communiqué de la NNA à 17h50

vendredi 27 juillet 2018

Dogmes de l'OMS en échec en France: l'OFDT loupe l'éléphant de la réduction des risques dans la chambre du tabagisme

Pourquoi y a t-il tant de fumeurs en France alors que ce pays applique toute la batterie de mesures anti-tabac préconisée par l'Organisation Mondiale de la Santé ? C'est la question qui reste sur les bras de l'Observatoire Français des Drogues et de la Toxicomanie (OFDT) au terme de son rapport sur les prévalences d'usage et les prix du tabac en Europe. "Relativement aux pays de l’UE, tout particulièrement ceux de l’Europe de l’Ouest, ainsi qu’aux autres pays développés (anglo-saxons), la consommation de tabac apparaît particulièrement importante en France, et ce dès l’adolescence", constate le document signé Aurélie Lermenier-Jeannet et publié hier par l'OFDT.  

"Sorte de paradoxe français"

"Au vu de l’analyse menée, il semble donc subsister une sorte de paradoxe français en matière de tabagisme. Malgré une législation de plus en plus contraignante, conforme quasiment en tous points aux exigences de la Convention-cadre de lutte contre le tabac (CCLAT) [ndr. de l'OMS] que le pays a ratifiée en 2004, avec de nombreuses restrictions d’usage, de publicité et d’accès (aux mineurs) ainsi que des prix élevés, la France n’est jusqu'en 2016 pas parvenue à infléchir durablement sa consommation de tabac", énonce sous forme d'énigme la conclusion du rapport.

Les prix des cigarettes y sont parmi les plus élevés d'Europe, a fortiori rapporté au pouvoir d'achat. Les interdictions de publicités, de vente aux mineurs, et même le paquet neutre sont de rigueur. Malgré tout cela, l'Eurobaromètre a recensé 33% de fumeurs en France contre 5% en Suède et moins de 16% au Royaume-Uni au printemps 2017. Les services français ont évalué à la même période un tabagisme de l'ordre de 27%, soit sensiblement moins que l'enquête européenne. Note d'optimisme, cette prévalence a baissé de 2 points par rapport à l'année précédente, "peut-être le signe que la France initie une dynamique de baisse"

Circulez, il n'y a rien à observer

Mais ni la baisse enregistrée par Santé Publique France, ni la chute britannique de plus d'un quart de sa prévalence tabagique depuis 2011, ni l'exemple frappant de la Suède qui a atteint 5% de fumeurs, ne sont analysés. Le traitement de la question du Snus suédois est affolant: "Dans le cas de la Suède, il s’agit d’un artefact puisque les données concernent uniquement le tabac à fumer et que ce pays consomme, pour des raisons culturelles, plutôt du tabac oral (le « snus »), interdit dans le reste de l’UE". La réduction à 5% de sa part de fumeurs ainsi que des maladies liées au tabagisme correspondantes en Suède est évacuée au titre de simple "artefact" par l'OFDT !

Au moins le Snus a t-il le privilège d'être cité, car le terme de vapotage n'est simplement pas mentionné. L'outil sur lequel s'appuie les services de santé publique britanniques pour faire dégringoler le tabagisme n'est pas même évoqué. Le rapport discute de l'Islande. Mais sans dire un mot du rôle du Snus et de la vape dans l'île. Le premier, en multipliant ses ventes par quatre dans cette période, a participé à la réduction de moitié du tabagisme entre 2001 et 2014. Tandis que le vapotage a sorti 40% des fumeurs depuis 2014.

Régime pfizerien

L'OFDT cite également l'Australie, sans préciser que sa politique ultra-dogmatique est en panne depuis cinq ans. Et la Nouvelle-Zélande, en ignorant qu'elle a justement décidé de sortir de l'ornière des dogmes de l'OMS en intégrant la réduction des risques à sa politique sur le tabac. [add, oubli] Le rôle du vapotage dans l'accélération de la chute du tabagisme aux Etats-Unis - qui n'ont d'ailleurs jamais ratifié la charte anti-tabac de l'OMS -, aussi bien chez les adultes que les jeunes est également passé sous silence./ Principal trait marquant de ce rapport de l'OFDT: le grand soin pris à ne pas observer l'éléphant de la réduction des risques qui chamboule la chambre du tabagisme dans le monde. Une l'ignorance cultivée qui semble la marque de l'actuel régime pfizerien de la santé publique française.

Les prix des cigarettes n'expliquent pas grand chose

Le rapport s'attarde sur le volume de vente légale de cigarettes, nettement décorrélée du niveau de prévalence en France. En clair, un grand nombre de fumeurs s'approvisionnent hors du marché des buralistes. Au niveau européen, le rapport note de manière intéressante que les niveaux de prix des cigarettes n'expliquent que marginalement les différences de prévalence du tabagisme. Mais toujours en gardant tabou le rôle du recours plus ou moins prononcé selon les pays aux moyens de réduction des risques.

Œillères obscurantistes

Bien que le rapport expose l'échec des dogmes de l'OMS appliqués avec ferveur en France, il prophétise sur la future réussite de ceux-ci. "Le paquet neutre standardisé, et les hausses de prix prévues (...) pourraient entraîner un repli du tabagisme à long terme". La véritable tendance de l'essor de la réduction des risques est tout simplement ignorée de ce rapport, tout comme des autorités françaises. Après un repli en 2015, l'aspiration retrouvée du vapotage en France est plus probablement en train de réussir à sortir une part significative de français du tabagisme. 



jeudi 5 juillet 2018

Plus de deux millions d'anglais ont arrêté de fumer à l'aide de la vape mais la TPD freine le mouvement

Plus de 2,3 millions des britanniques adultes, dont 2 millions d'anglais, ont quitté la cigarette à l'aide du vapotage. 900'000 d'entre eux, dont 770'000 anglais, ont arrêté de fumer puis aussi arrêté de vapoter. Tandis que 1,4 millions sont devenus vapoteurs exclusifs. Parmi les 7,4 millions de fumeurs britanniques, 1,4 millions vapotent aussi, dont la moitié dans le but d'arrêter de la cigarette. La part des adultes fumeurs au Royaume-Uni est passé de 20,2% en 2011 à 15,1% en 2017, selon les dernières données de l'Office National des Statistiques (ONS) publiées hier. Soit une chute de plus d'un quart de la part de fumeurs en six années.

  • 15,1% des adultes britanniques sont fumeurs, soit 7,4 millions de personnes, en 2017
  • 2,3 millions de britanniques ont arrêté de fumer à l'aide du vapotage, dont 900'000 ont ensuite arrêté de vapoter, depuis 2011
  • 5,5% de la population vapotent, soit 2,8 millions de vapoteurs dont 51% ont arrêté de fumer
  • Parmi les 1,4 millions 'double-usagers' de cigarette et vapotage, la moitié déclare utiliser le vapotage dans l'objectif d'arrêter de fumer
  • La hausse du vapotage et la chute du tabagisme se sont ralenti depuis l'entrée en vigueur des directives européennes au Royaume-Uni en 2016. Une Commission parlementaire étudie les modifications possibles de la réglementation à la faveur du Brexit

Frein européen à la sortie du tabagisme

Ces données confirme l'impact majeur du vapotage. Mais l'entrée en vigueur en 2016 de la transposition de la directive européenne (TPD), qui notamment limite le taux de nicotine à 20 mg/mL, la contenance des fioles à 10 mL et celle des atomiseurs à 2 mL, a fortement freiné l'élan de sortie du tabagisme britannique. Entre 2016 et 2017, la part de fumeurs âgés de plus de 16 ans a même augmenté de 16,1% à 16,8%, tandis que la part de vapoteurs a très légèrement régressé de 5,6% à 5,5%.

"Outre la mauvaise publicité que subit encore le vapotage, le règlement de la TPD en interdisant la vente d' e-liquides nicotiné à plus de de 20 mg/mL, rend difficile pour de nombreux fumeurs de passer au vapotage", explique Diane Caruana, journaliste spécialisée sur Vaping Post, précisant que " l'interdiction des doses de nicotine supérieures à 20 mg/ml met un obstacle à la première étape du voyage d'un fumeur vers une vie sans fumée". On estime que de 20% à 30% des fumeurs ont besoin de liquide plus concentré que 20 mg/mL de nicotine pour se passer définitivement de cigarette. Ces derniers mois, l'arrivée des liquides aux sels de nicotine offre une option supplémentaire intéressante pour cette catégorie de fumeurs, mais la limite trop basse de nicotine dans l'Union Européenne en réduit l'intérêt.

L'arbitraire des directives européennes

Les travaux de la Dr Lynne Dawkins, du Centre for Addictive Behaviours Research de l'Université de Londres Sud, mettent en lumière un autre effet négatif à cette limite, imposée sans fondement scientifique. "Il n'y a aucune justification à cette limite. Elle a été prise de manière arbitraire. Il n'y a pas de preuve d'augmentation des méfaits de la nicotine pour les niveaux supérieurs à 20 mg/ml. Or nous avons constaté que lorsque les usagers réduisent le taux de nicotine, ils compensent en consommant plus de liquide. C'est coûteux financièrement, et cela peut avoir un coût pour la santé en augmentant l'exposition", avait argumenté en février la chercheuse spécialiste de la nicotine devant la Commission parlementaire étudiant une réforme de la réglementation sur le vapotage à la faveur du Brexit.

"Beaucoup de fumeurs sont dissuadés d'essayer de passer au vapotage par des restrictions arbitraires de la TPD, ainsi que les articles irresponsables et inexacts sur les risques pour la santé. Beaucoup d'entre eux risquent de continuer de fumer. Il semble que le nombre de fumeurs qui passent à la vape soit en train de plafonner au Royaume-Uni", alertait aussi Sarah Jakes, présidente de la New Nicotine Alliance UK (NNA), au site Register fin février. Les statistiques publiées hier confirment cette inquiétude.

Le défi des inégalités sociales de santé 

Autre inquiétude, celle-ci exprimée par les autorités, le creusement des inégalités sociales de santé liées au tabagisme. "Pour évaluer l'ampleur de l'iniquité, nous avons calculé la probabilité d'être fumeur entre travailleurs routinier et manuel en comparaison de ceux qui occupent des postes de management et les emplois intermédiaires. Les résultats montrent que les travailleurs manuels et de routine en Angleterre étaient 2,27 fois plus susceptibles d'être fumeurs que les autres professions en 2012, mais que l'écart s'est considérablement creusé depuis avec un ratio de 2,44 en 2017", explique le compte-rendu de l'Office of National Statistics (ONS). Les raisons et les moyens de répondre à ce défi social sont encore à déterminer. 

Plusieurs présentations au dernier Global Forum on Nicotine, dont celle de la sociologue Frances Thirlway que nous avions interviewé sur ses travaux précédents en 2016, ont abordé le sujet. Cette question est probablement le défi le plus intéressant à relever aujourd'hui pour l'approche de réduction de risque. Tandis que le camp conservateur tabagique se cantonne a faire reposer la faute sur les usagers "pervertis" et vouloir leur rendre la tâche plus difficile par des taxes, des limitations matérielles et d'autres interdictions...


dimanche 3 juin 2018

Australie: controverse entre médecins sur l'échec de la politique anti-tabac conservatrice

Islande - Norvège - USA - Angleterre - Canada - Nouvelle-Zélande - Australie
Depuis 2013, le tabagisme en Australie n'évolue plus. "Il n'y a eu presque aucun changement. Certains disent que le nombre de fumeurs pourrait même avoir augmenté très légèrement", déclare le Dr Joe Kosterich, directeur de la nouvelle Australian Tobacco Harm Reduction Association (ATHRA)*, au site news.com.au. L'association pour la réduction des risques liés au tabac a comparé l'évolution du taux de fumeurs adultes dans sept pays depuis 2013. Résultat, selon les données officielles de chaque ministère de la santé, l'Australie est le pays où le tabagisme évolue le moins. Une chute de 0.2% par an, quand l'Islande caracole en tête avec une chute de 12% annuelle. Autre pays du Nord de l'Europe où le snus connait du succès, la Norvège connait une baisse de 7% annuelle, comme les Etats-Unis. Les anglais avec 5% connaissent une baisse de leur tabagisme 25 fois plus rapide que l'Australie.

Sans outil de réduction des risques, le taux de tabagisme stagne

"Si nous examinons d'autres pays, ils ont fait à peu près les même choses que nous: augmenter la fiscalité, interdire de fumer dans les lieux publics, éduquer sur l'impact sanitaire de fumer. Toutes ces choses sont des évolutions vraiment importantes, mais à un moment on atteint un seuil où on stagne", explique le Dr Joe Kosterich. L'Australie, à l'opposé des autres pays mentionnés dans la comparaison, interdit toutes les alternatives nicotinées à risque réduit. Ni le vapotage nicotiné ni le snus n'y sont autorisés de vente. "Ces pays se sont orientés vers ces autres formes d'usages de nicotine qui n'impliquent pas de fumer des cigarettes et leurs taux de tabagisme sont en baisse. La différence entre eux et nous est qu'ils ont adopté ces nouvelles technologies et nous ne l'avons pas fait", insiste le représentant de l'ATHRA.

Fin septembre, l'Australian Institute of Health and Wellfare (AIHW) publiait les dernières statistiques officielles: 15,8% de fumeurs adultes au quotidien en 2016, ils étaient 16,4% en 2013. Pourtant, le paquet neutre depuis 2012 est combiné à des hausses de prix qui font des cigarettes australiennes les plus chères au monde. Compter environ 35$au, soit 22€, le paquet, avec des hausses de 12,5% prévues chaque année jusqu'en 2021. Les statistiques officielles du tabagisme n'intègrent pas les indigènes dont le taux de 44,4% de fumeurs adultes en 2016 illustre le peu de cas des autorités australiennes envers ses minorités ethniques. Pour la communication, le Ministère préfère la statistique intégrant les adolescents dès 14 ans, pratique inhabituelle au niveau international, pour mettre en avant un taux général de 12,2%.

Soutien de la politique en place et opposé à l'approche de réduction des risques, le Dr Tony Bartone, de l'Australian Medical Association (AMA), estime ne pas "savoir si les cigarettes électroniques aident vraiment les gens à cesser de fumer". Une méconnaissance qui tourne rapidement à la superstition dans sa bouche. "Nous ne nions pas que c'est moins dangereux que de fumer les véritables cigarettes, mais il s'agit de normaliser tout le comportement", affirme le Dr Tony Bartone sur les ondes de 3AW cette semaine.  Une affirmation qui a surpris le Dr Joe Kosterich: "Dire que le vapotage normalise le tabagisme équivaut à dire que donner un verre d'eau à un enfant normalise la vodka. Ça ne veut rien dire".

Le Dr Bartone ne sait pas

Mais le représentant de l'AMA n'en démord pas. "Nous ne savons pas quels sont les inconvénients d'inhaler de la vapeur. Nous ne savons pas si cela fonctionne comme aide à la cessation complète. Nous disons, voyons les preuves. Je sais qu'il y a eu des rapports scientifiques écrits pour dire que ça fonctionne. Mais c'est discutable", explique le Dr Tony Bartone au micro de Neil Mitchell. Pourtant, l'impact sanitaire de la fumée de cigarette est bien connu et le tabac se trouve en vente libre en Australie, à un prix très élevé certes. 

A l'opposé de cette frilosité conservatrice, le Dr Joe Kosterich propose d'être pragmatique. "Dans un monde idéal, les gens ne fumeraient pas ni ne vapoteraient. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal. Certains fumeurs iront de fumer à vapoter puis plus rien du tout, et d'autres vont passer de fumer à vapoter sans nicotine parce que certaines personnes aiment ou ont besoin du mouvement main / bouche et c'est OK. Nous n'avons pas à juger négativement ces personnes. Idéalement, personne ne ferait quoi que ce soit, mais nous pouvons faire davantage dans ce pays pour présenter aux fumeurs un moyen moins nocif. Au pire, vous n'arrêtez pas complètement de consommer de la nicotine, mais vous faites déjà quelque chose de moins nocif. Pourquoi nous considérons cela comme une mauvaise chose dans ce pays n'a pas beaucoup de sens"

* La nouvelle association ATHRA, en plus du Dr Joe Kosterich, regroupe des personnalités comme le Pr Colin Mendelsohn, spécialiste de la question tabagique et de santé publique à l'Université de South Wales, le Dr Alex Wodak, de l'association Harm Reduction Australia, et la Dr Catherine Silsbury, tous deux spécialistes des dépendances, et Stephen Elsom, représentant des usagers en son sein. Le site de l'ATHRA était en maintenance au moment de la rédaction de ce billet.