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lundi 9 novembre 2020

Quelles priorités face aux méfaits du tabagisme? L'OMS attend votre avis sur Twitter cette semaine


« Nous voulons vous entendre ! » L’Alliance pour la Convention anti-tabac (FCA) appelle à exprimer nos attentes sur Twitter concernant les priorités de lutte anti-tabac de l’OMS. L’officine invite a accompagner les revendications d’une photo et du hashtag #COP9week. Cette opération se déroule alors que la 9e Conférence des membres de la convention (COP9), qui devait se tenir du 9 au 13 novembre à La Haye aux Pays-Bas, a été annulée en raison de la crise du Covid. L’action sur le réseau social a été lancée dès le 5 novembre par l’organisation financée par le milliardaire Michael Bloomberg.

Le fric ou la santé

Pour la FCA, le mot d’ordre est clair : ils veulent plus d’argent, symbolisé par des $ et des taxes. Mais les bureaucrates bloombergistes ont-ils été bien inspirés de lancer cet appel sur le réseau social? Aux côtés des mots d’ordre conventionnels, les tweets en défense de la réduction des risques se sont mis à fleurir. Les personnes directement concernées semblent avoir un point de vue un peu différent de la FCA.

Rappel du principe de réduction des risques inscrit au 1er article de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac mais bafoué par l’OMS, revendications de respect des droits de l’homme, dénonciations de l’hypocrisie de la politique de l’OMS se multiplient ses dernières heures.

Les concernés se font entendre 

Rebondissant sur l’opportunité rare de pouvoir s’exprimer sur le sujet, les vapoteurs européens notamment interpellent l’OMS Europe — @WHO_Europe — et la Commission européenne — @EU_Commission — qui prépare actuellement l’évaluation de la directive sur les produits du tabac (TPD). Au hashtag #COP9week s’est ajouté celui de #THRworks, pour signifier que « la réduction des risques face au tabagisme, ça marche »

Habitués au huis clos et aux intrigues de coulisses, des membres des organisations liées à la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac s’alertent de « l’interférence de l’industrie du tabac ». Serait-ce le choc d'entendre l'avis des personnes concernées?

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jeudi 5 novembre 2020

L'anti-vape Michèle Rivasi dirige un groupe de travail "informel" de députés européens sur la TPD

Un groupe de travail « informel » au Parlement européen prépare la révision de la directive Tabac (TPD) et fait le forcing pour rédiger son évaluation avec la Commission. Sans transparence sur ses activités, il est dirigé par l’anti-vape Michèle Rivasi, une eurodéputée aux pratiques controversées. Une direction qui condamne par avance l’approche de réduction des risques et tout dialogue avec les usagers et les professionnels de santé de terrain.

Dans l’opacité bruxelloise, un groupe de travail « informel » de parlementaires européens vise « à préparer la révision de la Directive Tabac (TPD) ». Aucun document sur ses travaux, aucun procès-verbal des discussions, ni aucune liste de ses membres ne sont publics. Son activité se passe hors du contrôle citoyen. Un manque de démocratie qui pourrait sembler léger. Sauf que ce groupe manœuvre déjà dans l’ombre à exclure tout débat sur la réduction des risques et imposer des mesures anti-vape.

Derrière son voile « informel », le groupe est dirigé par la controversée Michèle Rivasi, eurodéputée française des Verts et anti-vape affirmée. À ses côtés, Manuel Bompard (France insoumise), Cristian-Silviu Bușoi (Roumanie, Parti libéral), Tilly Metz (Luxembourg, Verts) et Younous Omarjee (France insoumise) semblent également en être membres. Le mystère plane sur l’identité des autres participants.

Add 09-11-2020 17h: L'existence de ce groupe informel est à la fois annoncée sur le site de Michèle Rivasi et dans la lettre aux autorités européennes qu'elle a publié en anglais et français (lien plus-bas). Capture d'écran du site de Michèle Rivasi de ce jour (09 novembre 2020):

 [/add]

Imposer des mesures anti-vape

L’inquiétude grandit en apprenant qu’à la faveur des restrictions liées au Covid, Michèle Rivasi fait le forcing ces derniers jours pour que son groupe informel rédige l’évaluation de la directive tabac (TPD) avec la Commission Santé, qui doit la présenter d’ici le 20 mai prochain. 

Dans une lettre adressée ce 27 octobre aux autorités européennes, dont Ursula von der Leyen la Présidente de l’Union Européenne, Michèle Rivasi annonce craindre, non sans raison, que "le prisme restrictif du cahier des charges fixé par la Commission, peut aboutir à des rapports permettant d’entériner certains choix préconçus de la Commission". Mais au lieu d'ouvrir un débat, elle annonce vouloir imposer des restrictions anti-vape avant tout examen. 

Elle réclame un « encadrement plus strict des cigarettes électroniques après l’avis de nocivité diffusé par l’Organisation Mondiale de la Santé en juillet 2020 » [note: sans référence, je ne sais pas à quel document de l'OMS se réfère Michèle Rivasi]. Elle prétend que cette mesure, qu'elle assimile à d'autres concernant le lobbying, le marketing des filtres de cigarettes, etc., pourraient « inquiéter les cigarettiers »

Pourtant ce sont les grandes nations du tabac, dont l’Inde et la Thaïlande, associées au lobby des laboratoires pharmaceutiques et un clan d’idéologues puritains pro-abstinence, tous rassemblés autour du réseau Bloomberg qui poussent l’OMS à une position anti-réduction des risques, sans fondement scientifique sérieux et contre l'avis d'experts et d'acteurs de terrain de la lutte anti-tabac. L'OMS Europe a d'ailleurs publié en mai dernier un rapport beaucoup plus tempéré que le rapport Mpower payé par Bloomberg et rédigé par Vinayak Prasad, ex-haut fonctionnaire du Ministère des finances de l'Inde.

Court-circuiter les utilisateurs

La prise d'initiative des associations d'utilisateurs a t-elle hâté l'offensive de la parlementaire? Ouverte jusqu’au 31 décembre, l’enquête EU Nicotine Users Survey a déjà recueilli plusieurs dizaines de milliers de réponses. Forcer des mesures et imprimer une orientation anti-vape dés maintenant, marginaliseraient la voix des associations représentant les 27 millions d’utilisateurs de produits à risques réduits de l’UE, et limiteraient leurs rares possibilités d’interventions citoyennes par la suite. L’expérimentée député européenne sent l’opportunité d’imposer son cadre restrictif et court-circuiter les citoyens défenseurs de réduction des risques. 

Outre les usagers, les professionnels sociaux sanitaires de terrain, sans véritable représentant au niveau européen, risquent aussi d’être ignorés au profit des puissants organismes bureaucratiques liés aux lobbys et au réseau Bloomberg dans la démarche initiée par Michèle Rivasi. Celle-ci met en avant notamment la cellule d'Anna Gilmore de l'Université de Bath, "achetée" - pour reprendre l'expression de Michael Bloomberg lui-même - pour 20 millions $ par le milliardaire américain. 

Les exigences de Michèle Rivasi

Un « encadrement plus strict », Michèle Rivasi l’avait déjà « exigé » le 18 février dernier à une séance entre la commission du parlement sur l’environnement et la santé (ENVI) et la Commission européenne. Son discours était un décalque des éléments de langage anti-vape du réseau Bloomberg. D’où peut-être ses incohérences sur l’état de la réglementation en Europe. 

Car en plus d’une interdiction sans délai des arômes de vapotage, elle exigeait aussi des mesures déjà en place dans la directive actuelle TPD, telles que la restriction de publicité et des avertissements sanitaires sur les emballages, ou relevant de la compétence des États et également déjà en place, comme l’interdiction de vente aux mineurs. 

À sa méconnaissance de la situation réglementaire, elle y avait ajouté l’étalage de sa fameuse orientation scientifique, qu’elle assure ne pas être obscurantiste. « Nous ne savons rien [sic!], ou malheureusement très peu, des effets des additifs chimiques utilisés dans les liquides des e-cigarettes, des résidus de leur combustion [sic!] et de leurs effets combinés », avait-elle clamé au micro de la salle de réunion européenne. Le blog Vap'You avait à l’époque décortiqué point par point son intervention. 

Une personnalité non-obscurantiste pas très claire

Si Michèle Rivasi fait mine d’ignorer les analyses scientifiques du Public Health England, du Royal College of Physicians (UK), de l’Académie nationale de médecine en France, ou des experts allemands de réduction des risques, ce n’est pas chose inhabituelle chez elle. L’eurodéputé verte est une figure de la contestation de la science « officielle ». Critique notamment des vaccins, de la médecine conventionnelle, des ondes et du nucléaire. Bien qu’elle se prétend avant tout contre les lobbys, notamment de la pharmaceutique, elle défend l’industrie de l’homéopathie

Elle ratisse large avec un art consommé du double langage. Exemple la semaine dernière, Michèle Rivasi s’affiche à un colloque anthroposophique sur le traitement du cancer. Puis elle prétend le lendemain ne pas cautionner la médecine anthroposophique. 

Ni anti-vaxx, ni anti-vape, mais tout comme

Michèle Rivasi insiste aussi pour dire ne pas être une anti-vaxx. Pourtant en 2017, elle avait invité Andrew Wakefield pour son film Vaxxed au parlement européen. Projection annulée suite au billet d’un blog, à son tour dépublié sous la pression. La députée avait tout de même organisé une séance en ville en compagnie de l’auteur de la fraude publiée dans le Lancet en 1998 (voir annexe).

Culpabiliser les victimes pour leur dénier le droit à la réduction des risques

On pourrait multiplier les exemples, mais on l’aura compris. Michèle Rivasi n’est pas intéressée par les approches collectives de réduction des risques ni leur capacité à combler les inégalités sociales de santé. Son axe est de surfer sur les angoisses individuelles de l’époque, qu'elles soient ou non fondées. Attiser les doutes pour faire fond de commerce politique. Et cultiver le ressentiment.

Notamment à l’encontre des fumeurs, qu’elle accuse de coûter pas moins de 130 milliards € par an « au détriment des non-fumeurs » en France. Oubliant que ce chiffre farfelu de Pierre Kopp comptabilise pour 115 000 € chaque année de vie perdue par les fumeurs. Des années de vies perdues par les fumeurs morts prématurément donc. Accuser les victimes de mourir pour justifier de leur refuser toute solidarité et politique de réduction des risques est d’un cynisme effarant. 

Pervertir la lutte antitabac en guerre contre la réduction des risques

On l’a vu, avec Michèle Rivasi « le lobby, c’est les autres ». Il semble en être de même dans son engagement sur la TPD. Ses références appuyées à des organismes du réseau d’influence du milliardaire Michael Bloomberg laissent peu de place au doute. Notamment l’organisme STOP, dont le satellite thaïlandais Good Governance for Tobacco Control (GGTC) est un partenariat entre Bloomberg et la Thaïlande, qui détient le monopole du tabac local. Ça se passe de commentaire.

En quelques années, l’affairiste américain a instrumentalisé la cause antitabac au bénéfice de la poursuite de ses propres intérêts politiques, commerciaux et financiers, y compris dans ses affaires avec les grandes nations tabagiques comme l’Inde et la Thaïlande. À coup de centaines de millions $, il a transformé la lutte antitabac en guerre à la réduction des risques, en particulier contre le vapotage

Une volonté politique de tuer toute chance de débat sérieux

Cultiver les angoisses, pousser au ressentiment, se faire championne anti-lobby pour mieux bénéficier du soutien de certains, réussit plutôt bien à Michèle Rivasi. Elle entame son troisième mandat d’eurodéputé. Les médias adorent l’inviter, il y a toujours matière à un petit buzz. Peut-on lui reprocher de continuer ainsi? 

Ce qui interroge est le choix de ses mystérieux collègues de l’avoir parachutée à la tête de ce groupe informel du parlement européen sur la révision de la directive TPD. Est-il raisonnable de livrer la direction d’un groupe informel, qui ne rend compte de rien, sur un sujet de santé publique concernant plus d’un quart de la population européenne à une telle personnalité? 

Qui est derrière cette orientation?

Confier ce poste à une politicienne campée sur une posture de pseudo-pureté condamnant par avance toute possibilité de dialogue contradictoire est synonyme de déni de débat. Ce groupe informel en se rangeant sous les ordres d’une militante ouvertement anti réduction des risques avant tout examen rejette les données, la réalité de terrain et l’expérience des usagers. 

Ce choix est très inquiétant pour les dizaines de millions d’usagers concernés et les milliers de professionnels de santé de terrain, auxquels personne de ce groupe informel ne semble s’intéresser. Une orientation irresponsable politiquement, reflet d'une volonté de tuer toute possibilité de débat sérieux au profit d’une politique spectacle hystérique. 


Annexe : L’affaire Wakefield en bref

« La méfiance croissante vis-à-vis du monde scientifique et médical est en partie liée à la médiatisation de différentes affaires qui ont sapé l’image de la science. La tendance générale à la perte de confiance dans les institutions et les gouvernements est souvent instrumentalisée par de nombreux courants politiques (populisme, fascisme), mais aussi par le mouvement anti-vaccination »
, Brigitte Chamak, l’affaire Wakefield et le mouvement anti-vaccination, dans Neuropsychiatrie de l’enfance et l’adolescence, 2017. 

Pour rappel, qui est Andrew Wakefield que Michèle Rivasi a invité au Parlement européen, avant d’annuler, et organiser la projection de son film Vaxxed à Bruxelles le 9 février 2017? Andrew Wakefield a falsifié en 1998 les résultats d’une étude sur 12 enfants pour affirmer des liens entre la vaccination rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et la survenue d’autisme. Brian Deer explique en détail la fraude dans un article pour le BMJ

Engagé initialement pour 55 000 £ par un avocat désirant avoir des "preuves" en vue de gagner un procès contre un laboratoire pharmaceutique, Andrew Wakefield a ensuite touché 400 000 £ d’honoraires supplémentaires. Enfin, lui-même avait déposé un brevet pour un vaccin contre la rougeole, concurrent direct du ROR. Le Lancet a mis douze ans à rétracter l’article frauduleux et Andrew Wakefield a été radié de l’ordre des médecins britanniques. Mais la rumeur du vaccin cause d’autisme court toujours vingt ans après.

Michèle, Rivasi, « normalienne agrégée de sciences naturelles, qui en est à son troisième man­dat d’eurodéputée, est devenue embarrassante pour son parti à force de déclarations hostiles aux vaccins. En 2015, elle esti­mait qu’“aujourd’hui, les vaccins créent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent” », pique le magazine politique Marianne dans un dossier sur les élus écologistes le 7 août dernier.

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mercredi 4 novembre 2020

#MoisSansTabac confiné: l'intérêt de l'entraide en ligne pour arrêter de fumer


Le Mois Sans Tabac 2020 se déroule dans l’ambiance étrange d’un confinement, en raison de l’épidémie de Covid. Cependant en France, les boutiques de vape, considérées comme commerces essentiels, ont le droit d’ouvrir, ainsi que les pharmacies où l’on peut trouver des substituts nicotiniques. Lors du premier confinement au printemps, il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de fumeurs en France, même si un quart d’entre eux a augmenté sa consommation de cigarettes en raison du stress. 

Une situation totalement différente de la Belgique qui en interdisant l’ouverture des vapeshops en plus de la vente par internet a précipité des milliers de vapoteurs belges vers la rechute dans le tabagisme. Au printemps, le nombre de fumeurs y a explosé de près de 10 %, selon l’institut Sciensano. Soit 200 000 futurs décès prématurés qui étaient facilement évitables.

Boutiques de vape ouvertes en France

Au contraire, en France il est donc possible de trouver des outils d’aide et les premiers conseils pour arrêter de fumer, comme Jean-Pierre Couteron, addictologue, l'explique à LCI. Au delà du premier geste initial, il est également possible de recevoir le soutien de milliers de pairs aidant via internet tout au long du parcours de défume. Conseils techniques, éclairages sur les effets physiques de l’arrêt de la cigarette, soutien moral se trouvent en ligne. Et cela se révèle particulièrement efficace pour soutenir la démarche d’arrêt.

Vape et entraide : une formule gagnante

Lors de la création en 2017 du groupe Facebook les Vapoteurs #MoisSansTabac, devenu depuis INFO-VAPE, une enquête menée par l’association Sovape a vérifié le taux d’arrêts tabagiques réussis consolidés dans le temps. Près de 38 % des inscrits initiaux ne fumaient plus cinq mois après la fin du Mois Sans Tabac. En comparaison, de 3 à 4 % des fumeurs qui se lancent sans aide ni soutien réussissent à arrêter sur une durée équivalente. 


Ces résultats montrent la puissance de l’aide en ligne par des pairs, accompagnés de professionnels de santé, et spécialisée sur le vapotage. 

Une initiative Suisse en 2016 d’un groupe Facebook tenu par des professionnels de santé, dans le contexte de prohibition des liquides de vapotage nicotinés en Suisse de l’époque, avait abouti à un taux de 13,5 % d’arrêts réussis à cinq mois. L’initiative était pourtant dotée d’un budget sans commune mesure avec l’approche bénévole d’un groupe comme INFO-VAPE.

Différents groupes Facebook et les forums

Au moins deux autres groupes français proposent l’aide à l’arrêt tabagique, en y incorporant la possibilité d’opter pour le vapotage. Le célèbre Je ne fume plus ! et Entraide Tabac : Arrêter de fumer ensemble, mené par Nicolas Govin. 

Santé Publique France créée chaque année des groupes Facebook Mois Sans Tabac par région. D’après l’expérience des années précédentes, la qualité des conseils, l’esprit de bienveillance nécessaire à soutenir l’arrêt, le soutien au libre choix du moyen d’arrêt et le sérieux du suivi peuvent être très variables d’un groupe à l’autre. Rien n’oblige à s’inscrire au groupe de sa région, n’hésitez donc pas à « migrer ».

Si vous préférez d’autres plateformes que Facebook, les forums dédiés au vapotage ont pour la plupart des sections consacrées à l’entraide pour débuter. Les deux principaux forums francophones sont :

Forum-Ecigarette (avec près de 100 000 membres)

Forum Ecigarette-public

Groupe Facebook INFO-VAPE : entraide pour arrêter de fumer à l’aide de la vape 

Groupe Facebook Je ne fume plus! : entraide pour arrêter de fumer tous moyens 

Groupe Facebook Arrêter de fumer ensembles : entraide tous moyens 

Groupe Facebook Mois Sans Tabac


vendredi 30 octobre 2020

Un pas de plus vers une taxe anti-vape en Suisse


Le Conseil national a adopté vendredi une motion proposée par le Conseil des États pour taxer le vapotage. La décision a été prise par 126 voix pour, 42 voix contre et 5 abstentions. Seule une partie du groupe UDC s’y est opposée. Cependant, le Conseil national a ajouté au texte de la motion que la loi Tabac (LPTab) doit être entrée en vigueur pour introduire la taxe anti-vape. L’entrée en vigueur de la LPTab ne devrait pas intervenir avant 2023, selon le rythme qu’adopteront les parlementaires. La modification du texte de la motion fait que le Conseil des États devra le réexaminer. En l’état, le texte ne précise pas le taux d’imposition qui sera appliqué contre le vapotage.

La taxe Japan Tobacco

La motion initiale avait été lancée il y a un an par la Commission Santé du Conseil des États (CSS-E) alors présidée par Joachim Eder. Ce sénateur avait quelques mois auparavant vanté le sens de la responsabilité du cigarettier Japan Tobacco pour son soutien à l’interdiction de vente aux mineurs des produits de vapotage, mais pas des cigarettes.

Punir les ex-fumeurs

Depuis la motion Zanetti en 2011, la loi suisse interdit la taxation du vapotage en raison de l’aide qu’il apporte pour éviter de fumer. La très médiocre étude zurichoise sur les jeunes, que j’ai débunkée il y a deux semaines, a servi de prétexte aux élus pour justifier de voter la future punition taxative contre les personnes qui évitent de fumer à l’aide du vapotage. 

La clause ajoutée par le Conseil national sur l’entrée en vigueur de la loi Tabac pour activer la taxe anti-vape montre cependant que la chambre parlementaire n’est pas dupe. En échange de cette taxe qui protègera de facto les ventes de cigarettes, le Conseil national semble attendre que les cigarettiers ne fassent pas abusivement obstruction à l’avancement de la loi Tabac (LPTab).

mardi 27 octobre 2020

Les taux de toxiques mesurés dans les urines de vapoteurs sont plus proches de non-fumeurs que de fumeurs

Quels niveaux de toxiques mesure-t-on dans les urines de vapoteurs, de fumeurs et de non-fumeurs ? Neuf chercheurs internationaux ont analysé le pipi de différents types de consommateurs américains, britanniques et polonais en 2014. Globalement, les niveaux de composés organiques volatils (COV) des vapoteurs exclusifs sont beaucoup plus proches de ceux des non-fumeurs que des fumeurs.

L’étude, publiée ce 14 octobre en open-access dans la revue Toxics, s’est déroulée en 2014 aux États-Unis (US), au Royaume-Uni (UK) et en Pologne (PL). Elle a comparé l’exposition à la nicotine et à des toxiques, des composés organiques volatils (COV), en mesurant les taux de métabolites dans les urines de fumeurs exclusifs de cigarettes (n = 127), de vapoteurs exclusifs (n = 124), de doubles usagers de cigarettes et vapotage (n = 95) et de non-utilisateurs (ni cigarette ni vape) comme groupe de contrôle (n = 110). 

« Les niveaux urinaires de la plupart des biomarqueurs de toxiques mesurés dans cette étude ne présentent pas de différence significative entre les vapoteurs exclusifs et les non-utilisateurs, à l’exception d’un petit nombre de composés organiques volatils (COV) et de nitrosamines (TSNA). Nos résultats montrent également que, tout en étant exposés à des niveaux élevés de nicotine, les vapoteurs exclusifs à long terme présentent des niveaux de biomarqueurs de toxiques nettement inférieurs à ceux des fumeurs et des doubles usagers », concluent les neuf chercheurs menés par la Dre Danielle Smith, du Centre sur le cancer de Roswell Park.

Écarts minimes entre vapoteurs et non-fumeurs sauf pour trois substances

Les différences entre les fumeurs, y compris les doubles-usagers, et les vapoteurs sont énormes sur la plupart des mesures, notamment les biomarqueurs pour l’acroléine, l’acrylamide, l’acrylonitrile, le butadiène, le crotonaldehyde, le dimethylformamide, le styrène, et le xylène; ainsi que les nitrosamines (TSNA). Tandis que les écarts entre vapoteurs et non-usagers sont minimes, à l’exception selon les auteurs de différences significatives concernant la nitrosamine NNAL et les biomarqueurs pour l’acrylonitrile (CYMA) et le N,N-diméthylformamide (AMCC).

Quelques différences entre vapoteurs polonais et britanniques

En comparant les vapoteurs des trois pays, les vapoteurs polonais présentent des niveaux d’acroléine relativement élevés par rapport aux non-fumeurs, mais également par rapport aux vapoteurs américains et britanniques. Les vapoteurs polonais ont également des niveaux de nicotine sensiblement plus élevés que les autres vapoteurs. 

Les chercheurs n’ont pas de réponse claire pour expliquer cette différence. Ils soulignent les différences  des types d’appareils les plus utilisés entre les trois pays, entre cigalikes à capsule pré-remplie et appareils rechargeables en liquide. Pour rappel, en 2014 l'inventif, mais encore rudimentaire, clearomiseur Stardust était un appareil rechargeable très populaire.

Avant la TPD, des liquides à plus de 20 mg/ml

On peut noter que l’étude s’étant déroulée avant l’entrée en vigueur de la directive européenne TPD, des liquides à plus de 20 mg/ml étaient disponibles en Europe. La segmentation des données a créé une catégorie des utilisateurs de liquide entre 16 et 24 mg/ml, et une autre au-dessus. On ne connaît pas le détail de ceux entre 16 et 20 mg/ml et ceux au-dessus. Chez les vapoteurs exclusifs, près de 55 % des Britanniques et 47 % des Polonais utilisaient un liquide au-dessus de 16 mg/ml dans cette étude de 2014. On ne peut pas être sûr que le panel soit représentatif des vapoteurs de l’époque, le recrutement s’était effectué par petites annonces.

Les doubles-usagers ont des niveaux de toxiques proches de ceux des fumeurs

Concernant les doubles usagers, les résultats montrent des niveaux similaires aux fumeurs pour la plupart des marqueurs de toxiques. Cependant, les taux de nitrosamines et de l’acrylonitrile (CYMA) sont plus faibles chez les vapofumeurs que chez les fumeurs exclusifs. Les doubles usagers fumaient 10 cigarettes par jour en moyenne (dans une fourchette de 2 à 18 cigs/j), contre 15 pour les fumeurs exclusifs (dans une fourchette de 6 à 24 cigs/j).  

« Si l’on considère que les doubles utilisateurs de notre échantillon fumaient globalement moins de cigarettes que les fumeurs exclusifs, nous suggérons que [le niveau plus faible de nitrosamines et d’acrylonitrile] pourrait être en fonction du nombre de cigarettes fumées par jour (CPJ). Cette hypothèse semble être cohérente avec les différences observées dans les niveaux de biomarqueurs chez les doubles utilisateurs des différents pays : les doubles utilisateurs britanniques, qui fumaient plus que les doubles-usagers polonais, ont montré des niveaux statistiquement plus élevés de biomarqueurs d’exposition à plusieurs substances toxiques, dont les nitrosamines NNK, le NAB, le NAT, l’acroléine, l’acrylamide, le benzène, le 1,3-butadiène, le crotonaldéhyde, le cyanure, le styrène et le xylène. Il semblerait donc que certains cas de double usage puissent être associés à une exposition réduite à certaines substances toxiques liées au tabac, en fonction de la fréquence relative de l’utilisation des e-cigarettes par rapport au tabagisme, du nombre de cigarettes fumées et du type d’appareil de vape utilisé », avance l’étude publiée dans Toxics.

Confirmation de la réduction massive des risques

Une recherche publiée en 2017 dans Annals of Internal Medicine avait comparé une sélection similaire de toxiques entre fumeurs, vapoteurs et utilisateurs de substituts nicotiniques. Les vapoteurs exclusifs étaient ceux dont les urines recelaient le moins de toxiques. Plus tôt cette année, une étude de l’Institut Pasteur de Lille a analysé les niveaux de composés organiques volatils des aérosols de vape et de la fumée de cigarette, montrant des niveaux de réduction massifs pour le vapotage par rapport aux cigarettes. Cette nouvelle étude, bien que ses mesures remontent à 2014, confirme une réduction massive de l’exposition aux nitrosamines et aux composés organiques volatils pour les fumeurs qui passent complètement au vapotage. 

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dimanche 25 octobre 2020

Philippines: le Congrès s'interroge sur une possible corruption de l'administration par Bloomberg

Nouveau rebondissement dans le tumultueux périple politique du vapotage aux Philippines. Le 8 octobre, le Congrès a suspendu en pleine séance l’élaboration d’une réglementation sur le vapotage avec la Food and Drug Administration Philippines (FDA-Ph), après la révélation de financements cachés de l’agence par Bloomberg en vue de l’influencer sur le sujet.

Prévue d’être consacrée à l’élaboration de l'ordonnance de la prochaine réglementation du vapotage, la séance de travail du 8 octobre de la Commission du Congrès avec la Food and Drug Administration (FDA-Ph) a pris une tournure inattendue. D’entrée, la séance en visioconférence semble débuter bizarrement. Les représentants de la FDA-Ph ne dévoilent ni leur image ni leur nom. « Nous avons le droit de savoir à qui nous parlons de la FDA », proteste Victor Savellano, vice-président de la Chambre. 

Les représentants de la FDA-Ph nient, puis avouent

Cet étrange incognito des fonctionnaires était peut-être avisé. En effet, Estrellita Suansing, représentante de la région de Nueva Ecija, pose une question sur un sujet délicat. Est-il exact que la FDA-Ph a reçu des financements de la part de groupe privés étrangers ? « Dans un premier temps, les agents de la FDA, que le compte-rendu de séance n’a pas identifié, nient avoir reçu des fonds », relate l’Inquirer du 14 octobre.

Mais l’élue produit des documents provenant de Bloomberg et de l’Union, une des organisations sous la coupe de l’affairiste américain, évoquant des versements à l’agence philippine. « Confrontés à cela, les représentants de la FDA ont admis avoir reçu des fonds », poursuit l’Inquirer. Aucun détail n'est livré ni sur les montants ni sur les conditions de ces financements qui étaient jusque là restés secrets.

Suspension de séance et demande d’enquête

« N’est-ce pas un conflit d’intérêts parce que vous êtes financé par Bloomberg pour le Programme national de lutte contre le tabagisme ? N’est-ce pas un conflit d’intérêts que de pousser pour cette réglementation ? » demande Estrellita Suansing aux représentants anonymes de la FDA-Ph, selon le Manila Standard du 11 octobre. 

« Ce financement a pu influencer les orientations politiques du règlement. C’est important pour nous », ajoute-t-elle réclamant l’accès aux documents financiers et les accords entre Bloomberg et la FDA-Ph. Victor Savellano, le vice-président de la Chambre, suspend la séance et intime l’ordre à la FDA-Ph de ne plus agir sur ce dossier avant que les faits ne soient éclaircis. Il a annoncé lancer une résolution pour une enquête du Congrès sur le dossier.

Une simili-prohibition en guise de projet d’ordonnance administrative 

Cette séance du 8 octobre était censée concerner les lignes directrices du projet de « loi sur les systèmes de distribution de nicotine non combustible », dont le principe a été adopté par le Congrès en août dernier. Cependant, Clarisse Virgino, de la Coalition of Asia Pacific Tobacco Harm Reduction Advocates (CAPHRA), explique au Metro News Central que le texte de l’ordonnance administrative préparé par la FDA-Ph constituerait quasiment une interdiction de facto de la vape.

En réaction à la révélation de cette nouvelle affaire, la défenseuse Philippine des droits à la réduction des risques rappelle que solliciter ou accepter des cadeaux ou avantages sont interdits en vertu de la Loi et du Code de conduite et des normes éthiques pour les fonctionnaires Philippins. « Il est clair que les fonds reçus de groupes anti-vape nuiraient au traitement de la FDA des produits de réduction des méfaits du tabac tels que le vapotage et le tabac chauffé », précise Clarisse Virgino de la CAPHRA à l’Inquirer du 23 octobre

Possible plainte auprès de l’Ombudsman

« L’acceptation de la subvention par la FDA est un cas évident de conflit d’intérêts motivé uniquement par des considérations financières », appuie Anton Israel, président de l’Union des consommateurs de nicotine des Philippines (NCUP). « Si la FDA ignore les opinions des parties prenantes légitimes et directement touchées et procède à l’adoption d’une ordonnance administrative tirée de l’agenda de leurs patrons “antitabac”, nous serions contraints de signaler un cas de corruption auprès du Médiateur », précise Anton Israel.

Photomontage de bébé vapoteur exhibé par l’OMS 

Plus tôt, le processus Philippin avait déjà été émaillé d’une scène surréaliste lors de l’audition de Ranti Fayokun, haut cadre de l’OMS, qui avait présenté notamment un photomontage d’un bébé en train de vapoter comme une photo d’un véritable produit sur le marché devant une commission du Congrès le 10 décembre 2019. 


Le mois précédent, le président Rodrigo Duterte, avait décrété oralement l’interdiction du vapotage, menaçant de « tuer cette pute de vapoteur » dans les jours qui avaient suivi. Le despote semblait persuadé du caractère extrêmement toxique du vapotage. En l’absence de décret écrit, la police avait procédé à la saisie du matériel de vapoteurs, mais sans les incarcérer ni les amender. 

Affairiste financier, magnat de presse et politicien américain, le milliardaire Michael Bloomberg finance pour des centaines de millions $ des actions contre le droit à la réduction des risques à travers diverses organisations qu’il contrôle. Il est par ailleurs en affaires avec des nations du tabac telles que l’Inde et la Thaïlande.

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jeudi 22 octobre 2020

Ma contribution critique au brouillon du rapport sur la vape du Comité Scientifique de l'UE (SCHEER)


Le Comité scientifique de la Commission européenne (SCHEER) a publié la version préliminaire de son rapport sur le vapotage dans le contexte de l’Union Européenne et de sa directive TPD. Il est possible à « toutes parties concernées » de soumettre une contribution à ce brouillon sur le site de la Commission. Les règles de soumission sont assez peu incitatrices à participer, pourtant il serait important et précieux pour les autorités européennes d’avoir un avis de bien meilleure qualité scientifique que cette première version. Pour participer, la date limite est lundi 26 octobre à minuit. Ne faites pas de copier/coller de mon avis (mais vous pouvez vous inspirer des idées qui vous semblent pertinentes). 

Je partage ici seulement ma contribution sur le résumé court (abstract). J’ai également commenté d’autres parties du brouillon de rapport, sans être exhaustif. Les éléments du rapport étant assez répétitifs, je doute qu’il soit intéressant de lire l’ensemble, mais si vous voulez, demandez-moi par mail. 

Quelques autres commentaires : Alistair a écrit une opinion pertinente à la sortie du brouillon du SCHEER sur Vaping Post ;  Clive Bates a publié sur son blog une critique de fond, et son message au SCHEER ; et Christopher Snowdon a aussi commenté le sujet hier sur son blog.

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We welcome SCHEER’s efforts to assess the topic of vaping in the context created by the TPD in the EU, prior to possible discussions on its revision. However this draft report fails to provide an adequate assessment in the European context on several points:

1) It does not make a relative risk assessment between vaping and cigarettes when almost all vaping users in the EU are or have been smokers (McNeill, 2018 ; Farsalinos 2016);

2) A large part of the studies cited concern products from outside the EU market; or, do not distinguish between uses with or without nicotine (or otherwise); and come from regulatory context radically different from that created by the TPD;

3) Some important European studies are not reviewed;

4) Another gap in relation to its mandate, the SCHEER draft never addresses the impact of regulations and/or actions of authorities on the issues addressed (Hua-Hie Yong, 2017 ; Ward, 2020).

It would have been desirable the Scientific Committee analysed risks produced by the different national implementations:

  • evolution of smoking prevalence and evolution of the risks linked, between country tolerant to vaping, e.g. France, and country stigmatising vaping, e.g. Spain;
  • the effects of ban flavours and high taxes, e.g. Estonia, and the risks associated with the creation of a vast black market out of control.

On the abstract text itself, we note:

[p. 2 l. 14] The data presented in the report do not seem to allow asserting strong evidence of systemic cardiovascular effects (Benowitz, 2016 ; Shahab, 2017).

[p.2 l.16] & [p.2 l.37] Data for products marketed under the TPD regime, which is the subject of this report, cannot support a carcinogenic risk by nitrosamine accumulation. Nicotine used in the EU is a highly purified grade (TPD art. 20 §3.d, 2014). This point indicates a more general confusion in the heterogeneous data used by the SCHEER, who does not seem to have discriminated the relevant data for specific European situation created by TPD.

 [p. 2 l. 42 ss] The gateway hypothesis is not supported by the evidence presented in this report. The studies presented suffer from critical problems, including a lack of consideration of the risk co-factor of parental smoking and friends smoking, high attrition bias, etc. (Chan et al. 2020). The main meta-analysis presented has authors’ self-report bias. The scientific criteria for validating a causal hypothesis as the gateway theory are not met (Etter, 2017). More robust European studies, notably the OFDT study in France, show effects incompatible with this hypothesis (Chyderiotis, 2019). All this chapter and conclusion need to be completely revised.

[p. 2 l. 49 ss.] Many data were not included in the report. Cochrane review found 50 clinical studies and conclude to moderate-certainty evidence vaping with nicotine increase quit rate compared to NRT (Hartmann-Boyce, 2020). Preliminary results from other clinical studies (Eisenberg, ACC.20) are in the same direction. Santé Publique France has demonstrated that at least 700,000 people have quit smoking in a consolidated way thanks to vaping before 2017 (Pasquereau, 2017). Based on the Eurobarometer 429, an estimated 6 million EU citizens had quit with the help of vaping in 2014 (Farsalinos, 2016). The Smoking Toolkit Study showed that smoking cessation increased by ~70,000 net additional successful quitters thanks to vaping in 2017 in England (ASH, 2020). etc.

We recommend a thorough and rigorous revision of the draft report before its transmission to the Commission.

Les références de ce commentaire:

McNeill, A., Brose, L.S., Calder, R., Bauld, L. and Robson, D. (2018). Evidence review of e-cigarettes and heated tobacco products. Public Health England, London, UK https://www.gov.uk/government/news/phe-publishes-independent-expert-e-cigarettes-evidence-review

Farsalinos, K. E., et al. (2016). "Electronic cigarette use in the European Union: analysis of a representative sample of 27 460 Europeans from 28 countries." Addiction 111(11). https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/add.13506

Yong HH, Hitchman SC, Cummings KM, et al. Does the Regulatory Environment for E-Cigarettes Influence the Effectiveness of E-Cigarettes for Smoking Cessation?: Longitudinal Findings From the ITC Four Country Survey. Nicotine Tob Res. 2017;19(11):1268-1276. doi:10.1093/ntr/ntx056 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5896424/

Ward E, Anholt C, Gentry S, Dawkins L, Holland R, Notley C. A Qualitative Exploration of Consumers’ Perceived Impacts, Behavioural Reactions, and Future Reflections of the EU Tobacco Products Directive (2017) as Applied to Electronic Cigarettes. Tobacco Use Insights. January 2020. doi:10.1177/1179173X20925458 https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/1179173X20925458

Benowitz, N. L., & Burbank, A. D. (2016). Cardiovascular toxicity of nicotine: Implications for electronic cigarette use. Trends in cardiovascular medicine, 26(6), 515–523. https://doi.org/10.1016/j.tcm.2016.03.001

Shahab, L, Goniewicz, ML, Blount, BC, et alNicotine, carcinogen, and toxin exposure in long-term e-cigarette and nicotine replacement therapy users. Ann Intern Med. 2017;166:390-400https://doi.org/10.7326/M16-1107 

Gateway or common liability? A systematic review and meta‐analysis of studies of adolescent e‐cigarette use and future smoking initiation. Gary C. K. Chan  Daniel Stjepanović  Carmen Lim  Tianze Sun  Aathavan Shanmuga Anandan  Jason P. Connor  Coral Gartner  Wayne D. Hall  Janni Leung - First published: 04 September 2020 https://doi.org/10.1111/add.15246

Gateway effects and electronic cigarettes, JeanFrançois Etter, Addiction, vol. 113 issue 10, 2018 https://doi.org/10.1111/add.13924

Sandra Chyderiotis, Tarik Benmarhnia, François Beck, Stanislas Spilka, Stéphane Legleye, Does e-cigarette experimentation increase the transition to daily smoking among young ever-smokers in France?, Drug and Alcohol Dependence, Volume 208, 2020, https://doi.org/10.1016/j.drugalcdep.2020.107853.

Hartmann-Boyce J, McRobbie H, Lindson N, Bullen C, Begh R, Theodoulou A, Notley C, Rigotti NA, Turner T, Butler AR, Hajek P. Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database of Systematic Reviews 2020, Issue 10. Art. No.: CD010216. DOI: 10.1002/14651858.CD010216.pub4. https://www.cochrane.org/CD010216/TOBACCO_can-electronic-cigarettes-help-people-stop-smoking-and-do-they-have-any-unwanted-effects-when-used

E-cigarettes more effective than counseling alone for smoking cessation, AMERICAN COLLEGE OF CARDIOLOGY, march 2020, https://www.eurekalert.org/pub_releases/2020-03/acoc-eme033020.php

Pasquereau A, Quatremère G, Guignard R, Andler R, Verrier F, Pourchez J, Richard JB, NguyenThanh V. Baromètre de Santé publique France 2017. Usage de la cigarette électronique, tabagisme et opinions des 1875 ans. SaintMaurice : Santé publique France, 2019. https://www.researchgate.net/publication/337542002_USAGE_DE_LA_CIGARETTE_ELECTRONIQUE_TABAGISME_ET_OPINIONS_DES_18-75_ANS_Barometre_de_Sante_publique_France_2017

Action on Smoking and Health (ASH) Use of e-cigarettes (vapes) amoong adults in Great Britain, 2020 https://ash.org.uk/wp-content/uploads/2020/10/Use-of-e-cigarettes-vapes-among-adults-in-Great-Britain-2020.pdf 

Romain Dusautoir, Gianni Zarcone, Marie Verriele, Guillaume Garçon, Isabelle Fronval, Nicolas Beauval, Delphine Allorge, Véronique Riffault, Nadine Locoge, Jean-Marc Lo-Guidice, Sébastien Anthérieu : Comparison of the chemical composition of aerosols from heated tobacco products, electronic cigarettes and tobacco cigarettes and their toxic impacts on the human bronchial epithelial BEAS-2B cells, Journal of Hazardous Materials, Volume 401, 2021, https://doi.org/10.1016/j.jhazmat.2020.123417


mercredi 21 octobre 2020

Trois bonnes raisons pour un fumeur de participer à l'enquête de l'ETHRA sur les consommateurs de nicotine en Europe

L’European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA) lance une grande enquête ouverte jusqu’au 31 décembre. En ligne de mire, constituer un recueil de données sur les usages concrets de produits nicotinés avant les échéances réglementaires de l’Union Européenne l’an prochain. L’ETHRA regroupe 22 associations européennes, dont les Françaises AIDUCEJe Défume! et SOVAPE, de défense d’utilisateurs de produits nicotinés à risque réduit. Essentiellement des utilisateurs de vape et de snus. 

Les fumeurs sont aussi concernés

Indépendante des industries du tabac et de la pharma, l’ETHRA est animée de bénévoles dont la plupart, si ce n’est tous, sont d’anciens fumeurs. C’est probablement une sorte de paradoxe de la défense du droit à la réduction des risques. Elle concerne au moins autant des personnes pouvant potentiellement en bénéficier à l’avenir, que des utilisateurs actuels. À propos de ces potentiels futurs bénéficiaires, avec quelques variations selon les pays, on recense généralement trois groupes chez les fumeurs : un tiers déclare aimer fumer, un tiers déclare vouloir arrêter sans se fixer d’échéance et un tiers exprime la volonté d’arrêter à court terme.

Ces deux tiers qui voudraient arrêter la cigarette ont un intérêt potentiel tangible à ce que les produits à risque réduit restent disponibles dans les meilleurs conditions. Ils pourraient y avoir recours pour sortir de la cigarette. Leur avis sur ces questions mérite d’être exprimé. Notamment, sur les éventuelles lacunes dans les aides proposées à l’arrêt qu’aborde le questionnaire de l’ETHRA.

Même si l’orientation vers la réduction des risques des organisateurs de l’enquête se distingue du tabagisme assumé, les fumeurs qui ne veulent pas arrêter la cigarette peuvent aussi être concernés par la disponibilité de produits alternatifs en complément à l’avenir. Notamment le snus, actuellement interdit dans l’Union Européenne sauf en Suède, est une manière de consommer de la nicotine à risque réduit sans fumer. Ce qui permet de le faire dans les lieux interdits à la fumée sans engendrer de tabagisme passif. Les questions sur les taxes peuvent aussi concerner ce groupe.

Pourquoi est-il important de prendre quelques minutes pour y répondre? 

1) Défendre une vape accessible avant la révision des directives européennes

A quelques mois de la révision des directives européennes sur les produits du tabac (TPD) et sur leur taxation (TED), c’est le seul questionnaire prévu pour sonder le public concerné par les éventuels changements réglementaires sur les produits de nicotine. Ces révisions peuvent engendrer des durcissements ou des améliorations des directives. 

Les lobbys opposés aux moyens de réduction des risques sont déjà actifs pour défendre notamment des interdictions d’arômes de vapotage, qui pourraient se limiter au seul goût tabac (et peut-être menthol) ; l’intégration des liquides sans nicotine aux limitations de volumes des contenants à 10 ml ; et des surtaxes sur le vapotage à un taux plancher pour toute l’Union Européenne, dont certains espèrent égaler celles des cigarettes. 

En sens inverse, des améliorations pourraient être implémentées pour lever les limites des fioles et des atomiseurs (qui n’est pas en vigueur en France), améliorer l’accès à l’information, intégrer et soutenir l’approche de réduction des risques face au tabagisme en Europe. 

2) Pallier le déficit démocratique des autorités européennes

L’Union Européenne souffre d’un énorme déficit démocratique enfermée dans sa tour d’ivoire bruxelloise, où elle est assiégée de milliers de lobbyistes professionnels. Cette initiative des associations d’usagers se déroule sans financement, sans lien d’intérêt et vise à donner la parole aux principaux concernés sur les décisions qui vont se prendre. Elle pallie un oubli du public par les autorités européennes. Y répondre est aussi une manière de leur rappeler l’existence des populations. Personne ne le fera à notre place.

3) Le snus : un moyen de réduction des risques supplémentaire

Le snus est non seulement méconnu en Europe de l’Ouest, mais il est même interdit de vente de manière aberrante dans l’Union Européenne à l’exception de la Suède. Il est pourtant une réussite indiscutable de l’approche de réduction des risques face au tabagisme dans les pays scandinaves.

Exemple paradigmatique, la Suède compte environ 22 % de consommateurs de nicotine, mais seulement 5 % de fumeurs. 17 % consomment du snus. Les taux de maladies y compris les cancers liés au tabagisme sont de l’ordre de trois à quatre fois moindres que dans le reste de l’Europe. Le tableau comparatif des données 2017 dressé par le Pr Lars Ramström est édifiant. 
 
Le snus est un tabac oral, généralement en petit sachet que l’on coince contre la gencive. Au cours de sa préparation, il est pasteurisé, au contraire des autres tabacs qui sont fermentés. Cela évite le développement des substances cancérigènes nommées nitrosamines (TSNA).

La révision de la directive tabac est l’opportunité de réclamer la légalisation de ce produit. Aux États-Unis, le snus est le seul produit de tabac a avoir obtenu le droit de revendiquer l’ensemble des annonces de réduction des risques par la FDA. 
« L’utilisation de Snus Général à la place de cigarettes réduit le risque de cancer de la bouche, de maladies cardiaques, de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral, d’emphysème et de bronchite chronique », annonce autorisée sur les produits Snus General aux États-Unis depuis octobre 2019 par la FDA (US).

L’enquête de l’European Tobacco Harm Reduction Advocates

Indépendante des industries de la nicotine et de la pharmaceutique, l’ETHRA regroupe 22 associations Européennes de défense des utilisateurs de moyens de réduction des risques face au tabagisme. Le questionnaire est réservé aux adultes et traduit dans 14 langues. L’analyse des réponses permettra d’éclairer les enjeux des éventuelles révisions européennes et d’informer le public, les défenseurs de la réduction des risques et, bien sûr, les décideurs, notamment les parlementaires européens. L’enquête a été élaborée collectivement de manière bénévole par l’ETHRA avec le soutien de ses conseillers scientifiques. 

Le questionnaire prend environ 10 minutes à remplir. Plus d’explications en introduction de l’enquête, dont le lien direct s’ouvre dans un nouvel onglet, ou répondre sur le lien hébergé ici :

lundi 19 octobre 2020

La Commission Européenne annonce son agenda sur le projet de taxe anti-vape

Le 2 juin dernier, le Conseil Européen a ordonné à la Commission des taxes de préparer un projet de révision des taxes tabac (TED), pour inclure les nouveaux produits, dont le vapotage. La Commission des taxes vient de publier son agenda : son projet devrait être soumis à consultation publique durant le premier trimestre 2021. Elle prévoit d’adopter la révision d’ici fin 2021. La révision de la TED se déroule en parallèle du processus lié à la directive des produits du tabac (TPD).

La révision des accises du tabac a été demandée par le Conseil européen, qui regroupe les ministres des 27 pays membres de l’Union Européenne (UE), suite à un rapport de la Commission. Le Conseil « reconnaît que les dispositions actuelles de la directive 2011/64/UE sont devenues moins efficaces, car elles ne sont plus suffisantes ou trop étroites pour répondre aux besoins actuels et futurs des défis, concernant certains produits, tels que les liquides pour les e-cigarettes, le tabac chauffé et d’autres types de produits de nouvelle génération, qui arrivent sur le marché », expliquent les conclusions adoptées par le Conseil européen le 2 juin dernier.

Taxer ce qui se « substitue au tabac », « contenant ou non de la nicotine »

Le Conseil « réaffirme qu’il est donc urgent et nécessaire de moderniser le cadre réglementaire de l’UE afin de relever les défis actuels et futurs en ce qui concerne le fonctionnement du le marché intérieur en harmonisant les définitions et le traitement fiscal des nouveaux produits (tels que liquides pour cigarettes électroniques et produits du tabac chauffés), y compris les produits, contenant ou non de la nicotine, qui se substituent au tabac, afin d’éviter l’insécurité juridique et les disparités réglementaires dans l’UE, en tenant compte des bonnes pratiques pertinentes et l’expérience acquise par les États membres dans ce domaine et, le cas échéant, les objectifs de la directive 2011/64/UE, qui inclut également l’objectif que les différents types de produits de tabac, qui se distinguent par leurs caractéristiques et par la manière dont ils sont utilisés, devraient être définis », Conseil européen le 2 juin 2020, (notre emphase).

 À l’origine de la décision du Conseil européen, un rapport de la Commission préconisant cette révision. Pourtant, par deux fois en 2016 et 2018, près de 90 % des citoyens et organisations ayant participé aux consultations publiques de la Commission elle-même avaient clairement rejeté le principe d’une taxation du vapotage comme produit de tabac. Les autorités européennes n’en ont pas tenu compte. 

Les morts à cause des surtaxes anti-vape sont évitables

Des surtaxes sur le vapotage sont déjà en place dans plusieurs pays de l’UE. Par exemple, en Finlande chaque fiole de 10 ml est surtaxée de 3 € depuis 2017. Dans l’année suivante, 70 % des magasins de vape du pays ont fermé. Le taux de tabagisme est remonté à 19 % des Finlandais, au même niveau qu’en 2010, alors qu’il avait chuté auparavant. En Grèce, au Portugal, en Estonie entre autres, on doit faire le même constat d’un maintien artificiel du tabagisme à un niveau élevé avec une taxe anti-vape.

L’enquête lancée par l’European Tobacco Harm Reduction Advocates, qui regroupe 22 associations de défense des droits à la réduction des risques face au tabagisme, devrait apporter des éléments sur la question à travers l’ensemble des pays européens. On peut y participer jusqu’au 31 décembre, si on est adulte. Le questionnaire est traduit en 14 langues. 

EU Nicotine Users Survey - English - Deutsch - Français. Español - Italiano - Dutch - Português - Româna - Svenska - Suomi - Magyar - Ellenika - Srpski - Dansk



jeudi 15 octobre 2020

A Zurich, 0,06% des adolescents vapotent quotidiennement, la NZZ hurle à la catastrophe

Hier, la NZZ a titré « le boom de la nicotine dans les écoles à Zurich ». L’article repose sur une étude, publiée en juillet dans Pediatric Pulmonology, de qualité si médiocre que j’avais abandonné le projet d’en parler. Mais même de faible qualité, l’enquête LuftiBus in the school (LUIS), menée de 2013 à 2016 dans 37 écoles du canton de Zurich, ne livre pas du tout des données validant le message de la NZZ. Cependant, il faut farfouiller dans les données complémentaires de la publication pour en savoir un peu plus que l’attrape clic mis en avant par les auteurs et la NZZ.

L’enquête n’a pas discriminé vapotage avec ou sans nicotine

L’enquête a interrogé 3488 écoliers, dont 1905 de 6 et 12 ans et 1583 de 13 à 17 ans. Le questionnaire a notamment demandé aux adolescents s’ils ont au moins une fois dans leur vie « fumé une e-cigarette ou une e-chicha (avec ou sans nicotine) ». Outre le terme ambigu de « fumer » (geraucht), la question vise l’expérimentation et, surtout, le contenu de la parenthèse est important. Sa précision interdit de conclure que les réponses correspondent à une consommation de nicotine comme le titre la NZZ. 
Quiconque a contact avec des adolescents sait qu’une part importante expérimente le vapotage par curiosité, pour donner le change face à leurs amis, ou par inclinaison à tester l’interdit. L’extrême majorité le fait ponctuellement et sans nicotine. Amalgamer cette expérimentation du vapotage à une consommation dépendante de nicotine est au mieux une erreur stupide, ou un mensonge malveillant. C’est pourtant ce qu’a fait la NZZ, une vieille habitude chez eux.

Un seul jeune déclare vapoter au quotidien dans toute l’enquête

Malgré la publication très partielle des données, on peut trouver deux éléments plus éclairants dans l’étude, et ses données complémentaires (en particulier l’E-Table 3), pour déchiffrer ce qui se passe réellement. Le premier concerne l’usage fréquent. Parmi les 1583 adolescents de 13 à 17 ans sondés, il y a 10 jeunes qui vapotent au moins une fois par semaine, soit 0,69 % des 13 à 17 ans. Et parmi eux, un seul déclare vapoter quotidiennement, soit 0,06 % des 13 à 17 ans. (Précisons, il n’y en a aucun chez les moins de 13 ans) 

L’enquête a malheureusement un panel extrêmement réduit du groupe d’âge de 17 ans. Ce qui a obligé les chercheurs à regrouper les 93 adolescents de 16 et 17 ans pour avoir un chiffre statistique. Un nombre qui ne permet pas de conclusions solides. Il y a là un gros problème de conception de la recherche. 

Avec la prudence qui s’impose, les données sur les 16-17 ans montrent :
  • 25 % ont essayé la cigarette, 14 % fument occasionnellement et 15 % fument quotidiennement ;
  • 35 % ont essayé la vape, 8 % vapotent occasionnellement et 0 % vapotent au quotidien (Note : le seul vapoteur au quotidien de toute l’enquête était âgé de 15 ans).
Il est surprenant que les chercheurs et la NZZ sonnent l’alarme sur le vapotage, sans savoir s’il  contient ou non de la nicotine, et alors que son usage quotidien est quasi nul. Tandis qu’ils ne semblent pas très inquiets des 29 % de 16-17 ans qui fument. Qui fument de « vraies » cigarettes, avec le monoxyde carbone et les goudrons. Et dont 69 % des jeunes qui en essaient une deviennent consommateurs à long terme. Allô ?!

Le discours de la passerelle, mais des indices de détournement

Pourtant, l’essentiel du papier publié par les chercheurs et le message repris par la NZZ est consacré à la terrible menace du vapotage et en particulier d’un présumé effet passerelle vers le tabagisme adolescent. Le problème à la lecture du papier, c’est que la très longue et laborieuse litanie des auteurs sur ce soi-disant effet passerelle n’est pas illustrée par leurs propres données. 

En premier lieu, leur étude n’est pas un suivi longitudinal des élèves. Mais plus que cela, on peut voir que 41 % des 15-17 ans qui ont expérimenté le vapotage n’ont jamais essayé de fumer une cigarette. Cela représente 16 % de l’ensemble des 15 à 17 ans de l’enquête. Ce n’est pas conclusif, mais c’est un sacré indice pour prospecter sur un possible effet de détournement de la cigarette grâce au vapotage chez les adolescents. A l’opposé de l’idéologie préétablie à laquelle s’accrochent les auteurs et la NZZ.

Presque failli être intéressant

La recherche est médiocrement conçue et l’interprétation inepte. Point qui aurait pu être positif, les auteurs ont tenté d’évaluer le facteur du tabagisme parental (mais pas celui des amis). Un facteur de risque ignoré par les études américaines, référencées sans avoir été correctement lues par les auteurs zurichois, qui prétendent montrer l’effet passerelle du vapotage vers le tabagisme. 

On peut voir que le tabagisme fréquent du père ou de la mère augmente significativement la proportion de fumeurs ou vapoteurs occasionnels ou fréquents chez les adolescents zurichois. Mais les auteurs n’ont pas présenté les données de manière claire en distinguant les différentes catégories de consommation des adolescents, ce qui rend la donnée peu utile.

Par pitié, les jeunes : éduquez vos pédiatres !

Dans l’ensemble, le travail n’a pas pris conscience des différences de signification entre les usages. La vape occasionnelle notamment n’est pas comprise comme une possible manière d’éviter la cigarette. L’a priori de l’interprétation et de la présentation des données sont pris dans un cadre hermétique de 'tout est tabagisme', sans aucune intelligence des pratiques. La lecture du travail est assez déprimante sur l’incapacité de professionnels de santé à comprendre leurs patients adolescents.  

Une seconde partie du travail présenté analyse les ratios de risques de maladies respiratoires en fonction des données sur les consommations de cigarettes, vape et chicha. Mais comme cette première partie n’est pas maitrisée, la seconde est assez inintéressante à discuter. Elle amalgame de manière infondée les quelques vapoteurs aux statistiques concernant les fumeurs. 


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