jeudi 20 octobre 2016

[Expresso] En Italie, la ministre Lorenzin se cache derrière un soi-disant manque d'étude pour ne rien faire

Le Premier Ministre Matteo Renzi à droite, et le petit
au milieu, c'est André Calantzopoulos, PDG de Philip Morris
On sait que le tabagisme tue, donc attendons d'en savoir plus sur le vapotage. Relatée par Esig Magazine, la réponse de Beatrice Lorenzin, Ministre de la santé du gouvernement italien, à la question de la députée Adriana Galgano a de quoi laisser pantois. Retransmit en direct hier après-midi sur la télévision italienne RAI, les longues circonvolutions de la Ministre sur la nécessité de lutter contre le tabagisme, source de maladies et de mortalité prématurée, ont accouché de la nécessité, selon la Ministre de la santé, de ne rien faire en faveur du vapotage. Et implicitement, maintenir les restrictions l'entravant en Italie. Incompréhensible aux yeux d'Adriana Galgano. "Les fumeurs fument pour la nicotine, mais meurent de l'inhalation de goudrons, de particules et de gaz toxiques qui, au contraire, ne sont pas présents dans le vapotage. Nous apprécions les efforts déployés par la Ministre Lorenzin ces dernières années pour réduire le tabagisme, mais la politique doit être plus rapide à reconnaître les avantages de l'innovation technologique", rétorque la députée de Civici e Innovatori (civiques et innovateurs).

La Ministre Lorenzin s'est tout de même engagée à charger l'Institut supérieur de la santé d'approfondir la question. La promesse reste floue en regard des demandes pressantes du monde scientifique. A l'image des appels à soutenir le vapotage du Pr Veronesi, sommité mondiale sur le cancer, ou du Pr Riccardo Polosa, directeur scientifique de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF). "Il faut étudier scientifiquement et de toute urgence le rôle du vapotage comme alternative au tabac. Une réglementation raisonnable et proportionnée de la vape pourrait sauver des millions de vies et, par conséquent, pourrait réduire les énormes dépenses de prévention et des traitements des maladies liées au tabagisme pour les États. Selon le rapport fouillé du Public Health England, autorité sanitaire britannique, le vapotage est d'au moins 95% moins nocif que les cigarettes classiques", avait argumenté lundi dernier la députée Adriana Galgano dans sa question à la Ministre. La députée a confié au site italien Esig Magazine qu'elle n'abandonne pas la partie. Elle prévoit de lancer des amendements, notamment contre la taxation punitive anti-vape. Mise en place par le Premier ministre Matteo Renzi suite à ses discussions avec André Calantzopoulos, PDG de Philip Morris, ces taxes ont multiplié par 2,5 le prix des liquides nicotinés à vapoter.

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