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samedi 25 janvier 2020

[note] Jean-Jacques Bourdin est-il le symptôme de la soviétisation du journalisme ?

"L'OMS dit que... l'OMS dit que...", répète en boucle Jean-Jacques Bourdin, aux alentours de 6H50 du matin dans son émission du 24 janvier sur RMC. Face à lui, le Pr Daniel Thomas, de l'Alliance contre le tabac, joue à l'équilibriste pour ne pas valider les grossières inepties que le présentateur annone, sans violer le tabou de l'interdiction de toute critique contre l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Jean-Jacques Bourdin a t-il vérifié la validité scientifique de ce qu'il répète sans distance? Sait-il, qui réellement émet cette communication derrière le sigle OMS?

Il n'a fait aucune recherche, aucune vérification, aucun travail, avant de s'emparer et diffuser ce message. Il y a 50 ans, le présentateur de Radio Moscou annonçait "le Comité Central du Parti dit que...". Aujourd'hui Jean-Jacques Bourdin répète "l'OMS dit que...". Même logique de conformisme bêlant à des bureaucraties si opaques qu'elles sont le nid à toutes les dérives. Mais structurellement, l'une a échoué à se maintenir par la force, tandis que l'autre prospère en servant le pouvoir financier. 

Obéissance à la force hier, conformisme agnotologiste à présent

A l'antenne, les effets de manches masquent l'absence d'information réelle. Il faut lui concéder, Jean-Jacques Bourdin est vraiment bon pour ces effets. Mais ce n'est que le maquillage d'un corps vide. Ce n'est pas seulement par obéissance que Jean-Jacques Bourdin répète les âneries de l'OMS. Ce n'est même pas seulement par fainéantise qu'il fait ce journalisme de salon-fumoir nourrit de dépêches de l'AFP, enfumages à peine paraphrasés des communiqués de chargés de comm'.

C'est avant tout parce qu'il manque de ressources pour faire preuve d'intelligence et de distance critique. Les éléments scientifiques pour invalider les inepties de l'OMS existent. Mais il est nécessaire de prendre le temps d'aller chercher les informations, par exemple la réaction des experts britanniques sur le Science Media Centre, voire si on est très sérieux, de lire les rapports scientifiques sérieux d'instances indépendantes publiés et mis à jour. Accéder, lire et comprendre ces informations prend du temps.

L'opacité pour garder le secret

De même, les réels commanditaires de la communication anonyme de l'OMS peuvent être cernés. Mais cela demande d'enquêter sur une OMS qui interdit la présence de journalistes à sa Convention anti-tabac (CCLAT). Or Jean-Jacques Bourdin n'a simplement pas les moyens d'offrir une information fiable à ses auditeurs. Il est condamné à n'être qu'un bruit pour les distraire. Il n'est même pas sûr qu'il sache que l'OMS impose le huis-clos pour faire l'opacité totale sur les manigances des négociations entre archi-milliardaires, grandes nations du tabac et lobbyistes de l'industrie de la pharmaceutique lors des COP anti-tabac.

Pourtant le sujet est chaud. Les affaires de corruption de l'OMS émergent, bien que celle sur le sanglant scandale de l'Oxycontin soit passée sous silence dans les médias dominants. Plus précisément sur le sujet des violations des droits humains et de l'absurdité sanitaire de l'orientation prohibitionniste et répressive du vapotage de l'OMS, deux associations viennent, coup sur coup, de publier des documents. Ils sont d'une lecture complémentaire l'un à l'autre, bien que les deux associations ne se sont pas concertées entre elles.

S'emparer de l'information en direct

Jeudi, l'association britannique Knowledge Action Change (KAC) a édité la mise à jour 2020 de son rapport sur l'état global de la réduction des risques face au tabagisme en mettant l'accent sur la question des droits humains. De son côté, l'association Sovape a publié vendredi un document listant plusieurs problèmes de violations des principes de l'OMS, ainsi que des principes de la CCLAT et des mise en danger inquiétantes des droits humains par les agissements de l'OMS sur le sujet. J'ai participé à la rédaction de ce travail de Sovape. A vous de les lire, de les discuter et de les diffuser directement.

Selon les enquêtes de Reuters et du journal la Croix, la perte de confiance dans les médias en France atteint un record. Signe que le public perçoit de manière générale, et peut-être floue, le problème de fond. Sur ce sujet précis, les informations sur l'OMS et la réduction des risques ne passeront pas sur RMC. L'auditeur de Jean-Jacques Bourdin n'en saura rien. Il n'aura eu le droit qu'à être conforté dans son tabagisme en étant apeuré du vapotage. Et l'émission matinale de continuer d'imiter le perroquet soviétique du 21e siècle. "L'OMS dit que..."

mercredi 22 janvier 2020

Soutien au tabac, corruption ou crétinerie? L'OMS fait une compilation des pires fakenews sur la vape... mais au 1er degré!

Le pire du web réuni sur une page. C'est ce que propose depuis avant-hier l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à propos du vapotage. Soit le département de la communication de l'OMS cultive la parodie sordide, soit l'état de déréliction scientifique et morale de l'organisation onusienne a atteint un point de non retour. Cette nouvelle page de l'OMS fabrique du doute au mépris du principe fondamental d’Hippocrate: ne pas nuire. Le sujet  mis en question par l'OMS n'est pas l'estimation appropriée de la réduction des risques pour le fumeur qui passe au vapotage. Mais un affolant et insensé délire que le vapotage pourrait "être plus dangereux" que de fumer. "Cela dépend d'une série de facteurs", prétend l'OMS pour contourner toute explication rationnelle et scientifique. Pour paraphraser la réaction à chaud d'un chercheur: il y a plus de science sur un site anti-vaxx que dans cette communication de l'OMS.

Salir le vapotage pour condamner les fumeurs aux cigarettes et aux cancers

Et en effet, la page présentée sous forme d'un questions/réponses, sans aucun nom d'auteur référent, semble emprunter une stratégie de communication comparable aux sites anti-vaccin: amalgame fumeux, fausse information et éléments décontextualisés pour en biaiser le sens. Simplement de l'anti-science. Exemple révélateur de la stratégie de tromperie, la page sous-entend sans l'affirmer que la nicotine serait un risque particulier au vapotage. De quoi être rassuré en contraste sur les cigarettes.

Mentir...

Mais c'est presque un détail dans la déferlante de stupidités obscurantistes. On peut aussi lire, entre autres conneries, que le "liquide de vapotage peut brûler la peau". L'OMS affirme également qu'il n'y aurait "pas assez de preuve" que le vapotage permet d'arrêter de fumer. Pour arrêter de fumer, essayez plutôt le vapotage que "les preuves" inexistantes de l'OMS. Mais éventuellement vous pouvez lire les études scientifiques pour savoir que les preuves existent.

et encore mentir...

Bien que presque toutes les réponses présentées par l'OMS soient tournées spécifiquement contre le vapotage de nicotine, un paragraphe l'amalgame aux pneumopathies américaines, sans dire qu'elles sont liées aux liquides frelatés à la vitamine E du marché noir du THC. Tout en se référant au rapport du Center for Disease Control de décembre qui a clairement avoué ce point avec plusieurs mois de retard. C'est d'ailleurs le seul document référencé, mais en déformant gravement son contenu, par l'OMS. 

L'OMS préfère prohiber le moyen d'éviter 7 millions de morts par an

De mensonges en tromperies, l'OMS nous amène au point désiré par les promoteurs de la communication. Le vapotage doit-il être prohibé ? "Les pays peuvent choisir d'interdire le vapotage", puis, "lorsqu'il n'est pas interdit, il doit être réglementé". Le tabagisme tue, selon les estimations de l'OMS elle-même, près de 7 millions de personnes dans le monde chaque année. Et c'est donc pour interdire le moyen d'arrêter de fumer que l'organisation mobilise ses ressources et son énergie.

[Add 15h30] Les experts britanniques ont réagi à ce nouveau document de l'OMS sur le Science Media Center. "Ce texte de l'OMS est trompeur à plusieurs titres. Il prétend que le vapotage de nicotine est la cause de la vague de maladie pulmonaire aiguë aux États-Unis en 2019, alors qu'il s'agissait en fait du vapotage de produits au cannabis [frelatés]. Il indique qu'il n'y a aucune preuve solide que le vapotage soit un moyen efficace d'arrêter de fumer, alors qu'en fait, il existe des preuves d'essais cliniques du plus haut niveau démontrant que le vapotage est plus efficace que les thérapies de remplacement de la nicotine approuvées par l'OMS. Il répond à la question de savoir si les cigarettes électroniques sont plus dangereuses que les cigarettes de tabac en suggérant que nous ne savons pas, alors qu'en fait elles sont clairement moins nocives. De cette manière, l'OMS fausse les preuves scientifiques disponibles", déclare notamment le Pr John Britton, directeur du Centre d'études sur le tabac de l'Université de Nottingham. [/]

L'OMS, une institution éminemment pourrie

A qui profite cette communication criminelle ? Une annonce transparente des sponsors de l'OMS et de leurs intérêts financiers, ainsi que les conflits d'intérêts de ses membres et de ses employés, est urgente. En attendant, on ne peut que s'interroger sur l'opacité des intérêts de Michael Bloomberg, 6e fortune mondiale, candidat à la Maison blanche et parrain financier de l'OMS sur ce dossier. 

Pour ce qui est du financement par l'industrie pharmaceutique, on s'interroge moins. Les traitements des cancers sont voués à devenir l'eldorado de la pharma au 21e siècle. Quand aux intérêts tabagiques de l'Inde, du Brésil et de la Thaïlande, ils ne sont pas un grand mystère malgré le tabou dont ils jouissent. La violation du principe d'indépendance de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) de l'OMS des intérêts tabagiques (article 5.3) est aussi manifeste que passée sous silence.

A quelques mois de la COP9 anti-tabac de l'OMS aux Pays-Bas, dont le Secrétariat cache au public le lieu et les dates précises, cette nouvelle offensive contre la réduction des risques soulève la question des raisons du soutien financier des pays démocratiques à ces agissements, qui visiblement s'associent de facto à des intérêts sordides et délétères. Ceci intervient également après la scandaleuse conférence au nom de l'OMS de Ranti Fayokun devant le Congrès des Philippines en décembre, la confirmation de la corruption des experts de l'OMS sur l'opioïde de synthèse Oxycontin et les soupçons de détournements de fonds en profitant de la crise d'Ebola. Cette publication confirme en creux l'état de putréfaction avancée des cadres de l'organisation. L'OMS a ainsi franchi un nouveau pas: elle protège le tabac contre la menace salutaire du vapotage.


mardi 14 janvier 2020

Les ados français qui vapotent ont près de 40% de risques en moins de devenir fumeurs quotidiens

L'étude est extrait du suivi Escapad réalisé en 2017 par l'Observatoire Français sur les drogues et toxicomanies (OFDT) sur près de 39'000 adolescents de 17 ans. Le suivi recense 34,1% de 17 ans ayant fumé au moins une cigarette le mois précédent et 25,1% à fumer chaque jours. En regard, 16,8% ont vapoté au moins une fois dans le mois, mais seuls 1,9% vapotent quotidiennement. A l'origine de l'étude, l'interrogation inquiète sur le soi-disant "effet passerelle" du vapotage vers le tabagisme chez les jeunes. "À l'aide d'une approche de traitement pondéré de probabilité inverse (IPTW) et de données de cohortes rétrospectives, nous avons analysé si un usage quelconque d'e-cigarette a eu un impact sur la transition vers le tabagisme quotidien chez les Français de 17 ans ayant déjà fumé, en utilisant une grande enquête nationale représentative", explique le papier publié dans la revue Drug and Acohol Dependence

Le vapotage corrélé à un risque fortement réduit de devenir fumeur quotidien

Les résultats montrent que non seulement "aucune preuve d'un risque accru de transition vers le tabagisme quotidien", mais même que ce risque est significativement réduit. Parmi les plus de 23'000 qui ont déjà fumé au moins une cigarette dans leur vie, les adolescents qui ont utilisé le vapotage étaient moins susceptibles de 38% que ceux qui n'ont jamais vapoté de devenir fumeur quotidien à 17 ans (Risk Ratio=0,62 - IC à 95 %). Des résultats similaires concernent les jeunes qui ont essayé le vapotage avant toute cigarette (RR=0,76 IC à 95 %). Les chercheurs se sont concentrés sur la recherche d'un éventuel rôle passerelle du vapotage vers le tabagisme. Pour conclure à son absence en France.

Les chercheurs évoquent des pistes de différences entre la France et les Etats-Unis pour expliquer la différence de résultats entre leur étude et celles prises en compte par la méta-analyse de Soneji et coll. Une considération sur les biais méthodologiques des études américaines, qui corrigent leurs données par des facteurs sans prendre en compte le principal, à savoir le tabagisme des proches, aurait probablement permis d'économiser cette partie du texte. 

Concurrence, évitement, substitution

Parmi les plus de 7'000 jeunes fumeurs quotidiens qui ont essayé le vapotage, "40,2 % (n=2'870) l'ont essayé après la transition au tabagisme quotidien", tandis que "27,2 % (n=1'882) avant et 32,7 % (n=2'302) la même année", précisent les chercheurs, dont Stanislas Spilka de l'OFDT qui avait évoqué en primeur, mais sans rentrer dans les détails, cette étude lors de sa présentation au Sommet de la vape le 14 octobre à Paris. Des proportions qui laissent ouverte la possibilité de rôles distincts entre évitement avant ou en même temps que le passage à la cigarette, mais aussi des tentatives de substitution, comme il est connu et fréquent chez les fumeurs adultes.

Même si les chercheurs contournent le sujet, les résultats de cette étude financée par la Ligue contre le cancer française nourrissent l'hypothèse d'un effet de "concurrence", si ce n'est de rempart, du vapotage contre le tabagisme adolescent. L'hypothèse a déjà été évoquée par le Pr Bertrand Dautzenberg sur la base du suivi Paris Sans Tabac. Cet effet pourrait expliquer la chute sans précédent du tabagisme adolescent dans les pays où le vapotage s'est développé. Notamment aux Etats-Unis, comme l'a présenté, aussi au Sommet de la vape, le Pr David Levy de l'Université de Georgetown (Washington, USA). Ces résultats correspondent également aux constats britanniques, notamment ceux issus du suivi le plus important de jeunes au monde, qui montrent une baisse accélérée du tabagisme des jeunes sous l'impact du vapotage.

A Genève, le principe de précaution en faveur du tabagisme

Malgré ma tentative d'explication en Commission (voir p.11 à 20 + annexes 2 et 3 du mémorandum), à la fin de la semaine le Grand Conseil genevois va, selon toute probabilité, promulguer au nom de la protection des jeunes, l'interdiction du vapotage dans tout lieu public, y compris les magasins, et de la vente de tout produit de vapotage, y compris sans nicotine, aux mineurs. De quoi prolonger d'au moins quelques années le tabagisme, actuellement à un niveau similaire à la France avec un quart des adolescents qui fument, dans la population genevoise. Par "principe de précaution" et pour le plaisir des cigarettiers et de l'industrie pharmaceutique. Mais au nom de la protection des jeunes, évidemment...


mercredi 8 janvier 2020

Avertissement danger de la campagne Ditch Juul: Fort risque d'explosion des batteries en cas de plongée dans l'eau ou de chocs

Des influenceurs sur le réseau social TikTok, principalement utilisé par les adolescents et les jeunes, ont lancé une campagne pour inciter à noyer et casser des vaporettes, en particulier celles de la marque Juul. Selon le site de la revue People, ces influenceurs sont engagés pour créer cette "campagne virale" par l'organisation Truth Initiative.[édité, voir note de fin] Les clips vidéos montrent ces influenceurs noyant ou cassant des Juul. On peut noter que les montages vidéos, pour certains de manière assez grossière, laisse penser que les influenceurs ont évité de prendre eux-même réellement le risque de faire exploser leur Juul en la noyant ou la cassant ce qu'ils incitent pourtant leur jeune audience à faire. 

En effet, les vaporettes, la Juul y compris, fonctionnent avec une batterie au lithium, similaire à celles des téléphones portables. En cas de court-circuit provoqué par l'humidité, ou de chocs, la chimie interne de ces batteries peut engendrer des réactions instables. Cela peut aboutir à une surchauffe de la batterie dont jailli des éléments à très haute température, pouvant entraîner des brûlures graves pour les personnes à proximité. Nous recommandons vivement de ne pas suivre l'exemple abruti et irresponsable de cette campagne d'influencage qui risque fortement de provoquer des blessures. 

Rappelons par ailleurs qu'il faut toujours protéger les batteries non utilisées avec une étui ou une boite, pour éviter tout contact avec des pièces métallique pouvant entraîner un court-circuit.

Billet édité le 11-01-2020: Contrairement à ce que j'ai cru, Truth Initiative ne semble pas dans les bénéficiaires du nouveau plan anti-vape de 160 millions $ de Michael Bloomberg, qui finance la Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK), dirigée par Matt Myers, et la Fondation des Centers for Disease Control (CDC). Désolé.
https://www.bloomberg.org/press/releases/bloomberg-philanthropies-launches-new-160-million-program-end-youth-e-cigarette-epidemic/

jeudi 26 décembre 2019

Un plan pourri au Danemark pour interdire les arômes de vape sauf tabac et menthol

Le plan été voté à une nette majorité le 18 décembre au 'Borgen', le parlement danois. Il prévoit d'interdire la vente de tous les liquides aromatisés de vape, sauf ceux aux goûts tabac ou menthol. Une taxe anti-vapoteurs de 2 couronnes par mL, soit 2€70 par fiole, est aussi annoncée. Enfin, le packaging des produits de vapotage devraient aussi être soumis, en même temps que les cigarettes, à des emballages "neutres". Les produits devront aussi être cachés à la vue des clients dans les commerces au Danemark. Ces mesures font parties d'un plan général dit "anti-tabac" du Ministre de la Santé Magnus Heunicke. 

Entrée en vigueur en 2021 selon les médias locaux

Mais en l'état, il n'est encore qu'un plan, sans plusieurs des lois nécessaires à l'entrée en vigueur effective des mesures. Plusieurs points sont énoncés de manière très floue. Notamment, concernant le vapotage sur le traitement des liquides sans arômes, ou encore sur quoi serait indexée la taxe. De sorte que les mesures devraient être introduites au fur et à mesure que les lois sont promulguées, "pour la plupart à partir de 2021" estime le journal Politiken.

Les débats parlementaires sur les textes de loi vont offrir une dernière chance aux vapoteurs d'informer leurs élus dans les prochains mois. Une campagne médiatique féroce ces derniers mois a poussé la majorité rose-verte et des conservateurs à intégrer les mesures anti-vape à ce plan. Malgré une brochure d'information destinée aux élus diffusée cette année par l'association des vapoteurs Dadafo.

Cependant, trois partis du centre-droit n'ont pas suivi le Ministre socialiste. Dont le Parti populaire danois qui a pourtant négocié jusqu'au dernier jour. "Nous sommes finalement sortis de l'accord. Nous avions renoncé à de nombreux points et acceptions de réglementer plus sévèrement les saveurs de vapotage. Mais nous ne pouvons pas accepter une interdiction totale des arômes", explique Liselott Blixt, porte-parole du Parti populaire danois.

Le prétexte des jeunes

"L'interdiction de la vente de liquides de cigarette électronique avec tous les goûts autres que tabac et menthol doit empêcher les cigarettes électroniques de devenir un chemin vers la nicotine et les cigarettes ordinaires pour les jeunes", justifie le Ministre Magnus Heunicke. Bien que son projet ne présente aucune analyse d'impact et qu'il a aussi été élaboré sans consulter ni les usagers ni les entreprises de vapotage.

Mardi 17 décembre, alors que les partis négociaient à l'intérieur les détails du plan, le Ministre a accordé quelques minutes devant le Borgen, en plein air, à une petite délégation de la centaine de vapoteurs qui manifestaient pour la seconde journée d'affilée. La séquence filmée est en ligne:

Dans le froid, Kim Pedersen, président de l'association des vapoteurs Dadafo, a tenté d'avancer des arguments et de décrocher une entrevue pour mieux s'expliquer. Sans succès, ni considération. Le Ministre s'est contenté d'invoquer la protection des jeunes. Et de serrer les mains de ses victimes.

Il y a plus de 300'000 vapoteurs au Danemark, dont 75'000 vapoteurs ont totalement arrêté de fumer, selon les chiffres 2018 du bureau de santé danois. Ils risquent fort de devoir trouver à l'avenir des chemins de traverses pour avoir des liquides autres qu'aux goûts de tabac ou de menthol, ou se reporter vers les cigarettes. "Les vapoteurs ordinaires, ceux pas très impliqués dans la communauté, et ceux qui essaient simplement d'arrêter de fumer, vont être les plus durement touchés", déplore Mikkel Schmidt, vapoteur proche de Dadafo, au blog Vejpkollen.

300'000 vapoteurs poussés sous le bus

L'exemple de l'Estonie, où de 60% à 80% des liquides de vapotage proviennent du marché noir depuis l'introduction en 2018 de mesures similaires, taxe anti-vape et interdiction des liquides aromatisés, aurait pu servir d'avertissement au Danemark. Les autorités de la république balte envisagent à présent de revenir en arrière. Mais le Ministre de la santé danois a préféré suivre l'opinion des médias hostiles aux vapoteurs et jouer la carte de l'interdiction sans considération pour la réduction des risques.

"Le plus triste est que l'interdiction des arômes de vape va coûter des vies", explique Kim Pedersen au journal Informatíon. Le Président de Dadafo a arrêté de fumer depuis sept ans grâce au vapotage, qu'il avait essayé au départ juste dans un souci d'économies. "Cela a été une bouée de sauvetage". Au Danemark, près de 23% de la population fument et le prix du paquet de cigarettes va passer à 55 couronnes (~7€35) en 2020. Avec ce nouveau plan, les bouées de sauvetage risquent fort d'être hors de leur portée.

*Credit photo Patrick Stael. Ses photos du rassemblement sont partagées sur le groupe We vape We vote DK

dimanche 22 décembre 2019

LEAK - Le document intégral de l'OMS affirmant que des bébés vapotent présenté au Congrès Philippin

Le 10 décembre, la Commission de l'Economie du Congrès Philippin auditionnait des intervenants concernant un projet de loi de prohibition totale du vapotage. Parmi eux, Ranti Fayokun, cadre de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), intervient avec une présentation de près d'une heure avec 57 diapositives, que nous rendons accessible à la fin de cet article. L'audition publique a été filmée avec un smartphone. Cependant la qualité des images ne permet pas de distinguer nettement les éléments que Ranti Fayokun présente à partir de la 22ème minute de la vidéo.

Ranti Fayokun intervient à partir de la 22e minute - vidéo mise en ligne sur le Facebook de l'Association des professionnels de vape Philippins PECIA:

Le mythe de l’honnêteté de l'OMS

Nous estimons d'intérêt de donner accès à cette présentation en raison de l'enjeu de politique de santé publique, et des graves défaillances qu'elle illustre au sein de l'OMS sur ce sujet. A la lecture de ce document, il semble présomptueux de prétendre, comme l'a fait l'Alliance Contre le Tabac cette semaine, que "l’OMS est une institution éminemment respectable, qui mesure avec grand soin ses déclarations en s’assurant qu’elles sont fondées sur des preuves et un consensus scientifiques", concernant le dossier du vapotage. 

L'intervention de Ranti Fayokun prend place dans un contexte où le Président Rodrigo Duterte venait tout juste de  menacer publiquement "d'exécuter la salope de vapoteur" dans le Manila Standard le 23 novembre. Ceci après avoir ordonné oralement, lors d'une conférence de presse le 14 novembre, l'interdiction de vapoter dans les lieux publics. Les jours suivants, plusieurs centaines de vapoteurs ont été arrêtés en l'absence de base légale formelle. On ne sait pas s'ils sont retenus incarcérés actuellement dans l'attente d'un hypothétique jugement.

La cadre de l'OMS présente de faux documents pour la prohibition du vapotage

Dans ce climat inquiétant, l'intervention de Ranti Fayokun est totalement orientée vers une prohibition totale du vapotage, comme le montre sa diapositive 50 en conclusion. "L'interdiction est une forme de régulation", mis en relief. Cette recommandation a le goût du sang aux Philippines. Depuis 2016, près de 30'000 personnes, selon les estimations, ont été exécutées sommairement par les forces de l'ordre et des milices sur l'ordre de Rodrigo Duterte de tuer les "toxicomanes".

Pour justifier sa recommandation de prohibition, Ranti Fayokun affirme que des produits de vapotage sont destinés à des enfants en présentant de faux documents pour appuyer sa thèse. Notamment un montage d'Adam Padilla, diffusé sur les réseaux sociaux en août 2017, montrant un bébé en train de vapoter. Ranti Fayokun l'a présenté comme un produit véridique.

Sur la même diapositive 33,  elle présente aussi comme une image provenant réellement d'un dessin animé, une image trafiquée de Dora l'exploratrice où l'héroïne du dessin animé pour très jeune enfant vapote. Nous n'avons pas déterminé avec certitude l'origine du montage, bien qu'il a été diffusé par un groupe anti-vapoteurs américain.

Théorie d'un effet passerelle vers le cannabis et le tabagisme

Dans la même veine de criminalisation des vapoteurs, a fortiori dans le contexte Philippin, elle affirme que le vapotage est "cause d'usage de cannabis" avec les diapositives 28 et 29. Cet halo de "théorie" de la passerelle où le vapotage serait cause d'usage de drogue et/ou de tabagisme chez les jeunes est l'argument central de sa défense d'une prohibition. 

A l'opposé, Ranti Fayokun met en doute l'existence d'arrêts tabagiques à l'aide du vapotage. Elle estime (diapositive 25) que le sujet est controversé, entre preuves d'aides à l'arrêt tabagique et preuves d'effets négatifs sur les arrêts.

Fantasmes et fakenews

D'autres éléments troublant ou trompeurs parsèment sa présentation. Elle affirme, à la diapositive 26, que des pneumopathies similaires à la crise américaine de l'été passé seraient causées par le vapotage depuis 2012. Pourtant, même le Centre of Disease Control a formellement lié cette crise soudaine à l'été 2019 de pneumopathies aiguës aux produits frelatés à la vitamine E du marché noir du THC américain.

A la diapositive 14, on trouve la fakenews de la présence d'antigel dans les liquides de vapotage. Et une liste de métaux sans évaluation des niveaux, qui a pourtant été effectuée. Ce qui rend la mention non pas fausse en soi, mais vide d'intérêt. On appelle ça, du bullshitage. La diapositive 35 qui mentionne des "explosions" de vaporettes et des cas "d'injection d'e-liquides" participe à créer ce spectre d'un danger majeur du vapotage. Aucune évaluation de la réduction des risques pour un fumeur passant au vapotage n'est présenté rigoureusement par la déléguée de l'OMS.

Incompétence

Accessoirement, on peut voir à la diapositive 13 qu'elle n'a pas compris où se situent les fibres amenant le liquide à la résistance. Sa diapositive 16 évoque la capacité de vaporisation selon la puissance (watt), mais sans mettre ceci en relation avec la résistance (Ohm). Elle n'a visiblement pas connaissance de l'usage réel du vapotage, et de l'effet de "dry hit" bien connu des vapoteurs. Il est pourtant documenté au niveau scientifique. Pour avoir une idée plus claire que celle présentée par Ranti Fayokun du fonctionnement du vapotage, on peut se reporter en français aux explications précises de l'Aiduce dans la Revue de pneumologie clinique en 2018.

L'essentiel (tous?) des éléments présentés par Ranti Fayokun ne tiennent pas un examen scientifique sérieux. On peut se reporter au rapport scientifique du Public Health England pour avoir des éléments rigoureux sur la plupart des points abordés, bien que celui-ci n'a pas traité de la question des images photoshopées de bébé vapotant ou de dessin animé circulant sur internet. 





jeudi 19 décembre 2019

Prohibition en Inde: les arrestations commencent tandis que l'association des vapoteurs récolte des fonds pour un recours

La prohibition du vapotage en Inde, imposée par ordonnance du gouvernement mi-septembre, a été confirmée au parlement au début du mois de décembre. Le 18 septembre, Nirmala Sitharaman, la Ministre des finances, avait justifié l'interdiction pour empêcher une épidémie de vapotage chez les jeunes et un effet passerelle vers le tabagisme, sur la base d'un rapport du 31 mai du Conseil indien de recherche médicale (ICMR). Ce rapport se réfère lui-même à des "informations" de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). "Globalement, ces produits ont un impact négatif net sur la santé publique", affirme ce rapport de l'ICMR, doté d'une bibliographie très pauvre. Le gouvernement et sa majorité se sont cramponnés à ces conclusions pour obtenir la prohibition.

Les deux chambres, le 28 novembre et le 2 décembre, ont voté la loi au terme de débats, qui m'ont paru ahurissants. Le texte final interdit la production, l'importation, la distribution et la publicité, avec des peines pouvant aller jusqu'à un an de prison et 100'000₹ (~1'300€) d'amende. Le transport et le stockage de produit de vapotage sont également prohibés. Bien que l'usage lui-même n'est pas interdit formellement, l'arrestation d'un vapoteur russe à Goa le 10 décembre illustre déjà la logique répressive.

Dernière chance de faire respecter leurs droits, l'Association des Vapoteurs en Inde (AVI) tente de récolter des fonds pour faire recours à la Cour Suprême. "L'Inde interdit le vapotage tout en autorisant la vente des cigarettes mortelles. La loi ne contient aucune clause pour protéger l'usage personnel", regrette Samrat Chowdhery, de l'AVI.

La méconnaissance comme argument de prohibition

Pourtant, une protection des usagers aurait pu être implémentée si certains des 60 amendements proposés au projet de loi étaient passés. Mais Harsh Vardan, le Ministre de la santé, a fait un blocus total avec sa majorité au parlement. "La plupart d'entre nous n'avons même jamais vu une e-cigarette, nous n'avons pas encore un concept de ce que cela peut être", a justifié Harsh Vardan devant la chambre basse le 27 novembre. Une méconnaissance qui l'a encouragé a exiger avec succès la prohibition.

Durant les débats, les députés des états du sud, producteurs de tabac, ont plaidé l'interdiction du vapotage en raison de la dépendance et de méfaits présumés de la nicotine. Tout en s'offusquant à l'idée d'interdire le tabac. "L'absence d'interdiction du tabac ne peut pas justifier de ne pas interdire d'introduire une nouvelle dépendance", a argumenté le Ministre de la santé. 

Aux contre-arguments de l'opposition, notamment une intervention remarquable du Pr Rajeev Gowda, soutenant la réduction des risques pour les fumeurs passant au vapotage, la majorité a brandi la carte nationaliste hindou pour rejeter la "science occidentale". Ils ont ainsi exclu les conclusions scientifiques du Collège Royal des médecins britannique et du Public Health England. "Aucune preuve de la moindre nocivité de vapoter par rapport à fumer n'a été établie", a asséné le Ministre de la santé dans son allocution finale avant le vote de la chambre Rajya Sabha [à 2mn35].

L'OMS pour justifier de protéger le tabac indien

Cette sentence obscurantiste de l'absence de preuve que le produit sans tabac, sans combustion, sans monoxyde de carbone et sans goudron notamment, serait moins nocif que la cigarette se réfère au rapport Bloomberg, présenté à l'OMS cet été. "Les études sur les risques sanitaires associés au vapotage (ENDS) sont non concluantes", prétend ce rapport feignant qui n'a pas pris la peine de lire sérieusement les études disponibles.

Mais il a permis de donner une couche de vernis supplémentaire de justification à l'exclusion des connaissances de science par les partisans indiens de la prohibition. Ceux-ci ont d'ailleurs rappelé la recommandation de l'OMS "d'interdire ou réglementer" le vapotage, en insistant sur le premier terme. Preeti Sudan, présidente de la 8e Conférence (CoP 8) anti-tabac de l'OMS à Genève en octobre 2018, n'est pas étrangère à la manière dont cette recommandation a été rédigée. L'économiste de formation est aussi secrétaire déléguée du Ministère indien de la santé.

"Pourquoi débattre de savoir si le vapotage est nocif ou non? C'est une dépendance", a-t-elle tranché, au nom du Ministère de la santé, face aux médias à la mi-septembre. Depuis la CoP7 anti-tabac de l'OMS à Delhi en 2016, l'Inde instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production de tabac et ses propres marques face à la concurrence des cigarettes occidentales et au vapotage.

India Tobacco Company

Notamment, le principal cigarettier du pays ITC Ltd (ex-India Tobacco Company) dont le gouvernement fédéral détient 28,5% du capital. Le cigarettier qui règne sur le marché indien va bénéficier de l'interdiction du meilleur moyen d'arrêter de fumer. ITC Ltd a vu son bénéfice bondir de 36,16% pour le trimestre de juillet à septembre, avec un chiffre d'affaires des activités cigarettières en hausse de 5,9%.

Approximatives, les estimations chiffrent à plus de 120 millions d'Indiens consommateurs de tabac, sous forme de cigarettes, de bidies fumées, ou de tabac oraux tels que le paan et le gutkha, souvent mélangés à de la noix d'arec ou de bétel favorisant les cancers des voies orales. Près d'un million d'Indiens meurent des maladies liées au tabagisme chaque année, selon les évaluations.

Une régression de santé publique

Du côté des médecins, plusieurs voix dissidentes se sont élevées pour dénoncer la prohibition absurde du moyen de réduction des risques sans tabac ni combustion face au tabagisme. "L'interdiction va donner lieu à un marché noir et le gouvernement n'aura aucun contrôle sur celui-ci. Il aurait été dans l'intérêt public supérieur que le gouvernement réglemente le vapotage et autorise davantage de recherches sur les outils de réduction des risques", explique le Dr Bharat Gopal, pneumologue et directeur du National Chest Center de Delhi, à l'Agence de presse indienne ANI

"Avec l'interdiction, les vapoteurs vont être poussés à recommencer de fumer. Il s'agit d'une mesure régressive prise par le gouvernement", se désole la Dre Sree Sucharitha, chercheuse au Tagore Medical College. "La prohibition du vapotage est une défaite pour la science", précise-t-elle. Pour le Dr Aparajeet Kar, pneumologue au BLK Super Specialty Hospital de New Delhi, c'est également un coup porté à la démocratie sanitaire, par l'absence de débat et la violation du droit à l'accès aux moyens de réduction des risques. 

Cagnotte pour faire recours à la Cour Suprême

Du côté des usagers, Jagannath Sarangapani, de l’Association of Vapers India (AVI), regrette aussi que le gouvernement indien ait décidé d'ignorer les droits des usagers, l'état des connaissances scientifiques et l'intérêt de la santé publique. L'association de défense des vapoteurs a lancé une cagnotte pour porter un recours devant la Cour Suprême, ce qui requiert des "fonds importants". "Les tribunaux ont jusqu'à présent rendu des jugements favorables, à Delhi, Mumbai et Kolkata, pour alléger les mesures contre le vapotage", se montre optimiste l'AVI, qui avait fait annuler une décision de prohibition par la Cour de Delhi. 

Arrestation de vapoteur à Goa

Dans l'attente d'un éventuel recours en justice, des arrestations ont commencé, notamment dans les Etats tabagiques du Sud. Non seulement de vendeurs de rue, mais aussi au moins un utilisateur. Un touriste russe de 45 ans a été arrêté à Anjuna dans l'Etat de Goa, selon la presse locale. "Un commando de la police d'Anjuna a mené un raid dans un appartement de la résidence Blue Lagoon. La police a arrêté l'accusé avec 4 vaporettes et 46 fioles de liquides de vapotage", rapporte l'Herald de Goa le 10 décembre.

Libéré depuis sous caution, le touriste russe est poursuivi des chefs d'inculpation des sections 5 et 8 de la loi de prohibition du vapotage. C'est à dire pour le stockage de produit de vape, punissable de 6 mois d'emprisonnement et 50'000₹ (~650€) d'amende. Pourtant, le Ministre de la santé avait promis, devant le parlement, que la loi ne s'attaquerait pas aux utilisateurs. "Nous ne voulons pas criminaliser les vapoteurs", avait prétendu alors le Ministre Harsh Vardan.


mercredi 18 décembre 2019

Depuis 2015, il y a eut deux intoxications sévères par ingestion de liquide nicotiné en Allemagne selon l'autorité de surveillance

L'Institut fédéral d'évaluation des risques (BfR) allemand vient de communiquer un résumé des données de surveillance concernant le vapotage. Aucun cas similaire aux pneumopathies liées aux liquides frelatés à la vitamine E du marché noir américain n'a été détecté en Allemagne. Mais l'enquête Pilot Project Monitoring Poisoning (PiMont) a recensé 851 cas d'intoxications depuis 2015. Dont deux empoisonnements ont été classés sévères, avec perte de conscience, et sept de gravité modérée avec des vomissements.

De manière générale, 82% des alertes, pour la plupart de simple appels sur la ligne anti-poison, concernent des ingestions accidentelles de liquides nicotinés. En Allemagne, une enquête en 2017 évaluait à plus de 3,7 millions le nombre de vapoteurs. Le communiqué du BfR souligne que les ingestions accidentelles concernent "souvent des enfants", sans donner plus de précision.

Des nausées

L'évolution depuis l'entrée en vigueur de la limitation à 10 mL des fioles de liquide nicotiné imposée par la législation européenne (TPD) n'est pas détaillée. Ce petit format est plus facilement préhensile par les enfants en bas-âge que des contenants plus volumineux et lourds. L'Institut fédéral insiste que les liquides "doivent toujours être stockés dans des conteneurs adaptés et étiquetés avec une fermeture de sécurité pour les enfants".
Rappel: en cas d'ingestion de liquide nicotiné, ne pas retenir le réflexe vomitif, rincer la bouche et éventuellement donner à boire quelques gorgées d'eau. La demi-vie de la nicotine dans l'organisme est d'environ huit heures. En cas d'ingestion d'une dose de nicotine importante, une observation en milieu hospitalier peut être nécessaire. 
En dehors des ingestions accidentelles, 8% des cas recensés en Allemagne concernent des appels suite à l'inhalation. "Une évaluation détaillée de 11 de ces cas montre que la raison de l'appel d'urgence était principalement des symptômes bénins", précise le Spiegel qui a questionné le BfR sur ce point. Les appels concernaient notamment des états nauséeux, effet bien connu d'un léger excès de nicotine et courant lors de sevrages tabagiques avec des substituts nicotiniques.

Le BfR déconseille le do-it-yourself, sans raison selon ExRaucher

Bien que rien n'indique dans les données communiquées un risque particulier sur ces produits, le Dr. Andreas Hensel, directeur du BfR, insiste de nouveau contre le do-it-yourself: "Surtout, nous vous déconseillons fortement de mélanger vous-même les liquides".

L'association ExRaucher (ex-fumeur) s'était déjà agacée fin novembre de ce message plus politique que sanitaire du BfR. En filigrane, on peut soupçonner l'Institut fédéral d'instrumentaliser la communication pour préparer le terrain à une interdiction des liquides à mélanger soi-même souhaitée par les cigarettiers et les anti-vape.

Fin octobre, ExRaucher a voulu vérifier, auprès des centres antipoison en Allemagne, Autriche et Suisse, les informations sur les cas relatifs aux liquides faits soi-même, et éventuellement les problèmes liés à leur stockage ou les substances en cause. "Nous avons reçu quatre (brèves) réponses à nos dix demandes de renseignements. Aucun problème significatif n'a été confirmé", explique l'association qui rassemble quelques vapoteurs d'Allemagne, de Suisse et de Hongrie.

ExRaucher a insisté le 4 novembre pour avoir des précisions du BfR lui-même: "Nous n'avons pas obtenu de réponse". Cependant dans son communiqué du 6 décembre, le BfR promet qu'une étude détaillée sera publiée "sous peu".


mardi 17 décembre 2019

Chiffres contre narratif: comment le faussaire Stanton Glantz enfume des médias sur la vape et les risques respiratoires

Le risque de maladies respiratoires est similaire pour les vapoteurs que pour les autres ex-fumeurs. Un risque supérieur d'environ 30% par rapport aux personnes qui n'ont jamais fumé, mais de moitié inférieur à ceux qui continuent de fumer. Ce sont à peu près les seuls chiffres fiables, avec une valeur de probabilité (p-value) sérieuse, que l'on trouve dans l'étude de Stanton Glantz et Dharma Bhatta publiée hier dans l'American Journal of Preventive Medicine (AJPM)

Mais ce que les médias, notamment en français par l'AFP et C-News, ont mis en avant sont une suite d'autres résultats aberrants, avec des indices de probabilité indignes de confiance, en les prétendant issus d'un suivi de 32'000 personnes entre 2013 et 2016. C'est simplement faux. Glantz et Bhatta n'ont fait que calculer des ratio de risques à partir d'enquêtes annuelles transversales, sans aucun suivi individuel. Les médias ont brodé la nouvelle avec un sensationnalisme tapineur sur les pneumopathies liées aux produits frelatés à la vitamine E du marché noir du THC aux Etats-Unis.

Narratif mythomane

Cette narration médiatique "d'une grande étude de suivi" est de la pure mythomanie. Pour le répandre, les auteurs ont utilisé une tactique de communication consistant à diffuser un communiqué à des contacts de presse choisis avec un narratif imaginaire sur ce pseudo-suivi, ceci avant que l'étude ne soit publiée et accessible. Une série de médias ont ainsi imposé un discours sur ce travail sans que d'éventuels experts aient pu le lire pour l'analyser et le critiquer. C'est comme ça qu'ils ont installé ce discours dans les médias hier. A noter que publier un article à propos d'une étude sans avoir lue cette étude relève de la faute professionnelle grave pour un journaliste. 

Ce timing de publication a aussi permis aux auteurs de l'étude de passer sous silence une donnée gênante pour leur narration. Les données de l'enquête PATH prises en compte dans l'étude montrent que dans près de 69,44% des cas de maladies respiratoires chez des vapoteurs, la maladie a précédé leur passage au vapotage. Une donnée dont l'éditeur a probablement forcé l'intégration pour se couvrir, mais dont les auteurs n'ont pas tenu compte dans leur analyse (sic!).

Médicalement absurde

Un élément médical simple et connu infirme toute pertinence au récit médiatisé de la prétendue mesure d'une augmentation du risque de maladies respiratoires à cause du vapotage dans les trois années des enquêtes transversales prises en compte. "Trois des maladies étudiées par Glantz - la BPCO, la bronchite chronique et l'emphysème - mettent des décennies à devenir cliniquement apparentes et auraient été présentes, même non diagnostiquées, dans plusieurs des cas bien avant le début de son étude en 2014, et même avant que les e-cigarettes soient disponibles aux États-Unis depuis 2007 environ", réagit le Pr John Britton dans une lettre au Times.

Le Directeur du Centre britannique d'études sur le tabac et l'alcool à l'Université de Nottingham ajoute que les conclusions de l'étude de Glantz et Bhatta "sont également faussées par le fait que la plupart des vapoteurs ont été fumeurs. Or le tabagisme est une cause importante de maladies pulmonaires chroniques, les vapoteurs ont inévitablement un risque accru de maladies pulmonaires longtemps après avoir cessé de fumer". La méthode statistique de l'étude ne permet pas de dépasser ce point: "elle est simpliste : il n'a pas le détail de la durée de vie et de l'intensité du tabagisme requise. Pour ces seuls motifs, sa conclusion est spécieuse".

Méthodologiquement pourri

En somme, Glantz et Bhatta ont aggloméré des données d'études transversales pour prétendre avoir fait un suivi longitudinal qui n'a jamais eu lieu en réalité. Un signe de leur bricolage inconsistant est le fait que ce soi-disant suivi voit des malades disparaître entre les vagues 2 et 3. Or, on ne peut pas prétendre établir une relation de causalité à partir d'une simple corrélation. "Il n'y a absolument aucun moyen de conclure, ou même de spéculer, sur la base des résultats d'une étude transversale, que le vapotage est une cause de maladie pulmonaire obstructive chronique (BPCO)", rappelait le Pr Michael Siegel, de l'Université de Boston et spécialiste du domaine en santé publique, dans un commentaire sur le sujet en février dernier.

De véritables suivis dans le temps de vapoteurs malades montrent que l'abandon du tabagisme au profit du vapotage réduit, voire dans certains cas permet d'inverser, l'évolution de la BPCO. La prétention de Glantz et Bhatta d'avoir isolé le facteur de risque propre au vapotage dans leur étude est ahurissant de stupidité, et leur addition des risques qui s'ensuit est ridicule. Ils n'ont mis en place aucun moyen pour s'assurer que les maladies respiratoires sont liées au vapotage et non pas à une autre cause, dont la plus probable est le tabagisme passé, pour 99,4% des vapoteurs qui ont répondu aux enquêtes utilisées par l'étude. 

Faussaires et pervers notoires

Il est troublant que deux chercheurs déjà co-auteurs d'une fraude manifeste, et précédemment mise à jour, soient de nouveau publiés avec une étude aussi faible méthodologiquement. N'importe qui avec quelques notions sur les maladies respiratoires évoquées par le communiqué de presse de l'étude est capable de rejeter un tel enfumage. Les articles de presse publiés hier sont l'oeuvre de journalistes soit d'une incompétence inquiétante, soit de corrompus.

La tactique médiatique pour répandre ce qui est une fakenews caractérisée montre l'importance pour un réseau de médias de projeter le thème du vapotage comme enjeu politique et émotionnel dans le public. Je pense que ce n'est pas seulement pour vendre du clic et du papier, cette campagne fait partie d'une stratégie électorale d'un politicien multi-milliardaire et magnat des médias.

Tweet du Pr Bertrand Dautzenberg en réaction à l'étude:
[Add.] Tweet de la Dre Ute Mons, du Centre de recherche sur el cancer en Allemagne (DKFZ) [ma traduction: Cher @tagesschau, avez-vous lu l'étude? Depuis quand 1,3 (facteur de risque pour les e-cigarettes) est-il égal à 2,6 (facteur de risque pour les cigarettes de tabac)? En outre, l'étude donne des indications claires de causalité inverse: les problèmes pulmonaires conduisent à passer aux e-cigarettes.]




jeudi 12 décembre 2019

L'OMS tente t-elle de déclencher un nouveau massacre de masse aux Philippines? [MàJ]

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tente t-elle de manipuler un psychopathe sanguinaire pour déclencher une nouveau massacre de masse aux Philippines? Ce 10 décembre, une représentante anti-tabac de l'OMS a présenté au Congrès une fausse publicité comme si elle était véritable afin d'attiser la haine contre les vapoteurs et faire passer une prohibition totale du vapotage. Ceci dans un contexte déjà particulièrement inquiétant suite à l'annonce orale le 14 novembre de l'interdiction de vapoter en public par le Président Rodrigo Duterte.

Des centaines d'arrestations de vapoteurs ont suivi, sans plus de poursuite en l'absence de base légale. Le nombre de vapoteurs aux Philippines est estimé à près d'un million, tandis que 200'00 d'entre eux sont membres d'association de vapoteurs. "Le vapotage a aidé des millions de fumeurs pour arrêter la cigarette dans le monde. Imposer une prohibition ne ferait qu’aggraver le problème du tabagisme", regrette Clarisse Virgino, de la Coalition of Asia Pacific Tobacco Harm Reduction Advocates (CAPHRA) une des associations de défense, à la presse locale

'Kill that vaping bitch'

Lors d'une inauguration le 23 novembre, Rodrigo Duterte a renchérit en menaçant de "tuer, de manière extra-judiciaire, cette pute de vapoteur" évoquant l'inventeur du vapotage sans le nommer. Ceci vaut signe d'alerte rouge pour tout vapoteur aux Philippines. Le despote a déjà mis à exécution ce type de menace par le passé. Après son élection au printemps 2016, il a ordonné le massacre des "toxicomanes", provoquant des tueries de masse entremêlant exécutions sommaires et lynchages. Fin 2018, France Inter évaluait à au moins 30'000 les victimes de cette folie meurtrière. 

Les nouvelles menaces de Rodrigo Duterte, lui-même accro aux opioïdes de synthèse et ex-fumeur, sont donc très inquiétantes. En plein déclenchement des massacres en 2016, Vera da Costa, la Secrétaire générale anti-tabac de l'OMS, avait officiellement félicité Rodrigo Duterte, au prétexte d'une interdiction de fumer dans les lieux publics. Sans susciter de réaction dans le monde médical. Rien d'étonnant à ce qu'une membre du secrétariat anti-tabac de l'OMS poursuive actuellement dans cette veine pour attiser la haine contre les vapoteurs.

Add. 14/12/2019: Le slide 33 de la présentation de la représentante de l'OMS devant le Congrès des Philippines le 10 décembre avec la fausse pub d'Adam Padilla, mais aussi un montage détournant une image du dessin animé Dora l'exploratrice, qui ne vapote pas dans le dessin animé.

Fausse pub présentée par l'OMS comme une véritable

En audition publique le 10 décembre devant la Commission de l'économie du Congrès des Philippines, la représentante anti-tabac de l'OMS a présenté (à 1h02mn40sec de la vidéo) comme une véritable campagne publicitaire de l'industrie du vapotage la fausse publicité crétine  'my first vape' du bobo new-yorkais nombriliste Adam Padilla. En août 2017, il avait diffusé sur les réseaux sociaux un montage mettant en scène un bébé avec une vaporette sous forme de jouet à la Fisher Price.

La déléguée de l'OMS a également tenté de tromper les élus Philippins, en jouant sur la confusion dans les rapports de différentes dates du Center for Disease Control (CDC), en affirmant qu'une partie des victimes de pneumopathies par les liquides frelatés du marché noir du THC aux Etats-Unis, était liée au vapotage de nicotine conventionnel.

L'objectif d'une prohibition totale du vapotage

Plutôt qu'un rôle d'information, la représentante de l'OMS est ouvertement en mission pour faire passer le projet de loi 5099 de Sharon Garin, du parti AAMBIS-OWA, exigeant l'interdiction totale du vapotage aux Philippines. Début novembre, la députée avait expliqué aux médias locaux "que sa proposition vise aussi à protéger les petits producteurs de tabac susceptibles d'avoir subi des pertes suite à la demande croissante de cigarettes électroniques".

"I'm not concern about smokers"

Pour soutenir la cause d'une prohibition totale du vapotage aux Philippines, la représentante de l'OMS a également tenté de discréditer les rapports du Royal College of Physicians britannique et du Public Health England sur leur évaluation d'au moins 95% de réduction des risques de passer au vapotage pour les fumeurs. Un des élus du Congrès s'est agacé de s'apercevoir qu'elle avait aussi caché l'avis du Centre International de recherche sur le cancer (IARC), qui est rattaché à l'OMS, sur le potentiel de réduction des risques cancérigènes pour un fumeur passant au vapotage.

On peut voir sur une vidéo filmée depuis le public qu'en réponse, la déléguée a simplement asséné que "les fumeurs ne sont pas [s]on soucis". Le Congrès poursuivra les auditions sur ce projet de loi en janvier. En espérant que Rodrigo Duterte ne déclenche pas un bain de sang général sous la pression de l'OMS.

Bonus: english version


lundi 9 décembre 2019

Suisse: Consultation sur la révision du Fonds de prévention du tabagisme à 14 millions FS.

Le Fonds de prévention du tabagisme (FPT) est financé en Suisse par une taxe de 2,6 cts par paquet de cigarettes vendu. "En 2018, les recettes se sont élevées à 14,2 millions de francs", précise le rapport explicatif de la révision de l'ordonnance du FPT. Suite à la restructuration de la politique de santé avec les stratégies nationales sur les addictions d'une part et d'autre part sur les maladies non-transmissibles (MNT), ainsi que le report de charges vers les cantons des programmes sur le tabagisme, les buts et fonctionnement du FPT devaient nécessairement être révisés. Le projet de révision de son ordonnance est en consultation publique et des prises de position peuvent être envoyées jusqu'à demain avec ce formulaire.

"La confédération doit en faire plus pour le vapotage", insiste le Groupe Romand d'Etudes des Addictions (GREA), dans un communiqué en commun avec le Fachverband Sucht et Ticino Addiction. "Le Fonds de prévention du tabagisme (FPT) devrait, dans sa révision, aussi financer des projets de réduction des risques", précisent les trois organisations de professionnels socio-sanitaires. Le médecin cantonal genevois, ainsi que les Conseils d'Etat de Fribourg et de Neuchâtel, ont également envoyé leurs propositions sur le projet de révision qui semblent avant tout viser à une part plus importante de Fonds pour mettre en oeuvre des actions au niveau des cantons.

Pour ma part, j'ai transmis ces observations à Peter Blatter, chargé du projet de révision par l'administration (et je ne sais pas pourquoi la page 2 est blanche...). L'objectif du Fonds devrait être de viser à des projets pour améliorer la santé publique, intégrer pour cela l'approche de réduction des risques et assainir le domaine en excluant de participation les personnes et organismes liés d'intérêt à maintenir le tabagisme.

dimanche 8 décembre 2019

Phénomène: les 15'000 exemplaires de 'Bienvenue dans la vape' répondent à une soif d'information claire et honnête

Déjà un second tirage à peine quelques semaines après son lancement. Sans couverture média, autre que des sites spécialisés, le petit bouquin de Sébastien Béziau "Bienvenue dans la vape" dépasse les 15'000 exemplaires. Un phénomène rare pour un livre en auto-édition. Il se murmure que même Mélanie Gomez, la journaliste santé d'Europe 1, l'a dévoré le mois dernier durant son récent arrêt tabac réussi. L'opuscule de 80 pages se présente comme un message et un partage d'expérience. "'Bienvenue dans la vape' n'est pas une méthode ni un protocole", annonce le quatrième de couverture. Pourtant, emmenée par une écriture simple, directe et entraînante, il se révèle une aide redoutable d'efficacité pour guider le lecteur à travers les écueils possibles de l'arrêt tabac à l'aide du vapotage.

Un utilisateur éclairé

Sébastien Béziau a fumé près de trois décennies avant de tomber sur le vapotage en 2013. "Par hasard, simplement en voulant tester la "cigarette électronique" après avoir vu une émission à la télévision", explique t-il. Plus de cigarette depuis. Aspiré par le phénomène, il a ouvert le blog VapYou, puis créé sa célèbre déclinaison papier, co-fondé l'association Sovape [dont je fais partie, disclaimer] et participé au groupe facebook d'entraide dénommé à présent Vape Info Service

Il a également été moteur du livre 1000 messages pour la vape à Marisol Touraine en 2016 et il anime des débats au Vapexpo à l'occasion. Tout ceci, à côté d'un travail dans un tout autre domaine et une vie de famille. Son exemple à de quoi rassurer sur le risque de perte d'énergie en arrêtant de fumer avec le vapotage.

Connaissances vivantes

Surtout, ce simple vapoteur initial a emmagasiné une quantité impressionnante d'expérience et de connaissances en six années. Connaissances des études et des débats, mais aussi de l'accompagnement de terrain et de son propre vécu. Son ouvrage nous accueille par un exposé simple du principe de réduction des risques avant de nous confronter au dilemme de tout fumeur tenté d'arrêter: "J'y vais mais j'ai peur". La peur d'arrêter de fumer, mais aussi celle du vapotage dans le violent climat de vape-bashing des médias mainstreams. 

"Bien s'informer, c'est savoir où on va pour se rassurer et gagner en confiance", confie Bienvenue dans la vape, proposant au fil des pages une mise à jour concise mais précise des connaissances, avec une bibliographie pour les plus curieux. Les précédents livres grand public francophones sur le sujet dataient de 2014, avec les excellents ouvrages du Dr Philippe Presles, et du Pr Jean-François Etter. Avec un second tirage aussi rapide, le succès de Bienvenue dans la vape reflète le besoin du public pour une information claire, honnête et sereine face à l'épidémie de sensationnalisme malsain.

Motivés

Nécessaire mais pas suffisante, l'information doit se combiner à une approche. A l'exploit de la seule volonté, aboutissant à plus de 9 échecs sur 10 tentatives, l'auteur propose d'y substituer la motivation. "La motivation s'inscrit dans un parcours et avec des repères", souligne Sébastien Béziau. Ce parcours en 80 pages va donc passer par des repères sur la nicotine, le choix du rythme de sevrage du tabac, les effets inattendus de l'arrêt de la cigarette comme la toux, et les conseils de base pour passer au vapotage, comme penser à boire de l'eau.

Avant d'arriver au syndrome de l'imposteur spécifique à l'arrêt du tabac avec la vape: mais n'est-ce pas de la triche? Oui, la vape est un formidable outil pour réussir à arrêter de fumer: "remplacer la souffrance d'un arrêt difficile par une solution d'aide non-violente". De quoi s'aventurer pour découvrir les nouveaux plaisirs de la défume. Le plaisir, un fil conducteur de cette carte d'un utilisateur éclairé pour guider le lecteur sur "l'outil d'aide le plus populaire pour arrêter de fumer".

Où le trouver?

Le petit booster de motivation et de confiance pour le fumeur désirant se libérer de la cigarette avec l'aide du vapotage se trouve pour 6,90€ dans 360 boutiques physiques ou en ligne en France et en Suisse. Il est également déjà utilisé en France par des professionnels sociaux-sanitaires dans des centres de soin en addictologie (RESPADD, CSAPA, CAARUD) et des formations de professionnels de la Fédération Addiction.

Bienvenue dans la vape, l’outil d’aide le plus populaire pour arrêter de fumer - Sébastien BÉZIAU – Format A6 – 80 pages – Édité par ACID Création / VAPYOU – Prix public : 6,90€TTC

Bonus: Plaisir, vape et nicotine. 
Mélanie Gomez sur Europe 1: "J'ai tout misé sur le plaisir. Tout d'abord, je me suis équipé d'une cigarette-électronique, de gommes à mâcher très fortement dosées en nicotine et j'ai repris le sport à fond"...

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