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dimanche 25 juillet 2021

Vape et grossesse: une étude sérieuse confirme les données rassurantes, une autre indique l'importance d'arrêter de fumer tôt

Deux études sont parues récemment au sujet du vapotage durant la grossesse. Toutes deux ont évalué des indicateurs clefs du poids du bébé à la naissance et de la proportion de naissances prématurées. Dans la première étude anglaise, poids à la naissance des nourrissons et durée de gestation sont en moyenne identiques entre les mères qui vapotent exclusivement et celles non fumeuses. 

Dans la seconde étude américaine, une proportion plus grande des femmes qui ont vapoté durant les trois derniers mois de grossesse ont eu des bébés de faible poids par rapport aux non-fumeuses. Par contre, en moyenne les nouveau-nés des femmes qui vapotaient déjà avant de tomber enceintes, ne présentent pas de différence avec ceux des non-fumeuses. Ceci illustre l’importance d’arrêter de fumer le plus tôt possible durant la grossesse. Et donc la pertinence d’offrir les moyens les plus adéquats aux femmes enceintes pour arrêter de fumer.

L’étude anglaise parue dans Plos One

L’étude anglaise, parue dans Plos One début juin, s’appuie sur les données de l’Enquête nationale sur la maternité (ENM) de 2018 « Vous et votre bébé », et un questionnaire adressé aux mères ayant accouché entre le 15 et 28 octobre 2017. Parmi les plus de 4 500 participantes, 8,6 % ont fumé durant leur grossesse et 2,8 % ont vapoté. « Nous n’avons trouvé aucun lien entre vapotage et les naissances prématurées, le poids à la naissance ou l’allaitement », conclut l’analyse dirigée par Charles Opondo. Ces résultats sont cohérents avec les précédentes études à l’hôpital de Dublin

Dans l’échantillon anglais, les deux tiers des femmes n’avaient jamais fumé et 17,6 % avaient arrêté précédemment. 4 % ont arrêté de fumer temporairement durant leur grossesse alors qu’elles fumaient au quotidien avant leur grossesse. 6,2 % ont arrêté à la grossesse et ont maintenu l’arrêt après l’accouchement.

Près de 10 % des arrêts tabagiques effectués à l’aide de la vape

En proportion, le vapotage a été utilisé près de deux fois plus par les femmes les plus défavorisées économiquement et essentiellement par des femmes fumeuses. Près de 10 % des femmes qui ont arrêté de fumer temporairement durant leur grossesse ont vapoté. Tandis que 7,7 % des femmes qui ont arrêté à l’occasion de leur grossesse et ont maintenu l’arrêt après l’accouchement utilisent la vape. 17,7 % des femmes qui ont continué de fumer ont aussi utilisé le vapotage, mais le questionnaire n’a pas couvert la question d’une éventuelle réduction du nombre de cigarettes fumées.

L’étude américaine

Une seconde étude américaine menée par Annette Regan, de l’Université de San Francisco, a analysé les données du Pregnancy Risk Assessment Monitoring System (PRAMS) de 2016 à 2018. L’étude, publiée dans Obstetrics and Gynecology, montre que le vapotage des mères avant de tomber enceintes « n’est pas associé à des résultats défavorables à la naissance »

Aucune donnée sur les deux premiers trimestres de grossesse

La méthodologie de l’analyse américaine n’a pas examiné les données sur le tabagisme et/ou le vapotage des femmes durant les deux premiers trimestres de la grossesse, mais seulement au dernier trimestre. Ces femmes qui ont vapoté durant les trois derniers mois de grossesse sont en moyenne plus nombreuses que les non-fumeuses à avoir eu des bébés de faible poids (8,1 % versus 6,1 %). 

Cependant, près des deux tiers (63,7 %) des vapoteuses n’avaient pas arrêté de fumer lors de ce troisième trimestre. Concernant, les femmes qui ont vapoté exclusivement durant ce dernier trimestre, l’étude ne présente aucune donnée sur leur statut tabagique durant les deux trimestres précédents (!!). Cette faute méthodologique rend les résultats peu pertinents.

Le compte à rebours de l’arrêt tabagique lors de la grossesse

À lire l’étude, les chercheuses ne semblent d’ailleurs pas avoir été conscientes de l’urgence de l’arrêt tabagique pour les femmes enceintes. Plus l’arrêt est tôt dans la grossesse, plus les risques se réduisent vers le niveau des non-fumeuses ; plus l’arrêt est tardif, plus les risques augmentent vers le niveau des fumeuses. En excluant les données sur les deux premiers trimestres de grossesse, les chercheuses se sont privées des éléments les plus pertinents pour évaluer l’impact de l’arrêt tabagique avec le vapotage durant la grossesse. 

Au mieux ces résultats suggèrent qu’utiliser le vapotage pour arrêter ou moins fumer au dernier trimestre de grossesse, n’élimine pas les risques contractés auparavant en fumant durant les deux premiers trimestres. Ce qui est le cas, quelle que soit la manière d’arrêter de fumer. Il est décevant que des recherches soient aussi mal pensées, et a fortiori qu’elles soient publiées sans même présenter leurs limitations, pourtant majeures.

À retenir : le plus tôt, c'est le mieux

En l’état des connaissances, arrêter de fumer, y compris avec le vapotage, le plus tôt possible durant la grossesse, et a fortiori avant de tomber enceinte, réduit significativement les risques de faible poids du bébé à la naissance et de naissance prématurée. Plus l’arrêt est tardif, plus les risques augmentent.

Pour aller plus loin sur le sujet :

SOVAPE : Grossesse et vapotage, juin 2020

Stop-Tabac.ch : L’utilisation de la cigarette-électronique pendant la grossesse, Smoking in pregnancy challenge group traduit par Stop-Tabac.ch 

 

dimanche 4 juillet 2021

Vape et/ou substituts : un essai pilote encourageant pour l'arrêt tabagique des défavorisés en France

Centrer l’approche de l’arrêt tabagique sur la préférence des concernés. L’étude-pilote STOP, pour Sevrage Tabagique à l’aide d’Outils dédiés selon la Préférence, est en l’état une petite étude préliminaire portant sur une tentative d’arrêter de fumer de 49 personnes en situation défavorisée. Effectuée entre juin 2018 et juillet 2019, l’étude pilote, conçue par des chercheuses de l’INSERM, visait à évaluer la viabilité de l’approche basée sur la décision partagée pour le choix d’une aide à l’arrêt pour des fumeurs en situation précaire. Et « si les résultats préliminaires de cessation de fumer sont suffisamment encourageants pour justifier un essai contrôlé randomisé ». Les résultats, qui viennent d’être publiés en accès libre dans la revue Addiction Science & Clinical Practice, semblent prometteurs. 

Des résultats encourageants 

Après 6 à 10 semaines, 28 % des participants initiaux avaient arrêté de fumer et plus de 18 % avaient réduit leur consommation de cigarettes de moitié (de plus de 20 cigs/j à 10 en moyenne). Seuls 2 % déclaraient fumer autant qu’au début de l’essai. Cependant, l’attrition est forte avec 51 % de perdus de vue au cours de l’étude. « Même en supposant que les participants qui ont été perdus de vue n’ont pas réussi à arrêter de fumer, ces résultats sont très prometteurs », estime l’équipe de chercheuses menée par Mégane Héron et Fabienne El-Khoury Lesueur. 

Les résultats publiés ne détaillent pas la part de réussite selon l’option choisie entre substituts, vape ou les deux combinés. Cependant, 71 % des fumeurs ayant commencé l’étude ont opté soit pour la vape seule (29 %) ou les deux types d’aide combinés (42 %), tandis que 29 % ont choisi un ou des substituts nicotiniques de pharmacie.

La recherche financée par l’Institut National du Cancer (INCa) a offert le choix entre divers substituts nicotiniques (NRT), une vape ou de combiner les deux aides. Les aides proposées aux fumeurs :

  • patchs, gommes, sprays, inhalateurs, comprimés ou pastilles nicotiniques
  • vape endura T20 avec des e-liquides en 6, 12, 16 mg/ml de nicotine dans les saveurs fruits, menthol ou tabac

Un programme ciblé pour les aider les défavorisés à arrêter de fumer

L’étude-pilote s’est déroulée dans six centres de la région parisienne. Seuls des fumeurs ayant droit à une aide sociale pouvaient participer. Les défavorisés sont à la fois en proportion plus nombreux à fumer et subissent plus d’échecs lors de leurs tentatives d’arrêt. « Même si les fumeurs ayant un faible niveau socio-économique sont intéressés à cesser de fumer et sont autant en proportion à tenter d’arrêter de fumer que les autres fumeurs, ils ont moins de chances de réussir. Par conséquent, des interventions “ciblées”, conçues et destinées aux fumeurs dans une situation socio-économique faible, sont nécessaires afin de réduire les inégalités en matière de santé », expliquent les chercheuses.

Alors que les fumeurs défavorisés ont généralement un niveau de dépendance à la nicotine plus élevé que les autres fumeurs, la barrière du coût des aides à l’arrêt tabagique se pose. « Payer d’avance pour un kit de cigarette électronique (environ 50 à 80 €), ou de sa poche pour une partie du prix de substituts pourrait entraver les tentatives d’abandon du tabac chez les fumeurs ayant des difficultés financières », soulignent les auteures. 

« J’ai participé à cette étude uniquement pour obtenir une vape gratuite. Avant l’étude, je fumais 10 cigarettes à rouler par jour. J’ai essayé à plusieurs reprises d’arrêter de fumer en utilisant des substituts. J’ai tout testé, mais rien n’avait fonctionné pour moi. Je n’ai jamais pu arrêter de fumer malgré mes tentatives. Sans cette étude, je n’aurais jamais pu essayer la vape parce que je n’ai pas le budget pour en acheter une. J’ai arrêté de fumer depuis 3 ou 4 mois maintenant. Je vapote tous les jours actuellement. Je n’ai qu’une crainte en ce moment, qu’elle se casse parce que je n’aurais pas les moyens d’en acheter une autre. C’est pourquoi j’y fais très attention. Je trouve que la vape est un bon substitut aux cigarettes. Je suis contente d’avoir pu retrouver mon goût et l’odorat, et je me sens beaucoup mieux physiquement », témoigne une participante à l’étude pilote STOP [ma traduction depuis l'anglais].

Coût et peur de la nicotine entravent les arrêts 

Interrogés, les professionnels de santé participants à l’étude pilote confirment l’obstacle du coût des aides ainsi que des fausses croyances contre les substituts nicotiniques et la vape chez leurs patients. 

Également questionnés sur le vapotage, les 17 professionnels, dont 3 médecins généralistes, 11 addictologues, un psychologue, un psychiatre et une infirmière, sont une majorité à ne pas accorder de crédit à la théorie rabâchée de l’effet passerelle. Étonnamment, une majorité semble ne pas connaître la réglementation sur les e-liquides. L’échantillon étant d’un faible nombre, les pourcentages des réponses ne constituent qu’une indication.

Bientôt une étude randomisée de plus grande ampleur ?

En s’appuyant sur cette étude préliminaire, les chercheuses ont apporté des corrections à leur démarche dans la perspective d’une étude randomisée à plus large échelle. Des mesures pour limiter l’attrition des participants sont notamment envisagées, ainsi qu’une réduction du questionnaire, trop long pour être complété par certains participants. « Malgré les difficultés à recruter un grand nombre de patients et la perte de suivi, les résultats de ce projet pilote sont encourageants. Environ 1 fumeur à faible niveau socio-économique sur 4 recruté a cessé de fumer un mois après l’inclusion, et l’intervention basée sur les préférences s’est avérée acceptable pour les participants et les professionnels de santé », concluent les chercheuses. 

[add] L'étude STOP a a été approuvée par le Comité d’examen institutionnel « Île de France II » le 8 septembre 2020. Son protocole a été publié sur BMJ Open. Elle vise a enrôler un peu plus de 500 participants, qui seront 'randomisés' entre un groupe d'intervention et un groupe témoin dans 15 centres depuis ce mois de mars. Les participants seront suivi durant 6 mois pour évaluer notamment le succès de l'arrêt. La publication des résultats est espérée d'ici 2024.[/]

Héron, M., Le Faou, AL., Ibanez, G. et al. Smoking cessation using preference-based tools: a mixed method pilot study of a novel intervention among smokers with low socioeconomic position. Addict Sci Clin Pract 16, 43 (2021). https://doi.org/10.1186/s13722-021-00254-6 

Protocole de la future étude STOP: El-Khoury F, El Aarbaoui T, Héron M, et alSmoking cessation using preference-based tools among socially disadvantaged smokers: study protocol for a pragmatic, multicentre randomised controlled trialBMJ Open 2021;11:e048859. doi: 10.1136/bmjopen-2021-048859 

Clinical Trial: https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT04654585

vendredi 25 juin 2021

L'UE veut-elle s'opposer à la dérive toxique de l'OMS lors de la COP9 anti-tabac ?

La COP9 anti-tabac de l’OMS est à l’ordre du jour du Conseil européen ce 29 juin. Son groupe de travail sur la santé publique se réunit en visioconférence, avec la Commission européenne, pour notamment préparer sa participation à la convention de l’OMS en novembre prochain. Initialement, la COP9 devait se tenir à la Haye en novembre 2020. Covid oblige, l’OMS l’a reporté d’un an et a finalement décidé de la tenir en virtuel. 

L’enjeu de la discussion du Conseil européen est la position commune des pays de l’UE. Ceux-ci ont abandonné leur autonomie de position dans le cadre de la Convention anti-tabac de l’OMS, au profit de représentant de l’UE au nom des 27 pays.

L’opacité totale des COP anti-tabac de l’OMS

Lors de la précédente COP8 à Genève en octobre 2018, Anne Bucher, qui venait d’être fraichement nommée DG Santé européenne, s’était exprimée au nom des pays de l’UE. En conférence de presse, sa méconnaissance du dossier était confondante. De ses positions durant les débats de la COP8, on n’en sait pas grand-chose. Toutes les discussions et négociations se déroulent à huis clos. Les journalistes sont strictement interdits. La presse ne relaie que les communiqués de l’OMS.

À Genève, comme aux précédentes COP anti-tabac, seuls les délégués des pays membres et un millier de lobbyistes triés sur le volet par l’OMS avaient accès au palais des congrès pendant la semaine. La plupart sont liés d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique ou au milliardaire Bloomberg. Dans le cadre de la COP9 virtuelle, on ne sait pas ce que l’OMS va permettre, ni de quelle manière, à ces influenceurs.

Les États-cigarettiers chez eux à l’OMS

Parmi les 180 pays membres de la Convention, 18 sont des États-cigarettiers. La Chine, l’Inde, le Japon ou encore la Thaïlande sont quelques-uns des pays propriétaires de cigarettiers. Publiée ce 22 juin, une enquête fouillée de l’OCCRP, spécialisé dans l’investigation journalistique sur des activités criminelles, montre l’essor explosif de China Tobacco sans que l’OMS s’y intéresse. Ces dernières années, celle-ci a préféré braquer l’attention sur le soi-disant danger du vapotage.

Lors de la COP8 en 2018, l’Inde et la Thaïlande, avec le soutien de l’OMS, avaient ouvertement milité pour recommander une prohibition mondiale de la vape. Leur demande n’a finalement pas passé le vote en assemblée. Mais l’OMS fait comme si cela était presque le cas et recommande aux Gouvernements la prohibition du vapotage, ou à défaut la législation la plus dure possible. L’OMS ne recommande évidemment pas l’interdiction des cigarettes. Seulement celle du vapotage. 

La violation de la Convention anti-tabac par l’OMS elle-même

En somme, l’OMS défend des approches d’autant plus dures, et de préférence la prohibition, que le produit réduit les risques pour l’utilisateur et l’éloigne de la consommation de tabac. Cette orientation est une violation manifeste de l’engagement de la Convention elle-même, qui stipule clairement à son article premier (d) que la lutte antitabac se définit par un ensemble de stratégies, dont « la réduction des risques ».

À la COP9, l’OMS veut interdire arômes et atomiseurs rechargeables

Pour la prochaine COP9, le document de préparation du groupe d’étude sur la réglementation des produits du tabac de l’OMS (TobReg), dont certains membres sont financés par Bloomberg sans que cela ne soit signalé dans le document, propose l’interdiction des arômes et des systèmes ouverts de vape, pour les pays qui n’ont pas déjà décrété la prohibition totale du vapotage. 

« Interdire la vente de systèmes électroniques d’administration de nicotine et de systèmes électroniques d’administration sans nicotine dans lesquels l’utilisateur peut contrôler les caractéristiques des dispositifs et les ingrédients liquides (c’est-à-dire les systèmes ouverts) », OMS, 8e rapport du SGTPR p. 313.


Le prétexte à interdire les atomiseurs rechargeables est une interprétation insensée des causes de la vague de pneumopathies aux États-Unis de 2019 mal nommée Evali. Il n’y a évidemment aucun consommateur qui a volontairement coupé son e-liquide au THC par de l’huile de vitamine E, en vue de s’autoarnaquer sur sa contenance en concentré de cannabinoïdes. L’ajout d’acétate de vitamine E a été fait par des dealers dans les réservoirs ensuite vendus scellés. 

Interdire les systèmes ouverts n’aurait aucun effet sur ce type de problème, et risque plutôt d’accroitre les risques en profitant au marché noir à l’origine des produits de THC frelatés. Accessoirement, la Convention anti-tabac ne concerne pas les produits de cannabis et la recommandation sort des compétences du groupe de l’OMS sur les réglementations à propos du tabac.

Faire du fric avec le tabac, les taxes et les médicaments

Difficile après cette proposition de ne pas saisir que le discours « anti Big Tobacco » de l’OMS, de ses soutiens et sponsors, est du marketing politique bidon et hypocrite. Interdire les atomiseurs rechargeables et les e-liquides aromatisés éliminerait des entreprises de vape indépendante.

Cependant, l’objectif réel de cette recommandation est probablement moins de favoriser Japan Tobacco, même s’il appartient pour 33 % à l’État nippon, que de manière plus globale de protéger l’économie tabagique des grandes nations productrices, dont notamment l’Inde. 

Ainsi que de préserver la part de chiffre d’affaires lié aux maladies provoquées par le tabagisme des multinationales du médicament. Soit près de 200 milliards $ par an. Des intérêts financiers qui, à part l’énorme gain des taxes sur le tabac des États, ne sont pas des intérêts européens. Ni en aucun cas ceux des populations.

Les Britanniques pourraient ne plus jouer à ce jeu de dupes

Grand contributeur de la Convention anti-tabac de l’OMS, le Royaume-Uni pourrait contester sa dérive perverse. Le Groupe interparti de la Chambre des communes (APPG) a produit un rapport vigoureux en ce sens. Les parlementaires recommandent notamment au Gouvernement britannique de « s’assurer que l’OMS revienne aux principes fondateurs du Traité anti-tabac qui inclut la réduction des risques, et s’opposer à toute décision d’interdiction du vapotage »

Après le Brexit, le Royaume-Uni aura plus de liberté d’action à la COP9. Par contre, la Commission européenne est probablement peu encline à suivre le pays qui lui infligé le camouflet du Brexit. Il faudrait donc une volonté affirmée des Ministres de la Santé à travers le Conseil européen pour imposer à la Commission de défendre les intérêts de la santé publique contre la dérive de l’OMS lors de la COP9. 

En réunion mardi prochain, les représentants des 27 Ministres de la Santé au Conseil européen auront-ils la lucidité et le courage de préparer à s’opposer à la mainmise des profiteurs du tabagisme et à la dérive toxique de la Convention anti-tabac de l’OMS ? Cela devient urgent.

mercredi 23 juin 2021

Une méta-analyse sur la vape et les ados décortique la nullité des études sur "l'effet passerelle"


De quoi s'arracher les cheveux. L’extrême majorité des études sur le lien entre vapotage et le risque d'un tabagisme ultérieur chez les adolescents est de qualité exécrable. « Les preuves actuelles de l’ampleur de l’effet de passerelle ne sont pas concluantes », résument sobrement les chercheurs de l’Université du Queensland (Australie). Leur méta-analyse a été publiée dans la revue Addiction. L’équipe menée par le Dr Gary Chan montre notamment des lacunes critiques de prise en compte de facteurs clefs dans le tabagisme adolescent et de sérieux biais d’attrition dans plusieurs suivis. 

Globalement les études analysées ont une valeur E d’indice de confiance de 1.92. Ce chiffre montre leur très faible robustesse à un facteur confondant qui n'aurait pas été pris en compte. Or la plupart des études ont omis de nombreux facteurs clefs connus au tabagisme adolescent. Les chercheurs soulignent également un fort risque de biais des éditeurs à privilégier les études montrant un effet de passerelle sensationnel, même lorsqu'elles portent sur des échantillons minuscules et sont de qualité médiocre.

Une méta-analyse enfin rigoureuse

De précédentes méta-analyses des études sur les liens entre vapotage et tabagisme chez les jeunes ont été menées avec certains des auteurs des études évaluées. C’est par exemple le cas de la méta-analyse publiée par JAMA Pediatric en 2017 où trois des cinq auteurs sont aussi auteurs d’études évaluées par leur propre méta-analyse. Le même conflit d’intérêts a été reproduit dans le chapitre dédié à cette question du rapport de la National Academy of Science américaine (NASEM) de janvier 2018, qui reprend d’ailleurs largement la méta-analyse publiée par le JAMA Pediatric. 

La publication, en juillet 2020 sur le site de la revue Addiction, de la méta-analyse menée par une équipe de l’Université du Queensland (Australie) était donc bienvenue pour avoir une analyse indépendante dénuée de conflit d’intérêts et sérieusement menée. Pourtant, ses résultats ont été passés sous silence par les réseaux prédominants sur le sujet. Et pour cause, elle invalide la qualité des études les plus citées pour affirmer le soi-disant effet passerelle. 

Dix études sur onze avec des risques de biais graves ou critiques

Derrière un résumé à la tournure diplomatique, le contenu en détail de la méta-analyse publiée dans la revue Addiction passe au hachoir les soi-disant « preuves » que le vapotage causerait le tabagisme des adolescents. Sur les 11 études auscultées, les chercheurs évaluent « qu’une étude présente un risque modéré de biais, cinq ont un risque grave et cinq comportent un niveau critique de biais »

Les études ont été évaluées à différents risques de biais sur huit aspects :

  • Biais de facteurs confondant, c’est-à-dire des caractéristiques des participants pouvant avoir un effet sur le risque de tabagisme des adolescents
  • Biais de sélection des participants, des groupes sociaux sont plus susceptibles de devenir fumeurs que d’autres, il faut donc tenir compte du biais possible selon la population prise en compte dans l’évaluation des risques
  • Biais de classification à l’exposition, ceci pose la question sur les critères utilisés pour catégoriser les participants
  • Biais de déviation à l’exposition
  • Biais des données manquantes et notamment du biais d’attrition lorsque des participants quittent le suivi
  • Biais des mesures des résultats
  • Biais de sélection des résultats publiés
  • Biais général

Seules deux études ont pris en compte le facteur du tabagisme parental et des amis

« L’Académie des Science et Médecine US (NASEM) a déclaré que “dans toutes les études, un large éventail de covariables a été ajusté, couvrant un certain nombre de facteurs sociodémographiques, interpersonnels, environnementaux et intrapersonnels, y compris la consommation d’autres substances, ce que le comité a considéré comme une sélection complète de facteurs de confusion” (p. 533). Cependant, notre analyse démontre que ce n’était pas le cas ».

Les chercheurs du Queensland ont évalué plusieurs critères pour évaluer la qualité des études. En premier lieu vu son importance, l’analyse de la prise en compte des facteurs confondant dans les estimations de ratio de risques. Et les résultats sont effrayants. Les lacunes de prises en compte de facteur confondant sont catastrophiques dans la plupart des études, notamment nord-américaines. 

« Seulement deux des onze études ont été ajustées pour au moins la moitié des principaux facteurs de confusion. Bien que le tabagisme familial et des pairs sont des déterminants clefs du tabagisme, seules les études n° 5 et n° 6 ont été ajustées pour l’influence de la famille et des pairs respectivement », souligne l’équipe menée par le Dr Gary Chan. Pour le dire clairement, une telle lacune sur ce sujet disqualifie neuf des onze « études » qui n’auraient pas dû même être publiées avec si peu de professionnalisme.

Confirmation de la faiblesse des études par la valeur E

Les chercheurs du Queensland ont appliqué une analyse par la valeur E médiane aux études. Cette valeur indique la susceptibilité d’une étude à avoir son résultat confondu par un facteur non pris en compte. « La valeur E médiane de confiance était de 1.92. Cela indique que si une variable confondante omise avait un rapport de risque de 1.92 pour le vapotage et le tabagisme ultérieur, l’association entre vapotage et tabagisme deviendrait statistiquement non significative dans la moitié des études ».

Seule étude avoir un niveau modéré de risque de biais, en ayant pris en compte cinq facteurs clefs du tabagisme adolescent et avec une attrition limitée, l’étude de Leventhal et al. de 2015 a cependant une valeur E d'indice de confiance de seulement 1.43. Cela signifie que si un facteur confondant omis par l'étude a un ratio de risque supérieur à 1.43, l'effet passerelle affirmé par l'étude serait statistiquement non significatif.

Une autre lacune : le biais d’attrition

Le biais d’attrition concerne le nombre de personnes ayant quitté le suivi en cours d’étude et la manière dont les auteurs ont tenu compte de ces personnes perdues de vue. Quatre études ont une attrition de plus de 40 % des jeunes suivis et seules trois recherches en comptent moins de 20 %. Les échantillons de personnes restantes avaient des caractéristiques sociodémographiques et de facteurs de risques très différents que les perdus de vue. Seules trois études ont tenté d’évaluer le biais d’attrition, dont une a simplement attribué le statut de fumeur à tous les perdus de vue.


Biais par les éditeurs de revue scientifique

« Outre les biais potentiels au sein des études, notre analyse a également mis en évidence un fort risque de biais de publication », soulignent les chercheurs. « Les résultats de la méta-régression indiquent que les études portant sur de petits échantillons (OR = 6,68) ont rapporté une taille d’effet significativement plus importante que les études portant sur un grand échantillon (OR = 2,49) », poursuivent les auteurs, « Cela indique un biais de publication, les petites études qui ont rapporté des résultats nuls ou de petits effets n’ont pas été publiés ».

Des études (enfin) sérieuses sont nécessaires

Pour l’équipe menée par le Pr Gary Chan, l’importance du sujet mérite qu’il soit traité beaucoup plus sérieusement. « La politique en matière de tabac doit soigneusement équilibrer les intérêts et protéger la santé à la fois des fumeurs et des jeunes qui ne fument pas. Gonfler les effets du vapotage en tant qu’aide à l’arrêt du tabac ou son effet passerelle échouerait à atteindre cet objectif », alertent les chercheurs.

« Compte tenu des limites des études existantes que nous avons identifiées, l’estimation précise de l’effet causal du vapotage sur le tabagisme ultérieur chez l’adolescent nécessite des études longitudinales mieux conçues, incluant des échantillons représentatifs, de faibles taux d’attrition et un ajustement complet des facteurs de confusion. Une période de suivi plus longue serait également bénéfique pour évaluer les résultats à plus long terme, tels que le tabagisme persistant, plutôt que l’expérimentation. »

Le SCHEER incapable de tenir compte de ce travail

« Bien que les preuves actuelles de l’ampleur de l’effet de passerelle ne sont pas concluantes, les preuves sont insuffisantes pour écarter complètement l’existence de cet effet », soulignent les auteurs.

Le bilan sur la mauvaise qualité des études est cinglant. Pourtant, cela n’a pas empêché le Comité scientifique de la Commission européenne SCHEER de les prendre pour référence dans son rapport sur le vapotage en préambule de la révision de la directive TPD. Après la révision de sa version préliminaire, le SCHEER a intégré la référence à cette méta-analyse de l’Université du Queensland dans son rapport final, mais sans véritablement en prendre la mesure. Le commentaire du SCHEER donne l'impression qu'il n'en a lu que l'abstract. 

Malgré l'avertissement des auteurs de l’Université de Queensland, l’analyse scientifique du comité de la Commission européenne a échoué à évaluer de manière sérieuse le sujet. Cette incompétence, engendrée par un manque de rigueur, de la fainéantise et d’énormes biais idéologiques, risque fortement de produire une politique défaillante à protéger la population dans l'Union européenne. 

Référence : Chan, G. C. K.Stjepanović, D.Lim, C.Sun, T.Shanmuga Anandan, A.Connor, J. P.Gartner, C.Hall, W. D., and Leung, J. (2021Gateway or common liability? A systematic review and meta-analysis of studies of adolescent e-cigarette use and future smoking initiationAddiction116743– 756https://doi.org/10.1111/add.15246.

lundi 21 juin 2021

Le Journal of Health Communication propose de traiter les vapoteurs de sous-hommes


Traiter les vapoteurs d'êtres inférieurs. Cette publication n’a rien d’un hasard. L’article est rédigé par Ma Rong, de l’Université d’Indianapolis, et Ma Zexin, de l’Université du Michigan. Les deux universitaires américaines travaillent aux départements de science de la communication et journalisme de leurs institutions. Leur papier a été relu et corrigé par des pairs avant que sa publication ne soit acceptée par le Journal of Health Communication, dont l’éditeur en chef est Scott Ratzan, spécialiste en communication de santé de New York. 

Le titre de l’article fait figure de programme politique : « Que se passe-t-il si je vous dis que les utilisateurs de cigarettes électroniques sont inférieurs? Une enquête sur la menace de l’identité sociale dans les messages de santé ».

Storytelling pour la dévalorisation du soi 

« Cette étude a examiné comment menacer l’identité des utilisateurs de vapotage à travers un récit », expliquent Ma Rong et Ma Zexin. « S’appuyant sur la littérature sur la menace de l’identité sociale », les deux universitaires ont organisé une expérience sur 395 vapoteurs. « Nous avons testé une nouvelle approche pour persuader les personnes de réduire leur usage de vape : attaquer leur identité sociale dans un message de santé basé sur un récit narratif ».

« Les résultats démontrent qu’un message menaçant l’identité peut influencer le contrôle comportemental perçu des utilisateurs de vapotage pour réduire l’utilisation de vape par deux voies. Tout d’abord, attaquer l’identité des utilisateurs de vape a conduit à la perception d’une menace » et « l’accent mis sur l’identité des caractères a modéré l’effet de la menace identitaire ».

Les deux chercheuses estiment que leur « étude fournit la preuve que menacer l’identité des utilisateurs de vapotage est une nouvelle stratégie prometteuse pour persuader les vapoteurs de changer leur comportement, mais seulement pour ceux qui lisent un récit où il y a un utilisateur faiblement identifié »

Conter un sous-homme générique

Elles conseillent donc à la propagande contre la réduction des risques des campagnes utilisant « un personnage d’histoire qui met peu l’accent sur leur identité en tant que vapoteur avant de présenter le message menaçant l’identité. De cette façon, le caractère faiblement identifié peut être considéré comme un exemple ». On a du mal à voir ce qu’il y a réellement de nouveau par rapport aux vieilles stratégies de propagandes discriminatoires créant un personnage générique sur lequel projeter les fantasmes négatifs. 

Ce qui paraît actuel est le sentiment de supériorité décomplexé du camp anti-réduction des risques. Le climat de haine contre les personnes qui arrêtent de fumer à l’aide de la vape est tel aux États-Unis, que les deux chercheuses se sentent habilitées sans honte à proposer des campagnes de storytelling pour traiter les vapoteurs d’êtres « inférieurs »

vendredi 18 juin 2021

The Slander Factory: le BMJ censure le droit de réponse du Dr Farsalinos


Cela ressemble à une exécution sommaire. Sans que l’accusé n'ait même la possibilité de se défendre d’accusations qu’il conteste radicalement. Pour se défendre, le Dr Konstantinos Farsalinos a dû utiliser la plateforme Qeios pour publier sa réponse face aux accusations. La revue BMJ a publié le 2 juin un nouvel article de Stéphane Horel, du Monde, et Ties Keyzer, d’Investigative Desk, intitulé « Covid-19 : comment les défenseurs de la réduction des risques et l’industrie du tabac capitalisent sur la pandémie pour promouvoir la nicotine »

Les deux journalistes y réitèrent, entre autres, plusieurs accusations que le Dr Konstantinos Farsalinos avait déjà démenties. Le scientifique grec étudie la possibilité de poursuites judiciaires, « selon les coûts qu’elles représenteront », précise-t-il dans une allocution en vidéo au Global Forum on Nicotine 2021 diffusée ce 17 juin.

Dans sa présentation, le scientifique grec précise l’ensemble des échanges par emails en novembre 2020 avec les journalistes d’Investigative Desk. Dans leurs articles, les journalistes ont décidé d’ignorer les réponses du scientifique sur les faits qu’ils lui reprochent et de ne pas même évoquer ses contestations.

De même, « nous n’avons jamais évoqué la réduction des risques face au tabagisme dans ces échanges », précise le Dr Farsalinos en réaction au titre de l’article dans le BMJ. Il ajoute que ses « recherches sur la COVID-19 et le système cholinergique n’ont rien à voir avec la réduction des risques face au tabagisme ». On peut d'aillerus noter que d’autres cibles de l’article des deux journalistes, comme le neuroscientifique émérite Jean-Pierre Changeux, n’ont jamais fait de recherche ou évoqué les questions de réduction des risques.

Censure choisie des commentaires par le BMJ

Suivant une tactique déjà utilisée par la revue du même éditeur Tobacco Control, les commentaires critiques à l’article de la part de personnes sans lien direct ou indirect d’intérêts avec l’industrie du tabac sont rejetés sans explication par le BMJ. Y compris le mien. Et évidemment, celui de la principale victime de la cabale. L’effet pour le lecteur naïf est l’impression qu’il n’y a pas d’opposition à l’accusation. 

« Bien que j’aie soumis à plusieurs reprises une réponse à l’article du BMJ, rien n’a jamais été publié. De même, aucune de mes lettres aux médias qui publiaient des articles de journalistes d’Investigative Desk n’a été rendue publique par les médias », explique le Dr Farsalinos dans sa réponse publiée sur Qeios. 

Lien d’intérêts occulte du journaliste Ties Keyzer

Dans l’article lui-même, bien que ce soit un standard pour une revue scientifique comme le BMJ, le journaliste Ties Keyzer, d’Investigative Desk, ne déclare pas l’ensemble de ses conflits d’intérêts. Notamment le contrat de financement d’Investigative Desk par Bloomberg via l’Université de Bath. Comme relaté précédemment, ce contrat inclus une clause, totalement indigne d’être acceptée par un journaliste intègre, interdisant aux journalistes de mentionner être financés par l’affairiste américain. 

L’Université de Bath prétend que ce contrat ne concernait pas le financement de la campagne de calomnies contre le Dr Farsalinos. L’Université de Bath assure aussi que le financement du milliardaire Bloomberg via ses services n’a pas influencé les journalistes d’Investigative Desk. Une thèse plutôt surprenante sur l’absence d’influence d’un financement indirect occulte. Financement par un milliardaire connu pour ses méthodes de censure et de harcèlement contre les journalistes gênant ses affaires financières. 

Le BMJ censure la réponse du Dr Farsalinos 

Dans sa réponse publiée sur la plateforme Qeios, le Dr Farsalinos conteste plusieurs éléments factuels présentés par les deux journalistes dans le BMJ. En premier lieu, il rappelle qu’il est un associé externe non rémunéré et n’ayant bénéficié d’aucun avantage matériel du laboratoire d’immunologie de l’Université de Patras. « Cela m’exclut de tout conflit d’intérêts pertinent avec le Laboratoire et son directeur », précise le Dr Farsalinos. 

Ce fait s’oppose aux affirmations des deux journalistes, qui ne présentent aucun document à l’appui de leurs dires dans leurs articles. « Bien que les journalistes auraient pu vérifier ces informations de manière indépendante, en demandant à l’Université ou au Laboratoire, et qu’ils auraient dû fournir ces documents comme preuve de leurs affirmations », ajoute le Dr Farsalinos.

Le Dr Farsalinos rappelle aussi qu’il n’a jamais participé aux activités de NoSmoke, projet financé par la Foundation Smoke-Free World. Enfin, le scientifique souligne qu’il a déclaré ses liens d’intérêt pertinent. Il donne en exemple, le financement de l’association American E-Liquid Manufacturing Standards Association pour un projet de recherche en 2013, qui a été rapporté non seulement dans les publications concernées en 2014 et 2015, mais aussi dans plusieurs autres publications jusqu’en 2020.

« Les journalistes affirment que je ne présente pas mes conflits d’intérêts passés dans les études que je publie. Il s’agit d’une fausse allégation. Non seulement je rends compte de tous les conflits pertinents et du financement en toute transparence dans toutes mes publications, mais je les signale également pendant beaucoup plus longtemps que la période de 36 mois dictée par le Comité international des rédacteurs en chef de revues médicales », souligne Konstantinos Farsalinos dans sa réponse publiée sur Qeios.

Horel et Keyzer semblent ne pas savoir non plus lire une étude

L’article dans le BMJ a de quoi étonner aussi sur le volet scientifique. Horel et Keyzer affirment qu’il « a été depuis catégoriquement réfuté que le tabagisme protège contre le covid-19. Parmi d’autres études, l’ensemble de données OpenSafely, basé sur les dossiers de soins primaires de 17,3 millions d’adultes au Royaume-Uni, a révélé que le tabagisme, lorsqu’il est ajusté en fonction de l’âge et du sexe, était associé à une probabilité accrue de décès lié au covid-19 de 14 % »


Sauf que l’étude sur ces données publiée dans Nature en juillet montre que le risque pondéré pour les fumeurs est de 11 % moindre de mourir de Covid-19 que les jamais fumeurs. Tandis que les ex-fumeurs ont un surrisque de 19 %. 

« Le tabagisme actuel et ancien était associé à un risque plus élevé dans les modèles ajustés seulement en fonction de l’âge et du sexe, mais dans le modèle entièrement ajusté, le tabagisme actuel était associé à un risque plus faible (HR 0,89 entièrement ajusté (0,82-0,97)), ce qui concorde avec la prévalence plus faible que prévu du tabagisme observée dans des études précédentes chez des patients atteints de COVID-19 en Chine, France et aux États-Unis », expliquent les chercheurs de l’étude sur les données OpenSAFELY publiée dans Nature. 

Les deux journalistes ont donc tenté d’ajouter un habillage scientifique à leur réquisitoire. Cependant, même sur ce point ils ne peuvent s’empêcher de manipuler et déformer les faits, pourtant facilement compréhensibles et vérifiables. Les éditeurs de la revue BMJ auraient dû corriger aussi ses erreurs manifestes et grossières avant publication de l’article (ou plus simplement ne pas le publier ce torchon).

L’hypothèse du Dr Farsalinos concerne le système cholinergique

Les données véritablement présentées par Nature et celles d'autres études sont compatibles avec l’hypothèse articulée par le Dr Farsalinos d’un effet de la nicotine et d’autres agonistes cholinergiques. 

« Il convient de souligner que ni moi ni aucun autre chercheur rapportant des résultats similaires n’avons jamais suggéré que le tabagisme, l’un des facteurs de risque évitables les plus forts pour une pléthore de maladies, pourrait être utilisé pour la prévention ou le traitement de COVID-19. Au lieu de cela, il s’agit de preuves observationnelles indirectes qui, combinées à des expériences in silico et à des connaissances établies sur la voie anti-inflammatoire cholinergique, ont été utilisées pour générer une hypothèse sur une interaction potentielle entre le SARS-CoV-2 et le système cholinergique », Dr Farsalinos.

À en juger par le niveau scientifique des quelques articles ou documentaires de Stéphane Horel que j’ai lu ou vu, il me paraît très probable que la journaliste ne comprenne simplement pas le sujet de ces recherches.

Opération diffamation

Des accusations de conflits d’intérêts dénuées de preuves. Des citations de données d’études tordues et trompeuses. La censure de tout droit de réponse de l’incriminé, et d’autres critiques. Et une obsession d’amalgamer les « défenseurs de la réduction des risques » au lobby du tabac. Tout cela sans déclarer les financements occultes et scellés sous la clause du secret avec un des milliardaires les plus riches de la planète. Obtenir la tête d’un des chercheurs les plus pointus sur la réduction des risques face au tabagisme est visiblement une opération prioritaire. 

Disclaimer: J’ai moi-même été diffamé de manière mensongère par Ayush Joshi, chercheur de l’Université de Bath, dans une présentation publique au congrès ECToH de Berlin en février 2020. L’Université de Bath n’a jamais présenté d’excuse ni publié de démenti malgré mes demandes et le préjudice causé.

Allocution du Dr Farsalinos au GFN 2021 disponible à https://www.youtube.com/embed/M5rAWB75Ui8  


mercredi 16 juin 2021

Consultation de l'UE pour des taxes sur la vape jusqu'au 22 juin : ma contribution


On peut y répondre jusqu'au 22 juin en quelques minutes. Pour la troisième fois, la Commission européenne a ouvert une consultation publique sur un projet de révision de la directive des taxes du tabac (TED) dans laquelle elle propose de taxer le vapotage. 

Lien vers la Consultation publique de la Commission européenne

Le Conseil Européen a donné son feu vert à ce projet le 2 juin 2020. Dans la consultation, la Commission propose à la question 23 une taxe de 3€/10 ml ou de 1€/10 ml ou nulle contre le vapotage. Les deux précédentes consultations, en 2016 et 2018, avaient vu plus de 89% des participants s'opposer au principe de taxer le vapotage comme un produit du tabac. 

"Cette consultation publique s’adresse à toutes les parties prenantes: les citoyens, les entreprises, les associations représentatives et les autorités publiques des États membres (ministères des finances, autorités fiscales et sanitaires), les universitaires, les chercheurs et les organisations non gouvernementales", site de la Commission européenne.

On peut ajouter des commentaires aux réponses à la Consultation, et à la fin une pièce jointe. Voici le texte que j'ai soumis à la Commission: 

Une réduction des taxes sur la vape est nécessaire pour réduire le tabagisme

Le vapotage est devenu la principale aide pour arrêter de fumer dans la plupart des pays de l’Union Européenne (UE). En 2018, les fumeurs britanniques qui ont tenté d’arrêter de fumer étaient plus de 51 % à utiliser le vapotage pour s’aider, leurs homologues néerlandais plus de 43 %[1]. Tandis qu’en France plus du quart des tentatives d’arrêt se déroulaient à l’aide du vapotage en 2017[2]. À l’exception du cas de la Suède, seul pays de l’UE où la vente de snus est légale, les pays où le vapotage est le mieux développé sont ceux qui connaissent les baisses de tabagisme les plus impressionnantes ces dix dernières années.

La réduction du risque pour un fumeur de passer complètement au vapotage est d’au moins 95 %[3]. L’incertitude scientifique se tient dans cette fourchette de risque. Les études sérieuses en toxicologie montrent que la réduction du risque est probablement encore plus importante avec des produits encadrés tels qu’en Europe[4] [5] [6].

En France et au Royaume-Uni, où la directive européenne TPD est appliquée, les études de l’impact du vapotage sur les adolescents montrent une importante chute du tabagisme, accompagnée d’une large expérimentation du vapotage mais d’un usage fréquent extrêmement faible. En France, deux études montrent un effet de frein du vapotage face au tabagisme des adolescents.

Malgré la baisse de tabagisme liée à l’essor du vapotage, fumer reste toujours la principale cause évitable de maladies dans les pays de l’Union européenne.

Dans ces conditions, il est difficile de comprendre le projet du Conseil européen d’introduire une taxe punitive contre les personnes utilisant un moyen de réduction des risques tel que le vapotage. Les conséquences en seraient manifestement négatives sur les plans sanitaire, social et économique pour les populations des pays de l’UE.

Élasticité croisée entre vapotage et cigarettes

Une étude du NBER, dans le contexte américain, montre une élasticité de 0,41 pour le vapotage, et une élasticité croisée de 0,14 en faveur des cigarettes. Autrement dit, une augmentation de 10 % du prix des produits de vape provoquerait une baisse de 4,1 % de leurs ventes et une augmentation concomitante des ventes de produits de tabac de 1,4 %[7].

En appliquant ces résultats aux scénarios proposés par la Commission européenne dans son questionnaire :

  •         Une hausse de € 1/10 ml, soit une hausse d’environ 15 % du prix des e-liquides (sous forme de fiole de 10 ml avec nicotine), ferait probablement augmenter les ventes de cigarettes de plus de 2 % à l’échelle européenne.
  •          Une hausse de 3 €, soit une augmentation d’environ 50 % du prix des e-liquides (sous forme de fiole de 10 ml avec nicotine), ferait probablement augmenter les ventes de cigarettes dans l’UE de 7 %.

Les reports d’achat d’un vapotage surtaxé vers les cigarettes concerneraient en partie des vapoteurs ex-fumeurs ne pouvant supporter l’augmentation du coût de l’alternative à risque réduit et qui retourneraient au tabagisme, et en partie une augmentation de consommation de cigarettes pour des vapoteurs qui fument encore (‘doubles utilisateurs’).

Le coût dissuade les fumeurs de passer à des options de réduction des risques

Au dernier trimestre 2020, l’European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA), qui regroupe 22 associations européennes de défense d’usagers de produits de nicotine à risque réduit, a mené une enquête, à laquelle j’ai participé comme coordinateur. Plus de 35 000 utilisateurs de nicotine résidents dans l’UE ont répondu[8]. Les résultats montrent sur ce sujet que :

  •          Plus de 67 % des fumeurs désirent arrêter de fumer.
  •           Mais un quart (24,3 %) des fumeurs qui veulent arrêter disent en être actuellement dissuadés par le prix élevé des alternatives à moindre risque.
  •           Dans les 12 pays de l’UE ayant déjà introduit une taxe sur la vape, la part des fumeurs qui veulent arrêter, mais en sont empêchés par le prix élevé des alternatives à risque réduit se monte à 34,5 %.
  •           Dans les trois pays ayant introduit une taxe sur la vape à plus de € 2/10 ml — Portugal, Finlande et Estonie — la proportion de fumeurs qui veulent arrêter, mais sont bloqués par le prix trop élevé des alternatives à risque réduit atteint 44.7 %.

Ces données montrent très clairement que l’augmentation des prix provoquée par des taxes sur la vape bloque la sortie du tabagisme pour une plus grande part des fumeurs motivés à arrêter de fumer.  

Les risques sociaux, sanitaires et économiques d’une taxe contre la vape

Parmi les plus de 27 000 utilisateurs actuels de vapotage de l’enquête de l’ETHRA, en cas de taxe élevée sur la vape :

  •          Plus de 60 % disent qu’ils se tourneraient vers des sources alternatives au marché légal,
  •           28 % des vapoteurs craignent de recommencer de fumer ou de fumer plus à cause de la taxe sur la vape.

Dans notre enquête, les vapoteurs des trois pays les plus répressifs anti-réduction des risques — Finlande, Hongrie et Estonie — sont une majorité (55 %) à ne pas utiliser uniquement le marché légal local pour obtenir leur produit de vapotage. Alors que dans les pays sans taxe sur le vapotage, les achats à l’étranger (6 %), légaux dans la plupart de ces pays, ou sur les marchés parallèles (1 %) ne concernent qu’une part minime des utilisateurs.

Une taxe sur la vape repousserait des vapoteurs dans le tabagisme

Il ressort de ces éléments sur l’élasticité croisée entre vapotage et cigarettes et de l’enquête de l’ETHRA, que l’on peut estimer qu’une taxe sur le vapotage imposée à toute l’UE repousserait une part considérable de vapoteurs qui ont arrêté de fumer vers le tabagisme.

L’impact sur les vapoteurs qui fument aussi (‘doubles utilisateurs’) serait une augmentation de leur consommation de cigarettes en compensation de la réduction de vapotage suite à son renchérissement. La baisse de consommation de cigarettes est un facteur favorisant l’arrêt tabagique à terme, une augmentation de la consommation de cigarettes imposée par le renchérissement du vapotage réduirait leur chance de sortir du tabagisme.

À côté de ce retour forcé au tabac fumé, il est prévisible que la majeure partie des vapoteurs persistants utilisent au moins partiellement des canaux parallèles au marché légal pour éviter les taxes punitives.

Une évaluation d’impact préalable à une décision sur ce dossier devrait tenir compte de ces effets et de leurs coûts pour les collectivités.

Réduire la TVA sur la vape

À l’opposé des propositions de la Commission européenne, le Royal College of Physicians britannique invite à réserver une TVA à faible taux (à 5 %) au vapotage pour soutenir la sortie du tabagisme des fumeurs[9].

« La forte relation entre le tabagisme et la pauvreté fait que l'augmentation des taxes sur le tabac est régressive (…). Pour cette seule raison, il est essentiel que les augmentations de taxes soient combinées à des mesures permettant aux fumeurs d'arrêter de fumer aussi facilement que possible, par exemple par la mise en place systématique d'une aide à l'arrêt du tabac dans tous les services du NHS, et en encourageant activement l'adoption d'alternatives au tabac telles que le vapotage.

Afin d'inciter et de signaler l'importance de la substitution du tabac par des formes de nicotine moins nocives, le niveau de taxation appliqué aux produits nicotiniques sans tabac devrait être proportionnel à leur nocivité par rapport au tabac. À cette fin, toute taxe sur les produits de nicotine médicaux devrait être supprimée et la taxe (TVA) sur les cigarettes électroniques réduite », Royal College of Physicians UK, 2021.

Taxer la réduction des risques est antisocial

Le tabagisme frappe particulièrement les classes défavorisées. « Les inégalités socioéconomiques dans les taux d’abandon du tabac ont fortement augmenté depuis les années 1990 et au cours des années 2000. Cela donne à penser que les politiques de lutte contre le tabagisme mises en œuvre au cours des années 2000 n’ont pas été en mesure de contrer la tendance à l’accroissement des inégalités », conclue l’étude sur l’évolution des inégalités socio-économiques dans l’arrêt tabagique dans 11 pays européens de 1987 à 2012, parue dans le Journal of Epidemiology and Community Health en 2015[10].

Comme l’étude de Frances Thirlway le montre dans le contexte anglais[11], le coût est un élément clef déterminant pour favoriser un passage à un moyen de réduction des risques pour les fumeurs des classes populaires. Dans l’enquête de l’ETHRA, 65 % des vapoteurs actuels ont jugé la réduction des coûts par rapport à fumer une raison importante pour leur adoption du moyen de réduction des risques.

Suivre la proposition du Royal College of Physicians d’abaisser la TVA et imposer l’absence de taxe supplémentaire sur les produits de vapotage pourrait permettre jusqu’à un quart des fumeurs européens motivés à arrêter d’avoir un accès à un prix plus abordable à une aide efficace dans cet objectif, selon les résultats de l’enquête de l’ETHRA auprès de plus de 35 000 consommateurs de nicotine européens.

Un choix politique entre progrès et régression

Au printemps 2021, l’Estonie a suspendu sa taxe sur la vape en raison des effets délétères sociaux et sanitaires qu’elle a provoqués. Dans les pays ayant introduit une taxe contre la vape, il est choquant que des ex-fumeurs soient forcés de s’en remettre au marché noir pour rester non-fumeurs, et que des fumeurs désirant arrêter de fumer et réduire les méfaits sur leur santé en soient empêchés par des mesures contre les alternatives à risque réduit, tandis que le tabac à fumer se trouve en vente libre dans toute l’Union européenne.

Une introduction de taxe punitive contre le vapotage provoquerait à l’échelle européenne :

  •  Des méfaits sanitaires, en poussant des ex-fumeurs à recommencer de fumer et en empêchant des fumeurs de s’aider de la vape pour arrêter de fumer.
  •  Des méfaits sociaux, en défavorisant les groupes sociaux les plus démunis qui sont déjà doublement frappés par le tabagisme et la plus grande difficulté de s’en sortir liée à leur situation socio-économique.
  •  Des méfaits économiques, sociaux et sanitaires en poussant une part importante de consommateurs vers des sources parallèles sans contrôle au détriment des filières établies et sérieuses actuelles.
  • Des méfaits politiques en renforçant le sentiment de la population de mesures contraires à l’intérêt général décidées par les autorités européennes.   

A contrario, un plafond maximum de 0 % de taxe sur le vapotage pour tout pays n’ayant pas atteint un taux de tabagisme inférieur à 5 % de sa population, accompagnée d’un taux préférentiel bas de TVA sur les produits de vapotage, permettrait d’accélérer la baisse du tabagisme en Europe, réduisant ainsi le poids des maladies évitables pour la population. Une telle mesure incitative pour sortir du tabagisme à l’aide de produit de réduction des risques pourrait aider jusqu’à un quart des fumeurs qui déclarent désirer arrêter de fumer.

Les éléments du choix politique sur ce dossier sont relativement clairs et simples. Soit l’UE introduit une logique punitive par la taxe des ex-fumeurs ou des fumeurs essayant d’arrêter de fumer et maintient artificiellement le tabagisme et son cortège de maladies évitables. Soit l’UE opte pour une stratégie cohérente d’accompagnement de la sortie de masse du tabagisme en incitant les fumeurs à passer à des produits de nicotine à faible risque, tel que le vapotage.

Il est extrêmement regrettable que le choix politique le plus sain pour la population européenne n’a pas été intégré à la consultation publique de la Commission. Espérons que les éléments du dossier soient malgré cela présentés convenablement au Conseil européen.

Poirson Philippe

Sans lien d’intérêts financiers avec aucune industrie ou commerce

Intérêt existentiel à la réduction des risques suite à mon arrêt tabagique grâce à la vape en 2014

Membre à titre bénévole du comité de Sovape, association à but non lucratif en faveur du dialogue sur la réduction des risques face au tabagisme.


[1] Hummel K, Nagelhout GE, Fong GT, et al. Quitting activity and use of cessation assistance reported by smokers in eight European countries: Findings from the EUREST-PLUS ITC Europe Surveys. Tob Induc Dis. 2018;16(Suppl 2):A6. doi:10.18332/tid/98912 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6659556/

[2] Pasquereau A, Quatremère G, Guignard R, Andler R, Verrier F, Pourchez J, Richard JB, NguyenThanh V et le groupe Baromètre de Santé publique France 2017. Baromètre de Santé publique France 2017. Usage de la cigarette électronique, tabagisme et opinions des 1875 ans. SaintMaurice : Santé publique France, 2019. https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/tabac/documents/enquetes-etudes/barometre-de-sante-publique-france-2017.-usage-de-la-cigarette-electronique-tabagisme-et-opinions-des-18-75-ans

[3] McNeill A, Brose LS, Calder R, Bauld L & Robson D (2018). Evidence review of e-cigarettes and heated tobacco products 2018. A report commissioned by Public Health England. London: Public Health England. https://www.gov.uk/government/publications/e-cigarettes-and-heated-tobacco-products-evidence-review/evidence-review-of-e-cigarettes-and-heated-tobacco-products-2018-executive-summary

[4] Shahab L, Goniewicz ML, Blount BC, et al. Nicotine, carcinogen, and toxin exposure in long-Term e-cigarette and nicotine replacement therapy users. Ann Intern Med 2017;166 (6):390–400. https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M16-1107  

[5] Romain Dusautoir, Gianni Zarcone, Marie Verriele, Guillaume Garçon, Isabelle Fronval, Nicolas Beauval, Delphine Allorge, Véronique Riffault, Nadine Locoge, Jean-Marc Lo-Guidice, Sébastien Anthérieu : Comparison of the chemical composition of aerosols from heated tobacco products, electronic cigarettes and tobacco cigarettes and their toxic impacts on the human bronchial epithelial BEAS-2B cells, Journal of Hazardous Materials, Volume 401, 2021, https://doi.org/10.1016/j.jhazmat.2020.123417

[6] Sans détailler la médiocrité de son travail scientifique, notons que le rapport du SCHEER n’a évalué les risques du vapotage que par rapport à son usage par des non-fumeurs, selon le mandat que lui a imposé la Commission européenne. Le vapotage étant utilisé à 99% par des fumeurs ou ex-fumeurs, ses conclusions sont sans pertinence pour la population adulte. Des interdictions de vente aux mineurs sont en vigueur dans tous les pays de l’UE.

[7] Cotti et al., The Effects of E-Cigarette Taxes on E-Cigarette Prices and Tobacco Product Sales: Evidence from Retail Panel Data, NBER, april 2021, DOI 10.3386/w26724. https://www.nber.org/papers/w26724

[9] Royal College of Physicians. Smoking and health 2021: a coming of age for tobacco control? London: RCP, 2021. https://www.rcplondon.ac.uk/projects/outputs/smoking-and-health-2021-coming-age-tobacco-control

[10] Bosdriesz JR, Willemsen MC, Stronks K, et al.: Socioeconomic inequalities in smoking cessation in 11 European countries from 1987 to 2012. J Epidemiol Community Health 2015;69:886-892. https://jech.bmj.com/content/69/9/886

[11] Thirlway, Frances, Nicotine addiction as a moral problem: Barriers to e-cigarette use for smoking cessation in two working-class areas in Northern England; Social Science & Medicine, Vol. 238, 2019. DOI: 10.1016/j.socscimed.2019.112498 https://doi.org/10.1016/j.socscimed.2019.112498

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