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dimanche 15 septembre 2019

Simple erreur ou mensonge délibéré: la RTS corrigera t-elle son sujet sur le vapotage du 5 septembre? (MàJ)

Le reportage a le ton de l'angoisse. Et pour cause, il s'agit d'empoisonnements pulmonaires et de décès. Le 5 septembre, le journal télévisé de la RTS traite le sujet des "malades liés au vapotage" aux Etats-Unis. A aucun moment, le fait que les victimes ont consommé des liquides frelatés et illicites au THC provenant du marché noir n'est évoqué. Au contraire, le sujet rend sensible le problème en présentant Adam Hergenreder comme rendu malade à cause de son vapotage de Juul depuis un an. Sauf que la version de la RTS diffère sensiblement de l'interview original par CBS.

Les mêmes images mais deux histoires contradictoires sur CBS et la RTS

Le jeune homme de 18 ans de l'Illinois a été hospitalisé et placé temporairement sous respiration artificielle. Le commentateur de la RTS affirme que la maladie pulmonaire du jeune homme fait suite à sa consommation de vapotage de la marque Juul depuis un an. En fait, Adam Hergenreder vapote depuis deux ans, sans problème précédemment. Mais il surtout reconnait à CBS News avoir aussi consommé des produits illégaux de vape au THC les mois précédents sa crise de détresse respiratoire. "Je les ai eu auprès d'une sorte de dealer de drogues", explique t-il à CBS.

Le sujet de la chaîne américaine montre clairement que le problème est très probablement lié à un additif huileux à la vitamine E des liquides illégaux, utilisé par les dealers pour tromper leurs clients sur la qualité de leur marchandise. De son côté, la RTS a utilisé les mêmes images et éléments de l'interview, mais en coupant tous les passages concernant les produits illégaux impliqués dans l'empoisonnement du jeune homme. Celui ressemble fort à une 'Patrick Poivre d'Arvor': le traficotage d'un interview pour induire en erreur l'auditeur. Mais peut-être n'est-ce qu'une erreur que la RTS va corriger? [MàJ: Voir réponse du 19H30 ajoutée en fin d'article...]


Le reportage de CBS News du 5 septembre se trouve en ligne:
Celui de la RTS de la même date:

La politique du pire

Est-il besoin de préciser que l'interdiction de vente de liquides aromatisés que promeut le reportage de la RTS n'aura aucun effet sur les produits frelatés du marché noir, tels que celui consommé par Adam Hergenreder? Probablement, puisque la chaîne de télévision d'Etat n'a pas jugé opportun de le signaler au public romand.

Pire, si on prend quelques secondes de réflexion, on peut craindre qu'une prohibition empire la crise. "Si la plupart des produits de vapotage se retrouvent interdits aux États-Unis, alors les fumeurs retourneront au tabac et, pour ceux qui ne le feront pas, la demande pour des produits au marché noir va augmenter. Un marché illicite florissant est beaucoup plus susceptible de nuire à la santé", estime la Pr Linda Bauld, spécialiste de renommée mondiale sur le tabac de l'Université d'Edimbourgh, sur le site gouvernemental Science Media Centre.

Et le pire de la politicaillerie

Ce lundi, le Conseil des Etats va se prononcer sur le projet de loi tabac (LPTab), dont l'objet principal est d'entraver le vapotage par diverses restrictions. Avec un milliards de Fs par an de vente de tabac pour les cigarettiers, autant pour les vendeurs (kiosques et chaînes grande distribution), trois milliards de médicaments vendus aux fumeurs tombés malades, 2,5 milliards de taxes récoltées et 7 milliards de rentes AVS économisés sur les fumeurs morts prématurément, le dossier pèse lourd. Trop peut-être pour que la RTS offre une information honnête au public sur le sujet de la réduction des risques et du vapotage. Déontologie, honnêteté, tout ça...

16-09-19 à 11h : Le compte tweeter du journal télé 19h30 de la RTS a répondu :




samedi 14 septembre 2019

Spécial JIM - Accidents aux USA avec des produits frelatés: les infos qu'on trouve si on cherche

Ce matin, le Journal International de Médecine (JIM) m'étrille, en la bonne compagnie du Docteur et blogueur Jean-Yves Nau. "Vapolitique (...) n’a pour l’heure pas proposé d’informations complémentaires (voire de rectifications)", pique Aurélie Haroche sur le dossier des décès et malades aux Etats-Unis, liés selon mes informations à des produits frelatés de vapotage. Ce dont semble douter la journaliste spécialisée. Peut-être est-ce une réaction personnelle, mais il me semble étrange de pointer les éventuelles lacunes d'un blog d'un bénévole - en l'accusant à la fois de ne pas avoir publier de nouveau billet sur le sujet et de "matraquer" une information (sic!) -, sans questionner les défaillances d'information des médias professionnels et des autorités sanitaires.

Des faits

Je maintiens que l'AFP a caché au public francophone que dés le 25 juillet, le frère de la première victime décédée avait révélé devant les caméras de Fox6 qu'il utilisait des produits frelatés du marché noir. Cette omission est clairement de la désinformation. Et Aurélie Haroche ne présente aucun élément invalidant cette catastrophe de santé publique que représente la désinformation sensationnaliste des médias mainstreams français sur ce dossier, à l'exception heureuse de Libération.

Mais surtout, depuis mon dernier billet sur le sujet, rien de crédible et pertinent n'a invalidé que la source des accidents est liée à des produits frelatés de vape avec THC provenant du marché noir. Le 9 septembre, la Food and Drug Administration (FDA) a d'ailleurs publié un avertissement aux "consommateurs pour qu'ils prennent soin d'eux-mêmes en évitant les produits de vape au THC" qui au niveau fédéral sont illégaux.

Le Département de Santé de l'Etat de New-York avait précédemment laissé fuiter que les malades avaient pour la quasi-totalité reconnu avoir consommé des produits illicites de vape au THC du marché noir, puis a précisé qu'un additif huileux de vitamine E était probablement en cause, dans la Washington Post. A noter que plusieurs des malades qui n'avaient dans un premier temps pas osé "avouer" avoir consommé ce type de produits illégaux, l'ont ensuite reconnu.

Un peu de logique face à l'idiocracie peut-être ? 

Mais en plus des éléments factuels sur les cas, une réflexion assez simple sur la survenue de problèmes concentrés dans un laps de temps très court par rapport à un produit utilisé depuis 2003 suffit. Le 5 septembre sur son blog, le Dr Konstantinos Farsalinos a présenté l'hypothèse de faire comme si nous ne savions rien de l'usage de liquides frelatés du marché noir par les malades. "Alors, utilisons des principes d'épidémiologie simples pour comprendre l'épidémie récente", précise t-il avant de rappeler que, populaire depuis 2009, le vapotage est utilisé aux Etats-Unis par environ 10 millions de personnes, âgées en moyenne d'environ 40 ans, sans vague de problèmes sanitaires.

"Les autorités [américaines] ont précisé qu'il s'agit de cas aigus. Bien que divers médias aient présenté cette maladie comme une mystérieuse maladie pulmonaire, il s'agit en fait d'un empoisonnement des poumons qui se traduit cliniquement par une insuffisance respiratoire grave", explique t-il. "Ces cas ne sont pas liés à des produits de vapotage disponibles depuis des années aux États-Unis et sur le marché mondial. Cela n'a absolument aucun sens que les mêmes produits qui ont été utilisés pendant des années par des millions de personnes et qui n'ont jamais provoqué d'épidémie soient la cause aujourd'hui d'une maladie aiguë ", ajoute t-il, "ces cas ne sont pas liés à des produits qui sont généralement utilisés par le vapoteur lambda. Aux États-Unis, l'âge moyen des vapoteurs adultes est différent de celui des adultes ayant souffert de cette affection aiguë".

Enfin, la soudaineté de la vague de malades indique que "ces cas sont liés à la sortie récente de nouveaux produits (qui n'étaient pas disponibles sur le marché auparavant), à une modification récente de la composition de produits précédemment disponibles sur le marché, ou à un problème récent de processus de fabrication ou de matériaux de produits qui étaient auparavant disponibles sur le marché". Le Dr Farsalinos déplore que "ces conclusions, dérivées de l'application de principes d'épidémiologie simples, ont été largement ignorées par la plupart des autorités, des régulateurs et des scientifiques. Au lieu de cela, nous assistons à une campagne persistante, frénétique et sans précédent contre la vapotage classique, (...) si intense et si injustifiée du point de vue épidémiologique qu’elle dépasse la définition du biais de confirmation".

Se documenter ou hurler pour vendre de la peur? 

Mais le Dr Konstantinos Farsalinos n'est le seul, d'autres experts médicaux reconnus soulignent la source frelatée des produits en cause. Même des français. Le Dr Bertrand Dautzenberg, pneumologue un peu connu en France, a insisté à plusieurs reprises, notamment sur Europe 1 et lors d'un débat sur France 24 où il confirme l'information de Sébastien Beziau représentant de l'association Sovape. Mes lecteurs en ont déjà probablement pris connaissance, mais insistons pour le JIM au cas où le journal disposerait d'une connexion internet (?) : la Dre Marion Adler a également expliqué très clairement les choses sur France Culture, tout comme Jacques Le Houezec dans Ouest-France, et le Dr Gerard Mathern sur RTL. Ainsi que le Pr Antoine Flahault, de l'Institut de Santé Globale de l'université de Genève, dans les Echos où il rappelle l'histoire du concombre espagnol

Du côté britannique, les autorités de santé, qui cultivent un sens de la responsabilité un peu plus élevé que leurs homologues européennes, ont communiqué officiellement sur le sujet. "Notre conseil sur le vapotage reste inchangé: le vapotage n'est pas totalement sans risque mais il est beaucoup moins nocif que de fumer. Il n'y a aucune situation dans laquelle il serait mieux pour votre santé de continuer de fumer plutôt que de passer complètement au vapotage", précise le Public Health England. Certes, il faut lire l'anglais (peut-être le JIM pourrait-il se doter d'un outil de traduction online ?) :

Sur le site gouvernemental Science Media Centre, la Pr Linda Bauld, de l'Université d'Edimbourgh, et le Dr Lion Shahab, de l'University College London, reviennent sur le sujet. Soulignons l'avertissement de l'expérimentée Linda Bauld sur l'effet pervers que pourrait avoir une prohibition des arômes de vapotage. "Ce qui me préoccupe, c'est que si la plupart des produits de vapotage se retrouvent interdits aux États-Unis, alors les fumeurs retourneront au tabac et, pour ceux qui ne le feront pas, la demande pour des produits au marché noir va augmenter. Un marché illicite florissant est beaucoup plus susceptible de nuire à la santé que de rechercher une réglementation proportionnée du type que nous visons en Europe".

JIM, vous allez me donner combien pour faire votre taf ? 

En bref, à moins d'être dans une tour d'ivoire imperméable, il est difficile aujourd'hui de ne pas savoir que mes indications datant de deux semaines sur l'origine par des produits frelatés du marché noir des problèmes survenus aux Etats-Unis sont confirmées par les experts compétents sur le sujet.

Je me dois de préciser que ma première hypothèse, présentée comme telle, sur le rôle du fongicide Myclobutanil semble s'effacer pour une plus probable source lipidique, liée à un additif de vitamine E ajouté par les dealers pour tromper les clients sur la qualité en concentration de cannabis des produits. Leafly, site spécialisé sur le cannabis, fait un point éclairant et assez complet sur le problème.

Pour information, les forces de police du Wisconsin ont arrêté le 5 septembre deux suspects pour la vente des produits frelatés en cause.

Honnêtement, je devrais facturer ce blog au JIM pour faire le boulot de documentation qu'ils ne font pas eux-mêmes pour leurs lecteurs.

add 17h30 : Ce tweet du Pr Micheal Siegel confirme qu'aux Etats-Unis, les parties concernées du domaine du cannabis agissent plus promptement que les autorités préférant viser une prohibition du vapotage non cannabique
add 18h: j'ai oublié de mettre en lien cet article d'hier de la Royal Society of Chemistry britannique qui fait le point également sur le sujet: Deaths from vaping-linked lung disease in US connected to vitamin E additive

add 22h: puisque j'en suis à faire la documentation... le Gouverneur de l'Etat de New-York a délivré des mandat de comparution pour trois entreprises commercialisant les fameux additifs huileux à la vitamine E, selon le Washington Post du 9 septembre:
https://www.washingtonpost.com/health/2019/09/09/new-york-subpoena-firms-selling-substances-linked-illicit-vaping-products/?arc404=true



mercredi 11 septembre 2019

Le Lancet publie une réfutation de la position anti-vape de l'OMS

"La nicotine sans la fumée: combattre l'épidémie tabagique avec la réduction des risques". C'est l'intitulé d'un article de quatre spécialistes de la lutte anti-tabac publié en open-access le 31 août dans le Lancet, revue scientifique pourtant connue pour ses positions conservatrices sur le sujet. Ils contestent avec force argumentation la ligne anti-réduction des risques pour laquelle l'Organisation Mondiale de la santé a opté dans son dernier rapport sponsorisé par le milliardaire Michael Bloomberg. "Le potentiel du vapotage est qu’il combine une efficacité élevée avec une large adoption par le public. Le dernier rapport de l'OMS est une occasion manquée d'adopter l'innovation et d'exploiter le potentiel des solutions de remplacement du tabac à faible risque", déplorent les auteurs.

Chut!

Les médias maintreams, qui avaient pourtant largement diffusé cet été la position anti-vape du rapport Bloomberg de l'OMS, ont black-outé l'argumentaire signé de Robert Beaglehole, professeur émérite de l'Université d'Auckland spécialiste des maladies non-transmissibles, Ben Youdan, de l'organisation anti-tabac Action on Smoking and Health New Zealand (ASH-NZ), Ruth Bonita, professeure d'épidémiologie à l'Université d'Auckland et Clive Bates, ex-directeur de l'Action on Smoking and Heath britannique (ASH-UK).

L'approche Bloomberg de l'OMS est un échec annoncé

"Le dernier rapport de l’OMS sur l’épidémie mondiale de tabagisme souligne l’importance des meilleures aides de sevrage tabagique fondées sur un modèle de traitement médical. Malheureusement, cette approche a eu un impact limité au niveau de la population en raison de sa faible adoption, et contraste avec l'approche beaucoup plus prometteuse du sevrage tabagique dirigée par le consommateur et basée sur des alternatives plus sûres au tabac fumé", soulignent les spécialistes, notant qu'à peine 4 à 5% des tentatives de sevrage brut à la nicotine réussissent. Le produits pharmaceutiques ne font guère mieux et se sont révélées sans impact significatif après plusieurs décennies sur le marché.

"Il est difficile de défendre que le modèle pharmaceutique est la meilleure pratique alors qu'il y a de plus en plus de preuves que les personnes qui utilisent le vapotage pour cesser de fumer ont de meilleurs taux d'arrêt qu'avec les phamacothérapies", arguent les militants anti-tabac, avant de souligner la clef d'une nouvelle approche contre le tabagisme. "L’impact du vapotage sur la santé publique dépendra principalement de la volonté de plus en plus de fumeurs de changer de mode de consommation de nicotine plutôt que d’arrêter complètement de fumer. Le vapotage répond aux besoins de certains anciens fumeurs en substituant des aspects physiques, psychologiques, sociaux, culturels et à l'identité liés à la dépendance au tabac"

Opter pour une politique intelligente avec la réduction des risques

Outil efficace de substitution à la cigarette, l'adoption du vapotage par les fumeurs va dépendre de son accès et de l'information sur la réduction des risques. Les produits de vape réglementés de manière intelligente réduisent d'au moins 95% les risques par rapport à fumer. Des réglementations excessivement strictes, et a fortiori des prohibitions, telles que le recommande le rapport Bloomberg de l'OMS, poussent les usagers vers les cigarettes ou un marché noir de produits de vape hors contrôle. D'où des accidents liés à des produits de vapotage de THC du marché noir survenus aux Etats-Unis après la rédaction de l'article publié dans le Lancet.

"Invoquer le principe de précaution pour empêcher l'utilisation de produits sans fumée est injustifié face au fardeau énorme des produits du tabac fumé, qui sont disponibles de manière omniprésente", préviennent les auteurs, "la réponse politique aux produits sans fumée doit être différente des stratégies de lutte antitabac existantes, qui incluent des augmentations de taxes, des interdictions de la publicité pour les cigarettes et des restrictions en amont de l'offre"

Assimiler la vape au tabac, c'est protéger le bizness des cigarettes

"Au contraire, les priorités politiques pour les produits sans fumée devraient les exempter des taxes d'accise afin de maintenir une incitation fiscale à la permutation; les réguler plutôt que d'en interdire la commercialisation afin de permettre aux produits sans fumée de contester la domination de la cigarette; organiser des campagnes d'éducation du public sur la minimisation des méfaits; ne pas forcer les vapoteurs à partager des zones fumeurs; et encourager l'utilisation de produits sans fumée comme aide à la cessation tabagique", proposent les auteurs en opposition complète avec la ligne pharmaceutique du rapport Bloomberg de l'OMS.

Avant de déplorer en conclusion: "Il est décevant que dans son dernier rapport sur le tabac, l'OMS s'en tient à une orthodoxie dépassée lorsqu'elle pourrait adopter l'innovation. En assimilant les produits sans fumée à la cigarette, elle ne fait que protéger la mainmise du commerce de la cigarette sur les consommateurs mondiaux de nicotine et va annuler le potentiel de stratégies modernes de réduction des méfaits du tabac"

Depuis, le milliardaire Michael Bloomberg vient d'annoncer investir de nouveau 160 millions de dollars pour viser à faire interdire le vapotage, tandis que les cigarettes continueront de répandre goudrons, monoxyde de carbone et les maladies liées dans la population. Et des documents internes du Secrétariat anti-tabac de l'OMS révèlent la préparation d'une grande offensive anti-réduction des risques au niveau mondial à l'occasion de son prochain Sommet anti-tabac en Hollande en 2020.


dimanche 1 septembre 2019

Décès et hospitalisations aux USA: l'AFP rétracte sa désinformation frelatée sans le dire

Après plus d'un mois à occulter cette information, l'AFP a publié une brève précisant que le décès d'un jeune homme du Wisconsin et les cas d'hospitalisations sont liés à des liquides de vape du marché noir, notamment vendus pour contenir du THC. Cet élément a été passé sous silence dans les médias francophones, à l'exception du Vaping Post, bien qu'il était connu depuis fin juillet. Notamment à travers le témoignage le 25 juillet sur Fox 6 du frère de la personne décédée le 23 août à Milwaukee - voir notre article précédent -. Le nouvel article de l'AFP ne prend pour autant pas la peine d'expliquer qu'il invalide le matraquage de l'agence durant le mois d'août, qui a mis en cause la vape sans distinction en dépit de cette information déjà connue.

[Le tweet de l'AFP donne en lien de sa nouvelle brève l'article publié par le Nouvel Obs]

Le nouvel article échoue aussi à présenter clairement que les quelques 200 cas évoqués par le Center of Disease Control (CDC) n'ont que des symptômes en commun et pourraient pour certains n'avoir rien à voir entre eux. Autrement dit, en l'état on ne peut parler que de syndrome de détresse respiratoire, et non, comme l'ont fait l'AFP et les médias francophones, d'une maladie qui serait clairement établie bien que "mystérieuse" (sic!). Mais user d'un abus de langage est plus inquiétant pour le lecteur évidemment.

Information frelatée et hystérie artificielle

Ces dernières semaines, dans une confusion sensationnaliste, les articles de l'AFP ont déclenché dans les médias français et suisses une vague d'hystérie délirante contre le vapotage sans jamais préciser que le problème concernait des produits frelatés du marché noir hors de tout contrôle de qualité. On peut douter que les médias ayant diffusé peur et doute corrigent à présent leur désinformation précédente.

L'AFP elle-même n'a pas l’honnêteté de le dire clairement dans son nouvel article. Le préjudice pour la réduction des risques, le public, notamment les fumeurs manipulés, et les entreprises de vapotage établies est pourtant indéniable et grave comme l'a souligné Vap'You.

A l'origine du problème: la prohibition qui fait les affaires du marché noir

Le problème sanitaire aux Etats-Unis a été déclenché sur le marché noir de produits de vape prétendument au THC hors de tout contrôle de qualité. Les usagers se retrouvent poussés à recourir au marché noir par les restrictions légales contre le cannabis, ou des taxations rendant hors de prix l'accès aux produits légaux. Depuis près d'un an, les entreprises de cannabis légales alertaient sur la dangerosité de produits frelatés du marché noir, sans que les autorités ne réagissent.

Malgré le refus des autorités de santé américaines de communiquer l'analyse des produits utilisés par les personnes tombées malades, un faisceau de présomption oriente le problème vers deux hypothèses, soit de pneumopathie chimique, soit de pneumopathie lipidique.

Rester calme et s'informer à des sources dignes de confiance

En l'état, les informations les plus précises sur ce dossier se trouvent sur les sites américains spécialisés sur le cannabis, tels que Leafly, ou sur le vapotage, tels que Vaping 360 avec un article très complet. Les associations de réduction des risques telles que NORML California et Tobacco Harm Reduction for Life, ainsi que des acteurs de santé publique honnêtes, à l'image du Pr Michael Siegel de l'Université de Boston, ont informé sur les problèmes spécifiquement liés aux produits du marché noir.

Du côté des médias maintstream francophones, le sensationnalisme, le calcul d'intérêt politicien* ou commercial, ont été privilégiés à la déontologie en occultant l'information connue depuis plusieurs semaines de l'origine illégale du produit frelaté utilisé par le jeune homme décédé au Wisconsin.

* Au moment où des médias et politiciens suisses, voire vaudois, font campagne pour une loi tabac (LPTab) visant avant tout à empêcher les fumeurs de pouvoir passer au vapotage et arrêter de fumer...

vendredi 30 août 2019

USA: le fongicide Myclobutanil impliqué dans les intoxications des produits de vape au THC du marché noir?

Le 23 août est décédé un jeune homme du Wisconsin (USA) suite à un syndrome de détresse respiratoire l'ayant plongé dans le coma. Bien que les autorités sanitaires américaines font de la rétention d'informations, il est établi qu'il consommait des produits de vapotage prétendument au THC provenant du marché noir. Le 25 juillet, son frère a témoigné devant les caméras de FOX 6 Milwaukee (*) montrant un produit Dank Vape, une marque illégale de produits prétendument au THC comme l'a établi le site Inverse. Une association de drug checking, Doja App, avait déjà alerté fin juin sur le taux élevé du fongicide Myclobutanil dans un des produits de cette marque illégale. Le Myclobutanil en chauffant dégage du cyanure d'hydrogène, un gaz ultra-toxique potentiellement mortel en petite quantité. 

Autorités irresponsables

Le cannabis étant très sensible aux champignons, il est plausible que ce fongicide ait été utilisé par des producteurs indélicats et peu expérimentés. La rétention d'information des responsables du Center Disease Control (CDC) et de la Food and Drug Adminsitration (FDA), qui se sont montrées incapables de répondre à une question (sic!) sur la présence de pesticide ou de fongicide dans le produit incriminé en conférence de presse, laisse cette piste à l'état d'hypothèse. Mais elle est la plus cohérente au vue des différentes informations disponibles sur la vague récente d'intoxications liées aux produits de vapotage au THC du marché noir aux Etats-Unis.

Cependant on ne peut pas écarté que des cas liés à la présence de lipides, si les liquides ont été mal préparés, ou des catastrophiques pseudo-cannabinoïdes de synthèse déjà diffusés sous les noms génériques de Spice et K2 soient en cause dans certains cas. L'appel à témoignage lancé par le CDC sur une description assez floue de symptômes pouvant agréger des cas très différents parmi les près de 200 signalements.

Appels à ne plus consommer de liquides au THC du marché noir

Les associations de réduction des risques, notamment NORML California et Tobacco Harm Redution for Life, appellent les usagers a ne plus consommer de produits de vapotage au THC provenant du marché noir. 

Dans le milieu du cannabis américain, la sonnette d'alarme a déjà été tirée plusieurs fois sur des cartouches contrefaites et potentiellement frelatées de produit de vapotage de cannabis. Rolling Stones en avait fait un article précis en décembre dernier"Les faussaires internationaux semblent être au cœur du problème des produits de vape contrefaits. Nous prenons cette menace spécifique très au sérieux. La protection des consommateurs contre les produits synthétiques et potentiellement mortels est une priorité absolue pour nous", précise Kate Denton, directrice marketing chez Loudpack, un producteur de vape-pen au cannabis californien.

La désinformation augmente les risques

Le traitement médiatique général de cette affaire ces dernières semaines est consternant, notamment en occultant que le produit incriminé est un liquide prétendument au THC du marché noir, ce qui est connu dés le début de l'affaire. Inquiétant par ses conséquences d'augmentation des risques liés à une mauvaise information pour le public concerné, et pour les fumeurs de tabac qui se retrouvent désinformés sur la réduction des risques à passer au vapotage pour consommer de la nicotine. Ce traitement occulte aussi que la racine du problème est lié à la prohibition et l'abandon de souveraineté des autorités au profit du marché noir sur le contrôle des produits de cannabis ou prétendument de cannabis.

Le CDC, déjà auteur d'une gestion catastrophique des opioïdes de synthèse qui a entraîné une vague de décès à hauteur de près de 80'000 morts par an, se montre de nouveau totalement inapte a privilégier sa mission de santé publique plutôt que les agendas politiciens et de carrière de ses responsables. Une attitude gravement "irresponsable", aux yeux du Pr Michael Siegel, de la chaire de santé publique de l'Université de Boston.

(*) La séquence de Fox 6 Milwaukee du journal télévisé du 25 juillet où Patrick DeGrave, frère de la victime montre le produit de vapotage au THC du marché noir utilisé par son frère:



vendredi 2 août 2019

Dérive: Facebook bloque un utilisateur après son partage d'un article du Dr Nau sur le vapotage

"A peine j'avais j'avais partagé l'article que mon compte a été bloqué". Pedro [identité connue de la rédaction] n'en revient toujours pas. Cela se passe sur le réseau social Facebook et l'article en question provient du blog  'Journalisme et santé publique' du Docteur Jean-Yves Nau. "Contenu inapproprié et signalement", justifie sans plus la multinationale pour le blocage du compte de Pedro. Il a pu le récupérer après un long interrogatoire en ligne et avoir expurgé la publication. Le papier déclencheur de la censure parle de vapotage et de réduction des risques. 

L'article en question "Cigarette électronique? N'ayez pas peur c'est le préservatif du fumeur! (publicité)" revient sur la polémique OMS-AFP à travers une lecture commentée d'un article d'Anaïs Moine sur le site aufeminin.com donnant la parole à Jacques Le Houezec. "Concilier plaisir et réduction des risques, là est sans doute le hic – du moins dans une société pour une large part fondée sur le concept de péché et de rédemption. Où l'on en vient, esprit d’escalier, à cette proposition de slogan pour l’exécutif: «Cigarette-électronique? Ne pas en avoir peur, c’est le préservatif du fumeur!»", conclue le Dr Jean-Yves Nau.

Purges facebookiennes

Vapotage et plaisir contre le tabagisme donc. Des thèmes aussi peu appréciés que l'Origine du monde par la plateforme. Comme dans le cas du tableau de Courbet, il est à noter que d'autres personnes ou pages ayant partagé cet article du Dr JY Nau n'ont pas eu à subir les foudres de l'inquisition de Facebook. L'hypothèse que Pedro a été victime d'un excès de zèle arbitraire d'un commissaire au contrôle de Facebook semble probable. Mais le contexte actuel sur Facebook parait plus que favorable à ce type d'abus. 

Ces derniers jours, le réseau social se livre à une véritable chasse aux sorcières en clôturant d'innombrables groupes traitant du vapotage. La purge dépasse largement le prétexte annoncé de l'accès aux mineurs, bien qu'elle semble jusque-là ne viser que les groupes tolérant des ventes, des dons et du troc entre usagers. 

Cependant, la modification des règles du réseau social donne beaucoup de latitude à Facebook pour censurer les publications au sujet du vapotage. Facebook ne le distinguant pas des produits du tabac, le vapotage se trouve désormais simplement assimilé aux drogues.

Plainte pour défendre la liberté d'expression sur Facebook

Or, les associations sur les questions de réduction des risques pour les drogues sont déjà sujettes à des accès de censure arbitraire de la multinationale de Mark Zuckerberg. L'Initiative Sociale sur la Narcopolitique (Społeczna Inicjatywa Narkopolityki - SIN) a d'ailleurs déposé plainte en mai contre Facebook pour violation de la liberté d'expression suite à la suppression de contenus de l'association de réduction des risques polonaise par le réseau social. Le site The fix nous informe que SIN a remporté une première manche dans sa bataille juridique face à la multinationale en juin. 

Incitation à la haine diffusée, incitation à la réduction des risques censurée

Facebook a montré moins de scrupule pour collaborer à de vastes manipulations de masse lors de différentes élections, comme l'explique clairement le nouveau documentaire The Great Hack, sur Netflix. Étroitement associé par ailleurs au milliardaire puritain Michael Bloomberg, dans son projet très avancé de mettre la main sur l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'orientation idéologique de Mark Zuckerberg parait de moins en moins mystérieuse. 

Contrôle des contenus, incitation à la délation, censure arbitraire sans recours ni explication, déni des droits humains, le monde angoissant de Facebook tend à déborder dans le réel. Pour éviter les limitations des algorithmes ou les possibles coupes de Facebook, nous vous rappelons que vous pouvez vous abonner pour recevoir sans pub directement en mail les articles de Vapolitique (n'oubliez pas de vérifier que le mail de confirmation n'a pas atterri dans les spams de votre mail ;) ).

vendredi 19 juillet 2019

La fraude de Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée

L'AFP publiera t-elle un correctif ? Le hoax sur l’accroissement des risques de crise cardiaque à cause du vapotage est démasqué. Largement relayé par la presse, l'ingénieur Stanton Glantz, de l'Université de San Francisco, affirme que la vape double le risque de crise cardiaque. Mais comme cela était soupçonné par de nombreux scientifiques, son étude co-signée avec Dharma Bhatta dans la revue de l'American Heart Association (AHA) est frauduleuse. Les Prs Brad Rodu et Nantaporn Plurphanswat, de l'Université de Louisville, ont épluché les données brutes de l'enquête Population Assessment of Tobacco and Health (PATH) sur laquelle Stanton Glantz s'est appuyé. Résultats: sur les 38 cas de vapoteurs ayant eu des crises cardiaques recensés, la plupart les ont eu avant de vapoter, en moyenne plus de dix ans avant.

Ce 11 juillet, les scientifiques de l'Université de Louisville ont fait une demande officielle de rétraction de l'article à l'AHA. "Les auteurs de l'étude ont échoué à prendre en compte l'information détaillée de cette enquête sur (a) le moment où les participants ont été informés pour la première fois qu'ils ont eu une crise cardiaque ; et (b) du moment où ces participants ont commencé à utiliser le vapotage", expliquent les Prs Brad Rodu et Nantaporn Plurphanswat dans leur lettre à l'AHA, que nous avons pu consulter. 

"En résumé, les vapoteurs sont beaucoup moins enclins à avoir une crise cardiaque, et n'ont surement pas le double de risque"

Les deux chercheurs de l'Université de Louisville ont même refait les calculs de risque de crise cardiaque chez les vapoteurs par rapport au reste de la population. "Lorsque les vapoteurs actuels qui ont eu une crise cardiaque avant de vapoter ont été correctement reclassés comme non exposés, l'odd ratio (OR) pour les vapoteurs quotidiens est de 0,69 (IC = 0,22 - 2,12) et pour les vapoteurs occasionnels de 0,18 (IC = 0,05 - 0,66)", précisent les chercheurs. "En résumé, les vapoteurs sont beaucoup moins enclins à avoir une crise cardiaque, et n'ont surement pas le double de risque"

En réponse, Stanton Glantz a invoqué une analyse secondaire dans l'étude publiée par l'AMA. Mais Brad Rodu et Nantaporn Plurphanswat ont également analysé celle-ci. "À la page 9 de leur article, Bhatta et Glantz disent qu'ils ont utilisé les questions relatives à l'âge de la première crise cardiaque et à l'âge de la première utilisation de vapotage de l'enquête PATH afin de "résoudre ce problème" de temporalité. Leur solution était de "sélectionner uniquement les personnes qui ont eu leur premier infarctus du myocarde en 2007 ou après cette date" (n=16, tableau S6). Nous avons également reproduit cette analyse secondaire. Nous avons constaté que plus du tiers des 16 vapoteurs actuels ont d'abord appris qu'ils avaient eu une crise cardiaque des années avant de commencer à vapoter. Nous concluons que l'analyse secondaire n'a pas du tout réglé le problème. En fait, il se peut qu'elle ait induit en erreur les éditeurs, les relecteurs et les lecteurs", expliquent-ils dans une seconde lettre envoyée hier à l'AMA.

Ce n'est pas une erreur, c'est un mensonge

"L'inclusion de cette analyse secondaire est la preuve que Bhatta et Glantz savaient que de nombreux vapoteurs actuels ont eu une crise cardiaque avant de commencer de vapoter", soulignent Brad Rodu et Nantaporn Plurphanswat. L'affirmation de Stanton Glantz et Bathra Bhatta que la vape est un facteur de risque accru de crise cardiaque ne tient pas. "Les principaux résultats de l'étude de Bhatta et Glantz sont erronés et invalides. Leur analyse est une violation indéfendable de toute norme raisonnable de recherche sur l'association ou la causalité", insiste le courrier des Prs Brad Rodu et Nantaporn Plurphanswat à l'AHA.

Dans un article avant-hier du journal USA Today (*) à propos de cette plainte, le Pr Raymond Niaura, de l'Université de New-York, confirme l'absence de rigueur et de preuve des affirmations de Stanton Glantz. Ayant également réanalysé pour vérification des études sur les liens entre vapotage et crise cardiaque, le chercheur conclue: "nous n'avons trouvé aucune relation entre vapotage et crise cardiaque. Nous ne sommes tout simplement pas en mesure de répondre à la question fondamentale de ce qui est survenu en premier".

Le réel danger cardio-vasculaire est le monoxyde de carbone

Une fois dévoilée la fraude de Stanton Glantz et Bathra Bhatta pour gonfler le nombre de vapoteurs, il resterait une dizaine de cas de crises cardiaques de vapoteurs dans le suivi PATH (qui comprend plus de 25'000 américains). D'autres facteurs tout autre que leur vapotage peuvent être impliqués dans ces crises: à commencer évidemment par leur tabagisme passé, comme le soulignait le Pr Carl Philipps sur les recherches à ce propos. En l'état des connaissances, non seulement rien ne prouve un risque accru de crise cardiaque lié au vapotage, mais rien n'indique même qu'il y a une inquiétude à avoir sur cette question. 

Le monoxyde de carbone dégagé en masse par la fumée de cigarette reste le principal facteur de détérioration cardio-vasculaire lié au tabagisme. Il est totalement absent du vapotage. Le message salutaire essentiel à donner aux fumeurs cardiaques reste d'arrêter de fumer. Le vapotage peut aider certains d'entre eux pour quitter la cigarette. Affirmer le contraire est irresponsable et criminel. Les médias qui ont colporté les propos frauduleux de Stanton Glantz se doivent de corriger cette désinformation.

(*) Conflits d'intérêt croisés

USA Today a choisi de dramatiser la nouvelle sous forme d'opposition de personnes entre Stanton Glantz et Brad Rodu. Une large part de l'article concerne les potentiels conflits d'intérêt des deux protagonistes.

D'un côté Brad Rodu, à qui il a été refusé des crédits pour des recherches sur le snus qu'il voulait mener dans les années 1990', a accepté des aides financières de firmes cigarettières. Depuis, les données épidémiologiques en Suède ont confirmé le bien-fondé de ses travaux sur la forte réduction des risques du snus.

Happening contre l'impunité de Stanton Glantz
De l'autre, Stanton Glantz, ingénieur aéronautique, s'est reconverti dans la lutte anti-tabac durant les années 1990' à l'aide de financement des firmes pharmaceutiques telles que Johnson & Johnson. Actuellement, il bénéficie de deux crédits fédéraux de 20 millions $ chacun, l'un du NIH, l'autre pour des recherches anti-tabac et anti-vape de la FDA. Accusé d'harcèlement sexuel et de discrimination raciste par plusieurs de ses étudiantes, il a négocié un arrangement financier pour stopper les poursuites en justice de ses victimes.

mercredi 10 juillet 2019

Berne: les citoyens ont jusqu'au 5 août pour critiquer une loi anti-vape

Bientôt la fin du droit d'essayer les produits de vapotage en magasin et dans les groupes d'aide à l'arrêt tabagique pour les fumeurs bernois? Ce serait une des conséquences du projet de modification de la loi sur le commerce et l'industrie (LCI) déposé par le Conseil exécutif du canton de Berne en mai dernier. Principales modifications concernant le vapotage: tous les produits de vape y compris sans nicotine seraient interdits de vente ou de remise gratuite aux mineurs, par qui que ce soit, y compris leurs parents ou des professionnels de santé, et quelle que soit leur situation tabagique ; et le vapotage serait assimilé au tabagisme dans la loi de protection contre le tabagisme passif. 

Autrement dit, il ne sera plus possible de vapoter dans les lieux publics clos, en attendant de probables futures restrictions contre le tabagisme auxquelles les vapoteurs seraient soumis automatiquement par ce nouveau texte de loi. Cependant, actuellement des fumoirs peuvent être créer dans des établissements d’hôtellerie ou restauration sous certaines conditions et avec autorisation. Aussi, les interdictions de publicité contre le tabac seraient étendues aux produits de vapotage. De facto, essayer et recevoir des instructions pratiques deviendraient interdits pour les fumeurs aspirant à passer au vapotage, que ce soit en magasin, en lieux de santé ou dans des groupes d'entraide autogérés.

Le projet est mis en consultation publique jusqu'au 5 août. Les documents relatifs à la consultation peuvent être téléchargés à l'adresse suivante : www.be.ch/consultations ou sur cette page avec la documentation en bas. Les prises de position doivent être envoyées d'ici le 5 août à la Direction de l'économie publique du canton de Berne, Service juridique, Münsterplatz 3a, case postale, 3000 Berne 8, ou par e-mail à: consultation@vol.be.ch Berne étant un canton bilingue, les contributions peuvent être rédigées en français ou en allemand.

Ce projet fait suite à la motion du Parti des évangélistes (PEV) contre le vapotage de novembre 2018"Le Conseil-exécutif a par conséquent été chargé de veiller à ce que les cigarettes électroniques (e-cigarettes) et les produits contenant de la nicotine, à l’exception des médicaments, soient soumis aussi rapidement que possible aux mêmes exigences légales que les cigarettes et les produits destinés à être fumés classiques, notamment concernant les restrictions de vente, la protection contre le tabagisme passif et la publicité", précise le rapport sur les modifications de loi de la Direction de l'économie publique de Berne.


mercredi 26 juin 2019

Pour plus d'un million de fumeurs sauvés par la vape, combien condamnés à mort par les médias?

Plus de 6 millions. Plus de la moitié des fumeurs en France sont persuadés à tort que vapoter est aussi ou plus nocif que de fumer. C'est un des résultats de l'enquête auprès de plus de 25'000 personnes en 2017 publiée ce matin par Santé Publique France (SPF). Encore plus effarant, seuls 29,7% des fumeurs quotidiens, ceux qui auraient le plus besoin d'aide pour se sortir du tabagisme, savent que le vapotage est moins nocif que leurs cigarettes. La désinformation sanitaire frappe particulièrement les défavorisés et les moins diplômés qui sont plus de 70% à ne pas avoir l'information correcte sur les risques relatifs entre fumer et vapoter.

Pourtant, l'enquête de SPF mesure que 2,6% de la population, soit 1,2 millions de personnes ont arrêté de fumer en utilisant la vape, dont 46% ont ensuite arrêté de vapoter (soit 1,2% de la population). Parmi ces ex-fumeurs ayant utilisé le vapotage, 870'000 (±10%) déclarent que la vape les a aidé, dont 700'000 d'ex-fumeurs quotidiens n'ayant plus fumé depuis plus de six mois. Près de 300'000 autres ex-fumeurs ont utilisé le vapotage mais déclarent que leur arrêt tabagique ne lui doit rien. Parmi les 2,3% de la population à utiliser le vapotage et continuer de fumer, 80,3% d'entre eux déclarent avoir réduit leur consommation, en moyenne de 10,4 cigarettes par jour (pour une consommation à l'origine de 19,7 cigarettes quotidiennes). 

Démission des autorités et stratégie du doute 

En somme, le vapotage est un facteur clef de la baisse de tabagisme en France ces dernières années. Mais alors pourquoi de plus en plus de fumeurs croient à tort que vapoter est aussi ou plus nocif que de continuer de fumer ? L'expérience réelle indique le contraire, mais les médias nous bombardent de fakenews sensationnalistes en permanence. Les autorités sanitaires démissionnent et fuient leur responsabilité laissant un boulevard à la dissémination de la confusion. Dans cette stratégie de diffusion du doute et de la peur, l'Agence France Presse joue un rôle central.

Voici quelques unes des plus grosses fakenews diffusées à grande échelle par l'AFP - liste tristement non-exhaustive:

  • 2015: Reprise mondiale des propos d'une simple lettre sans révision scientifique de chercheurs de Portland qui annoncent de manière insensée que le vapotage est de 5 à 15 fois plus cancérigène que la fumée de cigarette. La lecture critique de leur expérience montre rapidement - mais sa publication prendra trois ans (!) - qu'ils ont simplement fait brûler les vaporettes dont ils ont mesuré les émissions en les poussant à plus de 150% de la limite maximale de puissance.
  • 2015: un correspondant de l'AFP au Japon prétend qu'un scientifique local a mesuré des taux extravaguant de toxique dans l'aérosol de vapotage. En réalité, ce scientifique a cosigné une étude publiée à la même période qui indique l'inverse. La brève de l'AFP fait le tour du monde, tandis que l'étude est restée totalement confidentielle.
  • 2015: le délire du "poumon pop-corn", qui continue de circuler, est répandu en dépit de l'absence de quelconque malade et de toutes prise en compte des doses du diacéthyl qui ont généré des bronchiolites oblitérantes chez des travailleurs de l'industrie agro-alimentaire.
  • 2016: durant les fêtes, l'AFP lance un article ridicule sur une étude de toxicologie sur des cellules épithéliales (de la surface des poumons) prétendant l'extrême toxicité du vapotage. En réalité, les résultats montrent qu'un plus grand nombre de cellules ont survécu à 56 jours du traitement au vapotage que celles soumises à 24 heures de fumée de cigarettes.
  • 2018: un chercheur new-yorkais gazent des souris avec un aérosol surdosé en nicotine, équivalent à des années de consommation concentré en quelques heures, avec une vaporette marchant à sec sans contrôle et donc en situation de brûler. Les souris étaient génétiquement sélectionnées pour leur forte tendance à développer des cellules cancéreuses. Cette expérience digne de Mengele fait de nouveau le tour du monde sans que les réactions unanimes des scientifiques pour dénoncer sa vacuité ne soient mentionnées par l'AFP.
  • 2018: des crises cardiaques attribuées au vapotage même si elles ont eu lieu avant que les fumeurs ne passent à la vape. Cette crétinerie produite par le pervers raciste et gâteux Stanton Glantz a été divulguées à plusieurs reprises durant l'année.
  • 2019: une étude stupide sur des cellules des vaisseaux sanguins soumis à du liquide pur de vapotage est reprise sans la plus élémentaire distance critique.
Dans toutes ces cas, l'AFP a fait preuve de négligence, d'absence de professionnalisme et n'a pas respecter les devoirs de la charte de Munich des journalistes, ni sa prétention à vérifier et donner une information fiable et honnête au public. Les conséquences en sont sanguinaires.


mardi 25 juin 2019

La Convention-cadre anti-tabac de l'OMS n'a pas eu d'impact sur la consommation mondiale de cigarettes

En 2003, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) édictait la Convention-cadre de lutte anti-tabac (CCLAT ou FCTC en anglais). Des chercheurs canadiens ont analysé, à travers deux types de modélisation, l'impact de cet accord, ratifié par 181 pays, sur ses dix premières années d'existence en relation avec les tendances de consommation de tabac des décennies précédentes. "Aucun changement significatif n'a été constaté dans le taux de diminution de la consommation mondiale de cigarettes après l'adoption de la CCLAT en 2003", conclue l'étude parue en accès libre dans le British Medical Journal (BMJ).

Impact global nul, mais variations entre des régions

Globalement, la tendance d'une lente baisse du nombre de cigarettes consommées par personne s'est maintenue après l'entrée en vigueur de la CCLAT. "Néanmoins, cette conclusion générale nulle masque un écart important entre les tendances observées après 2003 entre les pays à revenu élevé et les pays à revenu faible et intermédiaire, ainsi qu’entre les pays d’Europe et d’Asie", soulignent les chercheurs.

Après une décennie de baisse, la consommation moyenne de cigarettes par les européens était repartie à la hausse sur la deuxième moitié des années 1990'. La signature de la CCLAT en 2003 est concomitante d'un second renversement de tendance. A partir de cette date, l'Europe voit de nouveau le nombre de cigarettes consommées par habitant diminuer. A l'inverse les pays à revenu par habitant faible ou intermédiaire ont connu une augmentation du nombre de cigarettes per capita, notamment en Asie.

Une hypothèse complotiste douteuse

Cette analyse statistique ne permet pas d'établir de rapport de causalité. Pourtant, les chercheurs proposent en conclusion une hypothèse explicative, à vrai dire étrange. La mise en œuvre des politiques de lutte antitabac aurait pu inciter l'industrie du tabac à délaisser son lobbying dans les pays à revenu élevé pour se concentrer sur les pays asiatiques.

Sauf que les Big Tobacco occidentaux - Philip Morris, BAT, Japan Tobacco et Imperial - sont marginaux sur la plupart des grands marchés asiatiques. China Tobacco détient le monopole en Chine, deux firmes locales vendent plus de 80% des cigarettes en Inde (l'Etat détient 36% du capital de la principale ITC), le monopole du tabac sévit en Thaïlande...

L'hypothèse que les auteurs jugent auto-complaisamment "convaincante" ne me parait pas tenir la route. Elle semble pourtant couramment reprise dans le milieu anti-tabac traditionaliste. Une manière de pouvoir continuer de fermer les yeux sur l'instrumentalisation de la lutte anti-tabac d'Etats asiatiques pour protéger leurs industries du tabac face à la concurrence des marques occidentales et par ailleurs du vapotage ?



jeudi 20 juin 2019

Etude: 65,3% des fumeurs de 15-16 ans passés à la vape ont réduit ou stoppé les cigarettes

La vape "chez les adolescents non-fumeurs ne semble pas constituer un mode d'entrée majeur dans le tabagisme à l'âge spécifique de 15-16 ans", souligne une étude publiée cette semaine dans la Revue des Maladies Respiratoires*. La moitié des 1435 élèves de seconde stéphanois interrogés ont essayé le vapotage, mais seuls 3,6% vapotent au quotidien. Concernant le tabagisme, également la moitié de ces jeunes de 15-16 ans ont essayé une cigarette, mais 9,4% fument chaque jour. L'enquête d'une équipe de chercheurs pluridisciplinaires de Saint-Etienne confirme aussi que très peu des ados ne sont devenus fumeurs après avoir d'abord essayé le vapotage. "A l'inverse, les élèves qui avaient une consommation de tabac préexistante à leur initiation au vapotage déclaraient pour les deux-tiers d'entre eux qu'ils avaient réduit, voire arrêté, leur consommation de tabac depuis qu'ils vapotaient", précisent les chercheurs, dont le référent est Jérémie Pourchez, de l'école des Mines de Saint-Etienne.

Initiation au tabagisme au collège, essai du vapotage au lycée

"Concernant le cas particulier des élèves qui sont à la fois vapoteurs et fumeurs, les résultats de l'enquête en matière de prévalence temporelle entre tabagisme et vapotage indiquent que les adolescents ont plutôt tendance à débuter par un usage du tabac, qui s'est ensuite transformé en un usage dual des produits de tabac fumé et du vapotage", soulignent les chercheurs. Ce constat est cohérent avec d'autres enquêtes françaises montrant que l'initiation aux cigarettes se situe au collège, tandis que l'expérimentation du vapotage se passe plus tard au lycée.

Objet parmi d'autres objectifs de la recherche, la fameuse 'théorie de la passerelle' ne se voit donc de nouveau pas confirmée. "Parmi les 229 élèves qui n'avaient jamais fumé avant de vapoter, uniquement 15,7% (soit 36 élèves [ndr. 2,5% du panel total des élèves]) déclarent au jour de l'enquête consommer [ndr. au moins occasionnellement] du tabac fumé", relève l'enquête. Tandis que le taux de conversion de l'expérimentation du tabac (avant, après ou sans avoir essayé le vapotage) atteint 56%, soit plus de 3,5 fois plus. De quoi inviter les chercheurs à évaluer à l'avenir l'hypothèse inverse, à savoir un possible effet préventif du vapotage contre le tabagisme chez les jeunes.

Les ratios de risques corrigés par d'autres facteurs prévalant au tabagisme ne sont pas présentés dans l'étude. Celle-ci précise d'ailleurs qu'étant transversale, elle ne peut définitivement "réfuter l'existence potentielle de l'effet passerelle" dans la suite du parcours de vie des élèves. Evidemment, tout peut toujours arriver, surtout à 16 ans. Cependant, les chercheurs insistent sur la mise en lumière d'un facteur confondant de première importance étrangement ignoré par les études américaines militant pour la théorie de 'l'effet passerelle'.

Les usages des proches: le facteur confondant ignoré des études américaines


L'analyse des questionnaires des élèves stéphanois met en relief un élément majeur: les usages des proches. "Nous constatons que leurs usages sont très fortement influencés par l'entourage des adolescents (amis, famille) avec un risque multiplié par huit quand plusieurs personnes de l'entourage fument par rapport à un jeune dont aucun des membres de l'entourage ne fume. Étonnamment, à notre connaissance aucune étude dans la littérature n'avait recherché spécifiquement ce facteur de risque", note l'étude. En clair, les chercheurs pointent ici une énorme lacune des études américaines prétendant documenter l'effet passerelle. 

En occultant le facteur, que cette recherche montre extrêmement influent, du tabagisme des parents et amis, les études américaines sur les ratio de risques du tabagisme des jeunes lié au vapotage ont manifestement biaisé leurs calculs. Faut-il rappeler que le vapotage n'a pas inventé le tabagisme adolescent? Tenir compte des facteurs psycho-sociaux prévalant au tabagisme, parait incontournable pour les études qui cherchent à déterminer l'impact du vapotage sur le tabagisme des ados.

Le bien-fondé de "l'effet passerelle" s'écroule aussi vite que le taux de tabagisme des ados

Pour préciser la problématique par une analogie, on pourrait montrer une corrélation entre avoir fait du vélo à l'adolescence et devenir automobiliste. Mais avant de conclure à la nécessité d'interdire le vélo aux ados pour réduire la pollution de l'air ou les embouteillages, vérifier des caractéristiques des automobilistes telles que par exemple la distance entre leur habitat et leur lieux de travail, éventuellement corrélée à la qualité du réseau de transport public, pourrait montrer que le cyclisme adolescent n'est pas un facteur de risque pertinent sur le sujet. Bien que le vélo soit un moyen de consommer du déplacement tout comme les voitures.

En somme, les résultats de l'enquête stéphanoise non seulement ne valide pas d'effet passerelle, au moins sur les élèves jusqu'à 16 ans, mais montre clairement un biais majeur des études adhérant à cette théorie. Le bien-fondé de l'effet passerelle semble s'écrouler aussi vite que les taux de tabagisme dans les pays concernés par le vapotage. En outre, la mise en lumière du phénomène peut donner à penser qu'une des manières les plus efficaces de protéger les jeunes pourrait être d'aider les parents à sortir du tabagisme, en place d'entraver cette sortie au prétexte de protection des jeunes.

Existe t-il un problème d'information des jeunes ?

Parmi les 6,3% d'adolescents vapoteurs non-fumeurs actuels, 13,4% d'entre eux déclarent utiliser des liquides nicotinés, soit 0,8% de l'ensemble des adolescents de l'étude. Les auteurs soulignent qu'une majorité (56,4%) déclare ne pas savoir. On peut supposer l'absence de nicotine pour la plupart de ceux-ci étant donné ses effets gustatif et psychoactif remarquables. 

Mais ce défaut de connaissance des jeunes interroge. On peut se demander si les avertissements anti-nicotine abusivement imposés sur des produits de vapotage qui n'en contiennent pas, n'ont pas brouillé la compréhension de ceux qui devraient être la cible principale de l'information. A voir ces avertissements exagérément alarmistes partout, ils semblent ne plus rien signifier.

L'interdiction de vapotage aux jeunes semble surtout leur interdire l'accès à l'information

Une autre raison à cette méconnaissance pourrait le faible niveau d'encadrement du vapotage des mineurs. Selon les réponses à l'enquête, 59,2% se sont procurés leur produits de vapotage par des amis et 5% chez un buraliste, et seulement 9,2% par la famille et 12,2% par un magasin spécialisé. Les auteurs regrettent que "la loi n'est pas toujours respectée concernant l'interdiction de vente aux mineurs des produits du tabac et du vapotage"

Il nous semble que les données de leur enquête auraient plutôt du amener les chercheurs à soulever la question d'un possible effet de mésinformation des jeunes par cette interdiction sur le produit de réduction des risques. L'enquête n'a pas sonder ceux-ci sur leur perception et leur information sur la réduction des risques. Alors que les chercheurs soulignent que "seul l'usage exclusif du vapotage est recommandé pour permettre une réduction significative des risques pour la santé [ndr. par rapport à fumer]", le niveau d'information des élèves mériterait attention.

Curiosité, sociabilité et dépression

Par contre, l'enquête a questionné les adolescents sur leurs motifs de consommer des produits de tabac ou de vapotage. Au niveau subjectif, la curiosité est la principale raison invoquée par les adolescents pour essayer les produits, à la fois de tabac et de vapotage, avant des motifs de sociabilité. "Une autre raison souvent invoquée par les adolescents interrogés est la lutte contre différentes émotions négatives, avec des réponses parfois extrêmement violentes: "ça ne me fait pas péter un câble quand ma vie est pourrie", "dépression", "pour trouver une autre solution que de se tailler les veines" ", rapportent les chercheurs. 

Concernant spécifiquement le vapotage, les jeunes se rapportent plus souvent à l'aspect ludique, notamment des 'tricks' - dans ce que la chercheuse Fiona Measham a nommé la vortex subculture -,"mais également le besoin de diminuer la consommation de tabac"

Cependant, les auteurs signalent la tendance des jeunes aux Etats-Unis de passer des 'box', plutôt orientées pour faire des nuages et des figures souvent sans nicotine, aux 'pods', petits dispositifs plus orientés vers la prise de nicotine souvent sous forme de sels. Cette évolution a démarré en 2016 au moment de l'interdiction nationale de vente des produits de vape aux mineurs, les envoyant vers des sources moins regardantes, moins informantes et avec un choix restreint aux pods nicotinés.

L'étude 2019 est lancée chez les élèves de toute la Loire

La question des différents types de vape utilisés, ainsi que de mesurer une éventuelle apparition des cigarettes chauffées, va être dans la mire de la suite des travaux stéphanois. "Il sera d'une grande importance de poursuivre ce type d'étude dans les prochaines années afin de décrire l'évolution de l'usage du vapotage par les jeunes français", estiment les chercheurs. Jérémie Pourchez nous a confirmé que l'enquête 2019 est lancée en étant élargie à l'ensemble du département de la Loire recueillant les questionnaires de près de 6'000 élèves de seconde ligériens. 

En 2020, le chercheur compte étendre l'enquête à tout le rectorat de Lyon, "tout en y incorporant un travail qualitatif d'entretiens sur les trajectoires d'usage". Osons suggérer qu'au moment où l'organisation anti-tabac anglaise Action on Smoking and Health (ASH) s'alarme de la dégradation de l'information des jeunes sur les risques relatifs entre cigarettes et vapotage, un module sur cette perception par les élèves de seconde pourrait enrichir ce travail intéressant.

Quelques chiffres issus de l'étude

  • 50,3% ont essayé de vapoter et 50,4% ont fumé au moins une fois
  • L'usage occasionnel concerne un quart des 15-16 ans: 23,6% de vapoteurs occasionnels et 28,2% de fumeurs occasionnels 
  • Mais l'utilisation au quotidien diffèrent significativement entre les deux produits: 3,6% des élèves vapotent au quotidien contre 9,4% qui fument chaque jour 
  • Globalement, 56% des 15-16 ans stéphanois qui ont essayé une cigarette sont devenus fumeurs occasionnels ou quotidien, contre 15,7% de ceux qui ont essayé le vapotage en premier 
  • Une majorité des usagers occasionnels ou quotidien sont à la fois fumeurs et vapoteurs, double-usage qui concerne 17,6% de l'ensemble des jeunes enquêtés 
  • 0,8% des 15-16 ans vapotent avec nicotine sans être actuellement fumeur (13,4% vapotent avec nicotine parmi les 6,3% vapoteurs non-fumeurs) 
* Relations entre vapotage et tabagisme chez les adolescents en classe de seconde. Résultats d’une étude observationnelle descriptive transversale et monocentrique menée dans l’agglomération stéphanoise ; C. Denis-Vatant (CHU Saint-Étienne), C. Merieux (CHU Saint-Étienne), L. Leclerc (Mines Saint-Étienne), H. Duc (Mines Saint-Étienne), C. Berton (Mines Saint-Étienne), R. Jarrige (Mines Saint-Étienne), M. Nekaa (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale Loire)d, e, J.-M. Vergnon (CHU Saint-Étienne), J. Pourchez (Mines Saint-Étienne) ; Revue des Maladies Respiratoires juin 2019 ; Doi : 10.1016/j.rmr.2019.04.002


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