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vendredi 30 octobre 2020

Un pas de plus vers une taxe anti-vape en Suisse


Le Conseil national a adopté vendredi une motion proposée par le Conseil des États pour taxer le vapotage. La décision a été prise par 126 voix pour, 42 voix contre et 5 abstentions. Seule une partie du groupe UDC s’y est opposée. Cependant, le Conseil national a ajouté au texte de la motion que la loi Tabac (LPTab) doit être entrée en vigueur pour introduire la taxe anti-vape. L’entrée en vigueur de la LPTab ne devrait pas intervenir avant 2023, selon le rythme qu’adopteront les parlementaires. La modification du texte de la motion fait que le Conseil des États devra le réexaminer. En l’état, le texte ne précise pas le taux d’imposition qui sera appliqué contre le vapotage.

La taxe Japan Tobacco

La motion initiale avait été lancée il y a un an par la Commission Santé du Conseil des États (CSS-E) alors présidée par Joachim Eder. Ce sénateur avait quelques mois auparavant vanté le sens de la responsabilité du cigarettier Japan Tobacco pour son soutien à l’interdiction de vente aux mineurs des produits de vapotage, mais pas des cigarettes.

Punir les ex-fumeurs

Depuis la motion Zanetti en 2011, la loi suisse interdit la taxation du vapotage en raison de l’aide qu’il apporte pour éviter de fumer. La très médiocre étude zurichoise sur les jeunes, que j’ai débunkée il y a deux semaines, a servi de prétexte aux élus pour justifier de voter la future punition taxative contre les personnes qui évitent de fumer à l’aide du vapotage. 

La clause ajoutée par le Conseil national sur l’entrée en vigueur de la loi Tabac pour activer la taxe anti-vape montre cependant que la chambre parlementaire n’est pas dupe. En échange de cette taxe qui protègera de facto les ventes de cigarettes, le Conseil national semble attendre que les cigarettiers ne fassent pas abusivement obstruction à l’avancement de la loi Tabac (LPTab).

mardi 27 octobre 2020

Les taux de toxiques mesurés dans les urines de vapoteurs sont plus proches de non-fumeurs que de fumeurs

Quels niveaux de toxiques mesure-t-on dans les urines de vapoteurs, de fumeurs et de non-fumeurs ? Neuf chercheurs internationaux ont analysé le pipi de différents types de consommateurs américains, britanniques et polonais en 2014. Globalement, les niveaux de composés organiques volatils (COV) des vapoteurs exclusifs sont beaucoup plus proches de ceux des non-fumeurs que des fumeurs.

L’étude, publiée ce 14 octobre en open-access dans la revue Toxics, s’est déroulée en 2014 aux États-Unis (US), au Royaume-Uni (UK) et en Pologne (PL). Elle a comparé l’exposition à la nicotine et à des toxiques, des composés organiques volatils (COV), en mesurant les taux de métabolites dans les urines de fumeurs exclusifs de cigarettes (n = 127), de vapoteurs exclusifs (n = 124), de doubles usagers de cigarettes et vapotage (n = 95) et de non-utilisateurs (ni cigarette ni vape) comme groupe de contrôle (n = 110). 

« Les niveaux urinaires de la plupart des biomarqueurs de toxiques mesurés dans cette étude ne présentent pas de différence significative entre les vapoteurs exclusifs et les non-utilisateurs, à l’exception d’un petit nombre de composés organiques volatils (COV) et de nitrosamines (TSNA). Nos résultats montrent également que, tout en étant exposés à des niveaux élevés de nicotine, les vapoteurs exclusifs à long terme présentent des niveaux de biomarqueurs de toxiques nettement inférieurs à ceux des fumeurs et des doubles usagers », concluent les neuf chercheurs menés par la Dre Danielle Smith, du Centre sur le cancer de Roswell Park.

Écarts minimes entre vapoteurs et non-fumeurs sauf pour trois substances

Les différences entre les fumeurs, y compris les doubles-usagers, et les vapoteurs sont énormes sur la plupart des mesures, notamment les biomarqueurs pour l’acroléine, l’acrylamide, l’acrylonitrile, le butadiène, le crotonaldehyde, le dimethylformamide, le styrène, et le xylène; ainsi que les nitrosamines (TSNA). Tandis que les écarts entre vapoteurs et non-usagers sont minimes, à l’exception selon les auteurs de différences significatives concernant la nitrosamine NNAL et les biomarqueurs pour l’acrylonitrile (CYMA) et le N,N-diméthylformamide (AMCC).

Quelques différences entre vapoteurs polonais et britanniques

En comparant les vapoteurs des trois pays, les vapoteurs polonais présentent des niveaux d’acroléine relativement élevés par rapport aux non-fumeurs, mais également par rapport aux vapoteurs américains et britanniques. Les vapoteurs polonais ont également des niveaux de nicotine sensiblement plus élevés que les autres vapoteurs. 

Les chercheurs n’ont pas de réponse claire pour expliquer cette différence. Ils soulignent les différences  des types d’appareils les plus utilisés entre les trois pays, entre cigalikes à capsule pré-remplie et appareils rechargeables en liquide. Pour rappel, en 2014 l'inventif, mais encore rudimentaire, clearomiseur Stardust était un appareil rechargeable très populaire.

Avant la TPD, des liquides à plus de 20 mg/ml

On peut noter que l’étude s’étant déroulée avant l’entrée en vigueur de la directive européenne TPD, des liquides à plus de 20 mg/ml étaient disponibles en Europe. La segmentation des données a créé une catégorie des utilisateurs de liquide entre 16 et 24 mg/ml, et une autre au-dessus. On ne connaît pas le détail de ceux entre 16 et 20 mg/ml et ceux au-dessus. Chez les vapoteurs exclusifs, près de 55 % des Britanniques et 47 % des Polonais utilisaient un liquide au-dessus de 16 mg/ml dans cette étude de 2014. On ne peut pas être sûr que le panel soit représentatif des vapoteurs de l’époque, le recrutement s’était effectué par petites annonces.

Les doubles-usagers ont des niveaux de toxiques proches de ceux des fumeurs

Concernant les doubles usagers, les résultats montrent des niveaux similaires aux fumeurs pour la plupart des marqueurs de toxiques. Cependant, les taux de nitrosamines et de l’acrylonitrile (CYMA) sont plus faibles chez les vapofumeurs que chez les fumeurs exclusifs. Les doubles usagers fumaient 10 cigarettes par jour en moyenne (dans une fourchette de 2 à 18 cigs/j), contre 15 pour les fumeurs exclusifs (dans une fourchette de 6 à 24 cigs/j).  

« Si l’on considère que les doubles utilisateurs de notre échantillon fumaient globalement moins de cigarettes que les fumeurs exclusifs, nous suggérons que [le niveau plus faible de nitrosamines et d’acrylonitrile] pourrait être en fonction du nombre de cigarettes fumées par jour (CPJ). Cette hypothèse semble être cohérente avec les différences observées dans les niveaux de biomarqueurs chez les doubles utilisateurs des différents pays : les doubles utilisateurs britanniques, qui fumaient plus que les doubles-usagers polonais, ont montré des niveaux statistiquement plus élevés de biomarqueurs d’exposition à plusieurs substances toxiques, dont les nitrosamines NNK, le NAB, le NAT, l’acroléine, l’acrylamide, le benzène, le 1,3-butadiène, le crotonaldéhyde, le cyanure, le styrène et le xylène. Il semblerait donc que certains cas de double usage puissent être associés à une exposition réduite à certaines substances toxiques liées au tabac, en fonction de la fréquence relative de l’utilisation des e-cigarettes par rapport au tabagisme, du nombre de cigarettes fumées et du type d’appareil de vape utilisé », avance l’étude publiée dans Toxics.

Confirmation de la réduction massive des risques

Une recherche publiée en 2017 dans Annals of Internal Medicine avait comparé une sélection similaire de toxiques entre fumeurs, vapoteurs et utilisateurs de substituts nicotiniques. Les vapoteurs exclusifs étaient ceux dont les urines recelaient le moins de toxiques. Plus tôt cette année, une étude de l’Institut Pasteur de Lille a analysé les niveaux de composés organiques volatils des aérosols de vape et de la fumée de cigarette, montrant des niveaux de réduction massifs pour le vapotage par rapport aux cigarettes. Cette nouvelle étude, bien que ses mesures remontent à 2014, confirme une réduction massive de l’exposition aux nitrosamines et aux composés organiques volatils pour les fumeurs qui passent complètement au vapotage. 

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dimanche 25 octobre 2020

Philippines: le Congrès s'interroge sur une possible corruption de l'administration par Bloomberg

Nouveau rebondissement dans le tumultueux périple politique du vapotage aux Philippines. Le 8 octobre, le Congrès a suspendu en pleine séance l’élaboration d’une réglementation sur le vapotage avec la Food and Drug Administration Philippines (FDA-Ph), après la révélation de financements cachés de l’agence par Bloomberg en vue de l’influencer sur le sujet.

Prévue d’être consacrée à l’élaboration de l'ordonnance de la prochaine réglementation du vapotage, la séance de travail du 8 octobre de la Commission du Congrès avec la Food and Drug Administration (FDA-Ph) a pris une tournure inattendue. D’entrée, la séance en visioconférence semble débuter bizarrement. Les représentants de la FDA-Ph ne dévoilent ni leur image ni leur nom. « Nous avons le droit de savoir à qui nous parlons de la FDA », proteste Victor Savellano, vice-président de la Chambre. 

Les représentants de la FDA-Ph nient, puis avouent

Cet étrange incognito des fonctionnaires était peut-être avisé. En effet, Estrellita Suansing, représentante de la région de Nueva Ecija, pose une question sur un sujet délicat. Est-il exact que la FDA-Ph a reçu des financements de la part de groupe privés étrangers ? « Dans un premier temps, les agents de la FDA, que le compte-rendu de séance n’a pas identifié, nient avoir reçu des fonds », relate l’Inquirer du 14 octobre.

Mais l’élue produit des documents provenant de Bloomberg et de l’Union, une des organisations sous la coupe de l’affairiste américain, évoquant des versements à l’agence philippine. « Confrontés à cela, les représentants de la FDA ont admis avoir reçu des fonds », poursuit l’Inquirer. Aucun détail n'est livré ni sur les montants ni sur les conditions de ces financements qui étaient jusque là restés secrets.

Suspension de séance et demande d’enquête

« N’est-ce pas un conflit d’intérêts parce que vous êtes financé par Bloomberg pour le Programme national de lutte contre le tabagisme ? N’est-ce pas un conflit d’intérêts que de pousser pour cette réglementation ? » demande Estrellita Suansing aux représentants anonymes de la FDA-Ph, selon le Manila Standard du 11 octobre. 

« Ce financement a pu influencer les orientations politiques du règlement. C’est important pour nous », ajoute-t-elle réclamant l’accès aux documents financiers et les accords entre Bloomberg et la FDA-Ph. Victor Savellano, le vice-président de la Chambre, suspend la séance et intime l’ordre à la FDA-Ph de ne plus agir sur ce dossier avant que les faits ne soient éclaircis. Il a annoncé lancer une résolution pour une enquête du Congrès sur le dossier.

Une simili-prohibition en guise de projet d’ordonnance administrative 

Cette séance du 8 octobre était censée concerner les lignes directrices du projet de « loi sur les systèmes de distribution de nicotine non combustible », dont le principe a été adopté par le Congrès en août dernier. Cependant, Clarisse Virgino, de la Coalition of Asia Pacific Tobacco Harm Reduction Advocates (CAPHRA), explique au Metro News Central que le texte de l’ordonnance administrative préparé par la FDA-Ph constituerait quasiment une interdiction de facto de la vape.

En réaction à la révélation de cette nouvelle affaire, la défenseuse Philippine des droits à la réduction des risques rappelle que solliciter ou accepter des cadeaux ou avantages sont interdits en vertu de la Loi et du Code de conduite et des normes éthiques pour les fonctionnaires Philippins. « Il est clair que les fonds reçus de groupes anti-vape nuiraient au traitement de la FDA des produits de réduction des méfaits du tabac tels que le vapotage et le tabac chauffé », précise Clarisse Virgino de la CAPHRA à l’Inquirer du 23 octobre

Possible plainte auprès de l’Ombudsman

« L’acceptation de la subvention par la FDA est un cas évident de conflit d’intérêts motivé uniquement par des considérations financières », appuie Anton Israel, président de l’Union des consommateurs de nicotine des Philippines (NCUP). « Si la FDA ignore les opinions des parties prenantes légitimes et directement touchées et procède à l’adoption d’une ordonnance administrative tirée de l’agenda de leurs patrons “antitabac”, nous serions contraints de signaler un cas de corruption auprès du Médiateur », précise Anton Israel.

Photomontage de bébé vapoteur exhibé par l’OMS 

Plus tôt, le processus Philippin avait déjà été émaillé d’une scène surréaliste lors de l’audition de Ranti Fayokun, haut cadre de l’OMS, qui avait présenté notamment un photomontage d’un bébé en train de vapoter comme une photo d’un véritable produit sur le marché devant une commission du Congrès le 10 décembre 2019. 


Le mois précédent, le président Rodrigo Duterte, avait décrété oralement l’interdiction du vapotage, menaçant de « tuer cette pute de vapoteur » dans les jours qui avaient suivi. Le despote semblait persuadé du caractère extrêmement toxique du vapotage. En l’absence de décret écrit, la police avait procédé à la saisie du matériel de vapoteurs, mais sans les incarcérer ni les amender. 

Affairiste financier, magnat de presse et politicien américain, le milliardaire Michael Bloomberg finance pour des centaines de millions $ des actions contre le droit à la réduction des risques à travers diverses organisations qu’il contrôle. Il est par ailleurs en affaires avec des nations du tabac telles que l’Inde et la Thaïlande.

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jeudi 22 octobre 2020

Ma contribution critique au brouillon du rapport sur la vape du Comité Scientifique de l'UE (SCHEER)


Le Comité scientifique de la Commission européenne (SCHEER) a publié la version préliminaire de son rapport sur le vapotage dans le contexte de l’Union Européenne et de sa directive TPD. Il est possible à « toutes parties concernées » de soumettre une contribution à ce brouillon sur le site de la Commission. Les règles de soumission sont assez peu incitatrices à participer, pourtant il serait important et précieux pour les autorités européennes d’avoir un avis de bien meilleure qualité scientifique que cette première version. Pour participer, la date limite est lundi 26 octobre à minuit. Ne faites pas de copier/coller de mon avis (mais vous pouvez vous inspirer des idées qui vous semblent pertinentes). 

Je partage ici seulement ma contribution sur le résumé court (abstract). J’ai également commenté d’autres parties du brouillon de rapport, sans être exhaustif. Les éléments du rapport étant assez répétitifs, je doute qu’il soit intéressant de lire l’ensemble, mais si vous voulez, demandez-moi par mail. 

Quelques autres commentaires : Alistair a écrit une opinion pertinente à la sortie du brouillon du SCHEER sur Vaping Post ;  Clive Bates a publié sur son blog une critique de fond, et son message au SCHEER ; et Christopher Snowdon a aussi commenté le sujet hier sur son blog.

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We welcome SCHEER’s efforts to assess the topic of vaping in the context created by the TPD in the EU, prior to possible discussions on its revision. However this draft report fails to provide an adequate assessment in the European context on several points:

1) It does not make a relative risk assessment between vaping and cigarettes when almost all vaping users in the EU are or have been smokers (McNeill, 2018 ; Farsalinos 2016);

2) A large part of the studies cited concern products from outside the EU market; or, do not distinguish between uses with or without nicotine (or otherwise); and come from regulatory context radically different from that created by the TPD;

3) Some important European studies are not reviewed;

4) Another gap in relation to its mandate, the SCHEER draft never addresses the impact of regulations and/or actions of authorities on the issues addressed (Hua-Hie Yong, 2017 ; Ward, 2020).

It would have been desirable the Scientific Committee analysed risks produced by the different national implementations:

  • evolution of smoking prevalence and evolution of the risks linked, between country tolerant to vaping, e.g. France, and country stigmatising vaping, e.g. Spain;
  • the effects of ban flavours and high taxes, e.g. Estonia, and the risks associated with the creation of a vast black market out of control.

On the abstract text itself, we note:

[p. 2 l. 14] The data presented in the report do not seem to allow asserting strong evidence of systemic cardiovascular effects (Benowitz, 2016 ; Shahab, 2017).

[p.2 l.16] & [p.2 l.37] Data for products marketed under the TPD regime, which is the subject of this report, cannot support a carcinogenic risk by nitrosamine accumulation. Nicotine used in the EU is a highly purified grade (TPD art. 20 §3.d, 2014). This point indicates a more general confusion in the heterogeneous data used by the SCHEER, who does not seem to have discriminated the relevant data for specific European situation created by TPD.

 [p. 2 l. 42 ss] The gateway hypothesis is not supported by the evidence presented in this report. The studies presented suffer from critical problems, including a lack of consideration of the risk co-factor of parental smoking and friends smoking, high attrition bias, etc. (Chan et al. 2020). The main meta-analysis presented has authors’ self-report bias. The scientific criteria for validating a causal hypothesis as the gateway theory are not met (Etter, 2017). More robust European studies, notably the OFDT study in France, show effects incompatible with this hypothesis (Chyderiotis, 2019). All this chapter and conclusion need to be completely revised.

[p. 2 l. 49 ss.] Many data were not included in the report. Cochrane review found 50 clinical studies and conclude to moderate-certainty evidence vaping with nicotine increase quit rate compared to NRT (Hartmann-Boyce, 2020). Preliminary results from other clinical studies (Eisenberg, ACC.20) are in the same direction. Santé Publique France has demonstrated that at least 700,000 people have quit smoking in a consolidated way thanks to vaping before 2017 (Pasquereau, 2017). Based on the Eurobarometer 429, an estimated 6 million EU citizens had quit with the help of vaping in 2014 (Farsalinos, 2016). The Smoking Toolkit Study showed that smoking cessation increased by ~70,000 net additional successful quitters thanks to vaping in 2017 in England (ASH, 2020). etc.

We recommend a thorough and rigorous revision of the draft report before its transmission to the Commission.

Les références de ce commentaire:

McNeill, A., Brose, L.S., Calder, R., Bauld, L. and Robson, D. (2018). Evidence review of e-cigarettes and heated tobacco products. Public Health England, London, UK https://www.gov.uk/government/news/phe-publishes-independent-expert-e-cigarettes-evidence-review

Farsalinos, K. E., et al. (2016). "Electronic cigarette use in the European Union: analysis of a representative sample of 27 460 Europeans from 28 countries." Addiction 111(11). https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/add.13506

Yong HH, Hitchman SC, Cummings KM, et al. Does the Regulatory Environment for E-Cigarettes Influence the Effectiveness of E-Cigarettes for Smoking Cessation?: Longitudinal Findings From the ITC Four Country Survey. Nicotine Tob Res. 2017;19(11):1268-1276. doi:10.1093/ntr/ntx056 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5896424/

Ward E, Anholt C, Gentry S, Dawkins L, Holland R, Notley C. A Qualitative Exploration of Consumers’ Perceived Impacts, Behavioural Reactions, and Future Reflections of the EU Tobacco Products Directive (2017) as Applied to Electronic Cigarettes. Tobacco Use Insights. January 2020. doi:10.1177/1179173X20925458 https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/1179173X20925458

Benowitz, N. L., & Burbank, A. D. (2016). Cardiovascular toxicity of nicotine: Implications for electronic cigarette use. Trends in cardiovascular medicine, 26(6), 515–523. https://doi.org/10.1016/j.tcm.2016.03.001

Shahab, L, Goniewicz, ML, Blount, BC, et alNicotine, carcinogen, and toxin exposure in long-term e-cigarette and nicotine replacement therapy users. Ann Intern Med. 2017;166:390-400https://doi.org/10.7326/M16-1107 

Gateway or common liability? A systematic review and meta‐analysis of studies of adolescent e‐cigarette use and future smoking initiation. Gary C. K. Chan  Daniel Stjepanović  Carmen Lim  Tianze Sun  Aathavan Shanmuga Anandan  Jason P. Connor  Coral Gartner  Wayne D. Hall  Janni Leung - First published: 04 September 2020 https://doi.org/10.1111/add.15246

Gateway effects and electronic cigarettes, JeanFrançois Etter, Addiction, vol. 113 issue 10, 2018 https://doi.org/10.1111/add.13924

Sandra Chyderiotis, Tarik Benmarhnia, François Beck, Stanislas Spilka, Stéphane Legleye, Does e-cigarette experimentation increase the transition to daily smoking among young ever-smokers in France?, Drug and Alcohol Dependence, Volume 208, 2020, https://doi.org/10.1016/j.drugalcdep.2020.107853.

Hartmann-Boyce J, McRobbie H, Lindson N, Bullen C, Begh R, Theodoulou A, Notley C, Rigotti NA, Turner T, Butler AR, Hajek P. Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database of Systematic Reviews 2020, Issue 10. Art. No.: CD010216. DOI: 10.1002/14651858.CD010216.pub4. https://www.cochrane.org/CD010216/TOBACCO_can-electronic-cigarettes-help-people-stop-smoking-and-do-they-have-any-unwanted-effects-when-used

E-cigarettes more effective than counseling alone for smoking cessation, AMERICAN COLLEGE OF CARDIOLOGY, march 2020, https://www.eurekalert.org/pub_releases/2020-03/acoc-eme033020.php

Pasquereau A, Quatremère G, Guignard R, Andler R, Verrier F, Pourchez J, Richard JB, NguyenThanh V. Baromètre de Santé publique France 2017. Usage de la cigarette électronique, tabagisme et opinions des 1875 ans. SaintMaurice : Santé publique France, 2019. https://www.researchgate.net/publication/337542002_USAGE_DE_LA_CIGARETTE_ELECTRONIQUE_TABAGISME_ET_OPINIONS_DES_18-75_ANS_Barometre_de_Sante_publique_France_2017

Action on Smoking and Health (ASH) Use of e-cigarettes (vapes) amoong adults in Great Britain, 2020 https://ash.org.uk/wp-content/uploads/2020/10/Use-of-e-cigarettes-vapes-among-adults-in-Great-Britain-2020.pdf 

Romain Dusautoir, Gianni Zarcone, Marie Verriele, Guillaume Garçon, Isabelle Fronval, Nicolas Beauval, Delphine Allorge, Véronique Riffault, Nadine Locoge, Jean-Marc Lo-Guidice, Sébastien Anthérieu : Comparison of the chemical composition of aerosols from heated tobacco products, electronic cigarettes and tobacco cigarettes and their toxic impacts on the human bronchial epithelial BEAS-2B cells, Journal of Hazardous Materials, Volume 401, 2021, https://doi.org/10.1016/j.jhazmat.2020.123417


mercredi 21 octobre 2020

Trois bonnes raisons pour un fumeur de participer à l'enquête de l'ETHRA sur les consommateurs de nicotine en Europe

L’European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA) lance une grande enquête ouverte jusqu’au 31 décembre. En ligne de mire, constituer un recueil de données sur les usages concrets de produits nicotinés avant les échéances réglementaires de l’Union Européenne l’an prochain. L’ETHRA regroupe 22 associations européennes, dont les Françaises AIDUCEJe Défume! et SOVAPE, de défense d’utilisateurs de produits nicotinés à risque réduit. Essentiellement des utilisateurs de vape et de snus. 

Les fumeurs sont aussi concernés

Indépendante des industries du tabac et de la pharma, l’ETHRA est animée de bénévoles dont la plupart, si ce n’est tous, sont d’anciens fumeurs. C’est probablement une sorte de paradoxe de la défense du droit à la réduction des risques. Elle concerne au moins autant des personnes pouvant potentiellement en bénéficier à l’avenir, que des utilisateurs actuels. À propos de ces potentiels futurs bénéficiaires, avec quelques variations selon les pays, on recense généralement trois groupes chez les fumeurs : un tiers déclare aimer fumer, un tiers déclare vouloir arrêter sans se fixer d’échéance et un tiers exprime la volonté d’arrêter à court terme.

Ces deux tiers qui voudraient arrêter la cigarette ont un intérêt potentiel tangible à ce que les produits à risque réduit restent disponibles dans les meilleurs conditions. Ils pourraient y avoir recours pour sortir de la cigarette. Leur avis sur ces questions mérite d’être exprimé. Notamment, sur les éventuelles lacunes dans les aides proposées à l’arrêt qu’aborde le questionnaire de l’ETHRA.

Même si l’orientation vers la réduction des risques des organisateurs de l’enquête se distingue du tabagisme assumé, les fumeurs qui ne veulent pas arrêter la cigarette peuvent aussi être concernés par la disponibilité de produits alternatifs en complément à l’avenir. Notamment le snus, actuellement interdit dans l’Union Européenne sauf en Suède, est une manière de consommer de la nicotine à risque réduit sans fumer. Ce qui permet de le faire dans les lieux interdits à la fumée sans engendrer de tabagisme passif. Les questions sur les taxes peuvent aussi concerner ce groupe.

Pourquoi est-il important de prendre quelques minutes pour y répondre? 

1) Défendre une vape accessible avant la révision des directives européennes

A quelques mois de la révision des directives européennes sur les produits du tabac (TPD) et sur leur taxation (TED), c’est le seul questionnaire prévu pour sonder le public concerné par les éventuels changements réglementaires sur les produits de nicotine. Ces révisions peuvent engendrer des durcissements ou des améliorations des directives. 

Les lobbys opposés aux moyens de réduction des risques sont déjà actifs pour défendre notamment des interdictions d’arômes de vapotage, qui pourraient se limiter au seul goût tabac (et peut-être menthol) ; l’intégration des liquides sans nicotine aux limitations de volumes des contenants à 10 ml ; et des surtaxes sur le vapotage à un taux plancher pour toute l’Union Européenne, dont certains espèrent égaler celles des cigarettes. 

En sens inverse, des améliorations pourraient être implémentées pour lever les limites des fioles et des atomiseurs (qui n’est pas en vigueur en France), améliorer l’accès à l’information, intégrer et soutenir l’approche de réduction des risques face au tabagisme en Europe. 

2) Pallier le déficit démocratique des autorités européennes

L’Union Européenne souffre d’un énorme déficit démocratique enfermée dans sa tour d’ivoire bruxelloise, où elle est assiégée de milliers de lobbyistes professionnels. Cette initiative des associations d’usagers se déroule sans financement, sans lien d’intérêt et vise à donner la parole aux principaux concernés sur les décisions qui vont se prendre. Elle pallie un oubli du public par les autorités européennes. Y répondre est aussi une manière de leur rappeler l’existence des populations. Personne ne le fera à notre place.

3) Le snus : un moyen de réduction des risques supplémentaire

Le snus est non seulement méconnu en Europe de l’Ouest, mais il est même interdit de vente de manière aberrante dans l’Union Européenne à l’exception de la Suède. Il est pourtant une réussite indiscutable de l’approche de réduction des risques face au tabagisme dans les pays scandinaves.

Exemple paradigmatique, la Suède compte environ 22 % de consommateurs de nicotine, mais seulement 5 % de fumeurs. 17 % consomment du snus. Les taux de maladies y compris les cancers liés au tabagisme sont de l’ordre de trois à quatre fois moindres que dans le reste de l’Europe. Le tableau comparatif des données 2017 dressé par le Pr Lars Ramström est édifiant. 
 
Le snus est un tabac oral, généralement en petit sachet que l’on coince contre la gencive. Au cours de sa préparation, il est pasteurisé, au contraire des autres tabacs qui sont fermentés. Cela évite le développement des substances cancérigènes nommées nitrosamines (TSNA).

La révision de la directive tabac est l’opportunité de réclamer la légalisation de ce produit. Aux États-Unis, le snus est le seul produit de tabac a avoir obtenu le droit de revendiquer l’ensemble des annonces de réduction des risques par la FDA. 
« L’utilisation de Snus Général à la place de cigarettes réduit le risque de cancer de la bouche, de maladies cardiaques, de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral, d’emphysème et de bronchite chronique », annonce autorisée sur les produits Snus General aux États-Unis depuis octobre 2019 par la FDA (US).

L’enquête de l’European Tobacco Harm Reduction Advocates

Indépendante des industries de la nicotine et de la pharmaceutique, l’ETHRA regroupe 22 associations Européennes de défense des utilisateurs de moyens de réduction des risques face au tabagisme. Le questionnaire est réservé aux adultes et traduit dans 14 langues. L’analyse des réponses permettra d’éclairer les enjeux des éventuelles révisions européennes et d’informer le public, les défenseurs de la réduction des risques et, bien sûr, les décideurs, notamment les parlementaires européens. L’enquête a été élaborée collectivement de manière bénévole par l’ETHRA avec le soutien de ses conseillers scientifiques. 

Le questionnaire prend environ 10 minutes à remplir. Plus d’explications en introduction de l’enquête, dont le lien direct s’ouvre dans un nouvel onglet, ou répondre sur le lien hébergé ici :

lundi 19 octobre 2020

La Commission Européenne annonce son agenda sur le projet de taxe anti-vape

Le 2 juin dernier, le Conseil Européen a ordonné à la Commission des taxes de préparer un projet de révision des taxes tabac (TED), pour inclure les nouveaux produits, dont le vapotage. La Commission des taxes vient de publier son agenda : son projet devrait être soumis à consultation publique durant le premier trimestre 2021. Elle prévoit d’adopter la révision d’ici fin 2021. La révision de la TED se déroule en parallèle du processus lié à la directive des produits du tabac (TPD).

La révision des accises du tabac a été demandée par le Conseil européen, qui regroupe les ministres des 27 pays membres de l’Union Européenne (UE), suite à un rapport de la Commission. Le Conseil « reconnaît que les dispositions actuelles de la directive 2011/64/UE sont devenues moins efficaces, car elles ne sont plus suffisantes ou trop étroites pour répondre aux besoins actuels et futurs des défis, concernant certains produits, tels que les liquides pour les e-cigarettes, le tabac chauffé et d’autres types de produits de nouvelle génération, qui arrivent sur le marché », expliquent les conclusions adoptées par le Conseil européen le 2 juin dernier.

Taxer ce qui se « substitue au tabac », « contenant ou non de la nicotine »

Le Conseil « réaffirme qu’il est donc urgent et nécessaire de moderniser le cadre réglementaire de l’UE afin de relever les défis actuels et futurs en ce qui concerne le fonctionnement du le marché intérieur en harmonisant les définitions et le traitement fiscal des nouveaux produits (tels que liquides pour cigarettes électroniques et produits du tabac chauffés), y compris les produits, contenant ou non de la nicotine, qui se substituent au tabac, afin d’éviter l’insécurité juridique et les disparités réglementaires dans l’UE, en tenant compte des bonnes pratiques pertinentes et l’expérience acquise par les États membres dans ce domaine et, le cas échéant, les objectifs de la directive 2011/64/UE, qui inclut également l’objectif que les différents types de produits de tabac, qui se distinguent par leurs caractéristiques et par la manière dont ils sont utilisés, devraient être définis », Conseil européen le 2 juin 2020, (notre emphase).

 À l’origine de la décision du Conseil européen, un rapport de la Commission préconisant cette révision. Pourtant, par deux fois en 2016 et 2018, près de 90 % des citoyens et organisations ayant participé aux consultations publiques de la Commission elle-même avaient clairement rejeté le principe d’une taxation du vapotage comme produit de tabac. Les autorités européennes n’en ont pas tenu compte. 

Les morts à cause des surtaxes anti-vape sont évitables

Des surtaxes sur le vapotage sont déjà en place dans plusieurs pays de l’UE. Par exemple, en Finlande chaque fiole de 10 ml est surtaxée de 3 € depuis 2017. Dans l’année suivante, 70 % des magasins de vape du pays ont fermé. Le taux de tabagisme est remonté à 19 % des Finlandais, au même niveau qu’en 2010, alors qu’il avait chuté auparavant. En Grèce, au Portugal, en Estonie entre autres, on doit faire le même constat d’un maintien artificiel du tabagisme à un niveau élevé avec une taxe anti-vape.

L’enquête lancée par l’European Tobacco Harm Reduction Advocates, qui regroupe 22 associations de défense des droits à la réduction des risques face au tabagisme, devrait apporter des éléments sur la question à travers l’ensemble des pays européens. On peut y participer jusqu’au 31 décembre, si on est adulte. Le questionnaire est traduit en 14 langues. 

EU Nicotine Users Survey - English - Deutsch - Français. Español - Italiano - Dutch - Português - Româna - Svenska - Suomi - Magyar - Ellenika - Srpski - Dansk



jeudi 15 octobre 2020

A Zurich, 0,06% des adolescents vapotent quotidiennement, la NZZ hurle à la catastrophe

Hier, la NZZ a titré « le boom de la nicotine dans les écoles à Zurich ». L’article repose sur une étude, publiée en juillet dans Pediatric Pulmonology, de qualité si médiocre que j’avais abandonné le projet d’en parler. Mais même de faible qualité, l’enquête LuftiBus in the school (LUIS), menée de 2013 à 2016 dans 37 écoles du canton de Zurich, ne livre pas du tout des données validant le message de la NZZ. Cependant, il faut farfouiller dans les données complémentaires de la publication pour en savoir un peu plus que l’attrape clic mis en avant par les auteurs et la NZZ.

L’enquête n’a pas discriminé vapotage avec ou sans nicotine

L’enquête a interrogé 3488 écoliers, dont 1905 de 6 et 12 ans et 1583 de 13 à 17 ans. Le questionnaire a notamment demandé aux adolescents s’ils ont au moins une fois dans leur vie « fumé une e-cigarette ou une e-chicha (avec ou sans nicotine) ». Outre le terme ambigu de « fumer » (geraucht), la question vise l’expérimentation et, surtout, le contenu de la parenthèse est important. Sa précision interdit de conclure que les réponses correspondent à une consommation de nicotine comme le titre la NZZ. 
Quiconque a contact avec des adolescents sait qu’une part importante expérimente le vapotage par curiosité, pour donner le change face à leurs amis, ou par inclinaison à tester l’interdit. L’extrême majorité le fait ponctuellement et sans nicotine. Amalgamer cette expérimentation du vapotage à une consommation dépendante de nicotine est au mieux une erreur stupide, ou un mensonge malveillant. C’est pourtant ce qu’a fait la NZZ, une vieille habitude chez eux.

Un seul jeune déclare vapoter au quotidien dans toute l’enquête

Malgré la publication très partielle des données, on peut trouver deux éléments plus éclairants dans l’étude, et ses données complémentaires (en particulier l’E-Table 3), pour déchiffrer ce qui se passe réellement. Le premier concerne l’usage fréquent. Parmi les 1583 adolescents de 13 à 17 ans sondés, il y a 10 jeunes qui vapotent au moins une fois par semaine, soit 0,69 % des 13 à 17 ans. Et parmi eux, un seul déclare vapoter quotidiennement, soit 0,06 % des 13 à 17 ans. (Précisons, il n’y en a aucun chez les moins de 13 ans) 

L’enquête a malheureusement un panel extrêmement réduit du groupe d’âge de 17 ans. Ce qui a obligé les chercheurs à regrouper les 93 adolescents de 16 et 17 ans pour avoir un chiffre statistique. Un nombre qui ne permet pas de conclusions solides. Il y a là un gros problème de conception de la recherche. 

Avec la prudence qui s’impose, les données sur les 16-17 ans montrent :
  • 25 % ont essayé la cigarette, 14 % fument occasionnellement et 15 % fument quotidiennement ;
  • 35 % ont essayé la vape, 8 % vapotent occasionnellement et 0 % vapotent au quotidien (Note : le seul vapoteur au quotidien de toute l’enquête était âgé de 15 ans).
Il est surprenant que les chercheurs et la NZZ sonnent l’alarme sur le vapotage, sans savoir s’il  contient ou non de la nicotine, et alors que son usage quotidien est quasi nul. Tandis qu’ils ne semblent pas très inquiets des 29 % de 16-17 ans qui fument. Qui fument de « vraies » cigarettes, avec le monoxyde carbone et les goudrons. Et dont 69 % des jeunes qui en essaient une deviennent consommateurs à long terme. Allô ?!

Le discours de la passerelle, mais des indices de détournement

Pourtant, l’essentiel du papier publié par les chercheurs et le message repris par la NZZ est consacré à la terrible menace du vapotage et en particulier d’un présumé effet passerelle vers le tabagisme adolescent. Le problème à la lecture du papier, c’est que la très longue et laborieuse litanie des auteurs sur ce soi-disant effet passerelle n’est pas illustrée par leurs propres données. 

En premier lieu, leur étude n’est pas un suivi longitudinal des élèves. Mais plus que cela, on peut voir que 41 % des 15-17 ans qui ont expérimenté le vapotage n’ont jamais essayé de fumer une cigarette. Cela représente 16 % de l’ensemble des 15 à 17 ans de l’enquête. Ce n’est pas conclusif, mais c’est un sacré indice pour prospecter sur un possible effet de détournement de la cigarette grâce au vapotage chez les adolescents. A l’opposé de l’idéologie préétablie à laquelle s’accrochent les auteurs et la NZZ.

Presque failli être intéressant

La recherche est médiocrement conçue et l’interprétation inepte. Point qui aurait pu être positif, les auteurs ont tenté d’évaluer le facteur du tabagisme parental (mais pas celui des amis). Un facteur de risque ignoré par les études américaines, référencées sans avoir été correctement lues par les auteurs zurichois, qui prétendent montrer l’effet passerelle du vapotage vers le tabagisme. 

On peut voir que le tabagisme fréquent du père ou de la mère augmente significativement la proportion de fumeurs ou vapoteurs occasionnels ou fréquents chez les adolescents zurichois. Mais les auteurs n’ont pas présenté les données de manière claire en distinguant les différentes catégories de consommation des adolescents, ce qui rend la donnée peu utile.

Par pitié, les jeunes : éduquez vos pédiatres !

Dans l’ensemble, le travail n’a pas pris conscience des différences de signification entre les usages. La vape occasionnelle notamment n’est pas comprise comme une possible manière d’éviter la cigarette. L’a priori de l’interprétation et de la présentation des données sont pris dans un cadre hermétique de 'tout est tabagisme', sans aucune intelligence des pratiques. La lecture du travail est assez déprimante sur l’incapacité de professionnels de santé à comprendre leurs patients adolescents.  

Une seconde partie du travail présenté analyse les ratios de risques de maladies respiratoires en fonction des données sur les consommations de cigarettes, vape et chicha. Mais comme cette première partie n’est pas maitrisée, la seconde est assez inintéressante à discuter. Elle amalgame de manière infondée les quelques vapoteurs aux statistiques concernant les fumeurs. 


mercredi 14 octobre 2020

Le monde selon FACEBOOK: censure de livre de science et promotion de jeu de meurtre

Ce n’est pas dans Fahrenheit 451, mais sur Facebook en 2020 que se déroule cette petite histoire en deux temps. En premier lieu, le Pr Bernd Mayer, toxicologue de l’Université de Graz (Autriche), vient de publier un livre sur le vapotage et la réduction des risques face au tabagisme. Son bouquin en allemand est sorti chez le petit éditeur autrichien Delta X. « Die E-Zigarette Fakten & Mythen » — La vape, faits et mythes — ne contient aucune publicité. Il est l’œuvre en toute indépendance d’un expert du domaine, dont le souci est avant tout d’informer correctement des fumeurs de l’opportunité d’opter pour le vapotage à la place de leur cigarette. 

Lire nuit gravement à votre naïveté

Cette semaine, Facebook a censuré un post publicitaire pour le livre. Une première fois en justifiant ne pas permettre la promotion de produits du tabac. Mais c’est un livre. D’un scientifique. La seconde fois, Facebook n’a pas même expliqué sa censure.

« Facebook a rejeté la publication, cette fois sans possibilité de recours. Plein d’entrain, j’ai créé un nouvel article légèrement modifié, sous le titre “Désirez-vous arrêter de fumer ?” pour préciser que je ne fais pas de publicité pour les produits du tabac », explique le Pr Bernd Mayer sur son Facebook le 12 octobre. Son nouveau post, pas plus que le précédent, n’apparait sur Facebook. 

Philanthropie du meurtre 

Toujours sur Facebook, une publicité, propulsée par les algorithmes du géant américain, aiguille vers un jeu hébergé dans les mailles du réseau social. Le clip de quelques secondes de Mafia City H5 présente un contrôle de police, où le chauffeur descend avant de saisir un calibre imposant. « Attendre ou le faire? », propose Facebook.

Le monde de Facebook nous cache l’information scientifique sur la réduction des risques, mais propose de fantasmer une carrière mafieuse ponctuée de meurtres. Une restriction de l’espace imaginatif assez cohérente en regard des investissements de son propriétaire Mark Zuckerberg et de ses amis. 

L’industrie du business soi-disant « philanthropique » dans laquelle est impliqué Mark Zuckerberg se démène ces derniers mois pour étendre la prohibition du vapotage. Une prohibition qui maintient des fumeurs dans la cigarette, elle-même de plus en plus l’objet de trafic, et engendre dans certains pays des marchés parallèles de produits de vape.

Prohibition et mafia : un secteur d’avenir

Prise de position appelant à l’interdiction de la réduction des risques, film de propagande contre l’arrêt tabagique à l’aide du vapotage, rumeurs mensongères répandues dans les médias ne se comptent plus. Les sources de cette guerre à la réduction des risques, elles, sont relativement faciles à recenser : à peu près tout passe par la filière de la Bloomberg limited company et ses filiales. L’affairiste milliardaire est un proche de Zuckerberg et de sa compagnie « philanthropique » Chan Zuckerberg Initiative.

De la prohibition et des jeux mafieux où l’on assassine, plutôt que des livres scientifiques. Facebook reflète le monde concocté par nos nouveaux seigneurs « philanthropes ». La réduction des risques et le livre du Pr Bernd Mayer ne semblent pas en faire partie. Une raison de le lire.

« Le pharmacologue et toxicologue Bernd Mayer de l’Université de Graz s’est penché sur ce sujet et explique dans son livre, sous une forme compréhensible, les faits et mythes qui entourent la cigarette-électronique. À cet égard, l’expert révèle les arguments contre le passage au vapotage en tant qu’affirmations non scientifiques de certains groupes d’intérêt, en particulier l’industrie pharmaceutique et la santé publique étroitement liée à l’industrie. C’est un livre recommandé pour tous ceux qui envisagent la cigarette électronique comme alternative au tabagisme et qui veulent s’y tenir », sur le site de l’éditeur Delta X.

jeudi 8 octobre 2020

Près des deux tiers des vapoteurs réduisent fortement leur dépendance par rapport aux fumeurs


Deux chercheurs de Pittsburgh (USA) ont comparé les niveaux de dépendance entre les vapoteurs et les fumeurs aux Etats-Unis entre 2013 et 2016. « Parmi les utilisateurs actuels, la dépendance à l’égard du vapotage est nettement inférieure à la dépendance à l’égard des cigarettes », concluent le Pr Saul Shiffman, de l'Université de Pittsburgh, et Mark Sembower dans ce numéro d’octobre de la revue Addiction. Ils ont mesuré les scores à une série de 16 questions établies pour évaluer la dépendance à des produits nicotiniques. Les résultats, sur une échelle de 5 points, de plus de 13 000 répondants des trois enquêtes américaines Population Assessment on Tobacco and Health (PATH) de 2013 à 2016 ont été analysés selon les produits consommés.

8 % des vapoteurs sont très dépendants contre 48 % des fumeurs

Sur une échelle de 5 points, les vapoteurs exclusifs au quotidien présentent en moyenne des scores de 2,22 pts tandis que les fumeurs exclusifs au quotidien marquent 2,81 pts. Par contre, les vapoteurs exclusifs occasionnels, avec de 1,56 pts, ne présente pas d'écart significatif par rapport au score de 1,64 pts des fumeurs exclusifs occasionnels.

« Ces différences moyennes présentent de grandes différences dans la distribution des scores. Alors que 48 % des scores pour le tabagisme étaient supérieurs à 3 pts, le niveau médian de l’échelle, cela n’était vrai que pour 8 % des scores du vapotage. La majorité des scores de dépendance à l’e‐cigarette (64 %) étaient de 1,5 pts ou moins, ce qui suggère une absence de symptômes de dépendance, un niveau observé dans moins de 13 % des scores de dépendance à la cigarette », expliquent les auteurs. 

En résumé, la plupart des vapoteurs exclusifs sont nettement moins dépendants que les fumeurs, même si une minorité de vapoteurs (8 %) a des scores élevés. Entre deux, 28 % des vapoteurs présentent des signes de dépendance marquée. Les deux chercheurs soulignent que les vapoteurs, ayant arrêté de fumer depuis moins d’un an, ont montré une dépendance plus élevée à l’égard du vapotage.

Une comparaison entre vapoteurs ex-fumeurs et fumeurs

Il est à noter que l'étude ne rend pas compte de la dépendance générée par le vapotage ou la cigarette chez des personnes n’ayant pas eu de consommation préalable (chez des jeunes notamment). On sait, avec un recul de 40 ans, qu’une part des ex-fumeurs continuent d’utiliser les substituts nicotiniques, comme les gommes, à long terme et de présenter des signes de dépendance à ceux-ci. Mais le nombre de personnes sans passé tabagique devenues dépendantes aux substituts nicotiniques est quasiment nul. 

L’écart du niveau de dépendance des usagers entre les deux produits se confirme chez les « double-utilisateurs », qui fument et vapotent, dans l'étude américaine. Leurs signes de dépendance sont significativement plus marqués envers la cigarette qu’envers le vapotage. De même chez les anciens utilisateurs, qui ont arrêté de fumer et/ou de vapoter au cours de l’année précédente, la persistance de signaux de dépendance est plus forte chez les anciens fumeurs que les ex-vapoteurs.

L’addictivité du tabac ne s’explique pas seulement par la nicotine

En filigrane, ces résultats confirment ce que l’on constate depuis l’émergence des substituts nicotiniques il y a 40 ans. Tous les produits nicotinés n'ont pas la même puissance dépendogène. La nicotine est impliquée dans l’extrême addictivité du tabac, mais ne l’explique pas à elle seule. La fumée de cigarette est un cocktail de milliers de substances où la nicotine côtoie d’autres alcaloïdes, tels que l’anabasine, l'anatabine, la myosmine, la théobromine (provenant du cacao), etc. Ainsi que des furanes, ayant des effets anti-dépressseurs (par inhibition des monoamines oxydases (IMAO). 

" En dépit de l'évidence des propriétés dépendogènes du tabac, il n'existe pas d'abus de nicotine pure (West et al. 2000), les substituts nicotiniques ne sont que modérément efficaces (Hajek et al. 1999), et les cigarettes dénicotinisées sont plus satisfaisantes et gratifiantes que la nicotine reçue par voie intraveineuse (Rose, 2006; Rose et coll. 2000). Dans les études sur des humains et des rongeurs d’auto-administration en intraveineuse (i.v.), la nicotine présente un profil d’administration beaucoup moins robuste que d’autres drogues d’abus comme la cocaïne ou l’héroïne, et a donc été considérée comme un renforceur relativement faible (Manzardo et al. 2002; Stolerman & Jarvis, 1995). Ces résultats vont à l’encontre du taux élevé de consommation de tabac chez les humains et ont amené certains chercheurs à suggérer que d’autres facteurs autres que la nicotine facilitent la dépendance au tabac (Dar & Frenk, 2004; Rose, 2006) ". Extrait de l'article de Kelly J. Clemens, Stephanie Caillé, Luis Stinus, Martine Cador : The addition of five minor tobacco alkaloids increases nicotine-induced hyperactivity, sensitization and intravenous self-administration in rats ; International Journal of Neuropsychopharmacology (12:10), November 2009.  https://doi.org/10.1017/S1461145709000273.

À l’image des substituts nicotiniques pharmaceutiques, le vapotage contient de la nicotine, sans les autres substances du tabac. La nicotine, généralement extraite du tabac pour des raisons de coût, est purifiée. De la nicotine de synthèse existe aussi, mais elle est peu répandue sur le marché. Un des aspects où le vapotage se distingue des substituts nicotiniques pharmaceutiques est la vitesse d’absorption de la nicotine, plus rapide par la voie pulmonaire que par la peau ou les muqueuses buccales.  

Au-delà de la peur de la dépendance

C'est un constat fréquent: beaucoup de personnes s'apprêtant à arrêter de fumer s’inquiètent du risque de dépendance du vapotage. En soi la dépendance elle-même n’est pas un problème de santé. Ce sont les effets de la consommation de produits nocifs qui produisent des problèmes de santé. Or la nicotine en elle-même a un profil toxicologique similaire à la caféine. D’où l’importance cruciale du point de vue sanitaire de son mode de consommation, comme l'explique le Pr Karl Fagerström

Mais la peur de la nicotine d'une large partie du public existe. Le sondage SOVAPE-BVA publié récemment révèle la désinformation à ce propos chez les 3/4 des Français. Une peur probablement entretenue par les messages anxiogènes centrés sur « l’addictivité de la nicotine ». Ils sont trompeurs à plusieurs titres. En cachant les véritables risques liés au tabagisme : les toxiques produits par la combustion tels que le monoxyde de carbone et les goudrons notamment.

« Amener les gens à la nicotine à la place de consommer du tabac ferait une grande différence pour la santé publique. Il est clair qu’il y a des problèmes d'avoir des gens dépendants à la nicotine, mais cela nous ferait passer du problème de santé publique grave et coûteux des maladies liées au tabagisme, à celui de ne plus avoir à s'occuper que de la dépendance à une substance qui, en soi, n’est pas très différente de la dépendance à la caféine », Pr Shirley Cramer, directrice en 2015 de la Royal Society of Public Health (UK), lors du rapport Stopping smoking by using other sources of nicotine.

La perversion des intégristes

Enfin, les messages anti-nicotine tendent à faire passer la dépendance pour un problème de santé en soi. Ce qui est une manière d’habiller de sanitaire l'orientation morale et idéologique de l'abstinence. Nous sommes dépendants de beaucoup de choses sans que cela soit des problèmes sanitaires. 

La dérive actuelle de groupes de pression pour transformer la lutte anti-tabac en guerre contre tous les consommateurs de nicotine s’éloigne des motivations de santé publique : elle est une croisade moraliste, probablement non dénuée d’intérêts financiers pervers. Car la peur de la nicotine n’amène pas les fumeurs à renoncer à leur cigarette, elle les amène principalement à renoncer à essayer des alternatives nicotiniques, substituts ou vapotage, qui les aident à s’en sortir. Jusqu’ici le choix étroit de « l’abstinence ou la mort » s’accompagne chaque année de sept millions de morts de maladies liées au fait de fumer. Il est temps de s’y prendre autrement.


mercredi 7 octobre 2020

Philip Morris coupe-t-il les vivres à la Fondation Smoke-free World ?

Philip Morris aurait coupé de moitié le budget alloué à la Fondation Smoke-Free World (FSFW) le mois dernier. Ceci au moment du renouvellement annuel de la convention initialement signée en septembre 2017. En dépit de leur promesse de transparence, ni la Fondation ni Philip Morris n’ont communiqué publiquement sur cette coupe drastique. La coupe de budget apparaitra probablement lors de la publication des comptes annuels de la Fondation, généralement en mai de l'année suivant l'exercice.

Cette réduction de budget passée sous silence pose question. La Fondation dirigée par Derek Yach a toujours mis en avant la garantie d’un « financement irrévocable » de 80 millions $ par an sur 12 ans du bailleur de fonds (voir extrait de sa lettre du 11-01-2018 plus bas). Cette clause était l’une des conditions les plus importantes censées garantir l’indépendance de la gouvernance de la Fondation. Derek Yach, son fondateur et président, pouvait ainsi imprimer les orientations désirées sans soucis de froisser le cigarettier et mettre en péril financièrement son organisation. 

Extrait de l’Accord entre la Fondation Smoke-Free World et Philip Morris, disponible sur le site de la FSFW


« Les documents directeurs de la Fondation sont sans équivoque : la Fondation est, et doit toujours être, une organisation indépendante, exploitée pour soutenir la recherche dans le domaine du sevrage tabagique et de la réduction des méfaits du tabac, indépendamment de l’impact sur toute entreprise commerciale. 2.Financement irrévocable - La Fondation et Philip Morris International (“PMI”) se sont engagés à financer la Fondation pendant 12 ans à hauteur de 80 millions de dollars par an tant que la Fondation continue à faire avancer la mission de la Fondation axée sur l’arrêt du tabagisme et la prise en compte des conséquences de la réduction de la consommation de tabac sur les tabaculteurs. Cet engagement sera pris chaque année pendant 12 ans selon les termes d’un accord formel et juridiquement contraignant (ci-joint). » Extrait de la réponse de Derek Yach le 11 janvier 2018 à une lettre d’une équipe d’experts indépendants, dont Clive Bates et le Pr Jean-François Etter. La lettre de Derek Yach semble avoir disparu du site de la Fondation, mais se trouve sur Web.Archive.

La moitié du staff virée

Première conséquence de la coupe, les licenciements pleuvent ces dernières semaines. Au moins 15 personnes ont été virées en septembre, soit près de la moitié du staff, comme le rapporte Philippe Boucher, qui suit l’actualité de la Fondation dont il a été employé en 2019, sur son blog Honest Feedback. Restent 16 employés, en plus de l’équipe dirigeante de 6 personnes. Cette vague de licenciement et le silence officiel semblent indiquer que la direction de la FSFW ne compte pas forcer Philip Morris à honorer son engagement sur les versements.

L’ancien budget de 80 millions $ annuels alloués à la Fondation Smoke-Free World paraissait relativement peu en regard du chiffre d’affaires de Philip Morris, ou même d'autres de ses investissements. Par exemple, Philip Morris financerait son écurie de Formule 1 pour près de 160 millions $ annuels. 

Cacahouètes

En regard de l’importance de la métamorphose de Philip Morris, encore répétée il y a quelques jours à peine par son PDG André Calantzopoulos, vers un « monde sans fumée », la somme accordée à la Fondation censée éclairer de manière indépendante ce chemin paraissait faible. Désormais coupée de moitié, elle est objectivement ridicule pour un tel enjeu. 

À fortiori en comparaison des centaines de millions $ parachutés par Bloomberg, les Big Pharma et les cigarettiers asiatiques dans leur guerre contre la réduction des risques, en particulier anti-vape.

Mais pourquoi ?

Les raisons qui ont poussé Philip Morris à décider cette coupe vont être sujettes à spéculations. Il est peu probable que le cigarettier livre ses réelles motivations. Je me risque à avancer trois hypothèses. La première est que cette coupe pourrait être une manière de sanctionner la Fondation pour un ou des travaux qui auraient déplu à Philip Morris. 

Une seconde est que Philip Morris pourrait estimer ne plus avoir besoin de la Fondation. La bataille du marché américain a été gagnée par les cigarettiers qui vont voir l’extrême majorité des entreprises de vape indépendantes être mises hors jeu par la réglementation. À part le chinois Smoore, qui a une surface financière plus importante, les quelques rescapés pourraient être absorbés sans grande difficulté. Ils retrouvent sur le marché des nouveaux produits à risque réduit une situation proche de l’état d’oligopole qu’ils apprécient. 

Une troisième piste d’explication est la réussite de la stratégie de chasse aux sorcières organisée par l’alliance du réseau de lobbyistes de Bloomberg, de l’OMS et du tabac asiatique. Les travaux issus de la Fondation n’ont que très peu d’écho, les chercheurs qui acceptent des financements de sa part sont mis au ban de la communauté scientifique, les médias attaquent les personnes liées à la Fondation, etc. Jusque-là, la Fondation de Derek Yach n’a pas réussi à être beaucoup plus qu’un épouvantail. Il est possible que Philip Morris jette l’éponge face au bloc solide autour de l’affairiste Bloomberg.

Bonne ou mauvaise nouvelle?

Une victoire du clan anti-réduction des risques n’est jamais une bonne nouvelle pour les utilisateurs et le respect de leurs droits. Ceci dit, un affaiblissement du pôle lié au cigarettier vaudois peut aussi constituer une opportunité pour les défenseurs indépendants des droits des usagers, ainsi que des professionnels de vape indépendants d’occuper le terrain déserté et d’avoir plus d’occasions de faire entendre leur voix.


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