Trois bonnes raisons pour un fumeur de participer à l'enquête de l'ETHRA sur les consommateurs de nicotine en Europe

L’European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA) lance une grande enquête ouverte jusqu’au 31 décembre. En ligne de mire, constituer un recueil de données sur les usages concrets de produits nicotinés avant les échéances réglementaires de l’Union Européenne l’an prochain. L’ETHRA regroupe 22 associations européennes, dont les Françaises AIDUCEJe Défume! et SOVAPE, de défense d’utilisateurs de produits nicotinés à risque réduit. Essentiellement des utilisateurs de vape et de snus. 

Les fumeurs sont aussi concernés

Indépendante des industries du tabac et de la pharma, l’ETHRA est animée de bénévoles dont la plupart, si ce n’est tous, sont d’anciens fumeurs. C’est probablement une sorte de paradoxe de la défense du droit à la réduction des risques. Elle concerne au moins autant des personnes pouvant potentiellement en bénéficier à l’avenir, que des utilisateurs actuels. À propos de ces potentiels futurs bénéficiaires, avec quelques variations selon les pays, on recense généralement trois groupes chez les fumeurs : un tiers déclare aimer fumer, un tiers déclare vouloir arrêter sans se fixer d’échéance et un tiers exprime la volonté d’arrêter à court terme.

Ces deux tiers qui voudraient arrêter la cigarette ont un intérêt potentiel tangible à ce que les produits à risque réduit restent disponibles dans les meilleurs conditions. Ils pourraient y avoir recours pour sortir de la cigarette. Leur avis sur ces questions mérite d’être exprimé. Notamment, sur les éventuelles lacunes dans les aides proposées à l’arrêt qu’aborde le questionnaire de l’ETHRA.

Même si l’orientation vers la réduction des risques des organisateurs de l’enquête se distingue du tabagisme assumé, les fumeurs qui ne veulent pas arrêter la cigarette peuvent aussi être concernés par la disponibilité de produits alternatifs en complément à l’avenir. Notamment le snus, actuellement interdit dans l’Union Européenne sauf en Suède, est une manière de consommer de la nicotine à risque réduit sans fumer. Ce qui permet de le faire dans les lieux interdits à la fumée sans engendrer de tabagisme passif. Les questions sur les taxes peuvent aussi concerner ce groupe.

Pourquoi est-il important de prendre quelques minutes pour y répondre? 

1) Défendre une vape accessible avant la révision des directives européennes

A quelques mois de la révision des directives européennes sur les produits du tabac (TPD) et sur leur taxation (TED), c’est le seul questionnaire prévu pour sonder le public concerné par les éventuels changements réglementaires sur les produits de nicotine. Ces révisions peuvent engendrer des durcissements ou des améliorations des directives. 

Les lobbys opposés aux moyens de réduction des risques sont déjà actifs pour défendre notamment des interdictions d’arômes de vapotage, qui pourraient se limiter au seul goût tabac (et peut-être menthol) ; l’intégration des liquides sans nicotine aux limitations de volumes des contenants à 10 ml ; et des surtaxes sur le vapotage à un taux plancher pour toute l’Union Européenne, dont certains espèrent égaler celles des cigarettes. 

En sens inverse, des améliorations pourraient être implémentées pour lever les limites des fioles et des atomiseurs (qui n’est pas en vigueur en France), améliorer l’accès à l’information, intégrer et soutenir l’approche de réduction des risques face au tabagisme en Europe. 

2) Pallier le déficit démocratique des autorités européennes

L’Union Européenne souffre d’un énorme déficit démocratique enfermée dans sa tour d’ivoire bruxelloise, où elle est assiégée de milliers de lobbyistes professionnels. Cette initiative des associations d’usagers se déroule sans financement, sans lien d’intérêt et vise à donner la parole aux principaux concernés sur les décisions qui vont se prendre. Elle pallie un oubli du public par les autorités européennes. Y répondre est aussi une manière de leur rappeler l’existence des populations. Personne ne le fera à notre place.

3) Le snus : un moyen de réduction des risques supplémentaire

Le snus est non seulement méconnu en Europe de l’Ouest, mais il est même interdit de vente de manière aberrante dans l’Union Européenne à l’exception de la Suède. Il est pourtant une réussite indiscutable de l’approche de réduction des risques face au tabagisme dans les pays scandinaves.

Exemple paradigmatique, la Suède compte environ 22 % de consommateurs de nicotine, mais seulement 5 % de fumeurs. 17 % consomment du snus. Les taux de maladies y compris les cancers liés au tabagisme sont de l’ordre de trois à quatre fois moindres que dans le reste de l’Europe. Le tableau comparatif des données 2017 dressé par le Pr Lars Ramström est édifiant. 
 
Le snus est un tabac oral, généralement en petit sachet que l’on coince contre la gencive. Au cours de sa préparation, il est pasteurisé, au contraire des autres tabacs qui sont fermentés. Cela évite le développement des substances cancérigènes nommées nitrosamines (TSNA).

La révision de la directive tabac est l’opportunité de réclamer la légalisation de ce produit. Aux États-Unis, le snus est le seul produit de tabac a avoir obtenu le droit de revendiquer l’ensemble des annonces de réduction des risques par la FDA. 
« L’utilisation de Snus Général à la place de cigarettes réduit le risque de cancer de la bouche, de maladies cardiaques, de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral, d’emphysème et de bronchite chronique », annonce autorisée sur les produits Snus General aux États-Unis depuis octobre 2019 par la FDA (US).

L’enquête de l’European Tobacco Harm Reduction Advocates

Indépendante des industries de la nicotine et de la pharmaceutique, l’ETHRA regroupe 22 associations Européennes de défense des utilisateurs de moyens de réduction des risques face au tabagisme. Le questionnaire est réservé aux adultes et traduit dans 14 langues. L’analyse des réponses permettra d’éclairer les enjeux des éventuelles révisions européennes et d’informer le public, les défenseurs de la réduction des risques et, bien sûr, les décideurs, notamment les parlementaires européens. L’enquête a été élaborée collectivement de manière bénévole par l’ETHRA avec le soutien de ses conseillers scientifiques. 

Le questionnaire prend environ 10 minutes à remplir. Plus d’explications en introduction de l’enquête, dont le lien direct s’ouvre dans un nouvel onglet, ou répondre sur le lien hébergé ici :

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