jeudi 20 octobre 2016

[Expresso] L'Express censure les citations d'études scientifiques sur la vape comme "propagande"

Dans un article à sens unique [lien RbutR], l'Express affirme qu'"aucune étude n'a pu prouver qu'elle [la vape] était efficace dans la réduction de la dépendance à la nicotine". Dans un commentaire, j'ai voulu attirer leur attention sur le biais de cette affirmation. En citant la meta-analyse de l'Institut Cochrane, considéré comme la référence mondiale en la matière, ainsi que la récente étude longitudinale sur deux ans de l'Université de San Diego montrant que les fumeurs utilisant le vapotage à long terme sont 4,1 fois plus susceptibles de se sevrer du tabagisme que sans aide. Je viens de recevoir un message (en illustration) me signalant la "modération", autrement dit la censure pure et simple, de mon message pour "prosélytisme et propagande". Autrement dit, citer des études scientifiques est assimilé à de la propagande par l'Express. Mais priver leurs lecteurs de l'information sur un moyen d'aide d'arrêter de fumer ne serait pas du prosélytisme tabagique masqué. 

Rappelons qu'en juillet, cinq associations d'aide à la réduction des risques ont entamé un recours au Conseil d'Etat français "pour faire annuler les interdictions de propagande et publicité, directe ou indirecte, sur le vapotage, qui remettent gravement en cause la liberté d’expression". Sovape, le RESPADD, la Fédération Addiction, SOS-Addiction et Tabac et liberté se mobilisent contre la menace qui "empêchent d’agir sur le terrain de la prévention sanitaire en apportant aux fumeurs une information objective sur une alternative au fléau qu’est la cigarette". Devant le compte à rebours des délais légaux, les associations ont déposé un référé en suspension le 5 octobre au Conseil d'Etat qui doit répondre d'ici novembre. Cette anecdote "expressive" alimente les craintes d'un retour d'une époque où informer sur la réduction des risques pour le sexe était interdit en France. Jusqu'à l'abrogation de la censure contre les préservatifs par la Ministre de la santé Michelle Barzac en 1987.

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