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mercredi 21 décembre 2016

[Expresso] La Commission fédérale tabac veut taxer les vapoteurs et interdire aux médecins d'aider leurs patients à arrêter de fumer

"Les autorités sanitaires ne doivent pas recommander
le vapotage pour le sevrage tabagique"
 Lucrezia Meier-Schatz préside la CFPT
Interdire aux médecins Suisses d'aider leurs patients à arrêter de fumer à l'aide du vapotage. Interdire toute forme de promotion de la vape. Et taxer ces produits sans tabac ni combustion comme les cigarettes. Juste avant les bonnes résolutions de fin d'année, la Commission fédérale de prévention du tabagisme (CFPT) réitère sa charge anti-vape. Sans avoir pris la peine de répondre ni à la lettre ouverte de l'association d'usagers Helvetic Vape, ni aux objections de l'association indépendante des professionnels de la vape suisse (SVTA), l'organe consultatif a communiqué ce mercredi aux médias mainstreams ses recommandations anti-vapotage déjà publiées fin septembre. 

La Commission présidée par Lucrezia Meier-Schatz affirme qu'il n'est "pas possible d'estimer avec exactitude dans quelle mesure la substitution totale des cigarettes ordinaires par les électroniques entraînerait une réduction relative des risques". Cet avis a volontairement exclu les rapports scientifiques du Public Health England, du Royal College of Physicians britannique qui ont évalué cette réduction des risques et dommages à au moins 95%. Celui récent de Truth Initiative, principale association américaine anti-tabac, s'est appuyé sur près de 700 études scientifiques publiées pour confirmer une réduction des risques massive et indéniable pour les fumeurs passant au vapotage. Même le rapport, présenté de manière alarmiste de l'US Surgeon General, reconnait la réduction des risques du passage au vapotage pour les fumeurs.

Aider ses patients à arrêter de fumer? Verboten!

Pour leur part, Jacques Conuz, Jean-Paul Humair, Rodrigo Tango, Carole Clair et Isabelle Jacot Sadowski concluaient en août 2015 que "la sécurité à court terme de la cigarette électronique est bien démontrée mais pas encore à long terme ; si elle existe, sa toxicité est probablement très largement inférieure à celle du tabac", dans la Revue Médicale Suisse. Ces médecins pourront-ils encore aider des patients à arrêter de fumer à l'aide du vapotage à l'avenir? La Commission espère bien leur imposer le silence: "Les autorités sanitaires doivent enfin s'abstenir de conseiller l'e-cigarette aux personnes désireuses d'arrêter de fumer".

La Commission soutient la taxe "Philip Morris"
Plus de maladies, plus de chiffre d'affaire
pour les assurances-maladies?

En plus de la censure des médecins, la Commission fédérale soutient aussi le projet de la taxe "Philip Morris": imposer les produits sans tabac de la vape au même taux que les cigarettes. Le cigarettier vaudois voit d'un mauvais œil ses ventes reculées devant l'exode des fumeurs vers le vapotage. Il revendique une taxe punitive sur ce nouveau concurrent à même hauteur que celle sur ses produits. Ce qui ferait doubler les prix des produits de vapotage en Suisse. Un projet que l'Union Européenne a déjà mis en consultation, y glissant en même temps la nouvelle cigarette iQos de tabac chauffé-non-brulé de Philip Morris.

Le principe de réduction des risques occulté

Cet ahurissant soutien au tabagisme de la part de la CFPT n'a pas éveillé la curiosité des médias malgré plusieurs critiques publiques à son égard. "Le principe de réduction des risques et des dommages est un pilier incontournable des politiques de lutte contre les addictions. Or, vous l'ignorez dans votre prise de position", remarquait Olivier Théraulaz, président de l'association Helvetic Vape, dans une lettre ouverte à la CFPT début octobre. La Commission n'a fait aucune réponse à ces questions de fonds. Rien non plus sur les remarques critiques de l'association SVTA sur plusieurs faits avancées sur lesquels des études scientifiques contredisent précisément les affirmations de la CFPT. 

Une Commission ridiculisée par elle-même

Dans son avis, la Commission a justifié son refus de lire les rapports scientifiques britanniques au prétexte d'une lettre anonyme accusant des chercheurs d'avoir des liens avec l'industrie du tabac. Des affirmations sans preuve qui ont conduit entre autres le Times a se rétracter, retirer ses articles et présenter ses excuses aux cinq scientifiques injustement calomniés par le corbeau qui lui a servi de source pourrie. A cette culture de l'obscurantisme scientifique, la CFPT y ajoute une totale méconnaissance de l'état du marché suisse. Contrairement à ses fantasmes, aucun produits de vapotage de cigarettiers - une douzaine dans le monde sur les plus de 25'000 existants - n'est commercialisé. Le mépris des usagers parachève cette caricature d'avis qui ridiculise la fonction de la Commission fédérale de prévention du tabagisme. De quoi soulever, sur les réseaux sociaux, l'interrogation du public sur la composition et les objectifs réels de cette Commission consultative.

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