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vendredi 30 septembre 2016

[Expresso] Enquête judiciaire sur le Champix de Pfizer suite à un suicide en Australie

La mère de Timothy est effondrée. (Photo: Jerad Williams)
Timothy John avait 22 ans, il voulait arrêter de fumer. En 2013, après huit jours sous traitement au Champix, il s'est pendu. C'est sur ce drame que John Hutton, officier judiciaire (Coroner) de Brisbane, a ouvert officiellement une instruction hier suite à la plainte de la mère du défunt. La première en Australie sur d'éventuels liens entre la drogue de sevrage tabagique des laboratoires Pfizer et un suicide. Pourtant, selon Sarah Elks de The Australian, la pré-enquête a montré qu'au moins 58 australiens se sont suicidés sous Champix, dont le principe actif est la varénicline, entre 2008 et 2014. "Leur nombre pourrait être beaucoup plus élevé", souligne la journaliste. Le Coroner J. Hutton voudrait enquêter sur l'ensemble des suicides au Queensland pour évaluer l'étendue du problème.

Alors que le produit est labellisé dangereux aux Etats-Unis avec un avertissement sur fond noir, en Australie il est distribué sans notice. "Les patients doivent la demander aux pharmaciens", précise The Australian. "Je ne pense pas que Pfizer approuverait, mais c'est inhabituel de ne pas donner de notice pour les médicaments. Alors pourquoi n'est-elle pas fournie dans ce cas?", s'étonne Peter De Waard, l'assistant du Coroner. La question sera au cœur de l'enquête prévue en novembre. 

Pour y répondre, les officiers judiciaires ont fait appel au Pr Colin Mendelsohn, par ailleurs connu pour son soutien à la légalisation des produits de vapotage nicotinés en Australie. Les enquêteurs déclarent que le spécialiste tabacologue est le plus indépendant qu'ils ont pu trouver. "Dans ce champ, c'est difficile. La plupart des experts crédibles ont, d'une manière ou l'autre, des liens d'intérêts avec Pfizer. Soit ils sont payés pour des conférences, soit pour mener des recherches", explique P. De Waard.

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