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samedi 4 février 2017

[Expresso] Le Royaume-Uni tente de forcer l'OMS à se réformer

Enfin! Un pays exige une réforme de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En l’occurrence le Royaume-Uni, troisième contributeur de l'agence onusienne à hauteur de £100 millions par an, vient d'indexer ses donations sur les quatre prochaines années. "50% du financement du Royaume-Uni chaque année dépendra de la réalisation par l'OMS d'indicateurs clés de performance, tels que décrits dans une convention convenue d'un commun accord. Le non-respect des objectifs / indicateurs convenus entraînera une réduction du financement britannique", explique le document officiel du Gouvernement britannique, publié le 27 janvier. Une première évaluation sera faite dés ce mois de mai.

Les britanniques rappellent tout leur attachement aux objectifs de santé portés par l'OMS. Mais le Royaume-Uni remet en cause son manque d'efficacité sur les urgences sanitaires, telles que les épidémies, et le gonflement de sa bureaucratie en adipose. Ils exigent une rationalisation de l'organisme, plus de transparence financière, le respect des droits humains et le développement d'une capacité de réponse rapide et souple en 72 heures aux épidémies. Une "culture forte d'évaluation" doit être mise en place, ainsi qu'une collaboration plus étroite avec les autres agences de l'Organisation des nations-unies (ONU). Le document britannique cite notamment UNAIDS, le programme onusien de coordination des actions contre l'épidémie du VIH. 

L'OMS aime la Corée du Nord, Duterte et Poutine

"L'OMS a un besoin urgent de réforme, et pour une bonne part en raison d'une inefficacité délétère et de priorités incohérentes", explique Benedict Spence, dans le Health Spectator. "Pour un organisme supposé à la pointe de la lutte contre les épidémies virales et infectieuses, l'OMS consacre énormément de temps et de ressources à s'ingérer dans des questions de modes de vie. Par exemple, Margaret Chan [directrice de l'OMS] a fait l'éloge de la Corée du Nord pour son faible niveau d'obésité, l'OMS a apporté ses félicitations à Rodrigo Duterte, président des Philippines, pour sa lutte anti-tabac, ou encore l'intervention de Margaret Chan, lors d'une allocution à Moscou, mêlant épidémie d'Ebola et campagne anti-vapotage de Vladimir Poutine", poursuit le journaliste anglais.

L'ultimatum du Gouvernement britannique n'est probablement pas sans lien avec la fin du règne de Margaret Chan à la tête de l'OMS. Après dix ans, l'impératrice va céder sa place de directrice générale au 1er juillet. Trois prétendants restent en course après la "primaire" à huis-clos du 25 janvier dernier au siège de l'OMS à Genève. L'éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, la pakistanaise Sania Nishtar et le britannique David Nabarro seront départagés en mai lors de la 70ème assemblée mondiale de la santé.


1 commentaire :

  1. Une déclaration de l'OMS, qui ne figure pas dans l'article du Health Spectator, mais qui aurait mérité d'y être, car aussi assez représentative et symptomatique des priorités de l'organisation. C'éatit l'été dernier lorsque l'OMS s'exprimait sur la situation du tabagisme en Syrie, ce qui leur avait donné l'occasion de faire cette déclaration extraordinaire : « La crise actuelle ne doit pas servir d’excuse aux Syriens pour mettre en danger leur vie »...

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/06/10/l-oms-s-inquiete-des-mefaits-du-tabac-sur-la-sante-des-syriens_4947626_3218.html#C5vFtLy9SzZbkmY8.99

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