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vendredi 12 octobre 2018

En Italie, la majorité essaie t-elle de trahir sa promesse d'abolir la taxe anti-vape ?

"En lisant le premier projet de décret fiscal, nous ne pouvons manquer de constater, avec un regret extrême, l’absence de toute référence à la modification de la taxe actuelle sur les vaporisateurs personnels". Les mots de Carmine Canino, le président de l'Association des vapoteurs en Italie (ANPVU), sentent la colère contenue. Cet été, Matteo Salvini a promis l'abolition de la surtaxe de 4 € par fiole de 10 ml et du régime de distribution par l'Agence des Douanes et des Monopoles (AAMS). Mais aucune trace de réforme ne se trouve dans le texte du Gouvernement déposé au Sénat et sensé la contenir, comme l'a révélé hier le site SigMagazine. Pourtant, un moratoire sur le versement des taxes jusqu'au 19 décembre a été décrété fin septembre, laissant présager de l'arrivée rapide de cette réforme promise. 

Annonce d'une simple baisse de la surtaxe

Mais peut-être que les membres de la majorité ne sont pas tous sur la même longueur d'onde à ce sujet ? La sénatrice Silvana Comaroli annonçait la semaine dernière non plus l'abolition mais une simple baisse de la surtaxe anti-vape. Baisse substantielle tout de même, puisqu'elle réduirait celle-ci de dix fois. "Dans la loi de finances, nous allons changer la taxation du vapotage. L’hypothèse est de le maintenir entre 5 et 10% du montant de la taxe sur le tabac. Ce sera probablement 5%", explique l'élue de la Lega sur la radio Città Aperta. Réaction immédiate de la Coalition des entrepreneurs italiens de vapotage (COIV).
" La promesse était l'abolition de la taxe et la fin du joug de l'AAMS ", Dario Colaianni
"La promesse était l'abolition de la surtaxe et la fin du joug de l'AAMS", rappelle Dario Colaianni, président de la COIV, avant de griffer la sénatrice Comaroli: "Elle déclare pour la première fois que le vapotage est nettement moins nocif que la cigarette, mais elle se contredit dans la foulée pour défendre son asservissement à une surtaxe". D'autres voix du monde du vapotage se sont montrées plus conciliante à l'annonce de la sénatrice. L'assouplissement du taux de surtaxe leur apparaît comme un "moindre mal"

Plus de 12 millions de fumeurs en Italie

Reste que le maintien du principe de taxe punitive et du régime de l'AAMS entravent de facto l'accès au vapotage à de nombreux fumeurs et vapoteurs. L'interdiction de vente sur internet prive d'accès aux produits de vape les personnes hors des centres urbains. Le maintien d'une surtaxe même réduite reste un principe de punition contre les personnes qui évitent de fumer avec le vapotage. Difficile à justifier éthiquement et surtout une publicité négative pour les fumeurs s'interrogeant sur l'arrêt des cigarettes à l'aide du vapotage. 

Tractations en coulisses?

Depuis l'introduction de la surtaxe, le nombre de fumeurs en Italie est reparti à la hausse, dépassant les 12 millions cette année. Tandis que le nombre de vapoteurs s'est écroulé, illustrant le principe de vases communicants. Face à ce désastre économique et sanitaire, une réforme de la réglementation du vapotage est urgente. L'absence de celle-ci dans le texte du décret fiscal est peut-être le signe de tractations en coulisses. Un atermoiement des élus qui réside peut-être dans ce hiatus entre la promesse de libérer la vape de Matteo Salvini, et la volonté de certains élus, comme la sénatrice Comaroli, de la maintenir de manière adoucie dans le carcan tabagique.  


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