S'abonner par email :

Répondez au mail de confirmation qui vous est envoyé !

lundi 21 décembre 2020

Le Dr Ivan Berlin fait-il des cachotteries sur ses liens d’intérêts avec Pfizer ? [MàJ]

Ayant longtemps prétendu n’avoir aucun lien d’intérêt, le Dr Ivan Berlin a publié sa déclaration au registre de transparence le 7 mai dernier. Mais elle ne couvre que le dixième des plus de 30 000 € versés par Pfizer que nous avons pu retracer, aux côtés de contrats dont les montants restent inconnus. Impliqué dans un essai clinique comparant le vapotage au Champix et extrêmement influent en coulisse auprès des autorités de santé en France, les manquements d’Ivan Berlin interpellent.


Il a longtemps prétendu ne pas avoir de lien d’intérêt. Puis le 7 mai dernier, le Dr Ivan Berlin a enfin fait sa déclaration d'intérêts au registre de transparence du Ministère de la santé français (document en fin d'article). Il y fait état de versements de 1000 € de la part de Pfizer pour « une communication par an à un congrès les 3 dernières années ». Soit 3000 € de la multinationale pharmaceutique pour les cinq dernières années concernées par l’obligation de transparence pour les acteurs de santé participants à des organes officiels. Cependant d’après nos recoupements de la base de données, avec l’aide du logiciel en ligne Eurosfordocs (voir les annexes en fin d'article), il s’avère que Pfizer déclare officiellement avoir versé 30 490 €, dont 28 800 € de rémunération, au Dr Ivan Berlin. Le registre signale aussi plusieurs contrats de convention de Pfizer en sa faveur sans renseigner les montants.

[Mise à jour 23 décembre 2020 : commentaire du Dr Ivan Berlin à cet article ajouté en annexe]

Omissions en mission

Missionné dans le Groupe de travail nicotine et Covid-19, créé au printemps par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), le pharmacologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris et du CHU de Lausanne en Suisse, pourrait s’exposer à des poursuites. En effet, l’article L 1454-2 du code de la santé publique français prévoit une amende jusqu'à 30 000 € pour les acteurs de santé publique qui participent « à des commissions, groupes de travail ou des instances collégiales » omettant sciemment de déclarer ou en fournissant une information mensongère qui porte atteinte à la sincérité de la déclaration.

Pourtant, pour ainsi dire omniprésent dans des organes concernant le tabagisme et le vapotage, Ivan Berlin n’avait jamais fait état de ses liens d’intérêts jusqu’en mai. Pire, à plusieurs reprises il a déclaré publiquement ne pas en avoir. Ceci alors qu’il participe régulièrement aux réunions de coordination du Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) et auparavant à celles de son ancêtre le Programme national de réduction du tabagisme (PNRT). Le pharmacologue était aussi membre du groupe de travail sur le vapotage de 2016 à 2018. 
« Il m’appartient, à réception soit de l’ordre du jour de chaque réunion pour laquelle je suis sollicité(e), soit de l’expertise que l’organisme souhaite me confier, de vérifier si l’ensemble de mes liens d’intérêts sont compatibles avec ma présence lors de tout ou partie de cette réunion ou avec ma participation à cette expertise », Ivan Berlin, déclaration publique d’intérêts le 7 mai 2020.

En public

En plus d’avoir omis de faire sa déclaration durant ces années, Ivan Berlin a régulièrement prétendu en public ne pas avoir de lien d’intérêt. Exemple en avril 2019, Ivan Berlin livre une conférence au Centre hospitalier Henri Laborit de Poitiers sur les « systèmes alternatifs de délivrance de la nicotine ». Derrière ce terme, la présentation traite essentiellement du vapotage, avec quelques brefs mots sur les cigarettes chauffées. Sur le slide d’introduction, Ivan Berlin indique n’avoir « aucun lien d’intérêt » (voir vidéo plus bas).

En janvier dernier, le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) publiait un avis d’experts sur le tabagisme pendant la grossesse. Le document diffusé aux membres de la corporation soulève une controverse dans le milieu médical, comme l’évoque un article de Libération ce 30 juin. Parmi les seize auteurs du document, Ivan Berlin est le seul du domaine de la tabacologie. En fin de document, une mention brève : « Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec ce texte »

À noter que face à la vague de rechutes tabagiques de femmes enceintes affluant notamment dans les groupes d’entraide depuis le début de l’année, l’association Sovape a récemment publié un dossier sur le sujet, accompagné des avis de la Dre Marion Adler et du Dr William Lowenstein.

Des avis à la Ministre

Membre du bureau de la Société francophone de tabacologie (SFT), Ivan Berlin a rédigé des avis de l’organisme à destination de décideurs politiques et autorités de santé. Par exemple, un document daté du 19 juin 2019 adressé à Agnès Buzyn, alors Ministre de la santé, présente des arguments pour contrer une demande d’un parlementaire en faveur d’intégrer l’outil du vapotage à la lutte anti-tabac. Or légalement, faire état de ses liens d’intérêts relève de la responsabilité individuelle, a fortiori dans une activité d’influence telle que préparer un avis d’une autorité publique.

Les exemples d’absence de déclaration ou de déclarations d’absence de lien d’intérêts pourraient être multipliés, y compris donc lors de contacts avec des décideurs politiques ou de santé publique.
  • Ivan Berlin n’a pas fait de déclaration au registre de transparence, obligatoire depuis 2011, pendant des années alors qu’il participait à des groupes de travail, des réunions sur la politique contre le tabac, qu’il a participé à rédiger des documents à destination des autorités et des avis de sociétés savantes ; 
  • En public, Ivan Berlin a prétendu n’avoir aucun lien d’intérêt ; 
  • Finalement publiée en mai, sa déclaration publique de liens d’intérêt ne coïncide pas avec les sommes que Pfizer déclare au registre de transparence lui avoir versées. La multinationale annonce des montants au total près de dix fois supérieurs à la déclaration d’Ivan Berlin. Certaines conventions ne sont pas renseignées sur les montants versés.

Étude ECSmoke : y a-t-il un biais dans le vapotage ?

Le Dr Ivan Berlin dirige également l’étude ECSmoke qui met en compétition vapotage et Champix (varénicline), un médicament de Pfizer, dans leurs capacités à aider à arrêter de fumer. L’étude a pris une année de retard en 2016 après un appel d’offres pour du matériel avec des spécifications impossibles, auquel aucun fournisseur ne pouvait répondre. 

À son lancement en 2018, son protocole a été très critiqué. Notamment, du fait que les participants du groupe à qui est fourni une vaporette avec nicotine n’ont accès qu’à un seul liquide en un seul arôme (« tabac blond ») et à un seul taux de nicotine de 12 mg/mL. Ces conditions restrictives poussent artificiellement à l’échec tous ceux qui ne supportent pas ce goût et ceux pour qui ce taux de nicotine est inadapté. Que cette concentration de nicotine soit trop forte, par exemple pour des bronches irritées par les années de tabagisme, ou trop faible pour subvenir aux besoins nicotiniques du participant, qui le poussera à combler son manque avec une cigarette. 

De son côté le Dr Berlin insiste que son étude est en double aveugle, méthode connue pour limiter les effets de biais. Mais le directeur de l’étude, lui-même extrêmement partial sur le sujet, crée, notamment à travers des conférences dans les centres d’études, des environnements défavorables au vapotage. La conférence à Poitiers, un des centres de l’étude, en est un exemple (voir extraits vidéo). Comment prémunir l’étude du biais provoqué par cette pollution des professionnels de santé impliqués ?

Le 23 novembre 2018, le Dr Berlin répondait aux critiques sur son protocole dans une interview à Medscape, précisant notamment que « cette étude est complètement indépendante de l’industrie du tabac et de l’industrie de pharmaceutique »

Le déni pharmaceutique

Notre examen montre que le Dr Berlin a au minimum tardé plusieurs années à déclarer ses liens d’intérêts alors même qu’il agissait dans des cercles d’influences et des organes liés au Ministère de la Santé. Il a caché ses liens d’intérêts au public, notamment lors de conférences. Enfin, sa déclaration datée du 7 mai semble très fortement minimiser les sommes perçues du géant pharmaceutique Pfizer. Ces trois comportements pourraient faire l’objet de sanctions.

Le seront-ils ? Ils le seraient dans un monde où l’éthique à sa place. Mais dans l’environnement de la « lutte anti-tabac » française, cela me paraît improbable. Le Dr Ivan Berlin bénéficie d’une protection qui l’a mis à l’abri de toute critique jusque-là. En dépit de ses dénégations, ces liens avec Pfizer n’étaient de longue date plus qu’un secret de polichinelle. 

Le regretté journaliste médical Jean-Yves Nau l’évoquait de manière à peine voilée en octobre 2018. « Arrêter de fumer avec (ou sans) conflits d’intérêts : que s’est-il passé à l’OpenMind Kfé ? » titrait-il se moquant de la publiconférence d’Ivan Berlin et de sa collègue Anne-Laurence Le Faou présentant des études vieilles de trois à quatre ans financées par Pfizer pour assurer la promotion du Champix devant les journalistes. 
Précisons qu’Anne-Laurence Le Faou a elle-même perçu plus de 12 000 € de Pfizer dont 8900 € de rémunération, ces cinq dernières années. Une dizaine de contrats entre la firme pharmaceutique et la présidente de la Société Francophone de Tabacologie restent non renseignées sur leurs montants dans le registre de transparence.

Les gains des pharmaceutiques

Pourquoi un tel silence complice des collègues d’Ivan Berlin? Il y a des raisons dont on peut se douter, mais sans oser les écrire au risque de poursuite. Parmi celles que l’on peut tout de même évoquer, bien qu’elle soit tabou, l’idée que les liens d’intérêts avec les géants pharmaceutiques ne constitueraient pas des conflits d’intérêts dans le domaine de la tabacologie. 

Pourtant, une revue d’études qui fait référence sur l’impact économique du tabagisme, publiée dans Tobacco Use Insights en 2015, estime qu’environ « 15 % du total des dépenses de santé dans les pays à revenu élevé peuvent être attribués au tabagisme »

Cela donne un ordre de grandeur de la part du chiffre d’affaires des pharmaceutiques produit grâce au tabagisme. Le chiffre d’affaires mondial de la pharmaceutique a dépassé les 1100 milliards $ en 2019, selon le regroupement des entreprises du médicament (LEEM)
« Le tabagisme cause environ 80 % des décès par cancer du poumon, environ 80 % des décès par bronchite et emphysème et environ 17 % des décès par maladie cardiaque. Plus du quart de tous les décès par cancer peuvent être attribués au tabagisme », 
Victor Ekpu et Abraham Brown dans Tobacco Use Insights en 2015.

Avec 15% de ce chiffre d'affaire, les revenus pharmaceutiques engendrés grâce aux maladies liées au tabagisme dépasseraient les 150 milliards $ annuels. L'explosion des prix des nouvelles thérapies anti-cancer, dont les premiers traitements se négocient à plus de 300000€, pourraient encore faire grimper ce montant. Enfin, la mise à l'écart de la nicotine pour soigner certaines maladies neuro-dégénératives au profit de molécules brevetées beaucoup plus profitables pour les laboratoires pharmaceutiques est soufflée par des chercheurs. Le Pr Paul Newhouse, du Vanderbilt University Medical Center, l'évoque dans le récent document 'You don't know Nicotine' (en accès sur la plateforme Ibex depuis le 1er décembre). 

Les financements secrets de la guerre au vapotage

Dans le top 10 des Big Pharma, Pfizer dépasse 46 milliards $ de chiffre d’affaires annuels. La multinationale américaine a ciblé le vapotage dans son travail de lobbyisme. A l'été 2019, le magazine allemand Spiegel révélait la corruption et le noyautage par Pfizer de l’Alliance Contre le Tabac allemande (ABNR), dirigée par Martina Pötschke-Langer, dans le but spécifique de discréditer l’arrêt tabagique à l’aide du vapotage. 

En Espagne, la presse s’est fait écho de doutes sur la politique de María Carcedo, Ministre de la santé par intérim de septembre 2018 à janvier 2020. « Des géants pharmaceutiques tels que Pfizer, avec l’approbation du gouvernement de Pedro Sánchez, sont déterminés à criminaliser le secteur du vapotage. Des millions d’euros publics et privés qui, au lieu de cibler le tabac, servent à attaquer la vape », explique le journal OK Diario en octobre 2019.

Dans les années 1980', Pfizer avait profité de la longue guerre de plus d’une décennie contre Nicorette, pour acheter à sa fin à bon prix la marque de substituts nicotiniques. Les gommes sont alors rapidement autorisées à la vente, mais seulement sous statut pharmaceutique. En 2016, Pfizer l’a revendu à Johnson & Johnson. 

Toujours pas d’AMM pour le concurrent au Champix, dix fois moins cher

Cependant, Pfizer détient toujours la Varénicline, vendue sous les noms de Champix ou Chantix, un des rares médicaments homologués pour l’arrêt tabagique. Ce qui devrait être son concurrent « naturel », avec une efficacité similaire et moins d’effets secondaires, la Cytisine n’a pas obtenu d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Bien qu’on ait plus de 50 ans de recul sur ce produit vendu sous le nom de Tabex dans les pays d’Europe de l’Est depuis les années 1960. Son principe actif, extrait d'une plante, n’est pas brevetable et le prix du traitement est environ dix fois moindre qu’avec le Champix. 

Pour rappel, Pfizer avait été évoqué lors du procès en 2016 des comptes cachés en Suisse de Jérôme Cahuzac. L’ancien ministre évoque devant la cour « deux versements des laboratoires Pfizer ». « Et ajoute que cette industrie pharmaceutique “a financé tous les politiques et certains plus que d’autres” », selon le compte-rendu du magazine Marianne

Liens ou conflits d'intérêts ?

De quoi s’interroger légitimement si les liens d’intérêts avec Pfizer dans le domaine de la tabacologie ne constituent vraiment que de simples liens d’intérêts et non pas de réels conflits d’intérêts. A fortiori lorsque le bénéficiaire, à l'image d'Ivan Berlin, tente de les cacher et diffuse des opinions douteuses.

Annexes : 

Vérifier les déclarations d’intérêts en France, marche à suivre

Le site transparence.sante.gouv.fr recueille les données sur les rémunérations, conventions et avantages aux professionnels de santé et organisations du domaine déclarés par les laboratoires pharmaceutiques. « Les déclarations sont extrêmement riches, mais le site public ne permet pas de les explorer facilement. Au point que ce dispositif de transparence est généralement perçu comme opaque. Le collectif Euros For Docs simplifie l’accès à la base Transparence-Santé », explique https://www.eurosfordocs.fr. Il suffit de se connecter pour faire une recherche.

Le numéro du répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) d’Ivan Berlin est le 1000417716. Bien qu'il offre plus d'informations au public qu'avant sa création, certaines données restent lacunaires sur le registre de transparence, notamment des montants non indiqués. 

Dans sa propre déclaration d'intérêts du 7 mai 2020, Ivan Berlin mentionne deux liens d’intérêts financiers. Avec les laboratoires Kinnov Therapeutics, et la multinationale Pfizer. Les deux financements déclarés sont de 1000 € chacun par an. 

Pour Kinnov Therapeuthics, Ivan Berlin déclare participer au comité de surveillance de tests cliniques. Le médicament, nommé KT-110, vise à modérer la consommation d’alcool chez l’usager. Le laboratoire d’Orléans a bénéficié d’un investissement de 2,5 millions € d’un grand labo pharmaceutique resté anonyme sur ce projet. À l’avenir, Kinnov espère démontrer d’autres applications thérapeutiques du produit, telles que l’arrêt tabagique.

Par ailleurs, Ivan Berlin déclare recevoir 1000 € de Pfizer pour « une communication par an à un congrès les 3 dernières années ». Sa déclaration le signale sous la rubrique « rédaction d’article », ce qui est probablement une erreur.  Le congrès en question n’est pas spécifié. Comme expliqué ci-dessus, cette somme ne correspond pas aux données du registre de transparence.

Documents :

Screenshot des sommes que les laboratoires pharmaceutiques déclarent 
avoir versé à Ivan Berlin sur le registre de transparence (click pour agrandir)

Déclaration officielle le 7 mai 2020 d'Ivan Berlin :

Mise à jour: Réponse du Dr Ivan Berlin en commentaire à cet article le 23 décembre 2020 :

 Cher M. Poirson,

J’ai bien lu votre blog me concernant. Je regrette que vous deviez passez autant de temps sur ma personne. Vous auriez pu me contacter directement pour avoir les informations plus adéquates que vous rapportez.
Mais pour parler de l’essentiel : J’ai initié l’étude ECSMOKE https://bmjopen.bmj.com/content/9/5/e028832.info  parce que je suis convaincu que la cigarette électronique est un futur traitement dans le sevrage tabagique. L’objectif de l’étude, écrit partout, est de montrer que la CE avec nicotine est aussi bien que la varénicline : hypothèse de non-infériorité voire mieux : hypothèse de supériorité. Je consacre actuellement une grande partie de ma vie professionnelle pour montrer, mais selon les règles de l’art de la recherche clinique, que la CE est une future aide au sevrage tabagique. (Par exemple : j’interrompt mes vacances et fais 200 km pour voir 2 participants de l’étude.) 
Je souhaiterais que vous transmettiez cette information à tous les membres de votre association SOVAP qui me font des injures, me traitent d’ « antivape » et tiennent des propos diffamatoires. Je peux vous informer de tous les aspects méthodologiques de ce projet pour éviter toute mésinterprétation du protocole. De plus, dans l’intérêt de tous les fumeurs, vous pourriez participer au recrutement de cette étude en dirigeant des fumeurs vers nos centres hospitaliers ce qui accélèrerait l’obtention plus rapide des résultats. 
Ivan Berlin

---------------- 


7 commentaires :

  1. Chapeau Mr Poirson. Un beau travail de recherche.

    RépondreSupprimer
  2. Cher M. Poirson,
    J’ai bien lu votre blog me concernant. Je regrette que vous deviez passez autant de temps sur ma personne. Vous auriez pu me contacter directement pour avoir les informations plus adéquates que vous rapportez.
    Mais pour parler de l’essentiel : J’ai initié l’étude ECSMOKE https://bmjopen.bmj.com/content/9/5/e028832.info parce que je suis convaincu que la cigarette électronique est un futur traitement dans le sevrage tabagique. L’objectif de l’étude, écrit partout, est de montrer que la CE avec nicotine est aussi bien que la varénicline : hypothèse de non-infériorité voire mieux : hypothèse de supériorité. Je consacre actuellement une grande partie de ma vie professionnelle pour montrer, mais selon les règles de l’art de la recherche clinique, que la CE est une future aide au sevrage tabagique. (Par exemple : j’interrompt mes vacances et fais 200 km pour voir 2 participants de l’étude.) Je souhaiterais que vous transmettiez cette information à tous les membres de votre association SOVAP qui me font des injures, me traitent d’ « antivape » et tiennent des propos diffamatoires. Je peux vous informer de tous les aspects méthodologiques de ce projet pour éviter toute mésinterprétation du protocole. De plus, dans l’intérêt de tous les fumeurs, vous pourriez participer au recrutement de cette étude en dirigeant des fumeurs vers nos centres hospitaliers ce qui accélèrerait l’obtention plus rapide des résultats.
    Ivan Berlin

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour,
      je suis d'accord avec vous qu'il est regrettable de devoir passer du temps à vérifier les liens d'intérêts d'intervenants au lieu de pouvoir avoir confiance et se concentrer sur des taches plus constructives. Mais dans le climat délétère et fourbe initié par le lobbyisme des grandes nations du tabac, notamment de la Thaïlande et de l'Inde via le réseau d'influence Bloomberg, et des Big Pharma, il apparaît désormais nécessaire de clarifier les liens d'intérêts des intervenants sur le domaine.

      Concernant l'étude ECSmoke, je l'avais déjà lu mais je vous remercie pour le lien vers le protocole. Je n'ai aucun doute sur le fait que vous aimeriez transformer le vapotage en produit pharmaceutique de sevrage tabagique. Même si je ne comprends pas pourquoi vous n'avez pas initié votre étude sur un produit qui pourrait être validé comme pharmaceutique dans le cadre de la réglementation européenne qui a déjà livré le monopole des produits à plus de 20 mg/ml de nicotine au secteur pharmaceutique avec la TPD (2).

      Je note que vous n'apportez pas de précision sur vos liens d'intérêts, ni sur l'influence négative que vous exercez autour des centres de l'étude ECSmoke, qui sont les deux principaux sujets de cet article.

      Mes salutations distinguées.
      Philippe Poirson

      Supprimer
  3. L’essai ECsmoke conduit par Ivan Berlin est clairement un essai qui ne peut qu’apporter que du positif à la vape. Si l’essai peut se terminer dans de bonnes conditions et qu’il montre que la vape est aussi efficace que le traitement d’arrêt du tabac et est bien toléré, ce sera intéressant pour la vape établissant de façon solide le profil de tolérance et montrant l’efficacité de la vape avec les meilleurs standard susceptibles de convaincre les pays anti vape primaire. Le profil de tolérance permettra d’éviter les délits sur les dangers de la vape. Si à l’inverse l’essai a des résultats négatifs il sera toujours temps aux vapoteurs de dire qu’il n’y avait qu’une dose et qu’un parfum, etc... A titre personnel j’ai été surpris qu’avec les bons conseils et une vape de qualité il était facile d’initier les patients avec un seul liquide pour tous. Les différences importantes de consommation de eliquide témoigne de la bonne recherche d’adaptation de dose. Ce protocole est indépendant de pfizer ( qui fait payer le prix fort ses comprimés) et l’industrie de la vape. Un essai à défendre par les vapoteurs car il ne peut être que bénéfique à la vape.
    Cet essai est conduit avec la rigueur d’un pharmacologue par Ivan Berlin afin d’assurer la solidité des résultats : c’est pas toujours fun l’armais c’est indispensable pour être crédible de tous. ivan Berlin veut sue les choses soient faites avec rigueur et ne plaisante pas avec la validation scientifiques qui est pour lui une exigence absolue avant d’affirmer qu’une chose est vraie.
    Je ne suis pas toujours d’accord avec lui sur l’attitude à avoir dans les domaines d’incertitudes scientifiques ou j’ai envie d’explorer rapidement les nouvelles pistes alors qu’il a plus besoin de background scientifique pour avancer, mais c’est de la confrontation des idées et des expérimentations que naît le progrès. De ne pas penser tous pareille nous renforce et rend plus fort si on se respecte. Depuis 40 ans que je le fréquente je ne l’ai jamais vu changer d’attitude sous influence d’un labo ou d’autres .J’observe qu’il influence plus les laboratoires pharma que les labos ne l’influence. Même si il irrite certains par sa rigueur, je suis persuadé qu’à l’issu de l’étude ECsmoke le monde de la vape a toutes les chances de lui être reconnaissant. La démarche scientifique est plus lente mais est indispensable au développement de la vape . Le débat des idées est plus efficaces sans invective, mais on n’est pas obligé d’être d’accord avec ce que dit Ivan Berlin ( moi même je ne le suis pas toujours) mais force est de reconnaître que son raisonnement et sa rigueur sont utiles.
    Je formule le souhait que 2021 soit une année ou chacun respecte l’avis des autres et dialogue au lieu de s’invectiver. c’est l’intérêt de la vape que j’espère chacun saura défendre.
    Bonne année 2021
    Pr Bertrand Dautzenberg

    RépondreSupprimer
  4. Il n'y a aucune invective dans mon article. Pour le reste, je vous remercie d'avoir partagé votre opinion et remarques. Et bonne année également. PhP

    RépondreSupprimer
  5. A force d'être attaquée la Vape devient-elle paranoïaque ?
    S'il est difficile de remettre en cause la sincérité du Pr Dautzenberg et de considérer le soutien apporté à son confrère, il n'en reste pas moins que le Dr Ivan Berlin présente des liens d'intérêts totalement incompatibles avec ECSmoke et qu'à mon sens il doit se retirer de cette étude.

    RépondreSupprimer

Cliquez pour recevoir Vapolitique par email

Licence Creative Commons: Attribution (BY) + Non Modification des partages (ND)

Printfriendly

 
Real Time Analytics