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dimanche 27 août 2017

Qui est derrière la nouvelle fausse pub virale de vape pour les enfants ?

Elle se propage comme un virus depuis hier. Cette publicité pour un produit de vapotage pour bébé est fausse. On peut le deviner, mais elle ne s'annonce pas comme telle. Au contraire, son créateur l'a lancé en la présentant comme un vrai produit s'attaquant aux enfants. "Damn, they got vapes for babies now", affirme "adam the creator" source de diffusion de la fausse pub en s'auto-citant pour vaguement brouiller les pistes. Derrière ce pseudo se trouve Adam Padilla. Le Directeur de l'agence publicitaire BrandFire se présente lui-même comme stratège de marketing et tout particulièrement de marketing viral. La firme pharmaceutique Pfizer figure parmi ses clients.

Spécialiste de pubs virales

Adam Padilla est un des chouchous des médias branchés de la côte Est américaine. Le publicitaire à la mode se félicite d'avoir touché plus d'un milliard de personnes avec un montage d'un faux jouet mettant en scène des enfants, cette fois-là autour d'un bar. Habile, la méthode est efficace en touchant l'émotionnel et par sa rupture avec les cadres habituels de diffusion publicitaire. Astuce évidemment possible parce qu'elle ne se présente pas comme une véritable publicité et échappe donc aux réglementations. Mais sa dernière pub contre la vape n'est-elle vraiment qu'un canular ? 

Dans le contexte politique actuel et les intérêts économiques autour du vapotage, il serait pour le moins naïf de s'en tenir à une simple blague du "stratège" de campagne médiatique de l'agence de New-York. En répandant l'idée que le vapotage vise les enfants plutôt qu'il n'est un outil pour les fumeurs de sortir du tabagisme, l'image diffuse un schème de pensée destinée à se graver dans l'opinion publique. Ceci au moment où la bataille entre conceptions de lutte anti-tabac est un sujet sensible depuis l'annonce de la nouvelle stratégie de Scott Gottlieb. Le nouveau directeur de la Food and Drug Administration (FDA) entend intégrer le vapotage et l'approche de réduction des méfaits à sa politique, en rupture du dogme unique pro-abstinence comme nous l'avons expliqué

Pour qui travaille Adam Padilla ?

Cette rupture, au moins partielle avec l'approche suivie jusque-là, froisse plusieurs groupes d'intérêts. Les grands cigarettiers évidemment. Mais aussi les élus Démocrates et les tenants du "Quit or die". L'approche pro-abstinence, farouchement opposée à la liberté de choix pour les usagers de nicotine, prédomine dans les organismes de santé publique aux Etats-Unis. A portée d'une porte battante de ceux-ci, les entreprises pharmaceutiques n'apprécient guère non plus ce qui pourrait concurrencer la vente de drogue labellisée pour le sevrage tabagique, telle que la varénicline, commercialisée sous le nom de Champix ou Chantix aux USA par Pfizer. Mais la réduction des méfaits par le vapotage pourrait aussi être un danger commercial pour toute la gamme de médicaments vendus aux personnes rendues malades par leur tabagisme. 

Trouver Pfizer parmi les clients de BrandFire, l'entreprise d'Adam Padilla, le diffuseur de cette fausse publicité, n'est peut-être pas anodin. Créer une pub qui n'existe pas en tant que telle, et produire l'illusion d'un danger pour justifier d'interdictions qui toucheront plus largement la possibilité d'informer les fumeurs, parait une stratégie de manipulation efficace. Difficile de croire qu'elle n'est pas réfléchie et au service d'intérêts commerciaux et politiques précis...

E. Bernays, le pape de la publicité moderne et auteur de Propaganda
edit 27-08-2017 à 21h30 : ajout de la capture du tweet d'Adam Padilla en illustration

3 commentaires :

  1. #ANTZ (Ain't Nicotine & Tobacco Zealots) will do anything to create against #vaping, a product that has helped tens of millions of smokers to become and stay, ex-smokers.

    Vaping, #ecigarettes, #ENDS (anti's anagram for Electronic Nicotine Delivery System) #PV, (personal Vaporizer) what ever one is most comfortable calling it, vaping has helped tens of millions of smokers to become ex-smokers and for the first time to be able to stay off cigarettes permanently. Since vaping came on to the seen, nicotine has been heavily studied as a seperate chemical from all the chemicals included when burning tobacco. It has been discovered that nicotine has many positive uses. Even so, ANTZ can not accept it & vaping they can't accept it is not smoking even with the discovery that #nicotine in and of itself is not anymore addictive as caffine. #ANTZ many in a position of trust, have been lying to stop people accept vaping as a useful tool for smokers, many who find nicotine's uses as a self help aid to get them through the day, or a difficult time and of course for the pleasure it offers. There is a plethora of information about nicotine being low harm and the benefits it offers, you only have to search the net to see that I am being truthful

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  2. « La seule chose qui à fait basculer le vote dans le parlement européen en faveur des vapoteurs était l’hystérie des anti-vapoteurs » (Frédérique Ries MEP) Les temps ont bien changés depuis.

    Les "Switch or Die" commencent encore plus que les "Quit or Die" à ressembler à une secte religieuse avec leurs prophètes intouchables et des complots paranoïaques partout...

    Heureusement ce n'est pas Charlie Hebdo qui à fait un dessin satirique sur la vape et qui risque le fatwa des vapoteurs. Je vape, et alors ? Ce n’est quand même pas que je vais sauver 1 milliard de vies avec ça !!!

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    1. Marrant comme retournement des choses. Tu m'accuse de fatwa parce que je donne une information publique que tu voudrais ignorer. De nous deux, qui appelle à la censure?

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