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jeudi 30 novembre 2017

La vape espagnole échappe au pire

Ce jeudi, le Congrès a avalisé le décret-loi finalisant les derniers éléments de l'implémentation en droit espagnol de la Directive européenne sur les produits du tabac (TPD). Ce décret, déjà publié au journal officiel le 17 novembre, est effectif. La vape espagnole échappe à l'interdiction totale de vente à distance initialement prévue dans le décret. [add/] Ainsi qu'à une restriction similaire au tabagisme sur les lieux autorisant de vapoter.[/] Cependant, le texte final adopté interdit les ventes transfrontalières, à savoir les importations qu'elles proviennent de pays de l'UE ou extra-communautaires. 

Pour les usagers, notamment situés hors des centres urbains, la possibilité de se fournir en produits de vapotage persiste en étant limité aux sites espagnoles. AnesVap, l'association des usagers espagnols, a mené campagne cet été pour sauvegarder ce droit. "Il reste beaucoup de chemin à faire et beaucoup de travail pour que le vapotage ne soit plus diabolisé. Mais aujourd'hui est un beau jour", commente à chaud l'association sur sa page Facebook. [add/] Angeles Muntada-Prim Lafita, Présidente d'AnesVap, nous confie estimer avoir évité "la fin du marché indépendant du vapotage et la disparition de la variété des produits pour les usagers".[/]

Les autres restrictions de la TPD contre le vapotage sont évidemment aussi implantées en Espagne. Limites des fioles de liquides nicotinés à 10 ml et au taux maximum de 20 mg/ml, avertissement sanitaire obligatoire, interdiction de vente aux mineurs et système d'homologation pour les produits. L'Espagne a opté pour une interprétation dure de la directive en limitant les atomiseurs à 2 ml de contenance, contrairement à l'interprétation française. La Ministre de la santé Dolors Montserrat a aussi décidé de durcir les règles concernant les communications commerciales et la promotion des produits de vapotage.

Concernant les véritables produits de tabac, le décret interdit toute vente à distance, la vente de tabac aromatisé et de tabac à usage oral, avec une dérogation pour les îles Canaries. Le Gouvernement Rajoy suit la demande minimale de la directive européenne sur la taille des avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes et de tabac à 65% des surfaces sur les faces et 50% sur les côtés.

[Add]= ajouts le 30.11.2017 à 22H

mercredi 29 novembre 2017

Taxe anti-vape: la Commission Européenne fait durer le suspense

Alors que la bataille d'Italie bat son plein, la Commission Européenne fait durer le suspense. Son rapport sur le projet de taxe anti-vapoteurs, suite à la consultation publique menée en février, devrait être rendu public avec quelques semaines de retard d'ici janvier. "Les procédures de validation à l'interne iraient plus lentement que prévu", rapporte sur son site l'Independent British Vape Trade Association (IBVTA) qui a eut des informations de la Commission (DG TAXUD). L'IBVTA estime peu probable l'introduction dés cette année d'une taxe anti-vape sur la base de ses discussions avec les bureaucrates bruxellois. Trop d'éléments restent lacunaires pour justifier et estimer une telle taxation punitive contre les vapoteurs. Mais un nouveau rapport sur le fonctionnement de la directive sur la taxation des produits du tabac (2011/64/UE) est agendé en 2019. "Il est probable que la Commission maintiendra sous examen la possibilité d'une taxation des produits de vapotage dans ce contexte", estime l'association professionnelle indépendante.

NO means NO

Cette question résonne avec la bataille d'Italie qui fait rage actuellement autour du projet d'imposer le Monopole de distribution contre la vape indépendante, ajouté à la taxe anti-vape "Philip Morris" de 37 cts par ml, en plus de la TVA pour un total d'environ 5€ par fiole de 10 ml. C'est le niveau le plus élevé de taxe anti-vape en Europe suite à la baisse de moitié, de 60 cts à 30 cts par ml, au Portugal début 2017. Au cas où la Commission Européenne réussissait à faire passer son projet d'harmonisation de taxe anti-vapoteurs, le cas italien pourrait devenir la norme européenne. Avec 89,88% de refus à une taxe anti-vape, les résultats de la consultation publique européenne en février ont pourtant été particulièrement clairs. En dépit d'entrave à l'accès aux non-anglophones à cette consultation, un message fort d'une grande part des répondants a été qu'en cas de taxe assassine le marché noir serait une bouée de sauvetage pour ne pas retomber dans le tabagisme.  
En 2015, Philip Morris militait pour une taxe anti-vape plutôt que des taxes sur ses cigarettes au Royaume-Uni

lundi 27 novembre 2017

Ce mercredi, la vape italienne manifeste à Rome

"Fermons aujourd'hui pour rester ouverts demain". Mercredi prochain, les magasins spécialisés de vapotage italiens organisent un lock-out en parallèle d'un rassemblement nationale à Rome dès 8h30 sur la place Montecitorio. Des voyages en bus s'organisent pour rallier la place juste sous les fenêtres de la chambre parlementaire. Cette mobilisation fait suite à deux décisions qui mettent en danger de mort la vape indépendante dans la botte. L'amendement Vicari, intégré par la Commission du budget du Sénat au décret des finances qui doit être voté au parlement, prévoit de livrer les produits de vapotage au Monopole de distribution. Autrement dit, la vente de produits de vape se retrouverait le 31 mars prochain aux mains des buralistes et d'éventuels magasins agréés par les services de l'Administration des douanes et du monopole (AAMS). La seconde décision est l'avis de la Cour constitutionnelle validant la taxe punitive de 37 cts par ml de liquide de vapotage, nicotiné ou non. Avec la TVA, ce sont près de 5€ de taxes par fiole de 10 ml ajoutés au prix du produit.

Cette taxe, surnommée par la presse italienne "le cadeau de Noël de Matteo Renzi à Philip Morris", a été implantée par décret le 23 décembre 2014. Un recours en justice conteste devant le Tribunal administratif du Lazio la validité de cette taxation punitive à l'encontre des vapoteurs. La toute récente décision de la Cour constitutionnelle intervient à présent pour valider la légalité de la taxe anti-vape. Le verdict du juge Paolo Grossi écarte les considérations scientifiques de réduction des méfaits sanitaires pour ne prendre en compte que les risques potentiels justifiant à ses yeux un traitement similaire aux produits de tabac. Une décision à la logique contestée par le professeur de droit Giancarlo Ferro. Cependant, la Cour du Lazio devrait donc rendre une décision finale sur le recours contre la taxation dans cette marge étroite délimitée par la Cour constitutionnelle.

Etat, monopole et lobbys

Les deux décisions, tombées à 24 heures d'intervalle les 14 et 15 de ce mois, ne sont pas sans lien. La Sénatrice Simona Vicari, de l'Alliance Populaire, justifie la monopolisation du vapotage par le manque à gagner fiscal ces dernières années. Alors que l'Etat espérait récolter au moins 115 € millions par an avec cette taxe sur le vapotage, seuls 4 € millions sont finalement revenus dans ses caisses. Baisse des ventes, achats à l'étranger, vente de liquides sans nicotine sans appliquer la taxe punitive et autres combinazione ont contourné la dîme pour offrir des produits de vapotage à prix décents. La très faible part de vente de produits de vapotage des cigarettiers en Italie, comme dans la plupart des pays européens, ne couvrant pas les attentes de l'Etat.

Au lieu de réviser cette mesure incohérente du point de vue sanitaire, social et économique, l'amendement Vicari choisit la fuite en avant en livrant le vapotage au réseau tabagique. Plus de 30'000 personnes travaillent dans le secteur du vapotage indépendant en Italie. Depuis l'annonce de l'amendement, les milieux de la vape italienne, jusque-là plutôt éparpillés par leurs micro intérêts, semblent réussir à se rassembler. Une pétition en ligne a récolté plus de 80'000 signatures. Cette journée de mobilisation apparaît comme un point de ralliement pour accélérer l'écoute des milieux politiques.

Un "silence intolérable"

Plusieurs voix, de diverses couleurs de l'échiquier, se sont déjà fait entendre ces derniers jours pour critiquer l'amendement Vicari. Marcello Gualdani, membre du même parti et de la même Commission que Simona Vicari, a fait signifier son opposition à l'amendement dans le procès-verbal de la séance l'adoptant. Dans la presse, Stefano De Luca, président du Parti Libéral, a vertement critiqué ce projet de monopole "anachronique" et "clientéliste". La Lega a aussi profité de l'occasion pour se démarquer de la mesure. [add/] SigMagazine fait le point ce matin sur les propositions des différents Partis au Sénat pour abroger ou modifier l'amendement Vicari lors de la session consacrée au décret du budget. [/] Mais la dimension sociale et sanitaire de la question reste peu thématisée. La Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF) le déplore: "Le silence sur l'enjeu principal de cette affaire, la santé, est intolérable".

"Au-delà du débat économique, politique et des médias, il est nécessaire de considérer en priorité la question sanitaire:  le rôle d'un Etat prudent et responsable doit être de protéger le citoyen (fumeur ou non) contre les risques liés à l' usage du tabac", explique l'association anti-fumée. Pour la LIAF, garantir un accès facile à l'outil de réduction des méfaits du vapotage est donc primordiale. "Refuser cette opportunité d'un outil bénéfique pour les fumeurs qui l'adoptent en augmentant la fiscalité revient à nier le droit à la santé à des milliers de fumeurs", appuie le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania. Malheureusement, cette dimension sociale se trouve amputée de représentation organisée d'utilisateurs.

L'absence d'association d'usagers

Grands absents du débat, les usagers italiens n'ont plus d'association représentative depuis la mise en sommeil de Vapit. Sans relais pour se faire connaitre, Vapit n'a pas réussi à prendre une dimension suffisante pour motiver ses membres actifs à poursuivre l'aventure. Par nombrilisme, notamment du réseau professionnel, le milieu italien de la vape s'est privé d'un soutien précieux qui aurait pu, non seulement avoir fonction d'arbitrage et de régulation naturelle en son sein, mais surtout porter un point de vue social légitime sur l'usage du vapotage. 


Avec cette absence de représentation des usagers, Simona Vicari a beau jeu aujourd'hui de réduire la vape italienne à un milieu corporatiste visant à poursuivre "une escroquerie" à la taxation. Même si personne n'est dupe du discours de l'ex-Sous-secrétaire d'Etat, démissionnée au printemps dernier après sa mise en examen pour une affaire de corruption présumée. Simona Vicari soutient de longue date les intérêts de Philip Morris, notamment contre le projet de paquet neutre. "Les réformes du gouvernement Renzi visent précisément cet objectif. Qu'une grande entreprise comme Philip Morris décide, comme ici à Crespellano, de créer 300 emplois", déclare t-elle à la presse en juillet 2015, alors qu'elle est sous-secrétaire au développement économique. L'usine, inaugurée par le Premier ministre Matteo Renzi en septembre 2016, ne compte finalement que 200 employés. 


M&M's ajoute son grain de sel

Vyrtenis Andriukaitis, Commissaire européen à la santé, lui aussi a bien saisi la manœuvre du cigarettier vaudois en Italie. Dans son interview de vendredi au site Euractiv, plutôt creux par ailleurs, consacré au projet de système de traçage des paquets de cigarettes de l'Union Européenne, le Commissaire place un couplet sur le vapotage. "Je vois des possibilités d'encourager nos agents à se pencher sur les cigarettes électroniques, et comment aller dans le sens d'une réglementation plus forte [...] pour interdire la publicité et les ventes en ligne", sort à brûle pour point Vyrtenis Andriukaitis. Le sous-texte n'est pas difficile à décrypter: généraliser à toute l'Union Européenne, le projet italien contre le vapotage indépendant. L'appel du pied propose aux Big Tobacco d'accepter le système de tracking pour pouvoir l'utiliser en vue de mettre la main sur le marché de la vape. Le Commissaire M&M's, comme les initiales de Monsanto et Marlboro, a déjà fait déposer à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) la date d'implantation du tracking de la vape pour 2024.

Question de survie

On le voit, les enjeux de la bataille italienne dépassent ses frontières. A ce titre, l'échéance de la manifestation de mercredi revêt une importance particulière pour la vape européenne, mais aussi pour l'importance du libre choix dans la conception de l'approche de réduction des risques. Mais sans organisation d'usagers constituée localement pour signifier sa volonté de ne pas avoir une vape soviétique à modèle unique de PMI. Un monde sans fumée ne peut pas être un monde sans diversité et vape indépendante.

Cette lacune d'une organisation d'usagers est non seulement préjudiciable politiquement, mais également peu saine pour le mouvement. L'alliage particulier de l'usage, du soucis sanitaire et des considérations sociales de ce mode de consommation de nicotine à méfaits réduits et à plaisir exacerbé est partie constituante de la "vape wave". Des vapoteurs italiens entrevoient dans cette nouvelle péripétie de l'amendement Vicari l'occasion d'une renaissance d'un mouvement enlisé dans de stériles querelles intestines ces dernières années dans la péninsule. On leur souhaite de parer au danger immédiat. Mais à terme, la vape italienne profiterait probablement de se donner les moyens de créer les conditions propices à l'émergence d'une organisation d'usagers pour gagner en maturité et en légitimité.

dimanche 26 novembre 2017

[ristret'] En Allemagne, les ventes de vape doublent, celles du tabac baissent

La vape s'envole en Allemagne. Les ventes de produits de vapotage en magasins non spécialisés ont augmenté de 103% entre septembre 2016 et septembre 2017 pour atteindre 33,5 € millions, selon un rapport de l'institut Nielsen. Dans le même temps, les ventes de tabac s'affaissent de 3%, passant à 19,5 € milliards. "Les statistiques de Nielsen ont pris en compte les détaillants alimentaires, les pharmacies, les stations-service et les buralistes", précise l'Agence de presse (AP) allemandeLes ventes des magasins et de sites internet spécialisés n'ont pas été enregistrés dans ce rapport. Pour 2016, elles étaient évaluées à près de 400 € millions pour 3,5 millions de vapoteurs par le Berliner Zeitung. En les prenant en compte, la croissance du vapotage serait probablement encore plus forte suppose Michael Griess l'expert de Nielsen. Michael Griess prévoit la poursuite de la chute des ventes de cigarettes au profit du vapotage en Allemagne ces prochaines années...


vendredi 24 novembre 2017

"Les vapoteurs devront se mettre à fumer": le Gouvernement Indonésien suit la logique de l'OMS


Cette fois, c'est l'Indonésie. Les pays asiatiques criminalisent les uns après les autres le vapotage. Depuis l'appel publié mi-septembre de Jagdish Kaur, cadre de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), à appliquer les modèles Nord-Coréen et Thaïlandais contre l'usage du vapotage, les gouvernements autoritaires s'y engouffrent les uns après les autres. "Nous allons les arrêter. De cette façon, les vapoteurs devront se mettre à fumer des cigarettes", explique Enggartiasto Lukita, Ministre du commerce indonésien, au journal local Kompas. Il a annoncé la semaine dernière avoir signé le nouveau règlement contre l'importation de liquides de vapotage en Indonésie.

Edition du titre et photo le 30.11.2017, en raison du fait que l'Indonésie n'a pas ratifié la Convention anti-tabac de l'OMS.

Prohibition de facto

Les autorisations administratives exigées désormais sont quasiment impossibles à obtenir, selon le Ministre lui-même. "Les produits de vapotage ne peuvent être distribués ou importés qu'avec des autorisations du Ministère de la santé, de l'Administration de l'alimentation et des médicaments (BPOM), du Ministère de l'industrie et du Conseil national des normes (SNI). C'est très long pour les obtenir, 20 à 30 ans ne suffisent pas toujours", déclare le Ministre à Kompas.

"Le gouvernement indonésien semble encore une fois mettre les intérêts économiques avant les intérêts de la santé en matière de tabac", déplore le site Coconuts basé à Jakarta. Près de 300'000 indonésiens meurent prématurément de maladies liées au tabagisme chaque année selon les estimations de santé publique. Le pays détient un des plus fort taux de tabagisme au monde avec plus de 60% de fumeurs chez les hommes. Pour sa part, le Ministre du commerce estime que le vapotage rapporte moins à l'économie que la vente de tabac, produit par des paysans locaux. 

La politique contre la santé de l'OMS

[édité] L'OMS appelle à criminaliser le vapotage et les vapoteurs selon les modèles Nord-Coréen et Thaïlandais, deux pays qui répriment le vapotage, notamment en incarcérant les usagers. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national", exige  Jagdish Kaur, cadre de l'OMS Asie, le 15 septembre dans Indian Journal of Public Health. Il devient très difficilement compréhensible comment des démocraties peuvent soutenir par leur silence et leur financement cette politique violant les droits humains, y compris celui de protéger sa santé avec des moyens de réduction des risques.


[Expresso] Australie: Simon Chapman accusé d'avoir travesti des faits à la Commission parlementaire sur le vapotage

Health Public England, l'organisme de santé britannique, s'est officiellement plaint au Sénat australien pour des faits travestis et des propos déformés dans un rapport livré à la Commission parlementaire sur le vapotage. L'Australian, quotidien national, révèle aujourd'hui que ce rapport a été rédigé par un trio bien connu dans le monde anti-tabac: Simon Chapman, Becky Freeman et Maurice Swanson. La Commission parlementaire étudie la question d'une éventuelle légalisation en Australie des liquides nicotinés, qu'utilisent les personnes ayant ou tentant d'arrêter de fumer à l'aide du vapotage. Opposé à toute aide aux fumeurs, Simon Chapman est un des leaders de la ligne ultra contre la réduction des risques. Son rapport défend la guerre au vapotage et la répression contre les vapoteurs. 

Pour cela, il a cependant dû passablement tordre les faits. Le Public Health England relève notamment que sa présentation de la situation légale en Europe et au Royaume-Uni est totalement fantaisiste et fausse. Mais surtout, Simon Chapman et ses collègues mentent sur la validité de l'évaluation scientifique de la réduction des risques du vapotage par rapport aux cigarettes. Le Public Health England, sur la base de 185 études analysées en 2015, puis le Royal College of Physicians, dans un rapport de 2016, ont conclut à une réduction des méfaits "au moins de 95%" du vapotage. Simon Chapman a répondu au quotidien Australian que la lettre du Public Health England est "pathétique". Chacun appréciera la valeur de son argument. 

Le mois passé, l'administration de Twitter a suspendu momentanément le compte de Simon Chapman après qu'il ait proféré des menaces de représailles à l'encontre d'un militant de l'association locale d'usagers la New Nicotine Alliance. Le personnage est un habitué de ce type de méthodes usant de fausses allégations, attaques ad hominem et menaces aussi dans son autre emploi de lobbyiste au service de l'industrie des grandes turbines.

La politique australienne en panne

Dans son rapport pour le parlement australien, l'ultra puritain a aussi dépeint la politique anglaise comme "en retard" sur le sujet de la lutte contre le tabagisme. Le point est particulièrement ridicule puisque le Royaume-Uni a réduit largement plus son tabagisme, endémique il y a 50 ans, que l'Australie, qui n'a jamais eu un taux de tabagisme aussi élevé, sur la même période. Surtout, la politique suivie en Australie semble à bout de souffle. Depuis 2013, le tabagisme australien stagne, maintenu à 15,8% des adultes en 2016 [j'essaierais d'y revenir...]. Tandis que l'intégration du vapotage comme outil de réduction des méfaits a précipité une accélération de la baisse du tabagisme britannique. L'éventualité d'offrir un moyen de sortie du tabagisme avec le vapotage nicotiné est donc logiquement étudié par les parlementaires aussis.

Politique anti-sociale

Autre méfait de cette politique "pro-abstinence only", le tabagisme des populations aborigènes culmine avec plus de 44% de fumeurs, non comptabilisés dans les chiffres statistiques officiels. Cette explosion des inégalités sociales de santé, lié au tabagisme à deux vitesse, a amené le voisin Néo-Zélandais a révisé sa politique en la matière et abandonner le ligne puritaine pour une approche pragmatique. Le vapotage va y être légalisé avec le statut de produit de consommation courante pour en offrir un accès facile aux populations défavorisées.

Mais avant même les conclusions des parlementaires australiens, le Ministre de la santé Greg Hunt a exclut toute possibilité de légalisation du vapotage nicotiné sous son mandat. En Australie, "la possession de nicotine, substance interdite sauf le tabac, peut entraîner des peines jusqu'à deux ans de prison et des amendes jusqu'à 45 000 $ [env. 30'000€], bien plus que pour conduite en état d'ébriété", rappelle le quotidien Australian.

jeudi 23 novembre 2017

21,5 millions d'usagers de nicotine à méfaits réduits débarquent à Genève

INNCO, le réseau international des organisations d'usagers de nicotine (International Network of Nicotine Consumer Organisations), dépose ses statuts officiels d'association à Genève. "Le nouveau règlement d'INNCO se base sur ses "statuts d'Association", selon le Code Civil Suisse, pour assurer à toutes les organisation membres, quelque soit leur taille, expérience ou finance, un statu égal dans son processus démocratique", explique le communiqué du réseau. Créé en juin 2016, INNCO vise à donner une voix internationale aux associations d'usagers. 

"Il y a au moins 21,5 millions de consommateurs ayant opté pour des formes significativement plus sûres de nicotine. INNCO les soutient, ainsi que ceux qui les suivront, en défendant des réglementations proportionnées basées sur la transparence, des recherches scientifiques de qualité, les droits humains et les principes de réduction des méfaits", souligne Judith Gibson, Secrétaire Général d'INNCO.  Alors que des offensives contre le droit à la réduction des méfaits pour sa santé sont lancées contre la population dans différents pays, la structuration du réseau va lui permettre de mieux s'organiser. Cette mutation en association a été décidé cet été lors de l'assemblée d'INNCO, en marge du Global Forum on Nicotine de Varsovie.

Désormais, le réseau est piloté par un Secrétariat général, composé actuellement de trois membres, lui-même supervisé par un Comité. L'association regroupe 29 organisations de 25 différents pays sur les cinq continents. Aux côtés de l'association Suisse Helvetic Vape, on retrouve notamment les francophones de l'Aiduce, de Sovape, de l'Union Belge pour la Vape (UBV-BDB) ainsi que la Tobacco Harm Reduction Association (THRA) canadienne.




lundi 20 novembre 2017

[Ristrett'] Pour un soutien à l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage, mieux vaut être à Lausanne ou Genève qu'à Zurich

"Aux consultations sur le tabagisme des hôpitaux universitaires de Genève et de Lausanne, l'option du vapotage pour cesser de fumer est présentée. Contrairement à l'hôpital universitaire de Zurich (USZ)", explique la Neue Zurcher Zeitung dans son édition de samedi. Isabella Sudano, responsable de la consultation de tabacologie à l'USZ, refuse de parler du vapotage aux fumeurs. "Bien que les risques pour la santé soient plus faibles, il y a encore trop peu d'études montrant les avantages de l'e-cigarette dans le sevrage tabagique", estime t-elle. Directeur de Stop-Tabac.ch, le Pr Jean-François Etter conteste cette résignation médicale condamnant les fumeurs au tabagisme. "Le vapotage fait la même chose que les substituts nicotiniques. Et le fumeur n'a pas à se passer du rituel du geste", souligne le professeur de santé globale de l'Université de Genève.

Étonnamment le quotidien zurichois n'évoque pas les résultats encourageants obtenus en consultation de tabacologie aux Hôpitaux de Genève (HUG) par le Dr Jean-Paul Humair, que nous avions présenté. La NZZ cite tout de même la revue Cochrane. Celle-ci montre que des études, de faibles échantillons, présentent déjà l'efficacité des vapoteuses de 1ère génération. Elles sont depuis dépassées techniquement par de nouvelles générations (trois ou quatre selon comment on les considère...).

"Une autre raison pour laquelle Isabella Sudano ne recommande pas le vapotage à ses patients est que les adolescents pourraient être tentés en les utilisant", affirme énigmatiquement la NZZ. D'un point de vue éthique, on peut s'interroger sur la démarche d'Isabella Sudano de nuire potentiellement à ses patients adultes en leur cachant un moyen de sortir de leur tabagisme. Elle ne semble pas touchée par la question. "Nous pensions la cigarette devenue inacceptable, maintenant elle entre par la porte arrière", estime t-elle. Avec au moins 25%, et probablement plutôt 30%, de fumeurs sans aucune baisse significative depuis 2009, la fin de la cigarette en Suisse n'a pourtant rien d'une évidence. 

"Au lieu de voir les bienfaits du vapotage pour la santé des fumeurs [qui y passent], beaucoup ont tendance à diaboliser la vape. Cela ne sert pas la protection des personnes à risque", déplore le Pr Etter. Alors que le vapotage est utilisé quasi exclusivement par des fumeurs ou ex-fumeurs en Suisse, selon les données du monitorage des addictions. De plus, là où il est répandu chez les jeunes, il a accompagné une chute massive du tabagisme adolescent. Comme le rappelle un article dans la revue JAMA sur la situation américaine ou une étude étendue au Royaume-Uni, que ne citent pas la NZZ. 

Une fois encore le journal zurichois n'arrive pas à s'empêcher de prétendre contre toute évidence que le vapotage est un produit des grands cigarettiers. Mais reconnaissons qu'en offrant la parole à deux visions contrastées, la NZZ fait-là son premier article un peu plus équilibré sur le sujet depuis l'apparition du vapotage... Auparavant, une longue suite de papiers d’extrêmement mauvaise qualité confinait au ridicule, à l'appel haineux et à la tromperie. Au point où News Buzzters en était arrivé à supposer que le journal zurichois servait les intérêts d'un cigarettier lausannois.
A Zurich apparemment le danger, ce ne sont pas les concours de fumeurs existants,
mais la possibilité qu'ils réussissent à arrêter de fumer à l'aide du vapotage


dimanche 19 novembre 2017

"L'engagement réciproque entre vapoteurs et santé publique est primordiale" insiste Sarah Jakes de la NNA à l'E-Cig Summit


Sarah Jakes est la Présidente de la New Nicotine Alliance (NNA) britannique. Hier, la défenseure des usagers de moyens de consommer de la nicotine à méfaits réduits intervenait au 6ème E-cig Summit. Le Sommet sur le vapotage organisé à la Royal Society de Londres. Scientifiques, tabacologues, organismes de santé publiques et défenseurs des usagers s'y rencontrent chaque année depuis 5 ans. Nous avons traduit, avec un énorme coup de main d'Olivier, les notes de l'intervention de Sarah Jakes, mises en ligne par la NNA sur leur site. En attendant la vidéo qui sera probablement mise en ligne d'ici quelques semaines. Les thèmes abordés par cette voix des usagers nous ont paru essentiels à partager.


«  Il y a quatre ans, presque jour pour jour, j'étais assise au fond de cette pièce. J'essayais autant que possible d'être invisible, en vapotant discrètement comme demandé. Je ne vapotais que depuis environ 6 mois, mais j'étais déjà une participante active au mouvement massif de consommateurs contre les règlements de l'Union Européenne, qui étaient à l'origine médicaux sous tous les aspects sauf le nom.



Un mois à peine avant ce premier sommet, les vapoteurs avaient réussi à renverser cette réglementation qui devait être imminente. Ils l'ont fait simplement avec leurs témoignages. Des milliers de personnes ont écrit à leurs représentants au Parlement européen pour leur parler de leur passage du tabagisme au vapotage et des améliorations apportées à leur santé et à leur vie.

À cette époque, nous avions l'impression d'avoir peu, si ce n'est pas, d'alliés. D'énormes industries multinationales ayant des intérêts directs dans le tabagisme ou la cessation tabagique exerçaient des pressions contre nous. Les membres de la communauté de santé publique, s'exprimant à haute voix, niaient la vérité de nos expériences et même notre existence, ainsi que les choses que nous avions vues de nos propres yeux jour après jour.


Et alors, j'étais là, assis dans une salle avec des centaines d'autres, à regarder des universitaires et d'autres experts venir sur cette scène et dire ce que nous, nous savions déjà. Le vapotage devrait être soutenu et non pas craint, il a le potentiel de changer la vie de millions de personnes.

Les vapoteurs passionnés constituent une foule très diverse, mais nous avons tous certaines choses en commun. Nous voulons partager nos expériences et protéger quelque chose que nous aimons. Nous voulons également veiller à ce que d'autres personnes aient l'occasion de faire les choix que nous avons faits, au moment qui leur convient.

Nous voulons que les législateurs comprennent pourquoi la réglementation qu'ils jugent si merveilleuse n'est vraiment pas une bonne idée. Nous le comprenons parce que nous avons créé le vapotage. Ce sont les vapoteurs qui ont pris la cigarette électronique originale, l'ont démontée et l'ont transformée en quelque chose qui fonctionne. Grâce à des milliers de canaux informels tels que les forums ou les revues sur YouTube, nous avons poussé l'industrie à améliorer la conception et les options. Et nous continuons à le faire aujourd'hui.

L'industrie indépendante du vapotage a toujours été très sensible aux besoins des consommateurs. Vous savez pourquoi ? Parce que la plupart d'entre eux sont issus de nos rangs. La seule différence avec nous, c'est que leur enthousiasme leur a fait franchir l'étape supplémentaire de la création d'une entreprise.

Donc, quand vous voyez notre révolution chaotique, rappelez-vous que ce que vous voyez, ce sont des gens qui essaient de vous empêcher de tout foutre en l'air. Pour ce faire, certains d'entre nous ont également dû franchir un pas supplémentaire - pour devenir des militants presque à temps plein.

Les défis pour les défenseurs des consommateurs dans ce domaine ont été énormes et souvent écrasants. Nous sommes tous d'anciens fumeurs et, permettez-moi de le préciser, nous sommes tous irrités par la façon dont les fumeurs sont traités. Nous nous opposons naturellement aux méthodes coercitives qui forcent les fumeurs à cesser de fumer et nous détestons la stigmatisation des fumeurs qui va toujours de pair avec ces méthodes.

Et pourtant, nous félicitons et soutenons ceux qui passent du tabagisme au vapotage, tout comme la santé publique pourrait bien le faire pour tous ceux qui réussissent à cesser de fumer. On pourrait dire que nos objectifs sont les mêmes - mais nos idées sur la façon d'y arriver sont souvent très différentes.

En raison de ces différences, il a souvent été difficile de s'asseoir à la table de discussion. Au Royaume-Uni, la New Nicotine Alliance a eu la chance d'avoir le soutien de Public Health England, qui nous a ouvert un grand nombre de portes, mais a également suscité des soupçons au sein de la communauté du vapotage. Depuis que je milite, on m'a traité de "troll", de complice de l'industrie du tabac, de toxicomane atteint de lésions cérébrales, et ça, ce n'est que par des gens de la santé publique. Dans le même temps, j'ai été accusée d'être vendue à la lutte antitabac par des gens de mon propre bord. Rien de tout cela n'est vrai, mais ça met du piquant dans la vie...

De nombreuses campagnes de consommateurs sont par nature libertaire et pro-choix. Le vapotage ne fait pas exception. La phrase "foutez-le camp et laissez-nous tranquilles" résonne souvent dans ma tête. La liberté de choisir ce que nous voulons faire de notre propre corps est vitale pour nous. Et cette liberté s'érode.

Mais le vapotage est plus qu'une campagne pro-choix. Alors que de nombreux fumeurs le considèrent simplement comme une alternative plus agréable au tabagisme, beaucoup d'autres accordent plus d'importance à la réduction des risques pour leur santé ou à la possibilité d'utiliser le vapotage pour arrêter de fumer. Il n'est pas facile de représenter tous ces points de vue sans s'attirer les critiques d'un côté ou de l'autre.

Mais ces éléments ne s'excluent pas mutuellement. Si le vapotage est une alternative agréable au tabagisme, les gens qui choisissent de changer ou d'adopter le vapotage au lieu de fumer minimisent le mal qu'ils se font à eux-mêmes, que ce soit ou non leur intention.

C'est pourquoi l'engagement entre les vapoteurs et la santé publique est important pour les deux parties. Pour la santé publique, le vapotage devrait être un outil important de réduction des méfaits. Mais comme tout outil, il ne fonctionnera pas si vous ne comprenez pas comment et quand l'utiliser. Et cela ne fonctionnera pas pour nous si la santé publique tente d'en faire quelque chose qu'il n'est pas. Alors qu'est-ce que ce n'est pas ?

Le mot "plaisir" semble être une sorte d'anathème pour certaines personnes dans la santé publique. L'un des plus grands défis pour les consommateurs est d'obtenir des organismes de réglementation, et de ceux qui les conseillent, qu'ils comprennent que pour un grand nombre de gens, le vapotage n'est pas un médicament ni simplement une intervention de désaccoutumance au tabac. Le vapotage fonctionne pour arrêter de fumer précisément parce que ce n'est pas ces choses-là. Ça marche parce qu'ils aiment ça.

Ils adorent la personnalisation rendue possible par la diversité du marché des appareils et les milliers de saveurs disponibles. Ils aiment l'identité de vapoteur et le sens de la communauté que cela implique. Ils aiment que le vapotage soit semblable au fait de fumer, mais en même temps à un million de kilomètres de la fumée.

Mais il est important aussi de se rappeler que pour beaucoup de gens le vapotage est purement fonctionnel. Ils ne peuvent pas ou ne veulent pas dépenser beaucoup d'argent dans les appareils, ils ne sont pas forcément intéressés par la personnalisation ou de faire partie d'une communauté. Ils veulent juste quelque chose qui fonctionne. Pour eux, trop de choix peut être une perspective décourageante, et ils peuvent trouver toute la culture du vapotage intimidante. Moi aussi, ça m'impressionne parfois.

Pour certaines de ces personnes, un bon magasin de produits de vapotage peut faire toute la différence. Parce qu'elles peuvent essayer des produits avec l'aide d'une expertise et d'un soutien dans le monde réel. Pour d'autres, la réponse peut être la confiance qu'un Service d'arrêt du tabac pro-vapotage peut leur offrir, où ils peuvent recevoir des conseils impartiaux et un soutien comportemental.

Si la santé publique veut vraiment maximiser les avantages du vapotage, elle doit reconnaître que toutes ces expériences sont toutes aussi valides et valables. Tout comme l'industrie. Les deux devraient se demander "que pouvons-nous ajouter", et non pas "qu'est-ce que nous pouvons restreindre". Poser les bonnes questions - non pas "est-ce que cela fonctionne?", mais "pourquoi est-ce que cela fonctionne?" et surtout "comment pouvons-nous aider encore plus de gens à faire en sorte que cela fonctionne pour eux?".

Parlez aux vapoteurs. Écoutez et apprenez de leurs expériences. Mieux comprendre ce qui motive les gens à fumer et à vapoter (un indice : ce n'est pas seulement, ou même la plupart du temps, une question d’addiction). Parlez aux fumeurs et renseignez-vous sur les obstacles à leur transition, et trouvez des moyens de les aider à les surmonter, si c'est ce qu'ils veulent faire.

Des chercheurs travaillent déjà dans ces domaines, mais leurs voix se perdent dans la cacophonie des communiqués de presse politisés qui font la une des journaux tous les jours.

L'un des domaines où la santé publique doit vraiment s'améliorer est celui de la perception du public. Et je ne parle pas seulement des risques relatifs. Les politiques de lutte contre le tabagisme ont conduit à la stigmatisation des fumeurs sur une échelle qui ne serait pas acceptée contre toute autre minorité.

Le public déteste les fumeurs, et maintenant il déteste les vapoteurs - non pas parce qu'ils croient que la vapeur est nocive, mais parce qu'à leurs yeux, les vapoteurs ne sont que d'horribles fumeurs qui contournent les règles. "Ils sont en train de vapoter là où ils ne devraient pas. En plus, ils n'ont même pas d'horribles maladies  pour les punir de leurs sales habitudes".

Ce genre de préjugé a entraîné des restrictions étendues sur le vapotage, malgré le fait qu'il n'y a pas d'interdiction légale dans ce pays. Beaucoup de vapoteurs ne veulent pas de la sympathie du public, au titre d'avoir arrêté de fumer ou qui essaient de le faire. Nous sommes habitués au fait que le public n'a aucune sympathie pour les fumeurs, ex- ou autres. Ce que les vapoteurs veulent, c'est beaucoup plus de tolérance à l'égard de quelque chose qui n'affecte presque pas autrui.

Les vapoteurs sont, dans l'ensemble, parfaitement capables de déterminer où le vapotage est ou n'est pas approprié, et aussi d'être attentionnés. Mais pourquoi devraient-ils avoir du respect pour des organisations comme les nombreuses organisations de santé qui, bien qu'elles aient apparemment soutenu la récente campagne Stoptober [équivalente au Mois sans tabac en Angleterre] qui incluait l'option du vapotage, interdisent de manière générale de vapoter même à l'extérieur ?

Ne me lancez même pas sur les autorités locales [anglaises], vous pouvez lire leurs efforts épouvantables dans un nouveau rapport publié il y a deux jours de la Freedom Association.

Quel message ces politiques transmettent-elles aux fumeurs ? Pourquoi ceux-ci devraient-ils croire que le vapotage est moins nocif que le tabagisme alors que le vapotage est traité de la même façon ? Pourquoi un fumeur envisagerait-il de passer d'une activité restreinte et méprisée à une autre tout autant ? Autant continuer à fumer...

L'une des plus grandes divisions entre les consommateurs et la santé publique, ainsi qu'au sein même de la santé publique, est le jeu entre la réduction des méfaits pour les fumeurs actuels et les anciens fumeurs et la prévention d'une nouvelle génération d'utilisateurs de nicotine.

Trop souvent, il est clair que les choix que les adultes peuvent faire, que ce soit pour des raisons de santé, de richesse ou de plaisir, sont considérés comme moins importants que les risques théoriques et très probablement minimes pour les futurs enfants théoriques qui, théoriquement, peuvent se mettre à vapoter.

De nombreux consommateurs se demandent pourquoi une nouvelle génération d'utilisateurs de nicotine est-elle même un problème. Etant donné qu'il n'existe aucune preuve crédible de l'existence d'un effet passerelle, et que le monde ne semble pas avoir de problème avec une nouvelle utilisation de stimulants semblables comme la caféine.

Bien sûr, en termes de santé absolue, il est préférable de ne rien inhaler d'autre qu'un bon air de montagne. Ou de rien boire d'autre que de l'eau de source. Ou de ne rien manger d'autre qu'un régime parfaitement équilibré qui implique probablement des smoothies de chou frisé. Mais dans le monde réel, beaucoup d'entre nous ne veulent pas vivre comme ça - nous voulons profiter du temps dont nous disposons.

Nous voulons profiter d'un bon verre bien frais de Sauvignon Blanc sans penser au cancer du sein. Nous voulons pouvoir emmener nos enfants voir le spectacle du gros camion rouge à Noël sans être qualifiés de parents irresponsables. Nous voulons être capables de faire nos propres choix à partir d'informations fiables et nous voulons que les messages de santé publique cessent de nous priver de tout ce qui, pour nous, rend la vie un peu moins ennuyeuse.

Mais il y a autre chose dans cette histoire. Dans tous les domaines que je viens de mentionner, il y a des gens dont le but ultime n'est pas d'informer ou d'éduquer le public, ni même de l'inciter à faire de meilleurs choix. Il y a des gens qui occupent des postes influents dans la lutte antitabac et qui sont tellement déterminés à détruire l'industrie du tabac plutôt que de la laisser évoluer ou s'adapter qu'ils le feront à n'importe quel prix. Y compris celui de la santé et du bien-être de ceux qui, autrement, pourraient se tourner vers des solutions alternatives plus sûres.

Il ne fait aucun doute que l'industrie du tabac mérite sa réputation, mais combattre ses mensonges avec vos propres mensonges fait des consommateurs des dommages collatéraux. Ne croyez pas une minute que vous faites des faveurs aux fumeurs si vous mentez au sujet des solutions de rechange plus sûres simplement parce que l'industrie du tabac les vend.

Toutes les grandes compagnies de tabac investissent maintenant dans des produits de réduction des méfaits. Oui, je sais, elles continuent de vendre des cigarettes et de combattre les efforts de la lutte anti-tabac partout dans le monde. Mais le changement, surtout dans des organisations aussi vastes et complexes que l'industrie du tabac, qui en répond devant ses actionnaires, prend du temps.

N'oubliez jamais que ce n'est pas seulement l'industrie qui devra faire la transition vers des produits plus sécuritaires, mais aussi et surtout les fumeurs. Et pour que la réduction des méfaits soit un succès à l'échelle que la santé publique aimerait voir, les fumeurs doivent le vouloir. Or, l'Amérique le découvrira si elle continue sur sa lancée actuelle, on ne peut pas les forcer. Vous ne devriez pas suivre ce chemin non plus.

Donc, si vous voulez combattre l'industrie du tabac, combattez-la avec la vérité. Assurez-vous que leurs clients savent qu'il existe une solution de rechange plus sûre et quand leurs clients partiront, ils devront les suivre.

Tenez-les responsables. S'ils disent qu'ils veulent que leur entreprise passe à des produits plus sûrs, assurez-vous qu'ils continuent dans cette direction. Mais soyez pragmatiques. Cela ne se produira pas pendant la nuit et cela n'arrivera pas du tout si vous les bloquez continuellement simplement à cause de qui ils sont.

Est-il donc possible de s'engager à tous les niveaux avec l'industrie du tabac et de rester crédible ? Trop souvent, nous voyons de bonnes personnes, avec des points de vue différents et valables, qui sont rejetés, non pas parce qu'il y a quelque chose de faux dans ce qu'elles disent, mais sur la base de calomnies et d'insinuations d'une influence de l'industrie du tabac.

Plus tôt cette année, Derek Yach a annoncé la création de la Smoke-free World Foundation. Une organisation qui, basiquement, prend un milliard de dollars de Philip Morris (PMI) et l'utilisera pour financer des recherches indépendantes sur les produits à risques réduits. Comme nous l'a dit plus tôt  [durant l'Ecig Summit] le professeur Etter, l'idée a été vilipendée par de nombreux intervenants de la lutte antitabac. De plus, l'idée d'un financement de PMI pour un "monde sans fumée" n'a pas été non plus bien accueillie par les groupes pro-fumeurs.

La suspicion et l'antipathie des deux côtés sont tout à fait compréhensibles et il est juste d'être prudent. Mais si cette fondation échoue, c'est encore une fois le consommateur qui perd. Il est essentiel de disposer d'études bien financées et d'une surveillance indépendante adéquate pour permettre aux consommateurs de prendre des décisions éclairées. Ils pourraient aussi attendre longtemps pour que soit contré le déluge de la science-poubelle qui fait constamment les gros titres.

Alors que des géants comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et même la Commission Européenne injectent d'énormes quantités de ressources dans le financement d'études afin de soutenir leurs politiques restrictives sur les produits de réduction des risques, d'autres bailleurs de fonds, comme Cancer Research UK, semblent poser les bonnes questions et dans les années à venir, nous devrions voir passer de très bonnes données scientifiques. Mais pour beaucoup de gens, ce sera trop peu, et trop tard. Les dommages en termes de politique et de perception du public auront déjà été causés.

Les consommateurs sont impatients d'avoir accès à des données scientifiques de bonne qualité et franchement, bon nombre d'entre nous se fichent de savoir qui paie pour cela -. Pour nous, la lutte antitabac ne s'est pas avérée plus fiable dans ce domaine que l'industrie du tabac. Songez-y une minute.

Et qu'en est-il du traitement schizophrène de la vape dans les médias - d'où vient-il ? Est-il surprenant que le public ne comprenne pas le risque que représentent le vapotage lorsque les infos alternent presque quotidiennement entre le remède miracle et l'œuvre du diable ?

Trop souvent, la raison de cette situation semble provenir de deux facteurs: l'établissement de données probantes fondées sur les politiques et les résultats de la recherche. Combinez ces deux choses avec le fait que les journalistes ont rarement le temps de regarder au-delà du communiqué de presse et que les mauvaises nouvelles vendent mieux les journaux que les bonnes nouvelles et vous avez tous les ingrédients pour bousiller la santé publique à une échelle monumentale.

Mais où est la responsabilité ? Quand quelqu'un va-t-il payer pour le mal causé par l'alarmisme qui prive les consommateurs d'une vision équilibrée et précise?

De nombreux pays, dont certains sont des chefs de file en matière de réduction des méfaits dans le domaine des drogues, semblent se débattre avec ce concept dans le domaine du tabac. De même, l'OMS, malgré le fait qu'elle s'intéresse soi-disant à la réduction des méfaits, n'accepte ni le vapotage ni quelque autre produit de réduction des méfaits du tabac que je connais.

Nous sommes stupéfaits de voir cette organisation saluer les actions des différents dictateurs mondiaux notoires tout en refusant de s'engager avec les seuls acteurs qui comptent: les consommateurs.

Pour nous, beaucoup de politiques à travers le monde sur le vapotage nous paraissent insensées. Et pour les vapoteurs des pays hors du Royaume-Uni, les vapoteurs britanniques doivent paraître très chanceux - et peut-être nous leurs semblons ingrats. Croyez-moi, nous ne le sommes pas - mais nous avons travaillé dur pour cela.

On voit bien ce qui aurait pu arriver. Nous voyons le choix retiré au public par les restrictions arbitraires et contre-productives imposées aux produits à risque réduit via la directive européenne TPD. Nous voyons nos amis fumeurs être dégoûtés par l'effroyable couverture médiatique. Et lorsque des politiques sont formulées pour punir les fumeurs étant passé au vapotage, nous voyons qu'ils deviennent rancuniers et profondément retranchés.

Le Royaume-Uni est sans aucun doute un leader mondial en matière de politique sur le vapotage, mais il n'a pas encore pris en main d'autres produits de réduction des risques. Le snus est encore interdit ici, et regarder les régulateurs tourner autour des produits du tabac chauffé (HnB), c'est comme regarder un chat très méfiant mesurer sa proie.

Il y a d'autres produits de nicotine pratiquement inoffensifs vendus ailleurs dans le monde qui ne sont pas vendus ici parce que les fabricants craignent que les organismes de réglementation soient hostiles. Le paysage de la nicotine récréative évolue en faveur d'une meilleure santé publique, mais les organismes de réglementation résistent toujours.

Quel que soit votre point de vue sur Brexit, il peut, selon l'accord que nous concluerons, offrir au Royaume-Uni la possibilité de revoir ces règlements et de les remplacer par quelque chose d'approprié. Des réglementations qui protègent réellement la sécurité des consommateurs tout en encourageant l'innovation vers des produits moins nocifs, qu'ils soient à base de tabac ou de nicotine pure, plus attractifs et de meilleure qualité.

Le Royaume-Uni pourrait montrer au monde comment une politique adoptant et soutenant l'innovation du secteur privé par le biais d'une réglementation appropriée peut améliorer la vie de millions de personnes. Mais en a-t-il le courage ? Le Plan de lutte contre le tabagisme et la récente campagne Stoptober sont un bon point de départ. Mais nous sommes toujours aux prises avec les politiques coercitives du passé et la résistance idéologique à la réduction des méfaits est encore endémique dans certaines régions.

C'est le cinquième E-cig Summit. Pour la sixième, j'espère que le vapotage ne sera qu'une des nombreuses alternatives plus sûres et facilement accessibles aux consommateurs. J'espère que beaucoup plus de consommateurs les trouveront attrayantes comme alternatives au tabagisme. Cependant pour y parvenir, il faut une plus grande acceptation de la vérité, désagréable à certains, selon laquelle ces produits sont d'abord et avant tout utilisés par un grand nombre de consommateurs dans un but de plaisir, et l'abandon du tabac est un sous-produit bienvenu.

Tous ces moyens récoltent des avantages vers l'objectif d'améliorer la santé publique. Mais ne vous attendez pas à une récolte abondante si vous ignorez le facteur incontournable dans le succès du vapotage pour créer des ex-fumeurs jusqu'à présent: le plaisir.  »