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vendredi 27 avril 2018

Suisse: le Tribunal Administratif Fédéral invalide la prohibition des liquides nicotinés [MàJ]

Les usagers et les professionnels du vapotage en Suisse le clamaient depuis de nombreuses années. Mardi, le Tribunal Administratif Fédéral (TAF) l'a confirmé dans son verdict: la prohibition de vente des liquides nicotinés n'est pas valide légalement. "Avec la décision du Tribunal Administratif Fédéral de mardi, les liquides de vapotage avec nicotine peuvent être vendus et importés en Suisse", explique Judith Deflorin, chef du département d'accès au marché de l'Office fédéral de la Sécurité Alimentaire et Vétérinaire (OSAV) à l'émission 10 vor 10 de la SRF, la télévision suisse-allemande. La décision d'interdire le vapotage nicotiné était contestée depuis novembre 2015 devant le TAF. 

En vente dés ce lundi

Trois parties avaient déposé recours, dont l'association d'usagers Helvetic Vape déboutée pour absence d'intérêt digne de défense. Les deux autres recourants, Stefan Meile de la société InSmoke et Ric Daniel d'E-Smoking, ont donc reçu justice après une procédure de près de deux ans et demi. Le premier, également président de l'association des professionnels de vape suisse (SVTA), annonce être prêt à livrer 10'000 fioles dés lundi. Le second a mis en ligne sur son site un premier article nicotiné, mais en rupture de stock, il n'est pas encore possible de l'acheter.

[add 28.04.2018] 
"Il est gratifiant que le Tribunal administratif fédéral ait annulé l'interdiction vicieuse. Les liquides contenant de la nicotine sont librement disponibles et réglementés dans tous les pays de l'UE. Dans l'intérêt de la minimisation des dégâts, il s'agit d'un signal important à Berne pour réduire la consommation de tabac et ses effets néfastes sur la santé publique", explique Stefan Meile sur le site d'Insmoke. "Le verdict permet de débuter immédiatement la vente de liquides contenant de la nicotine à condition que les exigences légales du principe du Cassis de Dijon soient respectées", précise le site. Le principe du Cassis de Dijon fait que tout produit déjà homologué dans un pays de l'Union Européenne peut être importé et mis en vente en Suisse. "Nous avons enregistré tous nos produits dans l'UE. La production est déjà lancé et lundi, un premier produit sera sur le marché Suisse", poursuit Stefan Meile. [/add]

Une honte de santé publique

La décision n'a pas encore été publiée par le TAF et les détails restent encore floues. Nous essaierons de préciser les choses dés que possible. Ce qui est sûr est que l'administration fédérale peut s'opposer à la décision du tribunal dans les 30 jours après le verdict. Une possibilité de porter l'affaire au cran supérieur du Tribunal Fédéral que l'administration d'Alain Berset étudie actuellement, selon le site de la télévision SRF. 

Depuis 2009, la prohibition des liquides nicotinés à fortement pénalisé les fumeurs suisses désirant arrêter à l'aide du vapotage. Alors que le Royaume-Uni a vu son tabagisme décroître de plus de 20% durant cette période, cette décision a maintenu à l'identique le taux de fumeurs en Suisse. Potentiellement, près de 400'000 personnes ont été empêchés d'arrêter de fumer par cette prohibition. Alors que nous avons répété, sans écho dans les médias, depuis plus de quatre ans qu'elle était sans fondement, inique et délétère. Il est heureux que le Tribunal Administratif Fédéral ait eu la clairvoyance de l'invalider. 

Add. Le sujet vidéo (3 mn) de 10 vor 10 (SRF) - en allemand -.


dimanche 22 avril 2018

Etude clinique à Milan: 2,5 fois plus d'arrêts tabagiques réussis avec une vape peu ou pas nicotiné que sans rien

"Le vapotage a augmenté le taux d'arrêt, ainsi que la réduction du nombre de cigarettes quotidiennes des participants qui ont continué de fumer". La principale conclusion d'une équipe de l'Institut Européen d'Oncologie (IEO) de l'Université de Milan confirme, dans les conditions d'une étude clinique, le potentiel du vapotage pour aider au sevrage tabagique. L'étude, publiée dans la revue d'Oxford Nicotine & Tobacco Research, a sélectionné 210 fumeurs sur 550 postulants provenant du suivi COSMOS II (Continuous Observation of SMOking Subjects). 

European Institute of Oncology MilanoEtre fumeur d'au moins 10 cigarettes quotidiennes depuis plus de dix ans et être motivé à arrêter étaient notamment des critères pour participer au suivi de trois mois fin 2015. L'âge des participants était assez élevé avec une moyenne de plus de 62 ans. Un premier groupe a reçu une vapoteuse de type ego CE4 avec une fiole de liquide goût tabac nicotiné à 8 mg/ml, un second groupe la même vapoteuse avec des liquides sans nicotine et le troisième groupe témoin ne recevait rien de particulier. Tous les participants avaient un appel téléphonique mensuel d'une dizaine de minutes, où ils ont été invités à arrêter de fumer après la première semaine du suivi.

Consommation limitée de vapotage

Les chercheurs ont demandé aux participants des deux groupes vapoteurs de ne pas consommer plus d'un millilitre de liquide par jour. Avec en moyenne un peu moins de onze fioles consommées en trois mois (soit 1,2 ml/jour), les participants se sont tenus à cette consigne. Cette consommation réduite de nicotine peut expliquer la faible différence de résultats entre les deux groupes de vapoteurs (avec/sans nicotine), selon les chercheurs. On peut se demander si la plutôt faible concentration de nicotine des liquides associée à cette consigne n'ont pas conduit certains participants à ne pas réussir leur arrêt tabagique.

Au terme du suivi:
    le modèle utilisé par l'étude
  • 25,4% des utilisateurs de vapoteuses (Ego) avec une consommation limitée de liquides nicotinés (à 8mg/ml) n'avaient plus fumé depuis trois mois,
  • 23,4% des vapoteurs sans nicotine ont fait de même, ainsi que
  • 10,3% des participants n'ayant pas reçu de vapoteuse (et s'étant engagé à ne pas en utiliser ni une autre aide de type patchs ou gommes nicotinés). 

Plus de réduction de cigarettes avec la vape nicotinée

Les vapoteurs avec nicotine qui n'ont pas réussi à stopper de fumer, ont par contre plus nettement réduit leur consommation de cigarettes que les vapoteurs sans nicotine et le groupe témoin. D'une consommation initiale de plus de 19 cigarettes par jour, les vapoteurs avec nicotine ont réduit à 7,67 cigarettes tandis que les vapoteurs sans nicotine passaient à 9 et les 'sans vape' à un peu plus de 10 cigarettes quotidiennes.

Améliorations de l'état de santé

En Angleterre, l'information sur le vapotage pour l'arrêt tabagique est déjà intégréeLes chercheurs ont aussi questionné les participants sur leurs symptômes respiratoires. "Une réduction significative de tous les symptômes a été reportée, probablement en raison de la réduction de cigarettes quotidiennes fumées par la plupart des participants, indépendamment du groupe de l'étude", précisent t-ils. Environ 21,5% des participants signalent une diminution de la toux, 18,5% moins d'inflammation pulmonaire (catarrhe) et 14,5% une amélioration de la respiration. Concernant le groupe vapoteurs avec nicotine, 23% rapportent un effet indésirable de gorge irritée lors du premier mois. Mais après trois mois, cet effet secondaire n'est plus signalé que par 5,7% de ce groupe. 

Intégrer le vapotage aux guides sur les arrêts tabagiques

En conclusion, les auteurs suggèrent d'intégrer le vapotage à l'aide à l'arrêt tabagique. "Il pourrait être utile d'associer cet appareil à de nouveaux guides d'auto-soutien afin de permettre aux gens de mieux gérer les changements de comportement et les effets secondaires. Ceci est vrai pour les fumeurs prêts à arrêter (comme nos participants) mais peut aussi être avantageux pour les fumeurs moins motivés se trouvant en milieu clinique".

edit à 16h30 du titre pour le rendre plus clair. Merci à Michel pour la remarque ;)

lundi 16 avril 2018

Persecuted: un court-métrage documente l'absurde de la politique hongroise anti-vape

"Ils ont nationalisé la distribution et pris le monopole des ventes de tous les produits connexes au tabac, dont les produits de vapotage, au nom de la "protection des enfants". Ils n'ont pas seulement échoué à réduire le taux de tabagisme, ils ont provoqué exactement l'inverse: les ventes de tabac à rouler ont explosé, nous n'avions jamais vu autant de cigarettes de contrebande s'échanger et les vapoteurs se tourner vers les achats en ligne à l'étranger". Le constat de Robert Bernarius est sans concession. Les conséquences de la politique de la Hongrie depuis 2012 au sujet du vapotage sont désastreuses. Il les expose dans un court-métrage sous-titré en anglais d'un quart d'heure mis en ligne ce 14 avril (ou voir plus bas). Persecuted, qui sera projeté au festival des films du Global Forum on Nicotine en juin à Varsovie, déplore la politique hongroise hostile à la réduction des risques et marquée notamment par la fermeture des magasins spécialisés pour livrer la vente des produits de vapotage aux buralistes "inexpérimentés dans le domaine".

"Nous n'y avons pas cru"

En Hongrie, la politique anti-vape a commencé par des saisies de liquides nicotinés dés 2012. "A ce moment-là, nous n'arrivions pas à croire cela possible. Plus tard, nous espérions juste que cela ne durerait pas longtemps. Malheureusement, c'était notre première erreur, et depuis, il s'est avéré que ce n'était pas la dernière...", raconte le réalisateur, lui-même défenseur du vapotage et ex-fumeur. Fin 2015, les débats au parlement sur l'implémentation de la directive européenne (TPD) dans la loi hongroise donne lieu à une simple assimilation du vapotage au tabagisme. Effet de cet amalgame, le seul discours de santé publique autorisé présente le vapotage comme "aussi nocif" que le tabagisme. Autre conséquence de l'assimilation dans les lieux publics, les usagers ne sont autorisés de vapoter que dans les espaces fumeurs et ainsi subissent la fumée passive.

Etude scientifique hongroise

Dans ce climat hostile à la réduction des risques, un seul chercheur hongrois ose s'aventurer sur la question. Le Pr László Galuska, de l'Université de Debrecen, détaille la méthode de test de la condition des membranes des alvéoles pulmonaires qu'il a développé durant sa carrière. Avec son équipe, il a voulu mesurer avec celle-ci les effets du vapotage. "En 2014, nous avons comparé un groupe de 25 vapoteurs aux résultats des fumeurs. Nous avons déterminé que les dommages pour les membranes des alvéoles capillaires des poumons étaient bien moindres avec le vapotage, en raison de l'absence de monoxyde de carbone et de goudrons", explique le Pr Galuska. Actuellement, son équipe poursuit ses études sur différents nouveaux modèles apparus après cette première étude, précise t-il.

L'incertitude qui favorise des morts certaines

En dépit de ce constat scientifique local, les autorités ont préféré opter pour une ligne contre la réduction des risques et la prévention. "Ils ont liquidé les vendeurs spécialisés expérimentés d'un trait de crayons et mis la main sur la vente des produits de vapotage pour la donner à des buralistes qui n'y connaissent rien", regrette Robert Bernarius dans la conclusion de son petit film. "Cette ségrégation à l'égard de la réduction des risques ne marche pas du tout. La réglementation a été faite pour suivre l'idéologie du gouvernement actuel, qui ne sert ni la prévention ni la réduction des méfaits mais préfère utiliser la diabolisation des dispositifs alternatifs pour pousser les fumeurs à l'incertitude et une mort certaine".

Le film Persecuted en hongrois, sous-titré anglais:




dimanche 8 avril 2018

Tribune d'un expert des addictions à Singapour: "la prohibition du vapotage est une erreur"

Singapore support smoking
En Asie, plusieurs gouvernements ont décrété la prohibition du vapotage. C'est le cas de Singapour depuis le 1er février, au nom du "principe de précaution". Le Dr Andrew Da Roza, membre de plusieurs comités d'experts dont l'Association Anti-Narcotiques de Singapour (SANA), s'interroge sur le bien fondé de la prohibition de l'outil de réduction des risques. Dans une tribune pour le journal Today le 28 mars, il se demande "si une position morale douteuse, de mauvaises interprétations des données scientifiques, des projections contradictoires sur les motivations de l'industrie du tabac et une inadéquation entre le bien-être de plusieurs et le bien-être de quelques-uns sont à l'origine de l'interdiction du vapotage à Singapour, n'est-il alors pas temps de repenser la politique de santé ?"

Les études existent

"Le ministère de la Santé de Singapour prétend qu'il n'y a pas d'étude scientifique sur le long terme (25 à 30 ans) pour montrer si ces dispositifs augmentent ou diminuent matériellement les maladies dans la population utilisatrice", constate le Dr Andrew Da Roza. Pourtant, des rapports scientifiques précis et complets ont été publiés notamment par le Royal College of Physicians (RCP) britannique et récemment le Public Health England (PHE), note le docteur. "Le PHE a conclu que vapoter ne représente que 5% ou moins des risques de fumer, et que passer complètement du tabac au vapotage «procure des avantages substantiels pour la santé»", souligne t-il. Aux Etats-Unis aussi, des organismes de santé reconnaissent la réduction des dommages du vapotage face au tabagisme, tels que l'Académie des sciences, de l'ingénierie et de la médecine et l'American Cancer Society.

Morale abstinente ou éthique de minimisation des dommages ?

"Aucune politique de santé publique n'exige qu'une nouvelle technologie qui peut potentiellement sauver des vies et prévenir des maladies soit testée pendant 25 à 30 ans avant qu'elle puisse être utilisée", remarque t-il. Pour le Dr Da Roza, les autorités de santé singapouriennes épousent une position morale contestable. "Les autorités choisissent de prendre une position morale: autoriser le vapotage peut être considéré comme une tolérance de la dépendance à la nicotine et cette dépendance serait si haïssable que cela ne compenserait pas la baisse de tabagisme liée. Mais la position morale opposée est tout aussi valable. L'interdiction de ces dispositifs empêche les fumeurs d'améliorer leur santé, la santé de leurs proches, et de prolonger leur vie", explique l'expert en addiction.

Les exemples des nations du tabac

Une autre raison se trouve peut-être dans les exemples des pays voisins de Singapour. La junte militaire en Thaïlande, fin 2014, et la Corée du Nord ont été les premiers à interdire le vapotage. Aux Philippines, l'interdiction n'a pas encore été prononcée, malgré les pressions en ce sens de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l'Université privée de Dartmouth qui espère en faire un pays test pour ses détecteurs de nicotine. Par contre récemment, l'Indonésie a suivi le mouvement de prohibition pour protéger ses ventes de tabac, selon les déclarations de son Ministre de l'Industrie. 

Motif de vulnérabilité ou effet causal extérieur ?

Si le Gouvernement indonésien voit dans le vapotage un concurrent à ses ventes de tabac, d'autres prétendent qu'il pourrait être une "passerelle" vers le tabagisme pour les adolescents. En plus des études épidémiologiques britanniques et américaines montrant la baisse du tabagisme adolescent depuis l'apparition du vapotage, le Dr Andrew Da Roza en appelle au bon sens. "Le bon sens nous dit aussi que les adolescents qui essaient le vapotage sont également susceptibles d'essayer beaucoup d'autres choses, y compris l'alcool, les cigarettes et les drogues. Par quoi ils commencent et poursuivent n'est pas déterminé par la substance ou l'appareil, parce que c'est en fonction de leur vulnérabilité à l'utilisation de toute substance psychoactive. Donc, avec ou sans vapotage, ils sont vulnérables à fumer, à boire et à utiliser d'autres substances. Ainsi, les études, qui prétendent établir que le vapotage est la cause du tabagisme, ne font guère plus que montrer une association entre vapoter et fumer - ce qui est attendu, étant donné que les mêmes vulnérabilités individuelles en sont la cause", argumente le spécialiste.

Marché noir hors contrôle

En plus de favoriser le maintien ou l'adoption du tabagisme en interdisant cette alternative à moindre dommage, la prohibition prive les autorités de tout contrôle sur les produits de vapotage. "S'il existe des risques pour la santé avec ces dispositifs, une approche prudente ne consiste pas à les interdire mais à les réglementer et à en réduire les risques", souligne le Dr Andrew Da Roza. Sera t-il entendu à Singapour ?


UCSF: nouvelle plainte contre le Pr Stanton Glantz pour harcèlement sexuel et discrimination raciste

Lundi 26 mars, une nouvelle plainte a été déposée devant la Cour Supérieure du Comté d'Alameda pour harcèlement sexuel, discrimination raciste et des fraudes académiques attenantes contre le Pr. Stanton Glantz, de l'Université de Californie San Francisco (UCSF). Cette fois-ci, la plaignante est une jeune femme d'origine amérindienne révèle le San Francisco Examiner. Après près de trois ans à travailler sous les ordres de Stanton Glantz au Center for Tobacco Control Research and Education (CTCRE) de l'UCSF, son contrat n'a pas été renouvellé en septembre. Tout comme dans une précédente affaire le concernant, le septuagénaire est accusé d'avoir multiplié les gestes et remarques déplacées, les violences verbales et traité de manière discriminatoire la chercheuse d'une quarantaine d'année sa cadette. 

Racisme opportuniste

Une enquête interne de l'Université, bouclée en décembre, confirme le harcèlement sexuel dont la chercheuse a été victime, mais sans examiner le sujet des discriminations racistes à son encontre. Pourtant, un collaborateur du CTCRE témoigne avoir entendu Stanton Glantz hurler à la chercheuse qu'il l'aurait "embauché uniquement parce [qu'elle est] amérindienne". Bien que la jeune femme détienne une expérience préalable de juriste pour un cabinet d'avocat, notamment dans un litige contre l'industrie du tabac. 

Selon la plaignante, Stanton Glantz a utilisé ses origines ethniques pour décrocher des budgets du National Institute of Health (NIH) réservés aux recherches impliquant les minorités amérindiennes. Après que le NIH ait accordé la subvention spéciale, la chercheuse a été "réaffectée à une autre tâche sans pouvoir participer aux projets de recherche prévus sur les politiques concernant les amérindiens", précise le journal californien.

Plagiat et inexactitudes dans les études

Lorsque la plaignante et une autre chercheuse, qui a aussi entamé des poursuites, ont signalé "des inexactitudes et du plagiat dans un article signé d'un autre chercheur sur le sujet des amérindiens, Stanton Glantz aurait été violent verbalement envers les deux femmes selon la plainte déposée", explique le San Francisco Examiner.

L'Université de Californie San Francisco (UCSF) se refuse à tout commentaire sur l'affaire. De son coté, le Pr Stanton Glantz renvoie à ses propres explications sur son blog datant de la précédente plainte en décembre. Il précise au San Francisco Examiner être la victime des deux femmes qui "se sont liguées depuis plus d'un an" contre lui.

Omerta

Le milieu académique, et en particulier le domaine du "tobacco control" - la lutte anti-tabac -, garde le silence sur cette affaire. Pour Carl Phillips, ancien professeur de santé publique écarté pour son soutien à la réduction des risques, cette omerta est un calcul politico-pécunier. Le budget annuel de la team de Stanton Glantz pèse plus de 20 millions $ et ses travaux ont permis de justifier de multiples hausses de taxes contre les fumeurs. Difficile d'imaginer le camp Démocrate torpiller un tel allié à travers les campagnes #MeToo dénonçant le harcèlement des femmes.

Une autre lecture des événements est livré par Dow Patten, l'avocat de la plaignante. Pour le juriste, ces poursuites découlent "d'une culture systémique tolérant le harcèlement sexuel et la discrimination à l'UCSF". L'avocat défend notamment une autre femme, infirmière au Centre de santé des femmes de l'Université, qui se dit victime de harcèlement sexuel, discrimination et de mesures de représailles de son supérieur et de ses collègues.

Le racisme BCBG des universités californiennes 

Ces déclarations font échos, sous l'angle du harcèlement raciste, à l'affaire du Dr Christian Head qui a défrayé la chronique californienne en 2012. Ce chirurgien, seul afro-américain engagé au département médical de l'Université de Californie de Los Angeles (UCLA), avait subi des humiliations à caractère raciste de sa hiérarchie, puis un harcèlement suite à ses plaintes. Une série de photomontages, dont l'un le montrant être sodomisé par un gorille, avait été projeté lors d'une soirée du département. Après qu'il se soit plaint, le photomontage avait été envoyé par mail à l'ensemble de ses collaborateurs. Réaffecté à un autre service, il a alors subit les représailles de sa supérieure Jessica Wang-Rodriguez. 

A bout, il a mis un terme à sa carrière universitaire. On peut voir la vidéo de son témoignage devant un comité du Congrès en 2014. Jessica Wang-Rodriguez a pu sans problème poursuivre sa carrière. Le monde académique californien étant petit, si ce n'est étriqué, on la retrouve à l'origine de la falsification de communication des résultats d'une recherche sur la viabilité de cellules épithéliales avec le vapotage. Ses mensonges avaient généré un buzz mondial alarmiste contre le vapotage durant les fêtes de fin d'année 2015, alors que l'étude montre une énorme réduction des dommages pour les cellules soumises au vapotage par rapport à la fumée de cigarette.

Sujet TV en 2012 sur l'affaire des harcèlements contre le Dr Christian Head à l'UCLA:


samedi 7 avril 2018

La vieille alliance entre puritains et cigarettiers renaît dans la presse suisse-allemande

L'anti-tabac Peter Hess travaillait pour British American Tobacco

















La revue suisse-allemande Beobachter a publié un article sur les méthodes d'influence des cigarettiers le 15 mars. Absent de marque de son panorama, le rôle du discours puritain contre les moyens de réduction des risques au profit du maintien des ventes de cigarettes. Une stratégie classique qui avait pourtant déjà été mise en oeuvre par les cigarettiers en Suisse. Y a t-il une face cachée à l'offensive puritaine anti-vape dans la presse Suisse?

"Il est très irritant que des organismes de prévention propagent à présent des drogues pour remplacer d'autres drogues. Ça m'énerve", peste Ruth Humbel dans le Beobachter du 15 mars. La Conseillère nationale du Parti Démocrate Chrétien (PDC) cible en l’occurrence le soutien pour l’arrêt tabagique à l’aide du vapotage dans un article du bi-hebdo suisse-allemand consacré aux méthodes d'influence des cigarettiers. Parmi les "astuces" des cigarettiers, il y en a une sur laquelle l'article de Beobachter ne souffle mot. Alors même que l'expression de Ruth Humbel dans ses colonnes rappelle étonnamment le discours de son illustre prédécesseur Peter Hess au début des années 1990'.

Extrait des archives de 1991 du PDC (pages 1981-1982)A l'époque, Peter Hess est aussi un élu au Conseil national pour le PDC et il mène campagne pour interdire un autre produit de réduction des méfaits contre les cigarettes. Le 20 juin 1991, il dépose un postulat pour inscrire la prohibition du snus dans la révision de la loi tabac. Sa motion s'accompagne d'un matraquage médiatique où le tabac à suçer suédois à teneur en nitrosamines réduite est annoncé comme "l'horrible nouvelle drogue qui va envahir la Suisse" dans le Blick, entre autres titres de presse. Le Conseil Fédéral suit son postulat et inscrit l'interdiction du snus dans la loi qui entre en vigueur en 1995. Au nom de la santé publique, le milieu anti-tabac se félicite de cette victoire et salue son héro Peter Hess.

L'anti-tabac travaillait pour BAT

Lettre ouverte de JC. Rielle à P. Hess

Dix ans plus tard, le ton a singulièrement changé. "M. Peter Hess, ayez le courage de démissionner", interpelle le Dr. Jean-Charles Rielle, membre de l'Association pour la prévention du tabagisme (AT-Suisse), dans une lettre ouverte le 24 février 2001. Le motif de la colère du socialiste genevois contre le démocrate-chrétien zougois se trouve dans les révélations de la presse suisse: Peter Hess siège au Conseil d'administration d'une filiale de British American Tobacco (BAT). 
Le Conseiller national PDC Peter Hess fait interdire le snus en 1991 et avoue travailler pour BAT en 2001
Une enquête du collectif de journalistes européens (ICIJ), qui sera publiée en août 2001 dans le Guardian, sur les réseaux complexes de BAT pour écouler des cigarettes hors taxes met en lumière le rôle clef d'une filiale suisse nommée British American Tobacco International (BATI). En avant-première, l'info sur le poste au Conseil d'administration de BATI, domiciliée à son cabinet d'avocat à Zoug, du Conseiller national Peter Hess fuite le 12 février en Suisse. Les semaines suivantes, la presse déniche pas moins de 37 mandats d'administrateurs non déclarés par celui qui préside le Conseil national suite à son échec, pour une voix, au Conseil fédéral en 1999. Refusant de démissionner du Conseil national et soutenu par son parti, Peter Hess finit son mandat mais ses électeurs lui font payer et il n'est pas réélu aux élections de 2003. Durant le scandale, aucun média ne revient sur le fait qu'il est à l'origine de l'interdiction du snus.

La coalition des abstinents et des trafiquants 

5% de fumeurs suédois grâce au snus
Cette histoire, Thomas Angeli et Otto Hostettler, qui cosignent l'article du 15 mars dernier dans Beobachter, la passent sous silence dans leur présentation des moyens d'influence des Big Tobacco. Elle est pourtant un exemple typique d'union objective que peuvent nouer, consciemment ou non, puritains et cigarettiers contre les moyens de réduction des méfaits. Depuis cette histoire des années 1990', la Suède a vu son taux de fumeurs dégringoler à 7%, tandis qu'une large part des suédois a reporté sa consommation de nicotine sous la forme de snus. L'ensemble des maladies liées au tabagisme, y compris les cancers du pancréas, ont chuté en conséquence.

Il n'est pas dit que les fumeurs suisses auraient adopté le snus en place des cigarettes s'il avait été en vente légale. On peut facilement imaginer que les amis des deux bords de Peter Hess se seraient alors employé à effrayer les fumeurs pour les maintenir dans le tabagisme. C'est ce qu'il s'est passé dans les années 1980' pour les Nicorettes et aujourd'hui pour le vapotage. Ce type d'union tactique entre des groupes apparemment totalement opposés est une voie classique, bien que tordue, de défense d'intérêts. Les économistes l'ont surnommé la "Baptists and bootleggers coalition", en référence à la convergence d'intérêts des mafias et des ligues d'abstinence durant la prohibition de l'alcool aux Etats Unis dans les années 1920'. 

Avant Philip Morris, les anti-réduction des risques tentent d'empêcher l'étude sur l'Iqos

Outre l'histoire de Peter Hess, le super héros anti-tabac qui travaillait pour BAT - dont on peine à croire qu'elle soit méconnue d'un journaliste suisse-allemand -, le magazine omet d'autres éléments dans les sujets mêmes qu'il traite. Beobachter revient sur l'épisode concernant les pressions de Philip Morris contre les chercheurs lausannois de l'étude sur l'Iqos publié dans JAMA Internal Medecine, que nous avions relaté à l'époque
L'équipe de recherche lausannoise a travaillé bénévolement pour son étude sur l'Iqos, le budget de recherche ayant été bloqué par les anti-réduction des risques
Le journal suisse-allemand publie la lettre de Moira Gilchrist, porte-parole de PMI, aux autorités universitaires lausannoises. Mais Beobachter passe totalement sous silence qu'avant Philip Morris, c'est le clan anti-réduction des risques qui a tenté d'empêcher l'étude en bloquant son financement. Thomas Angeli et Otto Hostettler ne pipent pas un mot du refus, ni de ses motivations, de la Commission fédérale pour la prévention du tabagisme (CFPT), notoirement sous le contrôle du clan intégriste. 

Le culte de l'obscurantisme

Le mafieux et la ligue d'abstinence dans Boardwalk Empire
Evidemment, ce fait ébrèche salement la thèse manichéenne assénée par Beobachter. Difficile de croire que les défenseurs d'une approche de réduction des risques servent les cigarettiers tandis que les puritains seraient l'unique rempart contre Big Tobacco, alors que ces derniers manœuvrent en coulisse pour bloquer la même étude. Présentée sans cette omission, le cas de l'étude lausannoise est un exemple clair de l'alliance objective, peut-être non intentionnelle, entre le clan puritain et les intérêts des cigarettiers. 

Il est troublant que les journalistes du magazine du groupe Ringier n'ait pas saisi l'occasion d'interroger les représentants du clan anti-vape sur leur apologie de l'obscurantisme à ce sujet. Alors que leur argument principal contre le vapotage est un sempiternel "on ne sait pas" censé justifier un principe de précaution laissant la voie libre aux cigarettes, dont le danger, lui est connu. Une posture qui permet de distiller le doute et la confusion alors que des organismes au-dessus de tout soupçon et autrement plus compétents ont produit des évaluations précises et sérieuses. Mais apparemment, le Royal College of Physicians britannique et le Public Health England n'existent pas pour les journalistes de Beobachter. Le magazine offre une tribune au clan puritain sans contradicteur, ni prise de distance critique.

La théorie du complot généralisé pour tout argument

En plus de la fabrique du doute, d'autres méthodes attribuées à juste titre aux cigarettiers se retrouvent être aussi les moyens usités par les sources privilégiées du journal. En matière de lobbyisme d'influence, Beobachter en donne un exemple en acte. Celui-ci vient après les campagnes médiatiques du journal télévisé de la RTS, de la NZZ, d'Infosperber et de 20 Minutes... A plusieurs reprises, on retrouve Rainer Kaelin à la baguette de celles-ci, comme de nouveau dans cet article de Beobachter. Ce médecin de Morges exerce sa prose surtout dans des écrits à visée politique dont la trame se résume systématiquement à une théorie du complot plutôt simple. Et qui constitue un exemple parlant de tentative de "discréditer les chercheurs indésirables", pour reprendre l'expression des journalistes du magazine suisse-allemand.

A titre d'exemple, on peut se reporter aux accusation de Rainer Kaelin contre une bonne partie du milieu anti-tabac après la nette défaite en votation populaire de l'initiative pour durcir les lois contre le tabagisme passif en 2012. Selon lui, le milieu anti-tabac Suisse agit sous l'influence des lobbys, laissant planer le doute s'il s'agit de ceux du tabac ou de la pharma. Il vise explicitement la présidente de la Ligue pulmonaire vaudoise, la Fédération des médecins suisse (FMH), la présidente de la Société Suisse de Médecine Interne (SSMI), le Public Health Suisse (depuis SSPH+) et le "président B.M." de l'Association pour la prévention du Tabagisme (AT-Suisse). Coupables d'avoir permis au camp cigarettier de gagner, selon lui. "Attribuer ces silences au hasard ou à des erreurs de communication n’est pas plausible. Ils apparaissent comme un comportement systématique, nuisible aux efforts de la prévention du tabagisme et attribuable à des réseaux d’influence très puissants", juge Rainer Kaelin, dans un article publié dans la revue Bioethica

Les interminables purges de Rainer Kaelin

Rainer Kaelin habitué des accusations délirantes
On a déjà vu plus lucide comme analyse. Mais à défaut d'être fondée sur quelconque preuve, cette stratégie de terrorisme idéologique porte tout de même ses fruits. La dernière "plateforme des partenaires pour la prévention du tabagisme" en a été le théâtre. De manière à peine voilée, les tenants de la ligne dure ont menacé de représailles ceux qui oseraient ouvrir le débat publiquement sur la réduction des risques.

Il n'en fallait pas plus pour que Rainer Kaelin se remette en chasse de l'ennemi intérieur dans le milieu anti-tabac et multiplie les diffamations contre le Pr Jean-François Etter, le principal connaisseur de la question en Suisse. Dans l'article de Beobachter, le spécialiste de santé publique doit encore une fois réaffirmer qu'il n'a aucun lien avec l'industrie cigarettière. Difficile de savoir si Rainer Kaelin répand la confusion intentionnellement ou par folie. Ce qui est sûr, c'est le ridicule des médias qui continuent de lui donner la parole sans distance critique face à ses déblatérations sensationnalistes.

Chape de plomb

Mais les soupçons entretenus artificiellement et la chasse aux sorcières fonctionnent bien dans le milieu anti-tabac suisse. Les autres experts suisses intéressés par le sujet n'osent plus intervenir. A une de mes sollicitations, un chercheur du domaine m'a répondu qu'il ne pouvait risquer d'être lié à des publications sur la réduction des risques sans craindre pour sa réputation et la suite de sa carrière. Même silence des spécialistes suisses sur le tabagisme favorables à la réduction des risques lors de la récente consultation publique sur l'avant-projet de loi tabac (LPTab). 

Seules les associations locales, celle des usagers Helvetic Vape et des professionnels de la vape SVTA, ont osé critiquer l'absence de prise en compte du pilier de la réduction des risques dans le projet de loi. Unique contribution en ce sens émanant de scientifiques, celle de 18 experts de renommée mondiale spécialistes du sujet mais dont aucun n'est suisse. Hors de ces rares exceptions, une chape de plomb recouvre le sujet du vapotage dans une perspective sanitaire en Suisse. 

Plutôt le maintien du tabagisme que toute alternative à risque réduit

Restent les acteurs de terrain bien conscients, à l'image du Groupe Romand d'Etudes sur les Addictions (GREA), de l'échec de l'approche uniquement pro-abstinence imposée depuis dix ans par le clan anti-réduction ds risques. En situation, ils s'intéressent et utilisent de plus en plus le vapotage comme aide à l'arrêt des cigarettes malgré l'interdiction de vente de liquides nicotinés. D'où le ciblage de Ruth Humbel contre "les organismes de prévention propageant des drogues à la place d'autres drogues" dans Beobachter. Le mot d'ordre vise à la fois à exclure ceux prêts à une réflexion et au débat et entretenir l'incertitude sur le vapotage. On pourrait croire à s'y méprendre à une des méthodes présentées par Beobachter comme celle des cigarettiers.
"Les autorités sanitaires ne doivent pas recommander la cigarette-électronique pour le sevrage du tabagisme", Lucrezia Meier-Schatz et Macé Schuurmans
Imposer une discipline strictement puritaine aux professionnels socio-sanitaires, dont l'expérience de terrain les amène à plus de pragmatisme et de tolérance à la réduction des risques, est un leitmotiv du clan. "Les autorités sanitaires ne doivent pas recommander la cigarette électronique pour le sevrage du tabagisme", assénait déjà l'avis de la Commission Fédérale de Prévention du Tabagisme (CFPT) signé de Lucrezia Meier-Schatz et de Macé Schuurmans, ami de Rainer Kaelin, en septembre 2016. Un avis qui reprenait aussi à son compte la revendication de la taxe anti-vape de Philip Morris. 

Tuer le débat sur les vies que la réduction des risques peut sauver

Ces positions de principe contre la réduction des risques, on pouvait les anticiper par l'invitation de l'ultra-intégriste maltais Tonio Borg par l'Alliance anti-tabac en mai 2016 à Berne. Leader anti-avortement, contre le droit au divorce, ayant coupé des aides financières pour la distribution de préservatifs et homophobe décomplexé, l'anti-réduction des risques Tonio Borg n'était pas l'invité d'honneur de l'Alliance anti-tabac par hasard. La lutte anti-vapotage est bien un élément d'une vision politique puritaine globale.

La plupart des méthodes des cigarettiers présentées par Beobachter se trouvent aussi mises en œuvre par le clan anti-réduction des risques. Le jeu de lobbying intense, la diffamation des professionnels favorables à la réduction des risques, l'enfumage du milieu médical et du public en semant la confusion, le doute et par l’amalgame entre produits cigarettiers et vapotage. Leur objectif est de saboter la possibilité d'un débat rationnel sur l'approche de réduction des risques au profit de peurs et d'émotions cultivées par de faux amalgames. Dans un contexte où la stratégie unique pro-abstinence est un échec depuis dix ans, le public helvète va-t-il encore se faire enfumer par cette alliance contre nature entre cigarettiers et puritains ?


dimanche 1 avril 2018

L'OMS impose les sifflets anti-adolescents sur les vapoteuses

Canular ou poisson d'avril ?
"Cela ne pouvait pas continuer comme ça. Il fallait imposer une mesure efficace contre le fléau du vapotage". Petra Da Costa Mucho, la directrice du bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), affiche une mine réjouie ce matin. Elle a réussit à faire adopter lors d'une session à huis-clos de l'OMS une mesure mondiale contre les produits de vapotage. Désormais tous les dispositifs électronique de délivrance de nicotine (ENDS) devront être équipés d'un sifflet à hautes-fréquences anti-adolescents incorporé dans l'embout. "Lorsque le fumeur-électronique aspire sur sa cigarette-électronique, son souffle génère automatiquement un son oscillant entre 17 et 18 Khz. Cela est connu pour frapper particulièrement les enfants et les adolescents", explique le Pr Samir Sonetti, de l'Université de Dartmouth, qui a mis au point le système. 

Les autorités sanitaires ont bon espoir d'avoir enfin un impact contre le vapotage avec cet outil de prévention. "Des millions de personnes à travers le monde arrêtent de fumer et de payer des taxes pour se mettre à vapoter. Cela suffit", tonne Petra Da Costa Mucho. Pour marginaliser le mouvement de sortie du tabagisme, les scientifiques ont planché sur un système de prévention efficace. Avec le sifflet à hautes-fréquences, Samir Sonetti prévoit que les vapoteurs vont souffrir et faire fuir leurs proches, en particulier leurs enfants. "Harceler les vapoteurs et les transformer en parias est un droit humain fondamental qui doit être l'objectif prioritaire des pays ayant adhéré à notre Convention-cadre", expose Petra Da Costa Mucho. 

Dénormaliser la sortie du tabagisme

La directrice du bureau anti-tabac balaie les rares objections qui ont été émises. "Certes, ce sifflet peut entraîner la perte d'équilibre et des lésions à l'ouïe. Mais en créant des méfaits à cette forme de consommation de nicotine, nous œuvrons à la dénormaliser. Nous ne devons pas laisser se développer une consommation de nicotine sans dommage pour les usagers. Ce serait la porte ouverte à tout", argumente t-elle, avant de préciser, "Blesser et maltraiter les vapoteurs et leur entourage est une mission incontournable pour la lutte anti-tabac mondiale".

Les joues remplies des taxes anti-tabacLe coût du dispositif sera répercuté dans le prix des produits de vapotage et assumé par le consommateur. "C'est un autre effet bénéfique de cette mesure. Le prix des cigarettes-électroniques va exploser et c'est mon université qui détient le brevet", se félicite Samir Sonetti, ardent défenseur de la santé. A présent, les Etats doivent imposer aux fabricants d'apposer le dispositif à la production des produits de vapotage. L'OMS a dénommé l'opération: "des sifflets pour rendre la vape dangereuse".  Petra Da Costa Mucho en est convaincue: "Ceci va avoir un effet déterminant pour la santé mondiale, les droits humains et la protection des branchies". Reste à savoir dans ce dossier si un poisson d'avril vaseux ne risque pas de donner une sale idée supplémentaire à l'OMS.