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samedi 29 septembre 2018

#COP8FCTC La NNA appelle le gouvernement britannique à sauver la vape de la menace de l'OMS

Le Royaume-Uni va t-il sauver la vape durant le sommet mondial COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève la semaine à venir ? Le réseau international des associations d'usagers INNCO va tenir des piquets pour rencontrer le public à la place des Nations durant la semaine. De son côté, l'association New Nicotine Alliance, qui en est membre, prie le gouvernement britannique de faire barrage aux projets d'interdictions et de restrictions contre le vapotage du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS.  

Un succès britannique

"Le vapotage est une alternative plus sûre que fumer du tabac. Le Royaume-Uni compte plus de 1,7 million d'anciens fumeurs passés des cigarettes au vapotage exclusif. Le gouvernement a judicieusement reconnu les avantages significatifs que les stratégies de réduction des risques du tabac peuvent apporter et, grâce à des campagnes positives telles que Stoptober, a vu le nombre de fumeurs chuter considérablement ces dernières années", déclare Sarah Jakes, présidente de l'association d'usagers de produits nicotinés à risque réduit.

Les pauvres ont-ils droit à la réduction des risques ?

Or, le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS pousse à interdire ou restreindre le vapotage, n'hésitant pas à donner en modèles la Corée du Nord et la junte militaire thaïlandaise, détentrice du Monopole du tabac de Thaïlande. Après la prohibition prononcée en Inde, le sujet sera au cœur de ce Sommet COP8FCTC. "Les pays développés tirent de grands bénéfices des outils de réduction des risques du tabac. Les fumeurs des pays moins nantis ont le droit de bénéficier des mêmes opportunités. La NNA encourage la délégation britannique à résister à l'interdiction des produits à risque réduit de délivrance de nicotine", explique le communiqué de la NNA.

La Commission Européenne contre le droit d'information ?!

"Nous avons aussi entendu des informations inquiétantes selon lesquelles la délégation de l'Union Européenne envisage de demander au sommet anti-tabac de l'OMS de lancer un appel pour une interdiction mondiale de publication sur le vapotage. Il serait scandaleux que la délégation britannique soit complice d’une telle initiative qui s’oppose à l’engagement du gouvernement d’améliorer la disponibilité des produits innovants à risque réduit", précise Sarah Jakes, comme l'avait révélé le Vaping Post il y a deux semaines

Les britanniques vont-ils financer une politique opposée à la leur ?

Avant de rappeler que le Royaume-Uni fournit une contribution financière "très généreuse", à vrai dire la plus importante de tous les pays, au secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Nous exhortons donc le gouvernement à utiliser l’influence de notre contribution financière et de bien agir. C'est-à-dire de rejeter la prohibition des moyens de réduction des risques que les pays moins nantis se sentent obligés d'appliquer en raison de la désinformation de l'OMS, et d'exhorter le secrétariat anti-tabac (FCTC) à respecter sa propre convention (art.1 d.) en faveur de la réduction des risques, et enfin à résister aux restrictions de promotion des alternatives à risque réduit au tabagisme".

Opacité totale

Au Sénat italien, une question parlementaire a été posée à la Ministre de la santé Giulia Grillo pour savoir la position défendue sur le sujet par sa délégation. Sans réponse pour le moment, selon le site spécialisé SigMagazine. En France, des défenseurs de la lutte anti-tabac, de la réduction des risques et du vapotage sont inquiets et sans nouvelle ni du mandat ni de l'identité de la déléguée envoyée par le Ministère de la Santé à ce sommet. Celui-ci va se dérouler à huis-clos, probablement sans observateur des associations d'usagers, suite au pré-avis négatif du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS à la demande d'accréditation d'INNCO.


vendredi 28 septembre 2018

[Bref] Italie: moratoire du paiement des taxes anti-vape jusqu'au 18 décembre

Le paiement des surtaxes anti-vape par les dépositaires fiscaux est suspendu jusqu'au 18 décembre en Italie. Le Sénat a approuvé le décret 'milleproroghe' contenant cette clause de suspension ce 20 septembre. Dans une interview au site SigMagazine début août, Matteo Salvini, vice-président du gouvernement, avait promis une suspension du paiement des taxes en attendant une réforme de la loi. Le premier pas est fait et le décret a été publié au journal officiel le 24 septembre, explique le site spécialisé SigMagazine. Les entreprises indépendantes de vape, au bord de l’asphyxie économique, avaient lancé des appels à l'aide cet été pour lever cette taxe étouffante. Le vapotage italien espère à présent la deuxième partie de la promesse du Gouvernement et une réforme structurelle du secteur avant le 18 décembre. 

Si rien ne se passait d'ici là, les entreprises de vape devraient payer la taxe sur leurs ventes dans cette période en un seul versement fin décembre. Du côté des usagers, l'association ANPVU salue cette suspension et le geste commercial, plein de confiance, des professionnels qui ont immédiatement réduit leurs prix de vente. Suite à l'introduction de la surtaxe du vapotage en Italie, le nombre de fumeurs y a augmenté de près d'un million concomitamment à une baisse similaire du nombre de vapoteurs depuis 2016.




jeudi 27 septembre 2018

Faut-il couper le financement de l'OMS pour sauver la réduction des risques ? La presse anglaise ouvre le débat avant la #COP8FCTC

Une situation paradoxale. Le Royaume-Uni est le pays le plus engagé pour soutenir le vapotage comme alternative à risque réduit contre le tabagisme. Avec un grand succès. Mais c'est également le pays qui finance le plus le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), devenu le fer de lance de la guerre au vapotage dans le monde. Avant même de tenir son 8ème sommet à Genève à partir du 1er octobre, ce secrétariat a publié un rapport encourageant les interdictions et restrictions contre le moyen de réduction des risques. La presse anglaise se fait l'écho de cette situation étrange. "Les contribuables britanniques ne devraient plus subventionner les lois anti-vapoteurs", titre le Daily Express du mardi 18 septembre.

Retirer le financement à l'OMS tant qu'elle soutient la répression du vapotage?

Dans ses colonnes, Christopher Snowdon, de l'Institute of Economic Affairs, exprime l'exaspération des britanniques qui "paient un saladier pour soutenir cette organisation prohibitionniste". "La position effrayante de l'OMS sur le vapotage est en contradiction avec celle du gouvernement britannique qui est fondée sur des preuves scientifiques. À moins que l'OMS ne retire son soutien à l'interdiction du vapotage, le gouvernement devrait lui retirer son financement", explique l'auteur du Nanny State Index spécial nicotine.

L'OMS revendique la Corée du Nord et la Thaïlande comme modèles

Totalement à l'opposé de la politique britannique d'intégration de la de réduction des risques, le secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS mène une campagne féroce contre le vapotage. Sa cadre indienne Jagdish Kaur prône même en Asie de prendre modèle sur la junte militaire thaïlandaise, qui arrête et emprisonne régulièrement des vapoteurs, et la Corée du Nord, dont on ne sait pas si les menaces de déportation des déviants qui vapoteraient sont ou non effectives. Deux pays où le tabagisme est roi et la respect des droits humains absent. L'Inde, autre grande nation du tabac avec le Brésil, vient de rejoindre le cercle des pays prohibitionnistes.

Porte-battante au secrétariat anti-tabac de l'OMS

Ce sabotage du droit des population d'accéder aux moyens de réduction des risques contre le tabagisme se fait grâce à l'argent britannique. En plus du financement de 164 millions $ annuel régulier à l'OMS, seconde contribution derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni a accordé un financement supplémentaire spécifique au secrétariat anti-tabac (FCTC) de 3,7 millions $ par an de 2016 à 2021. Andrew Black, le responsable qui a décidé de cette enveloppe, a depuis obtenu un poste de cadre à ce même secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Heureuse coïncidence de carrière bien rémunérée pour Andrew Black", ironise Christopher Snowdon dans un billet sur son blog.


Le budget du secrétariat anti-tabac (FCTC) approche 6 millions $ dans les années sans sommet. En 2016, celui tenu à New Delhi avait poussé les dépenses à près de 11 millions de $. Soit 5 millions $ de plus pour la semaine de réunion dans le palais des congrès de Noida et les frais des délégués. Le sommet genevois de la semaine prochaine devrait faire exploser la facture. 

Le risque de précipiter l'OMS dans les bras de Bloomberg

Faut-il couper les fonds à cette organisation en dérive autoritaire pour que la réduction des risques soit prise en considération? La proposition de Christopher Snowdon pourrait avoir un effet pervers. Celui d'augmenter encore plus la prise de contrôle de l'OMS par l'affairiste milliardaire Michael Bloomberg. Celui-ci a déjà largement annexé les activités de l'organisme à son profit sous couvert de "philanthropie". 


mercredi 26 septembre 2018

Consultation européenne: 89% estiment que la vape n'est pas un produit du tabac et ne doit pas être surtaxée comme tel

La Commission Européenne a reçu 11'410 réponses cet été à sa consultation publique sur les taxes tabac, où elle propose d'inclure les produits de vapotage. Selon son analyse statistique, la réponse est claire: 88,9% des répondants estiment que la vape n'est pas un produit de tabac et n'a donc pas à être soumise à une surtaxation comme tel. L'analyse qualitative des contributions reste à faire, alors que celles autorisées par leurs auteurs à être partagées en public sont publiées au fur et à mesure sur le site européen. La précédente consultation en 2016 sur l'idée de surtaxe contre la vape avait déjà indiqué que près de 90% des 7'686 répondants s'opposaient à une telle mesure. Malgré cela, la Commission des taxes avait estimé ne pas avoir assez de données pour se déterminer.

Pour 89% des répondants, la vape n'a rien à faire dans la catégorie des produits du tabac

Cette fois, 54,1% des participants contredisent cette opinion de la Commission et évaluent suffisantes les données sur le vapotage pour décider. Alors que la participation a sensiblement augmenté malgré l'été, la Commission suivra t-elle cet écrasant plébiscite en faveur d'une libération de la vape de la catégorie des produits du tabac et de toute surtaxe punitive en conséquence? Lors de la précédente consultation, la Commission avait mis dix mois pour rendre un avis repoussant une prise de décision à 2019. 

Depuis, le virus de la taxe s'est répandu sur le continent avec pas moins de 14 pays ayant introduit ou décidé d'introduire une surtaxe sur le vapotage. Cependant, l'Italie, pays pionnier en Europe en surtaxation du vapotage, subi depuis une hausse du tabagisme concomitante à la chute du nombre de vapoteurs. Le Gouvernement italien a promis son abolition. Une analyse de ce cas d'école laisse peu de doute à ce qui constituerait une décision rationnelle pour la santé publique et en phase avec la tendance massive exprimée dans cette consultation.

Près de 91% savent que la vape réduit les risques

La nouvelle consultation européenne confirme que 90,9% des répondants savent que le vapotage est un produit de réduction des risques par rapport aux cigarettes et 89,5% le considèrent comme une aide possible à l'arrêt tabagique. 81,5% rejettent l'idée d'égaliser les taxations entre cigarettes et vape, pour éviter une "concurrence déloyale" selon l'expression de la Commission. 

68,6% veulent limiter les taxes sur la vape à la TVA de chaque pays, tandis que 5% sont d'avis de la surtaxer à moins de 10%. Cette option de surtaxe a été étrangement défendue par des faiseurs d'opinion dans le milieu de la vape, notamment allemande, sur la base d'une argumentation un peu surréaliste, démontée par Guillaume Bailly sur le Vaping Post.

Quand est-ce que le tabac est chauffé ou fumé?

En contraste, la même question sur le tabac chauffé ne recueille que 22,1% en faveur de la seule TVA tandis que 15% se disent pour le surtaxer de 30% à 49% du prix de vente. Mais l'absence de définition claire dans la législation européenne pour distinguer entre cigarettes fumées et tabac chauffé rend absconses les questions sur cette catégorie de produit. Ce qui a pu amener près de 38% des participants à ne pas savoir ou vouloir se prononcer. Dans l'ensemble, le large consensus sur le vapotage ne se retrouve pas à propos des cigarettes "heat-not-burn".

Sur la plupart des questions spécifiques aux produits du tabac "classiques", environ un tiers des participants ont indiqué ne pas vouloir fournir de réponse. Cette part importante "d'abstention" peut s'expliquer par l'impossibilité de se déterminer sur ces questions et leurs conséquences hors d'une stratégie claire, notamment sur la place de la réduction des risques. Elle s'accompagne d'une part variable mais parfois assez importante de réponses déclarant "ne pas savoir".

Forte participation allemande

Près de 98% des répondants n'ont pas indiqué utiliser un produit de tabac ni de vapotage. Les 4'883 résidents en Allemagne représentent 42,8% des réponses, loin devant les 1'576 habitants en Espagne (13,8%) et les 1'107 de France (9,7%). Une pétition en ligne lancée par 16 associations européennes d'usagers a recueilli près de 50'000 signatures, dont 22'000 de France, contre les surtaxes sur la vape. 

Des problèmes pour atteindre la consultation européenne avaient été signalés à plusieurs reprises par des signataires. Ces blocages avaient fait craindre une nouvelle opération de spams du lobby anti-vape, telle que celle déclenchée en juin par des bots contre la consultation de la FDA américaine sur les arômes pour le vapotage. Les résultats statistiques de la consultation européenne écartent cette raison à l'inaccessibilité du serveur de la Commission par périodes cet été.

Copie du pdf de l'analyse statistique de la consultation 2018 par Commission Européenne (la plupart des questions ciblées sur le vapotage à partir de la p. 26):


mardi 25 septembre 2018

#VaperBeHeard Les associations de vapoteurs d'Asie demandent à être prises en compte par l'OMS avant la #COP8FCTC

La Thaïlande, la Corée du Nord, Singapour et désormais l'Inde, font la chasse à la vape sur le continent asiatique. Ceci avec le soutien actif du secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), notamment par les harangues à la criminalisation des vapoteurs de sa représentante Jagdish Kaur. Face à cette répression contre l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage, qui peut coûter l'emprisonnement en Thaïlande notamment, les associations des utilisateurs de vapotage en Asie lancent un appel à l'OMS, notamment par une pétition. Une semaine à peine avant que ne débute le Sommet anti-tabac COP8 de l'OMS le 1er octobre à Genève.

En arriver à devoir rappeler que les vapoteurs aussi sont des humains

L'association des vapoteurs des Philippines, l'Ends Cigarette Smoke de Thaïlande (ECST), l'Organisation des vapoteurs de Malaisie (MOVE) et celle d'Indonésie (AVI) notamment se sont regroupées pour lancer la campagne #VapersBeHeard. Leur pétition revendique le simple droit d'avoir accès aux produits de réduction des risques et à l'information sur ceux-ci plutôt que de devoir continuer de fumer des cigarettes. "Les vapoteurs sont aussi des êtres humains - des mères, des pères, des fils ou des filles - et nous avons le droit d'avoir une chance de mener une meilleure vie à l'aide de ces produits alternatifs", explique le texte en ligne. 

En conférence de presse à Manille le 14 septembre, pour lancer la campagne, Asa Saligupta, de l'Ends Cigarette Smoke Thaïland, regrette l'attitude dogmatique et conservatrice du secrétariat anti-tabac de l'OMS, qui appelle à "interdire ou réglementer strictement le vapotage, alors qu'il existe des preuves scientifiques de sa nette réduction des risques par rapport au tabagisme". A ses côtés, le Pr Satriya Suhardjo, de la faculté de sciences politiques de l'Université de Padjadjaran (UNPAD) à Bandung, estime que "les produits à risque réduit nécessitent un cadre politique approprié et complet".

Prendre en considération les usagers

Il y aurait près d'un million de vapoteurs en Indonésie, "ce nombre est encore très faible par rapport au nombre de fumeurs", précise le Pr Satriya. "Pour être en mesure de cesser de fumer, les fumeurs ont besoin de temps et de soutien, cela ne peut pas être instantané", explique Jeremia Dimasz de l'association des vapoteurs d'Indonésie à la presse locale dubitative sur l'efficacité du vapotage pour l'arrêt tabagique. "En tant qu’utilisateurs, nous avons directement ressenti les avantages de ce produit. Nous espérons que les autorités prendront en compte le point de vue des utilisateurs", insiste le vapoteur indonésien, espérant être entendu de son gouvernement et des lointains bureaux genevois de l'OMS. 


samedi 22 septembre 2018

#COP8FCTC Le Réseau des usagers INNCO demande à l'OMS de respecter les droits de l'homme et sa charte anti-tabac en incluant la réduction des risques

Le 8ème Sommet anti-tabac #COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se tiendra à huis-clos à Genève du 1er au 6 octobre. INNCO, le Réseau international regroupant plus de 30 organisations d'usagers de produits nicotinés à risque réduit, a vu sa demande d'accréditation comme observateur rejetée sans explication par le bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. A défaut d'être considérés partie prenante du sujet les concernant au premier chef du vapotage, qui sera au cœur de cette COP8, les usagers ont écrit une lettre ouverte avant son ouverture. "L'OMS devrait rejeter la prohibition et reconnaître l'approche de réduction des risques, par une réglementation proportionnée au risque des produits nicotinés sans combustion dans le cadre d'une stratégie efficace de réduction des risques, requise et définie par l'article 1.d de sa Convention-cadre de lutte antitabac", appelle la lettre d'INNCO, signée de sa présidente Nancy Sutthoff. 

Fin juin, le bureau anti-tabac de l'OMS a publié son rapport préliminaire sur le vapotage pour préparer ce sommet. Son soutien est clair aux pays prohibitionnistes qui ont criminalisé le vapotage, et parfois même les vapoteurs, tels que les nations du tabac de Thaïlande, du Brésil et les régimes totalitaires comme la Corée du Nord ou le Turkménistan. Depuis, l'Inde, autre grande nation productrice de tabac, s'est appuyée notamment sur ce rapport préliminaire pour justifier une interdiction de vente du vapotage, alors que plus de 125 millions d'indiens fument.

Une violation des droits humains préjudiciable à la santé publique

Pourtant, "c'est la fumée de la combustion qui cause le fardeau des maladies liées au tabagisme. Il ne fait aucun doute que les produits non combustibles sont beaucoup moins nocifs que les cigarettes", explique l'INNCO. "Nous considérons que l'interdiction de ces produits est contraire à l'éthique, non scientifique, préjudiciable à la santé publique et constitue une protection irrationnelle du commerce des cigarettes", poursuit l'organisation avant de préciser, "une réglementation excessive ou une taxation [des moyens de réduction des risques] est contre-productive et négligente, car la réduction des risques est un droit de l'homme"

INNCO considère que le vapotage n'étant pas un produit de tabac, il ne devrait pas être concerné par les restrictions sur ces produits prônées par l'OMS. Au contraire, l'INNCO pense qu'il devrait être intégré dans une approche de réduction des risques, telle que le prévoit la Convention-cadre élaborée en 2003 sous la direction de Derek Yach. Mais ce point n'a jamais été mis en oeuvre depuis. INNCO exhorte les participants au Sommet COP8FCTC de suivre cette exigence de la charte qu'ils ont signé. Et en conséquence de réviser l'appel à l'interdiction ou la restriction des droits de vente, fabrication ou d'usage du vapotage que propage le bureau anti-tabac de l'OMS. 

Sans témoin

Les délégués des 180 pays membres et de la Commission Européenne entendront-ils cet appel à respecter les droits humains et prendre en considération l'approche de réduction des risques de la part des usagers? On peut en douter. L'exclusion par le bureau anti-tabac de l'OMS de la participation du réseau INNCO à son Sommet foule aux pieds les principes de la charte d'Ottawa de 1986 de l'OMS sur la participation du public aux questions de santé le concernant. La COP8FCTC se déroulera à huis-clos avec près de 2'000 lobbyistes choisis par le bureau anti-tabac de l'OMS. Pour une grande part, des organisations liées à l'industrie pharmaceutique ou au milliardaire affairiste Michael Bloomberg. 

Le public et les journalistes aussi seront interdits de suivre les séances et les débats, à l'exception du traditionnel et ligneux speech d'inauguration. Une stratégie d'opacité propice au noyautage comme l'a montré la dernière édition du Sommet de 2016 dans le smog de New Delhi. Mais une opacité qui confère surtout une extension sans contrôle du pouvoir du bureau anti-tabac de l'OMS, qui dépasse désormais largement les prérogatives prévues initialement de son rôle de secrétariat. 

Il n'y aura donc aucun témoin dans le Centre international de conférences de Genève (CICG) de la manière dont les délégués des pays membres prennent leurs décisions sous la pression des lobbyistes. La sélection des délégués des pays membres est elle-même assez obscure. En l'absence d'information transparente, la rumeur qui circule sur le nom de la déléguée française a d'ailleurs de quoi interloquer...


vendredi 21 septembre 2018

L'Angleterre entrevoit la disparition du tabagisme d'ici 2030

Toutes les 80 secondes, un anglais arrête la cigarette. Près de 400'000 anglais sont ainsi sortis du tabagisme en un an. Parmi eux, Jeremy Kyle. Après 35 ans de tabagisme, le présentateur vedette de Good Morning Britain a troqué son paquet journalier pour une vaporette depuis plus de quatre mois. "Ce qui m'aide vraiment à ne pas fumer, c'est le vapotage. Je suis actuellement au plus faible taux de nicotine, je quitterai la vape quand le moment sera venu pour moi", explique le présentateur de l'émission médicale Emergency Room. "Avec mon arrêt, j'ai compris à quel point il est important d'utiliser le soutien plutôt que de vouloir y aller seul à la volonté", conseille Jeremy Kyle sur le site de la BBC

63% d'arrêt avec la vape et du soutien

Les statistiques semblent lui donner raison. Plus de 63% des fumeurs ayant combiné le vapotage et le soutien des centres Stop-tabac anglais ont réussi leur arrêt de 2017 à 2018. Un chiffre supérieur à la moyenne générale tous moyens confondus déjà élevée de 51% des Stop Smoking Services. En comparaison, tenter d'arrêter de fumer sans aide ni soutien ne réussit que dans 4% des cas. Reste que la bonne manière d'arrêter est celle qui marche pour soi. "Cette année, Stoptober peut vous aider à trouver une combinaison qui pourrait vous convenir", explique la Dr Jenny Harries, directrice médicale de Public Health England. Pour cela, la campagne annuelle pour encourager les fumeurs à arrêter en octobre propose un nouvel outil en ligne personnalisé. [lien ajouté à 15h]

Un répertoire de vapeshops recommandés par le Public Health England

Autre nouveauté du Stoptober 2018, un répertoire en ligne des boutiques de vape indépendantes recommandées par le Public Health England en partenariat avec l'Independant British Vaping Trade Association (IBVTA). "Les magasins de vape spécialisés sont idéalement placés pour conseiller les personnes cherchant à utiliser le vapotage pour les aider à cesser de fumer. Les services spécialisés d'arrêt du tabac peuvent également fournir un soutien supplémentaire aux personnes qui cherchent à utiliser le vapotage, ce qui leur donnera les meilleures chances de cesser de fumer", précise la Dr Jenny Harries.

La fin du tabagisme d'ici 2030 ?

Une stratégie de réduction des risques payante, puisque en deux années l'Angleterre a vu plus d'un million de fumeurs arrêter. Le taux de tabagisme est passé sous la barre des 15% en 2017, alors qu'il était de près de 20% en 2010. "Des millions de personnes vivent mieux grâce à nos efforts pour réduire le tabagisme. La Grande-Bretagne est un chef de file mondial en matière de lutte antitabac et nos politiques robustes ont fait tomber le taux de tabagisme à un niveau record", explique Steve Brine, Ministre de la santé britannique. 

La plus forte baisse de tabagisme se situe chez les 18 à 24 ans, un groupe d'âge optant plus facilement pour le vapotage. En se basant sur ces tendances, les autorités de santé publique anglaises prévoient que le tabagisme se réduise entre 8,5% et 11,7% d'ici cinq ans, et sa chute en dessous de 5% d'ici 2030. Un optimisme que l'on peut cependant modérer devant le ralentissement de la sortie du tabagisme depuis l'entrée en vigueur des restrictions européennes (TPD) contre le vapotage. Des freins que le rapport publié mi-août par la Commission parlementaire des sciences propose de réviser pour favoriser la santé publique à l'occasion du Brexit.

[graphique ajouté à 16h]

jeudi 20 septembre 2018

Le THR Summit de Barcelone offre une tribune aux scientifiques sur la réduction des risques avec le vapotage

Hier, le premier Sommet espagnol sur la réduction des risques liés au tabac se tenait à Barcelone. Le Tobacco Harm Reduction Summit (THR) organisé par Anesvap, association des usagers de vape en Espagne, accueillait treize chercheurs de pointe internationaux, dont la Pr Linda Bauld, le Pr Riccardo Polosa, le Dr Konstantinos Farsalinos et le scientifique Jacques le Houezec. Le temps d'être traitées, les vidéos des présentations en bonne qualité devraient être prochainement mises en ligne.

Du côté des intervenants espagnols, Ángel González Ureña, directeur du département de recherche moléculaire de l’Université de Madrid, a créé la sensation en présentant les résultats de ses recherches sur les effets du vapotage pour l'entourage. Selon les mesures du chercheur, les personnes situées à proximité d'un vapoteur inhalent une dose de nicotine plus de cent fois moindre que celles à proximité d'un fumeur. "Ces taux sont insignifiants et écartent la thèse de l'existence d'un vapotage passif", explique Ángel González Ureña à la revue médicale Gaceta Médica.

La vape pour les fumeurs atteints de BPCO

Autre étude originale récente présentée à ce Sommet, celle du Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania. Il suit des fumeurs atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). On estime que 9 malades de BPCO sur dix en sont atteints à cause de leur tabagisme. Et, phénomène qui peut sembler paradoxal, ils ont encore plus de difficultés à arrêter la cigarette que les autres fumeurs. Explorer une voie de réduction des risques, comme celle du vapotage, apparaît donc potentiellement des plus intéressants. Et les résultats du suivi de 44 malades sur trois ans, publié fin août dans l'International Journal of Chronic Obstructive Pulmonary Disease, sont prometteurs. 

Après trois ans, les 22 patients atteints de BPCO ayant tenté d'utiliser le vapotage avaient réduit en moyenne par dix leur consommation de cigarettes, passant de 22 cigarettes à 2 par jour. Parmi les treize ayant cessé de fumer, un participant a rechuté momentanément durant les trois ans du suivi. Plus significatif encore, les tests d'évaluations de leur santé respiratoire montrent une amélioration des symptômes de la BPCO. En moyenne, les patients utilisant le vapotage avaient moins d'infections et moins de crises au niveau respiratoire. Ils relatent aussi une sensation d'amélioration de leur état, grâce à l'arrêt ou la très forte réduction de leur tabagisme à l'aide du vapotage.

L'exemple anglais de santé publique

Le Sommet a également été l'occasion de discuter de l'apport de l'approche de réduction des risques en terme de politique de santé publique. "Le vapotage réduit les taux de tabagisme dans de nombreux pays, en particulier ceux qui l’incluent dans leurs stratégies antitabac comme le Royaume-Uni", souligne la Dr Carmen Escrig, spécialiste de biologie moléculaire à l’Université Autonome de Madrid. Pourtant, aucune organisation traditionnelle locale de lutte contre le tabagisme n'a assisté aux conférences. "Nous avons une méthode qui fonctionne contre le tabagisme et l'Espagne regarde de l'autre côté", déplore la Dr Carmen Escrig, aussi coordinatrice de l'association médicale MOVE.

Louise Ross, ex-directrice du Stop Smoking Service de Leicester, témoigne de l'intérêt et de l'efficacité du vapotage intégré à l'aide à l'arrêt tabagique. Avec une moyenne de plus de 60% de réussites, le nombre de tentatives avec le vapotage n'a cessé d'augmenter en quatre ans au centre stop-tabac. La sortie massive du tabagisme de plus de 2,3 millions de fumeurs adultes britanniques à l'aide du vapotage n’entraîne pas d'effet pervers sur la jeunesse. La grande peur entretenue dans les médias n'a pas de réalité. L'exposé de la Pr Linda Bauld, de l'Université de Stirling, confirme l'absence "d'effet passerelle" du vapotage vers le tabagisme chez les jeunes britanniques.


Travail de terrain en climat hostile

Mais hors du Royaume-Uni, les autorités de santé restent rétives, si ce n'est hostiles au vapotage. En France, Jacques le Houezec a opté pour former les magasins de vape, devenus la première ligne de lutte anti-tabac. Plus d'un tiers des participants au Mois Sans Tabac recourt au vapotage pour tenter l'arrêt tabagique, expliquait François Bourdillon, directeur de Santé Publique France, devant la caméra de France 5 en mai dernier. Pour autant, aucune aide significative n'a été déployée par les services publiques pour les soutenir. Tentant de compenser les lacunes des services de santé, Jacques le Houezec parcourt le pays pour dispenser une formation aux vendeurs de vape visant spécifiquement l'aide à l'arrêt tabagique. 

En Espagne, le vapotage avait été foudroyé en 2014 en plein envol par une fake news alarmiste sur un cas de pneumonie lipidique qui lui a été attribué sans raison. Une information sans plausibilité médicale alors que les composants des liquides de vapotage ne sont pas des lipides mais des di-alcools, rappelle le Dr Konstantinos Farsalinos. Au-delà de cet exemple local, la désinformation est devenue un peu partout l'arme massivement utilisée pour créer le doute et maintenir les fumeurs dans le tabagisme face à l'apparition du vapotage. Au moment même où les opioïdes synthétiques ravagent les Etats-Unis, la responsabilité de la communauté scientifique est ici aussi flagrante dans cette nuisance de santé publique. 

Défendre des vies humaines 

A défaut du soutien des organisations anti-tabac en Espagne, les vapoteurs y ont cultivé une solide faculté de résilience. Près de 70% des vapoteurs espagnols ont arrêté de fumer. Rompu à un climat encore plus adverse dans la prohibitionniste Australie, le Dr Attila Danko, de l'association New Nicotine Alliance, reste résolument optimiste pour les défenseurs du droit à la réduction des risques, rapporte le site italien Sig Magazine. "Nous allons gagné parce que nous nous battons pour des vies humaines, et non pas pour protéger nos croyances idéologiques".

Plus sobre dans la forme, la Dr Carmen Escrig exprime aussi cet espoir malgré l'absence de curiosité des organisations anti-tabac locales. "Il est dommage que certaines des principales sociétés scientifiques soient aspirées par l'alarmisme au lieu de participer à un congrès qui a eu la volonté de débattre sous un angle éminemment scientifique et indépendant. Le vapotage est un phénomène qui peut sauver la vie de millions de fumeurs. La communauté médicale et scientifique ne peut plus leur tourner le dos".


mercredi 19 septembre 2018

Soutenu par l'administration et les anti-tabac, Big Tobacco s'engage officiellement à vendre des cigarettes mais pas de vape aux mineurs en Suisse

Les cigarettiers ne se sont jamais engagés à ne pas vendre de cigarettes aux mineurs et les autorités fédérales n'ont jamais fixé d'âge limite aux vente de tabac en Suisse. Par contre, les trois principaux cigarettiers et quatre chaînes de distribution (kiosques et supermarchés) viennent de signer, sous le patronage de l'administration fédérale, un code de conduite où ils assurent qu'ils ne vendront aucun produit de vapotage à des mineurs, ni ne leur en feront la promotion, dés ce 1er octobre.  On peut les croire. En cumulés, les Big Tobacco culminent à moins de 5% du marché de la vape dans les pays occidentaux. Alors que près de 18% des jeunes américains entre 18 et 24 ans ont évité le tabagisme en utilisant temporairement le vapotage, le tabagisme a chuté à 10% chez ces jeunes Une sacré perte pour le tabac. En Suisse, ils sont 37% à fumer au même âge. 

Des cigarettes, mais pas de vape

A 16 ans, ils sont déjà plus de 14% à être fumeurs. Une majorité des cantons suisses n'interdisent pas la vente aux mineurs. Douze en limitent l'accès légal à 16 ans, tandis que trois suivent la loi fédérale, c'est-à-dire aucune limite d'âge. Jusque-là, un enfant peut acheter des cigarettes à Genève tandis qu'un zurichois doit avoir au moins 16 ans. Dans les supermarchés et chaînes de kiosques distribuant les produits des grands cigarettiers, les jeunes fumeurs de quinze cantons auront donc accès aux cigarettes mais à aucun produit de vapotage y compris sans nicotine à partir du 1er octobre. Les cigarettiers s'engagent aussi s’abstenir "de faire de la publicité pour les appareils de vapotage et les liquides aux mineurs", selon leur codex
liste officielle des limites d'âge pour la vente de tabac selon les cantons

Une mince voie de réduction des risques

Une politique de protection du tabagisme adolescent dont s'est distanciée la filière indépendante de la vape Suisse. L'association professionnelle de la vape (SVTA) a réuni 38 entreprises de vape sur son propre code de conduite en faveur de la réduction des risques. Après que le bloc pro-tabagisme ait refusé de s'engager à ne plus vendre de cigarettes aux mineurs, la SVTA a signifié qu'elle viendrait en aide aux jeunes fumeurs dés 16 ans en s'autorisant à leur vendre des vaporettes sans nicotine dans une logique de réduction des risques. Les ados, livrés de facto aux cigarettiers par les autorités, auront ce mince recours pour essayer de s'en sortir.

Les anti-tabac soutiennent Big Tobacco

L'administration fédérale s'est félicité de cet accord tabac anti-vape, en attendant la loi LPTab où elle espère assimiler le vapotage au domaine des cigarettiers. De son côté, le milieu anti-tabac soutient ouvertement l'initiative des Big Tobacco. Le Conseiller aux Etats Joachim Eder a qualifié "d'attitude responsable" la volonté des cigarettiers de continuer de vendre des cigarettes et d'interdire le vapotage aux mineurs, dans le 20 Minuten du 7 juin dernier. L'ex-Ministre de la santé du gouvernement cantonal de Zoug confirme ses propos cette semaine dans les colonnes de la NZZ. Joachim Eder y accuse l'industrie indépendante du vapotage d'être "inconsciente". Le journal zurichois n'a pas donné la parole à quiconque de la filière pour répondre à cette accusation. 

Les banques aussi

Par contre le surnommé "journal des banques"  s'inquiète fortement de la menace du vapotage, et en particulier de la possible arrivée en Suisse de la Juul, dans sa version européenne ultra-light. Ceci alors que l'action de Philip Morris a dégringolé de plus de 30% en un an. Une valeur boursière sur laquelle le Crédit Suisse conseillait à ses clients de prendre position il y encore quelques mois.

Les cours boursiers depuis un an des trois Big Tobacco

mardi 11 septembre 2018

Suisse: les autorités et les cigarettiers veulent interdire la vape aux fumeurs mineurs pour continuer de leur vendre des cigarettes

Interdire la vape aux mineurs pour mieux continuer de leur vendre des cigarettes. L'accord de dupes de la table-ronde des autorités et des cigarettiers a été rejeté par l'Association Suisse des professionnels indépendants de la vape (SVTA). Elle annonce réviser son code de conduite pour autoriser la vente aux fumeurs de plus de 16 ans de produits de vapotage sans nicotine afin de leur donner une chance de quitter les cigarettes.

Edit 14H pour préciser: Visiblement beaucoup de lecteurs suisses ne savent pas qu'aucune législation fédérale n'interdit la vente de cigarettes aux mineurs. Certains cantons fixé un âge limite de vente à 16 ans, d'autres à 18 ans et certains aucune. Genève est dans ce dernier cas, le Conseiller d'Etat Mauro Poggia a annoncé préparer une loi cantonale pour cela, non pas contre le tabagisme adolescent galopant, mais en raison de l'arrivée du vapotage et de la vente légale de cdb. Sic ! 

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a pris grand soin d'exclure les usagers de sa table-ronde sur le vapotage en juin. Organisée sous la pression conjointe du lobby cigarettier et de l'anti-tabac Joachim Eder,  l'administration avait convié cigarettiers, grande distribution et aussi des professionnels de la vape indépendants. Rien n'avait filtré jusque-là de cette rencontre dont le but avoué était d'imposer un âge limite de vente des produits de vapotage.

La table-ronde est un échec

Suite à l'abrogation de sa prohibition illégale par le Tribunal administratif fédéral (TAF) fin avril, l'administration est dépassée par une situation qu'elle a pourtant provoqué par dix ans d'incompétence sur le sujet. Son unique obsession est d'assimiler le vapotage au tabac dans sa future loi LPTab. Mais trois mois après la table-ronde, son échec est consumé. "Aucun accord n'a pu être trouvé avec l’industrie du tabac", révèle le communiqué de la Swiss Vape Trade Association (SVTA).

Interdire la vape pour mieux vendre des cigarettes

"Afin de renforcer et d’étendre la protection des mineurs, la SVTA a demandé à la table ronde de l’OSAV qu’une limite d’âge de 18 ans soit également introduite pour les produits du tabac (cigarettes, cigares, etc …). Malheureusement, nous nous sommes trouvés en opposition avec l’industrie du tabac sur le sujet", explique l’association des professionnels de la vape. En dehors de la vape indépendante, seule la chaîne de détaillants Coop a appuyé la proposition. En version décryptée: les cigarettiers et leurs alliés veulent interdire la vente des produits de vapotage pour mieux continuer de vendre des cigarettes aux ados.

Ou donner une chance aux fumeurs

"Par conséquent, un consensus à la table ronde n’est pas possible", déclare Rachel Jossen, membre du comité de la SVTA. L'association annonce donc réviser son code de conduite de manière unilatérale. Elle engage ses membres à ne pas vendre de produits de vapotage nicotinés aux moins de 18 ans, mais autorise la remise "de liquides exempts de nicotine aux fumeurs de plus de 16 ans dans un but de réduction des risques", explique Rachel Jossen. 

Objectif clair de la filière du vapotage, donner une chance aux mineurs, à qui les cigarettiers vendent des cigarettes, de pouvoir sortir du tabagisme"L’objectif est de donner aux adolescents le choix entre consommer des cigarettes mortelles et le vapotage au moins 95% moins nocif".

Génération sacrifiée

En Suisse, 14,3% des adolescents de 16 ans sont déjà fumeurs, dont la moitié au quotidien, selon le monitorage officiel de 2016. Un taux qui explose à près de 40% pour la génération des jeunes adultes de 18-25 ans actuels ayant grandi dans les années de prohibition du vapotage nicotiné. Tandis que le tabagisme des jeunes adultes a chuté à 10% aux Etats-Unis, invalidant sans discussion possible la réalité de la théorie de la passerelle. Les exemples britannique et parisien confirment que le vapotage provoque plutôt une chute accélérée du tabagisme des jeunes. Ce qui n'empêche pas les médias de vendre du sensationnalisme bidonné sur la question.


dimanche 9 septembre 2018

[bref] Effet vape ? Le tabagisme des 18-24 ans américains chute à 10%

Ils avaient entre 12 et 18 ans en 2011 au moment de l'apparition massive du vapotage. Six ans plus tard, les jeunes adultes, issus de la première génération d'adolescents de l'ère de la vape, sont à 90% non-fumeurs. Selon les derniers chiffres de l'enquête nationale de santé (NHIS), le tabagisme des 18 à 24 ans américains a chuté à 10,4% en 2017. Presque moitié moins qu'en 2011. Spécialiste attentif à la question, le Pr Brad Rodu, de l'Université de Louisville (USA), met en lumière que 85,7% des jeunes adultes n'ont jamais fumé. Y a t-il un effet préventif  de la vape? En tout cas, 13% des jeunes ont essayé ou utilisé un moment le vapotage, sans devenir vapoteur au long cours et encore moins fumeur. Tandis que 2,7% sont actuellement vapoteurs exclusifs. 5,1% des jeunes adultes sont déjà ex-fumeurs : 0,8% vapotent et 2,1% ont vapoté. 
Les données de l'enquête NHIS sur les 18-24 ans américains analysées par le Pr Brad Rodu

Quatre fois moins de jeunes fumeurs aux US qu'en Suisse

Pour le Pr Brad Rodu, le vapotage joue un rôle indéniable dans la chute du tabagisme des jeunes américains. Ces données contredisent une nouvelle fois l'hystérie médiatique affirmant sans fondement que le vapotage encourage le tabagisme chez les jeunes. La chute du tabagisme des adolescents et des jeunes adultes américains est incompatible avec un hypothétique soi-disant effet passerelle du vapotage vers le tabagisme. Au contraire, cette dégringolade semble plutôt indiquer un effet préventif de l'expérimentation du vapotage qui évite à des jeunes d'expérimenter les cigarettes. En contraste, chez les jeunes Suisses de 18-25 ans, ayant grandi dans le contexte de prohibition et de dénigrement du vapotage (2009-2018), le tabagisme s'est maintenu à plus de 36,5%, selon les données officielles de 2016


vendredi 7 septembre 2018

[bref] La nicotine en patch semble améliorer la dépression des personnes âgées selon une étude pilote

Une étude pilote a suivi 15 personnes, âgées de plus de 60 ans souffrant d'un trouble dépressif majeur, qui ont utilisé des patchs de nicotine dosés jusqu'à 21 mg chaque jour pendant 12 semaines. Publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry la semaine dernière, la recherche du Vanderbilt University Medical Center se montre encourageante. 13 des 15 participants ont eu une bonne réponse clinique avec une amélioration de leur état, dont 8 ont complètement guéri de leur dépression. "Dans l’ensemble, presque tout le monde a montré une amélioration de son humeur. Nous avons observé une amélioration, que le patch ait été ajouté à un antidépresseur ou utilisé seul", explique le Pr Warren Taylor, professeur de psychiatrie à l'Université située à Nashville (USA). 

Des amélioration constatées après 3 semaines

Des améliorations ont été constatées dés la troisième semaine, et les épisodes d'apathie et de ruminations se sont réduits chez les patients. "Cependant, les améliorations de la mémoire sont moins claires. Nous avons vu des changements dans les mesures de test isolées, mais pas un changement aussi net que pour l'humeur", poursuit le chercheur. 

La dépression "tardive" chez les personnes âgées se caractérise par une faible réponse aux médicaments antidépresseurs et souvent par des problèmes de mémoire. "Environ la moitié des personnes traitées pour une dépression tardive ne répondent pas aux traitements initiaux", précise l'article de la Vanderbilt University sur l'étude. Jusqu'ici des petits essais ont montré des effets positifs des patchs de nicotine chez des adultes non-fumeurs en dépression, précise le site universitaire. 

Il reste beaucoup d'inconnus sur le sujet

"Dans certains cas de personnes âgées en dépression, même avec un traitement antidépresseur efficace, la mémoire peut continuer à s'aggraver et à évoluer vers la maladie d'Alzheimer ou un autre type de démence. Nous cherchons un traitement qui pourrait aider à la fois la dépression et la mémoire", explique le Pr Warren Taylor. 

Cependant, il avertit que les personnes souffrant de dépression ne devraient pas commencer à s'auto-médicamenter avec des patchs à la nicotine et encore moins des cigarettes. "Les patchs se trouvent dans le commerce, mais il reste beaucoup de questions. Nous devons voir s'ils sont vraiment bons, s'ils aident les gens sur le long terme et quels sont les risques que nous ne connaissons pas. Nous pensons que les patchs peuvent être plus sûrs que les cigarettes, mais nous ne savons pas ce qui se passe lorsque les non-fumeurs les utilisent à long terme. Et ça va prendre du temps".

Le Dr Paul Newhouse, co-auteur de l'étude en question, avait présenté ses recherches cet été au Global Forum on Nicotine de Varsovie:


jeudi 6 septembre 2018

[bref] En Australie, les autorités interdisent même une tombola de soutien pour l'Association de réduction des risques ATHRA

La loterie mettait en jeu 160 prix à gagner, mais elle a été interdite par les autorités australiennes du New South Wales. Pour soutenir l'Association de réduction des risques liés au tabac Australienne (ATHRA), 66 magasins de vape ont organisé une tombola dont la vente de billets devait être intégralement reversée à l'ATHRA. Les autorités du New South Wales n'ont pas apprécié cette manière de dénicher des fonds en soutien à l'association de charité sans financement de lobbys cigarettiers, pharmaceutiques ou d'affairistes milliardaires spéculant sur l'avenir du marché du cancer. 

L'ATHRA conteste notamment la politique de prohibition du vapotage nicotiné en Australie. "Le service Fair Trading du New South Wales déclare que les organisateurs - qui avaient ouvert le tirage au sort à tous les Australiens - ont enfreint la loi sur les loteries de l’Etat parce qu’ils n’avaient pas obtenu de permis, dépassé la limite de prix et offert des prix prohibés", rapporte le Sydney Morning Herald ce matin. Les "prix prohibés" concernent quelques lots à gagner de liquides avec nicotine, illégaux en Australie tandis que les cigarettes sont en vente libre bien qu'aux prix les plus élevés au monde.

Pas de tombola de soutien, mais des taxes sur les cigarettes

Craigh Jackman, du magasin Vape4Life, à l'origine de l'initiative de la tombola de soutien s'excuse auprès des participants qu'il est en train de contacter et de rembourser. "Les gens qui ont acheté des billets sont déçus de l'annulation de la tombola, mais beaucoup d’entre eux ont décidé de faire don de leurs billets à l’association, ce qui est formidable", précise t-il au quotidien de Sydney. 

L'association ATHRA, qui compte notamment le Pr Colin Mendelsohn, le Dr Joe Kostedrich ou le Dr Alex Wodak dans ses rangs, milite pour le droit à l'accès aux outils nicotinés de réduction des risques en Australie. La légalisation du vapotage nicotiné est une des principales revendications dans un contexte où le tabagisme stagne depuis 2013, malgré les hausses répétées du prix des cigarettes. Le 1er septembre, une nouvelle hausse de 12,5% a porté le prix du paquet de la marque la plus vendue autour de 27 $aus, soit environ 16,70 € ou 19 Fs. 

Depuis 2013, le tabagisme stagne autour de 15% en Australie

"L'augmentation des taxes sur le tabac est une stratégie éprouvée pour réduire les taux de tabagisme mais elle semble subir un effet décroissant à ces niveaux stratosphériques. Une population de fumeurs très dépendants continuent de fumer quel que soit le prix", explique le Pr Colin Mendelsohn, de l'ATHRA, dans un article pour News Australia

"En dépit des augmentations de prix annuelles, le tabagisme en Australie n’a pas baissé de manière significative de 2013 à 2016, selon les statistiques officielles. Le tabagisme adulte a même augmenté de 13,5% à 15,1% entre 2015 et 2016 en Nouvelle-Galles du Sud, et la consommation nationale de cigarettes a augmenté en 2017 pour la première fois en dix ans, selon les comptes nationaux", constate le professeur de santé publique favorable à intégrer une approche de réduction des risques dans le domaine pour sortir de cette politique de l'échec.

Violent accroissement des inégalités sociales de santé

Le tabagisme frappe particulièrement les groupes sociaux les plus démunis, qui sont en proportion plus du double à fumer et ont beaucoup plus de difficultés à arrêter bien qu'ils tentent tout autant que les fumeurs aisés. "Pour ceux qui ne peuvent pas arrêter, les impôts élevés sont régressifs, punitifs et augmentent les difficultés financières et les inégalités en matière de santé. Un fumeur quotidien à Newstart dépense 68% de son revenu annuel pour fumer, ce qui lui laisse très peu pour la nourriture, le logement et d’autres produits de première nécessité", souligne Colin Mendelsohn. Alors que 70% de ces fumeurs tentent d'arrêter mais échouent pour la plupart faute d'aides, l'ATHRA soutient de leur laisser l'opportunité de passer au vapotage, qui réduit d'au moins 95% les méfaits par rapport aux cigarettes.

"La hausse des prix des cigarettes d'aujourd'hui pourrait être bénéfique si elle déclenche un passage au vapotage. Outre les avantages pour la santé, les dispositifs de vapotage sont beaucoup moins chers que les produits du tabac et soulageront le stress financier et les privations engendrés par les prix exorbitants du tabac pour les fumeurs dépendants et à faible revenu", conclue le Dr Colin Mendelsohn. A défaut de pouvoir opter pour le vapotage nicotiné, la hausse de prix condamne les fumeurs pauvres ne réussissant pas à arrêter de fumer à la paupérisation et à se priver, y compris sur la qualité de son alimentation, et augmente ainsi les dommages pour la santé.


lundi 3 septembre 2018

[bref] Arrêter de fumer à l'aide de la vape: la plus grande étude clinique au monde a démarré en Suisse

L'émission d'actualité 10 vor 10 de la télévision suisse-alémanique (SRF) l'a annoncé ce 31 août. La plus vaste étude sur l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage à ce jour est lancée en Suisse. Depuis juillet, les premiers volontaires sont reçus à l'Institut de médecine de premiers recours de Berne. A l'automne, des romands commenceront. En tout, plus de 1'200 fumeurs volontaires tentant d'arrêter de fumer seront suivis durant six mois. L'étude ESTxENDS - pour Efficacy, Safety and Toxicology of Electronic Nicotine Delivery Systems -  va comparer un groupe "témoin", recevant des conseils de professionnels de santé, aux participants munis d'une vapoteuse rechargeable, de liquides nicotinés et également conseillés. Des check-up et des analyses de sang et d'urines traceront l'évolution des niveaux toxicologiques des différents participants sur la durée. "De plus en plus de patients passent de la cigarette au vapotage", déclare le Dr Reto Auer, qui avait présenté le projet d'étude à la dernière VapeCon de Bienne en mai dernier.

Etude indépendante

Le professeur de médecine familiale a lancé l'étude pour lever les doutes sur deux aspects. "Actuellement, comme médecins généralistes, nous pouvons difficilement donner des réponses précises à nos patients sur la dangerosité du vapotage et sa capacité pour aider à arrêter de fumer. Nous voulons examiner cela attentivement", explique le Dr Reto Auer au micro de la SRF. Les résultats de l'étude, financée par le Fonds national Suisse de la recherche scientifique (FNS) en toute indépendance des industries du tabac et de la pharmaceutique, devraient être publiés d'ici deux ans. De son côté, le Dr Karl Klinger semble vouloir nier le principe même de la réduction des risques qui pourrait être mesurée sur les vapoteurs ayant arrêté de fumer dans l'étude.

La fin de la prohibition amène des fumeurs au vapotage

En parallèle à cette recherche scientifique, 10 vor 10 fait état de l'essor rapide du vapotage en Suisse depuis la fin de la prohibition de vente des liquides nicotinés. Au printemps, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a invalidé cette mesure arbitraire et infondée de l'administration. "Comme les liquides contenant de la nicotine sont désormais légaux, de nouveaux clients osent venir. La stigmatisation de la clandestinité s'est envolée", explique Tiziana Puppo, du magasin Vape-Heaven d'Uster dans le canton de Zurich. 

Le Dr Reto Auer le 19 mai 2018 à Bienne sur l'étude ESTxENDS:


dimanche 2 septembre 2018

Fin de la consultation européenne le 3 septembre: ma contribution pour l'abolition des taxes anti-vape


La consultation publique ouverte par la Commission Européenne sur le projet de surtaxe des produits de vapotage, ainsi que des taxes d'accise sur le tabac, se clôt demain le 3 septembre. Leur questionnaire prend quelques minutes à répondre. Il m'a semblé nécessaire de préciser certaines choses impossible à exprimer dans le cadre des questions de la Commission Européenne. Voici le texte que j'ai joint en complément à titre personnel.


Les taxes anti-vape sont sanitairement, socialement et économiquement des monstres : il est urgent d’y mettre fin dans l’Union Européenne.

Depuis l’introduction de la taxe anti-vape en Italie, le nombre de fumeurs a augmenté de plus d’un million, passant au dessus des 12 millions, tandis que le nombre de vapoteurs s’est écroulé à peu près d’autant, selon les données de l’Istituto Superiore de la Sanità. Cette catastrophe de santé publique s’accompagne d’un écroulement d’un secteur qui employait des dizaines de milliers d’employés, la perte de revenu de la TVA sur les produits de vapotage pour l’Etat et à terme une augmentation des coûts sociaux liés aux maladies du tabagisme est inéluctable. Le bilan de cette taxe est indubitablement une catastrophe pour la population et pour le tissus économique local. Le principal bénéficiaire en est le lobby pharmaceutique qui pérennise son marché des maladies liées au tabagisme.

Les autres pays de l’Union Européenne ayant introduit une taxe anti-vape depuis suffisamment de temps pour avoir du recul, illustrent les mêmes tendances. Au Portugal, la taxe anti-vape a tué dans l’œuf le développement du vapotage tandis que la prévalence tabagique n’a pas évolué depuis près de dix ans. En Grèce, la taxe anti-vape a soutenu un taux de tabagisme record et impulsé un vaste marché noir des produits de vapotage

Le vapotage est une solution de sortie du tabagisme

Le marché noir n’est pas une solution optimale pour les consommateurs en faisant perdre du contrôle sur la qualité des produits. Mais face à des mesures prohibitives, il reste une solution de sauvegarde d’un moyen de réduction des risques face aux cigarettes. Cependant, il augmente les risques de ventes sans contrôle d’âge. En l’état actuel au niveau européen les études britanniques, ainsi qu’à plus petite échelle celle menée par le Pr Bertrand Dautzenberg dans la population parisienne, montre que le vapotage accélère la chute du tabagisme des adolescents et ne constitue aucunement une passerelle vers celui-ci. Le discours du lobbyiste anonyme M. McK., lié au conglomérat de l’affairiste Michael Bloomberg, utilise des données du contexte américain, traitées de manière douteuse, qui ne sont ni pertinentes ni fiables pour la situation européenne.

Bien que le lobby de la maladie inonde les médias de fake news et de junk science afin de produire le doute dans la population, la réduction des risques du vapotage par rapport aux cigarettes est claire. Sans monoxyde de carbone ni goudrons générés, la consommation de vapotage induit pour ses usagers des niveaux de toxiques équivalents à ceux des substituts nicotiniques sur lesquels nous avons 40 ans de recul. Plus de 7,5 millions d’européens ont déjà choisi d’arrêter de fumer et 9 millions ont réduit leur consommation de cigarettes à l’aide du vapotage, selon les données de l’Eurobaromètre 2017


Le vapotage n’est pas un produit du tabac, il est un mode de consommation sans combustion. Il pourrait s’appliquer à de multiples substances à l’avenir. Le pousser de force dans la case des produits tabagiques est une manière de livrer le produit et ses consommateurs aux lobbys en place. Ce conservatisme d’économie-politique est voué à passer aux poubelles de l’histoire par l’évolution sociale initiée par ce mode de consommation et ses usagers. Il est inquiétant que la consultation conçue par la Commission Européenne soit incapable d’anticiper ce mouvement et apparaisse comme un questionnaire conçu au siècle passé par rapport aux réalités des pratiques de la population.

S’attaquer au vapotage est une mesure anti-sociale

Outre la réduction des risques sanitaires, le vapotage permet aux fumeurs s’y convertissant d’alléger la part de leur budget consacrée aux taxations régressives socialement des produits du tabac. L’augmentation de ces taxes a accru les inégalités sociales de santé alors que les classes défavorisées et vulnérables ont une prévalence tabagique nettement supérieure à la moyenne, tout en étant aussi nombreux à essayer de s’en sortir mais avec un taux d’échec beaucoup plus important. Les mesures de réduction des risques apparaissent comme des solutions alternatives bien plus bénéfiques que les politiques de stigmatisation contre-productives sur ces groupes sociaux. 

Le vapotage se présente comme un des moyens privilégiés pour soutenir une politique de santé publique responsable à l’opposé de l’orientation autoritaire et anti-sociale promue par les groupes néo-puritains, les lobbys pharmaceutiques et cigarettiers (Arte, Vox Pop, 14 mars 2016). Cette question de vie quotidienne préoccupe une part importante de la population, d’autant plus qu’elle concerne aussi les proches des fumeurs. La posture archaïque hostile à l’encontre d’une approche de réduction des risques sur la question du tabagisme, qui prévaut en soubassement des questions posées par cette consultation, mine de manière latente la cohésion sociale et la crédibilité des institutions.

Le rejet de la réduction des risques par les élites nourrit le rejet des élites par la population

Il est très inquiétant à ce sujet que la Commission Européenne refuse de s’intéresser objectivement au sujet, notamment par les multiples blocages du Commissaire lituanien Andriukaitis. Son mépris affiché envers les études scientifiques indépendantes et sérieuses, notamment du Public Health England et du Royal College of Physicians, ainsi qu’envers le public dans les médias et sur les réseaux sociaux est inacceptable. Certes, son pays a une lourde dette historique et des intérêts encore actuels à maintenir le tabagisme. Mais la politique de santé publique européenne ne peut être réduite aux vieilles méthodes de Komintern. 

Si la politique européenne sur le vapotage n’a pas été le sujet prédominant du débat sur le Brexit, elle était tout de même mentionnée comme un sujet influençant leur vote sur le sujet par un tiers des vapoteurs, qui étaient près de 2,5 millions au Royaume-Uni à ce moment-là. En Italie, la décision en décembre 2017 de renforcer les mesures anti-vape, accompagnées de taxes allégées pour les produits des cigarettiers, n’a probablement pas adouci la cuisante défaite du Parti Démocratique aux élections suivantes.

Comme vous le savez, 16 organisations européennes de défense des usagers de moyens de consommation de nicotine à risque réduit ont appelé à participer à cette consultation. Une réaction prédominante des usagers de vapotage, exprimée notamment sur les réseaux sociaux, a été le refus de participer à cette consultation jugeant inutile de perdre du temps, estimant que leurs avis ne seraient pas pris en compte, que la bureaucratie européenne ne s’intéresse qu’aux gains financiers à court terme et qu’elle défend avant tout les intérêts des grands lobbys. 

Le fait que cette consultation n’ait pas intégré d’option pour éliminer toute surtaxe contre le vapotage alors que 89,88 % des répondants à la consultation de 2016 s’opposaient à toute surtaxe nourrit cette perte de confiance à l’égard de la Commission Européenne. Un grand nombre pense que le marché noir sera un recours face à des taxations exagérées. 

Surtaxer un produit de réduction des risques permettant à des millions de fumeurs d’arrêter de fumer ou de réduire leur consommation de cigarettes n’a pas de fondement éthique. Justifier cette surtaxe au titre des taxes comportementales contre les « pêchés » mine la crédibilité des motivations de celles-ci et des défenseurs de ces taxes. Punir financièrement l’arrêt du tabagisme est un message insensé du point de vue de la santé publique. 

Choisir le progrès plutôt que l’obscurantisme

Pour ma part, j’ose encore espérer que la politique européenne devienne mature et responsable sur le sujet, en privilégiant d’accompagner un mouvement technique et social pour le meilleur plutôt que de tenter de protéger le statu-quo d’un monde tabagique en voie d’obsolescence. Le vapotage est un moyen de consommation à risque réduit qui va éliminer la fumée, réduisant ainsi drastiquement les maladies liées à ce mode de consommation que ce soit pour la nicotine ou d’autres substances, telles que les cannabinoïdes. La consommation de nicotine, tout comme des cannabinoïdes, ne disparaîtra pas. Le croire est de l’ordre d’un mauvais fantasme dystopique. Freiner cette mutation techno-sociale par des taxes injustifiées fait apparaître les instances européennes pour des organisations arriérées et insensibles aux besoins actuels de la population.

Anticiper et accompagner le développement des entreprises de vapotage enracinées dans le tissu économique local devrait être l’axe de réflexion des instances économiques européennes. Les surtaxes du vapotage s’opposent à une telle politique de développement en favorisant le maintien du tabagisme, le développement du marché noir et des achats hors de l’Europe. Soutenir le report modal des fumeurs vers le vapotage serait bénéfique pour la santé publique et les budgets liées à ces dépenses, favoriserait un ré-équilibrage du poids des taxes régressives et des inégalités de santé pour les classes défavorisées et les groupes sociaux vulnérables, et donnerait un signal positif à la population sur l’attention à son propos de la Commission Européenne. 

Il n’y a qu’une décision viable dans ce dossier: mettre fin aux surtaxes contre le vapotage dans l’Union Européenne.

Avec mes salutations cordiales.

Genève, le 31 août 2018
Poirson Philippe

Membre du comité des associations Helvetic Vape et Sovape. Sans lien d’intérêt financier avec les industries déontologiquement douteuses de la pharmaceutique et du tabac, ni pour raison d’indépendance dans mon domaine d’action avec quelconque entreprise de vapotage.


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