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dimanche 15 septembre 2019

Simple erreur ou mensonge délibéré: la RTS corrigera t-elle son sujet sur le vapotage du 5 septembre? (MàJ)

Le reportage a le ton de l'angoisse. Et pour cause, il s'agit d'empoisonnements pulmonaires et de décès. Le 5 septembre, le journal télévisé de la RTS traite le sujet des "malades liés au vapotage" aux Etats-Unis. A aucun moment, le fait que les victimes ont consommé des liquides frelatés et illicites au THC provenant du marché noir n'est évoqué. Au contraire, le sujet rend sensible le problème en présentant Adam Hergenreder comme rendu malade à cause de son vapotage de Juul depuis un an. Sauf que la version de la RTS diffère sensiblement de l'interview original par CBS.

Les mêmes images mais deux histoires contradictoires sur CBS et la RTS

Le jeune homme de 18 ans de l'Illinois a été hospitalisé et placé temporairement sous respiration artificielle. Le commentateur de la RTS affirme que la maladie pulmonaire du jeune homme fait suite à sa consommation de vapotage de la marque Juul depuis un an. En fait, Adam Hergenreder vapote depuis deux ans, sans problème précédemment. Mais il surtout reconnait à CBS News avoir aussi consommé des produits illégaux de vape au THC les mois précédents sa crise de détresse respiratoire. "Je les ai eu auprès d'une sorte de dealer de drogues", explique t-il à CBS.

Le sujet de la chaîne américaine montre clairement que le problème est très probablement lié à un additif huileux à la vitamine E des liquides illégaux, utilisé par les dealers pour tromper leurs clients sur la qualité de leur marchandise. De son côté, la RTS a utilisé les mêmes images et éléments de l'interview, mais en coupant tous les passages concernant les produits illégaux impliqués dans l'empoisonnement du jeune homme. Celui ressemble fort à une 'Patrick Poivre d'Arvor': le traficotage d'un interview pour induire en erreur l'auditeur. Mais peut-être n'est-ce qu'une erreur que la RTS va corriger? [MàJ: Voir réponse du 19H30 ajoutée en fin d'article...]


Le reportage de CBS News du 5 septembre se trouve en ligne:
Celui de la RTS de la même date:

La politique du pire

Est-il besoin de préciser que l'interdiction de vente de liquides aromatisés que promeut le reportage de la RTS n'aura aucun effet sur les produits frelatés du marché noir, tels que celui consommé par Adam Hergenreder? Probablement, puisque la chaîne de télévision d'Etat n'a pas jugé opportun de le signaler au public romand.

Pire, si on prend quelques secondes de réflexion, on peut craindre qu'une prohibition empire la crise. "Si la plupart des produits de vapotage se retrouvent interdits aux États-Unis, alors les fumeurs retourneront au tabac et, pour ceux qui ne le feront pas, la demande pour des produits au marché noir va augmenter. Un marché illicite florissant est beaucoup plus susceptible de nuire à la santé", estime la Pr Linda Bauld, spécialiste de renommée mondiale sur le tabac de l'Université d'Edimbourgh, sur le site gouvernemental Science Media Centre.

Et le pire de la politicaillerie

Ce lundi, le Conseil des Etats va se prononcer sur le projet de loi tabac (LPTab), dont l'objet principal est d'entraver le vapotage par diverses restrictions. Avec un milliards de Fs par an de vente de tabac pour les cigarettiers, autant pour les vendeurs (kiosques et chaînes grande distribution), trois milliards de médicaments vendus aux fumeurs tombés malades, 2,5 milliards de taxes récoltées et 7 milliards de rentes AVS économisés sur les fumeurs morts prématurément, le dossier pèse lourd. Trop peut-être pour que la RTS offre une information honnête au public sur le sujet de la réduction des risques et du vapotage. Déontologie, honnêteté, tout ça...

16-09-19 à 11h : Le compte tweeter du journal télé 19h30 de la RTS a répondu :




samedi 14 septembre 2019

Spécial JIM - Accidents aux USA avec des produits frelatés: les infos qu'on trouve si on cherche

Ce matin, le Journal International de Médecine (JIM) m'étrille, en la bonne compagnie du Docteur et blogueur Jean-Yves Nau. "Vapolitique (...) n’a pour l’heure pas proposé d’informations complémentaires (voire de rectifications)", pique Aurélie Haroche sur le dossier des décès et malades aux Etats-Unis, liés selon mes informations à des produits frelatés de vapotage. Ce dont semble douter la journaliste spécialisée. Peut-être est-ce une réaction personnelle, mais il me semble étrange de pointer les éventuelles lacunes d'un blog d'un bénévole - en l'accusant à la fois de ne pas avoir publier de nouveau billet sur le sujet et de "matraquer" une information (sic!) -, sans questionner les défaillances d'information des médias professionnels et des autorités sanitaires.

Des faits

Je maintiens que l'AFP a caché au public francophone que dés le 25 juillet, le frère de la première victime décédée avait révélé devant les caméras de Fox6 qu'il utilisait des produits frelatés du marché noir. Cette omission est clairement de la désinformation. Et Aurélie Haroche ne présente aucun élément invalidant cette catastrophe de santé publique que représente la désinformation sensationnaliste des médias mainstreams français sur ce dossier, à l'exception heureuse de Libération.

Mais surtout, depuis mon dernier billet sur le sujet, rien de crédible et pertinent n'a invalidé que la source des accidents est liée à des produits frelatés de vape avec THC provenant du marché noir. Le 9 septembre, la Food and Drug Administration (FDA) a d'ailleurs publié un avertissement aux "consommateurs pour qu'ils prennent soin d'eux-mêmes en évitant les produits de vape au THC" qui au niveau fédéral sont illégaux.

Le Département de Santé de l'Etat de New-York avait précédemment laissé fuiter que les malades avaient pour la quasi-totalité reconnu avoir consommé des produits illicites de vape au THC du marché noir, puis a précisé qu'un additif huileux de vitamine E était probablement en cause, dans la Washington Post. A noter que plusieurs des malades qui n'avaient dans un premier temps pas osé "avouer" avoir consommé ce type de produits illégaux, l'ont ensuite reconnu.

Un peu de logique face à l'idiocracie peut-être ? 

Mais en plus des éléments factuels sur les cas, une réflexion assez simple sur la survenue de problèmes concentrés dans un laps de temps très court par rapport à un produit utilisé depuis 2003 suffit. Le 5 septembre sur son blog, le Dr Konstantinos Farsalinos a présenté l'hypothèse de faire comme si nous ne savions rien de l'usage de liquides frelatés du marché noir par les malades. "Alors, utilisons des principes d'épidémiologie simples pour comprendre l'épidémie récente", précise t-il avant de rappeler que, populaire depuis 2009, le vapotage est utilisé aux Etats-Unis par environ 10 millions de personnes, âgées en moyenne d'environ 40 ans, sans vague de problèmes sanitaires.

"Les autorités [américaines] ont précisé qu'il s'agit de cas aigus. Bien que divers médias aient présenté cette maladie comme une mystérieuse maladie pulmonaire, il s'agit en fait d'un empoisonnement des poumons qui se traduit cliniquement par une insuffisance respiratoire grave", explique t-il. "Ces cas ne sont pas liés à des produits de vapotage disponibles depuis des années aux États-Unis et sur le marché mondial. Cela n'a absolument aucun sens que les mêmes produits qui ont été utilisés pendant des années par des millions de personnes et qui n'ont jamais provoqué d'épidémie soient la cause aujourd'hui d'une maladie aiguë ", ajoute t-il, "ces cas ne sont pas liés à des produits qui sont généralement utilisés par le vapoteur lambda. Aux États-Unis, l'âge moyen des vapoteurs adultes est différent de celui des adultes ayant souffert de cette affection aiguë".

Enfin, la soudaineté de la vague de malades indique que "ces cas sont liés à la sortie récente de nouveaux produits (qui n'étaient pas disponibles sur le marché auparavant), à une modification récente de la composition de produits précédemment disponibles sur le marché, ou à un problème récent de processus de fabrication ou de matériaux de produits qui étaient auparavant disponibles sur le marché". Le Dr Farsalinos déplore que "ces conclusions, dérivées de l'application de principes d'épidémiologie simples, ont été largement ignorées par la plupart des autorités, des régulateurs et des scientifiques. Au lieu de cela, nous assistons à une campagne persistante, frénétique et sans précédent contre la vapotage classique, (...) si intense et si injustifiée du point de vue épidémiologique qu’elle dépasse la définition du biais de confirmation".

Se documenter ou hurler pour vendre de la peur? 

Mais le Dr Konstantinos Farsalinos n'est le seul, d'autres experts médicaux reconnus soulignent la source frelatée des produits en cause. Même des français. Le Dr Bertrand Dautzenberg, pneumologue un peu connu en France, a insisté à plusieurs reprises, notamment sur Europe 1 et lors d'un débat sur France 24 où il confirme l'information de Sébastien Beziau représentant de l'association Sovape. Mes lecteurs en ont déjà probablement pris connaissance, mais insistons pour le JIM au cas où le journal disposerait d'une connexion internet (?) : la Dre Marion Adler a également expliqué très clairement les choses sur France Culture, tout comme Jacques Le Houezec dans Ouest-France, et le Dr Gerard Mathern sur RTL. Ainsi que le Pr Antoine Flahault, de l'Institut de Santé Globale de l'université de Genève, dans les Echos où il rappelle l'histoire du concombre espagnol

Du côté britannique, les autorités de santé, qui cultivent un sens de la responsabilité un peu plus élevé que leurs homologues européennes, ont communiqué officiellement sur le sujet. "Notre conseil sur le vapotage reste inchangé: le vapotage n'est pas totalement sans risque mais il est beaucoup moins nocif que de fumer. Il n'y a aucune situation dans laquelle il serait mieux pour votre santé de continuer de fumer plutôt que de passer complètement au vapotage", précise le Public Health England. Certes, il faut lire l'anglais (peut-être le JIM pourrait-il se doter d'un outil de traduction online ?) :

Sur le site gouvernemental Science Media Centre, la Pr Linda Bauld, de l'Université d'Edimbourgh, et le Dr Lion Shahab, de l'University College London, reviennent sur le sujet. Soulignons l'avertissement de l'expérimentée Linda Bauld sur l'effet pervers que pourrait avoir une prohibition des arômes de vapotage. "Ce qui me préoccupe, c'est que si la plupart des produits de vapotage se retrouvent interdits aux États-Unis, alors les fumeurs retourneront au tabac et, pour ceux qui ne le feront pas, la demande pour des produits au marché noir va augmenter. Un marché illicite florissant est beaucoup plus susceptible de nuire à la santé que de rechercher une réglementation proportionnée du type que nous visons en Europe".

JIM, vous allez me donner combien pour faire votre taf ? 

En bref, à moins d'être dans une tour d'ivoire imperméable, il est difficile aujourd'hui de ne pas savoir que mes indications datant de deux semaines sur l'origine par des produits frelatés du marché noir des problèmes survenus aux Etats-Unis sont confirmées par les experts compétents sur le sujet.

Je me dois de préciser que ma première hypothèse, présentée comme telle, sur le rôle du fongicide Myclobutanil semble s'effacer pour une plus probable source lipidique, liée à un additif de vitamine E ajouté par les dealers pour tromper les clients sur la qualité en concentration de cannabis des produits. Leafly, site spécialisé sur le cannabis, fait un point éclairant et assez complet sur le problème.

Pour information, les forces de police du Wisconsin ont arrêté le 5 septembre deux suspects pour la vente des produits frelatés en cause.

Honnêtement, je devrais facturer ce blog au JIM pour faire le boulot de documentation qu'ils ne font pas eux-mêmes pour leurs lecteurs.

add 17h30 : Ce tweet du Pr Micheal Siegel confirme qu'aux Etats-Unis, les parties concernées du domaine du cannabis agissent plus promptement que les autorités préférant viser une prohibition du vapotage non cannabique
add 18h: j'ai oublié de mettre en lien cet article d'hier de la Royal Society of Chemistry britannique qui fait le point également sur le sujet: Deaths from vaping-linked lung disease in US connected to vitamin E additive

add 22h: puisque j'en suis à faire la documentation... le Gouverneur de l'Etat de New-York a délivré des mandat de comparution pour trois entreprises commercialisant les fameux additifs huileux à la vitamine E, selon le Washington Post du 9 septembre:
https://www.washingtonpost.com/health/2019/09/09/new-york-subpoena-firms-selling-substances-linked-illicit-vaping-products/?arc404=true



mercredi 11 septembre 2019

Le Lancet publie une réfutation de la position anti-vape de l'OMS

"La nicotine sans la fumée: combattre l'épidémie tabagique avec la réduction des risques". C'est l'intitulé d'un article de quatre spécialistes de la lutte anti-tabac publié en open-access le 31 août dans le Lancet, revue scientifique pourtant connue pour ses positions conservatrices sur le sujet. Ils contestent avec force argumentation la ligne anti-réduction des risques pour laquelle l'Organisation Mondiale de la santé a opté dans son dernier rapport sponsorisé par le milliardaire Michael Bloomberg. "Le potentiel du vapotage est qu’il combine une efficacité élevée avec une large adoption par le public. Le dernier rapport de l'OMS est une occasion manquée d'adopter l'innovation et d'exploiter le potentiel des solutions de remplacement du tabac à faible risque", déplorent les auteurs.

Chut!

Les médias maintreams, qui avaient pourtant largement diffusé cet été la position anti-vape du rapport Bloomberg de l'OMS, ont black-outé l'argumentaire signé de Robert Beaglehole, professeur émérite de l'Université d'Auckland spécialiste des maladies non-transmissibles, Ben Youdan, de l'organisation anti-tabac Action on Smoking and Health New Zealand (ASH-NZ), Ruth Bonita, professeure d'épidémiologie à l'Université d'Auckland et Clive Bates, ex-directeur de l'Action on Smoking and Heath britannique (ASH-UK).

L'approche Bloomberg de l'OMS est un échec annoncé

"Le dernier rapport de l’OMS sur l’épidémie mondiale de tabagisme souligne l’importance des meilleures aides de sevrage tabagique fondées sur un modèle de traitement médical. Malheureusement, cette approche a eu un impact limité au niveau de la population en raison de sa faible adoption, et contraste avec l'approche beaucoup plus prometteuse du sevrage tabagique dirigée par le consommateur et basée sur des alternatives plus sûres au tabac fumé", soulignent les spécialistes, notant qu'à peine 4 à 5% des tentatives de sevrage brut à la nicotine réussissent. Le produits pharmaceutiques ne font guère mieux et se sont révélées sans impact significatif après plusieurs décennies sur le marché.

"Il est difficile de défendre que le modèle pharmaceutique est la meilleure pratique alors qu'il y a de plus en plus de preuves que les personnes qui utilisent le vapotage pour cesser de fumer ont de meilleurs taux d'arrêt qu'avec les phamacothérapies", arguent les militants anti-tabac, avant de souligner la clef d'une nouvelle approche contre le tabagisme. "L’impact du vapotage sur la santé publique dépendra principalement de la volonté de plus en plus de fumeurs de changer de mode de consommation de nicotine plutôt que d’arrêter complètement de fumer. Le vapotage répond aux besoins de certains anciens fumeurs en substituant des aspects physiques, psychologiques, sociaux, culturels et à l'identité liés à la dépendance au tabac"

Opter pour une politique intelligente avec la réduction des risques

Outil efficace de substitution à la cigarette, l'adoption du vapotage par les fumeurs va dépendre de son accès et de l'information sur la réduction des risques. Les produits de vape réglementés de manière intelligente réduisent d'au moins 95% les risques par rapport à fumer. Des réglementations excessivement strictes, et a fortiori des prohibitions, telles que le recommande le rapport Bloomberg de l'OMS, poussent les usagers vers les cigarettes ou un marché noir de produits de vape hors contrôle. D'où des accidents liés à des produits de vapotage de THC du marché noir survenus aux Etats-Unis après la rédaction de l'article publié dans le Lancet.

"Invoquer le principe de précaution pour empêcher l'utilisation de produits sans fumée est injustifié face au fardeau énorme des produits du tabac fumé, qui sont disponibles de manière omniprésente", préviennent les auteurs, "la réponse politique aux produits sans fumée doit être différente des stratégies de lutte antitabac existantes, qui incluent des augmentations de taxes, des interdictions de la publicité pour les cigarettes et des restrictions en amont de l'offre"

Assimiler la vape au tabac, c'est protéger le bizness des cigarettes

"Au contraire, les priorités politiques pour les produits sans fumée devraient les exempter des taxes d'accise afin de maintenir une incitation fiscale à la permutation; les réguler plutôt que d'en interdire la commercialisation afin de permettre aux produits sans fumée de contester la domination de la cigarette; organiser des campagnes d'éducation du public sur la minimisation des méfaits; ne pas forcer les vapoteurs à partager des zones fumeurs; et encourager l'utilisation de produits sans fumée comme aide à la cessation tabagique", proposent les auteurs en opposition complète avec la ligne pharmaceutique du rapport Bloomberg de l'OMS.

Avant de déplorer en conclusion: "Il est décevant que dans son dernier rapport sur le tabac, l'OMS s'en tient à une orthodoxie dépassée lorsqu'elle pourrait adopter l'innovation. En assimilant les produits sans fumée à la cigarette, elle ne fait que protéger la mainmise du commerce de la cigarette sur les consommateurs mondiaux de nicotine et va annuler le potentiel de stratégies modernes de réduction des méfaits du tabac"

Depuis, le milliardaire Michael Bloomberg vient d'annoncer investir de nouveau 160 millions de dollars pour viser à faire interdire le vapotage, tandis que les cigarettes continueront de répandre goudrons, monoxyde de carbone et les maladies liées dans la population. Et des documents internes du Secrétariat anti-tabac de l'OMS révèlent la préparation d'une grande offensive anti-réduction des risques au niveau mondial à l'occasion de son prochain Sommet anti-tabac en Hollande en 2020.


dimanche 1 septembre 2019

Décès et hospitalisations aux USA: l'AFP rétracte sa désinformation frelatée sans le dire

Après plus d'un mois à occulter cette information, l'AFP a publié une brève précisant que le décès d'un jeune homme du Wisconsin et les cas d'hospitalisations sont liés à des liquides de vape du marché noir, notamment vendus pour contenir du THC. Cet élément a été passé sous silence dans les médias francophones, à l'exception du Vaping Post, bien qu'il était connu depuis fin juillet. Notamment à travers le témoignage le 25 juillet sur Fox 6 du frère de la personne décédée le 23 août à Milwaukee - voir notre article précédent -. Le nouvel article de l'AFP ne prend pour autant pas la peine d'expliquer qu'il invalide le matraquage de l'agence durant le mois d'août, qui a mis en cause la vape sans distinction en dépit de cette information déjà connue.

[Le tweet de l'AFP donne en lien de sa nouvelle brève l'article publié par le Nouvel Obs]

Le nouvel article échoue aussi à présenter clairement que les quelques 200 cas évoqués par le Center of Disease Control (CDC) n'ont que des symptômes en commun et pourraient pour certains n'avoir rien à voir entre eux. Autrement dit, en l'état on ne peut parler que de syndrome de détresse respiratoire, et non, comme l'ont fait l'AFP et les médias francophones, d'une maladie qui serait clairement établie bien que "mystérieuse" (sic!). Mais user d'un abus de langage est plus inquiétant pour le lecteur évidemment.

Information frelatée et hystérie artificielle

Ces dernières semaines, dans une confusion sensationnaliste, les articles de l'AFP ont déclenché dans les médias français et suisses une vague d'hystérie délirante contre le vapotage sans jamais préciser que le problème concernait des produits frelatés du marché noir hors de tout contrôle de qualité. On peut douter que les médias ayant diffusé peur et doute corrigent à présent leur désinformation précédente.

L'AFP elle-même n'a pas l’honnêteté de le dire clairement dans son nouvel article. Le préjudice pour la réduction des risques, le public, notamment les fumeurs manipulés, et les entreprises de vapotage établies est pourtant indéniable et grave comme l'a souligné Vap'You.

A l'origine du problème: la prohibition qui fait les affaires du marché noir

Le problème sanitaire aux Etats-Unis a été déclenché sur le marché noir de produits de vape prétendument au THC hors de tout contrôle de qualité. Les usagers se retrouvent poussés à recourir au marché noir par les restrictions légales contre le cannabis, ou des taxations rendant hors de prix l'accès aux produits légaux. Depuis près d'un an, les entreprises de cannabis légales alertaient sur la dangerosité de produits frelatés du marché noir, sans que les autorités ne réagissent.

Malgré le refus des autorités de santé américaines de communiquer l'analyse des produits utilisés par les personnes tombées malades, un faisceau de présomption oriente le problème vers deux hypothèses, soit de pneumopathie chimique, soit de pneumopathie lipidique.

Rester calme et s'informer à des sources dignes de confiance

En l'état, les informations les plus précises sur ce dossier se trouvent sur les sites américains spécialisés sur le cannabis, tels que Leafly, ou sur le vapotage, tels que Vaping 360 avec un article très complet. Les associations de réduction des risques telles que NORML California et Tobacco Harm Reduction for Life, ainsi que des acteurs de santé publique honnêtes, à l'image du Pr Michael Siegel de l'Université de Boston, ont informé sur les problèmes spécifiquement liés aux produits du marché noir.

Du côté des médias maintstream francophones, le sensationnalisme, le calcul d'intérêt politicien* ou commercial, ont été privilégiés à la déontologie en occultant l'information connue depuis plusieurs semaines de l'origine illégale du produit frelaté utilisé par le jeune homme décédé au Wisconsin.

* Au moment où des médias et politiciens suisses, voire vaudois, font campagne pour une loi tabac (LPTab) visant avant tout à empêcher les fumeurs de pouvoir passer au vapotage et arrêter de fumer...

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