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mercredi 24 janvier 2018

Suisse romande: un professionnel de la vape atomise l'enfumage de la RTS

"On peut effrayer les gens sur n’importe quel sujet en disant presque la vérité, mais pas toute. Il suffit d’appliquer un traitement négatif. C’est ce que vous avez réussi au sujet de la vape vendredi". La lettre ouverte de Nicolas Michel  réagit au reportage du journal télévisé 19:30 du 12 janvier de la télévision romande RTS.  En 2 mn, la RTS avait déclenché une vindicte contre les professionnels du vapotage romands, accusés de pervertir les enfants avec des produits dangereux. Dans sa lettre, le porte-parole romand de l'Association indépendante des professionnels de la vape en Suisse (SVTA) pulvérise en quelques lignes les propos artificiellement anxiogènes assénés par le médecin cantonal fribourgeois Chung-Yol Lee dans un montage serré et sans contrepoint du 19:30. "L'eau est un solvant. Elle peut contenir des traces de métaux lourds. Et boire à la bouteille dans la rue pourrait re-normaliser l'alcoolisme", pastiche le tenancier de la boutique lausannoise Fumerolles. Il montre ainsi que l'on peut appliquer à l'eau les propos tenus sur le vapotage dénués de tout mise en perspective d'une échelle de dangerosité et de contextualisation.

Le "grand problème" de la RTS

La rédaction de la RTS en fera t-elle un sujet d'alerte sur la propagation du monoxyde de dihydrogène parmi les jeunes avec des techniques de marketing jouant sur l'attractivité des couleurs et des arômes de sirops ? On peut s'attendre à tout. Aux plaintes du public romand sur ce reportage, digne des plus belles années de la télévision soviétique, Alain Hertig, rédacteur-en-chef adjoint de la rubrique actualité, a rappelé que "le grand problème" avec le vapotage est qu'il ne tombe pas "sous le coup de la loi sur les produits pharmaceutiques". Prépare t-il son CV pour briguer une place de chargé de comm' chez Novartis ou voulait-il illustrer sa totale incompétence sur le sujet ? Mystère. 

Moins taquin que moi-même, Nicolas Michel souligne que le soi-disant "grand problème" de contrôle de qualité des liquides à vapoter n'existe que dans la tête du rédacteur-en-chef adjoint. "En Europe, suite à la TPD (directive sur les produits du tabac) chaque e-liquide vendu doit faire l’objet d’une notification. C’est ainsi que 89’000 e-liquides ont été analysés en laboratoire, créant un nouveau segment de marché sans pour autant diminuer les cas d’intoxications qui n’existaient déjà pas avant. Il est donc possible de les analyser tous, et ils le sont", rappelle factuellement le professionnel du vapotage.

La pluralité d'opinion en mode pensée unique

Contre le mensonge de la RTS présentant l'avis discutable du Dr Chung-Yol Lee comme l'unique vérité scientifique, le représentant de la SVTA rappelle les rapports scientifiques sur le sujet. "Les méta-analyses existantes sur la vape concluent à une réduction des risques d’au moins 95% et à l’absence d’effet passerelle", souligne Nicolas Michel, se référant implicitement aux travaux du Public Health England (2015), du Royal College of Physicians UK (2016), de l'Université de Victoria au Canada (2017) et au rapport américain mandaté par l'organisation Truth Initiative (2017).

Même en Suisse des professionnels de santé se prononcent en faveur de l'outil de minimisation des méfaits. Bien que la RTS ait été le seul média mainstream a la black-outé, la Fédération des professionnels des addictions a pris position en novembre dernier pour ré-orienter la politique sur le tabagisme et y intégrer le pilier de la réductions des risques, le vapotage se présentant comme l'outil actuellement le plus probant. De nombreux tabacologues de terrain en Suisse constatent l'efficacité de la vape (Dr JP Humair, des HUG), réfléchissent à son rôle de santé publique (Pr JF Etter de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève), et la prennent en considération dans leur approche (Dr Jacques Cornuz de la Policlinique de Lausane).

Cacher l'échec de la voie de l'abstinence

Il est vrai qu'à l'opposé le lobby de la pharma et les tenants de l'abstinence, seules voix autorisées au JT de la RTS à ce sujet, cultivent doute et peur envers le vapotage, convaincant ainsi les fumeurs de se maintenir dans le tabagisme. Le rédacteur de la lettre ouverte à la RTS le note. Le reportage a non seulement salit l'image du vapotage mais passe sous silence le massacre humain du tabagisme auquel il s'oppose. "Malgré des décennies de luttes anti-tabac, environ 30% de la population Suisse fume. La lutte contre le tabac est un échec. (...) Interdire aux jeunes fumeurs l’accès au moyen le plus efficace pour arrêter de fumer ne protège pas les jeunes, cela protège le tabac". La RTS osera t-elle faire un travail de journalisme honnête sur le sujet? Parait-il qu'elle est garante de la liberté d'expression, de pluralité d'opinion et d'information de qualité. Cela devrait donc couler de source...



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