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jeudi 30 janvier 2020

En silence, l'OMS rétracte une partie des fausses informations de sa page anti-vape

Ses pires allégations se sont déjà largement répandues, notamment via une dépêche de l'AFP reprise sans distance critique par les médias la semaine dernière. La page en anglais Questions/réponses de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), initialement publiée le 20 décembre, sur le vapotage a été discrètement modifiée hier, sans réussir à devenir un document digne de confiance ni intelligent. Alors que les critiques pleuvent sur cette publication, cette rétractation partielle dans un silence honteux semble trahir le peu de compétence de l'OMS et les influences malsaines qu'elle subit sur le sujet. Clive Bates vient de publier un texte décortiquant le problème de fond de l'organisme onusien sur le sujet, faisant écho à l'analyse de Sovape publiée en fin de semaine dernière.

La bidonnerie de l'antigel purgée de la page de l'OMS

L'OMS a modifié la page en question sans le mentionner (!), dont la version initiale se trouve sur Web Archive. Le mensonge initial de la présence d'antigel dans la vape, repris par Jean-Jacques Bourdin sur RMC par exemple, a disparu. Le discours initial sur "le danger plus grand du vapotage que les cigarettes" a été modifié pour enlever les absurdités les plus flagrantes qui minimisaient les risques liés au tabagisme. Malgré cela, le paragraphe reste fondamentalement trompeur et obscurantiste, sans présenter de repère de risques comparés entre les deux modes de consommation. 
Niveau zéro de l'avertissement sanitaire: la page de l'OMS concerne la vape avec nicotine (ENDS) mais évoque les maladies liées aux liquides au THC frelatés à la vitamine E sans le préciser clairement
Le passage évoquant les pneumopathies aux Etats-Unis a aussi été modifié. Il utilise une citation partielle du Center for Disease Control (CDC) qui précise que la vaste majorité des personnes touchées ont reconnu avoir utilisé des produits au THC. En réalité, les analyses sérieuses ont montré que ce sont des liquides frelatés à l'acétate de Vitamine E provenant du marché noir du THC qui sont en cause. La modification reste bien en deçà du niveau d'information attendu d'une institution de santé mondiale fiable. 

L'OMS ne sait toujours pas lire les études cliniques depuis la semaine dernière

La question encourageant initialement à la prohibition du vapotage a été enlevée, pour ne laisser que le second volet sur les "options de réglementation". Mais le passage rate toujours la problématique de santé publique du rôle du vapotage face au tabagisme. Une lacune inquiétante sur les compétences des cadres de l'OMS. Lacune illustrée par la modification sur le mensonge initial de l'absence d'étude clinique sur l'arrêt tabagique avec le vapotage. Il a cédé la place à un paragraphe flou assénant sans référence scientifique (!) que le sujet "fait toujours débat"

Faut-il suspendre les financements des activités anti-tabac de l'OMS?

L'OMS ose même laisser le paragraphe où elle affirme étudier le sujet. Ceci malgré l'énorme bourde de cette publication qui ridiculise l'OMS aux yeux des experts. Ses modifications à la volée ne réussissent ni à répondre ni même à articuler les principaux enjeux de santé publique du sujet. Le texte de manière globale reste largement trompeur et anti-scientifique. 

Dans un texte analysant la dérive de l'OMS que trahit la publication de cette page, Clive Bates, ex-directeur de l'organisation anti-tabac ASH et expert du domaine, appelle les Etats membres à suspendre leur financement des activités anti-tabac de l'OMS "jusqu'à ce que l'exécutif puisse montrer qu'il agit de manière responsable et qu'il existe une gouvernance scientifique et des communications acceptable dans l'organisation".

Edit à 0h25 le 31.01.2020: oubli de la précision importante de la proposition de C. Bates de suspendre les financements des activités anti-tabac de l'OMS (pas le reste ;) )

Il parait que c'est pour protéger la santé: la prohibition du vapotage en Inde, une bonne affaire pour le principal cigarettier ITC, dont l'Etat indien détient près de 30% du capital...

samedi 25 janvier 2020

[note] Jean-Jacques Bourdin est-il le symptôme de la soviétisation du journalisme ?

"L'OMS dit que... l'OMS dit que...", répète en boucle Jean-Jacques Bourdin, aux alentours de 6H50 du matin dans son émission du 24 janvier sur RMC. Face à lui, le Pr Daniel Thomas, de l'Alliance contre le tabac, joue à l'équilibriste pour ne pas valider les grossières inepties que le présentateur annone, sans violer le tabou de l'interdiction de toute critique contre l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Jean-Jacques Bourdin a t-il vérifié la validité scientifique de ce qu'il répète sans distance? Sait-il, qui réellement émet cette communication derrière le sigle OMS?

Il n'a fait aucune recherche, aucune vérification, aucun travail, avant de s'emparer et diffuser ce message. Il y a 50 ans, le présentateur de Radio Moscou annonçait "le Comité Central du Parti dit que...". Aujourd'hui Jean-Jacques Bourdin répète "l'OMS dit que...". Même logique de conformisme bêlant à des bureaucraties si opaques qu'elles sont le nid à toutes les dérives. Mais structurellement, l'une a échoué à se maintenir par la force, tandis que l'autre prospère en servant le pouvoir financier. 

Obéissance à la force hier, conformisme agnotologiste à présent

A l'antenne, les effets de manches masquent l'absence d'information réelle. Il faut lui concéder, Jean-Jacques Bourdin est vraiment bon pour ces effets. Mais ce n'est que le maquillage d'un corps vide. Ce n'est pas seulement par obéissance que Jean-Jacques Bourdin répète les âneries de l'OMS. Ce n'est même pas seulement par fainéantise qu'il fait ce journalisme de salon-fumoir nourrit de dépêches de l'AFP, enfumages à peine paraphrasés des communiqués de chargés de comm'.

C'est avant tout parce qu'il manque de ressources pour faire preuve d'intelligence et de distance critique. Les éléments scientifiques pour invalider les inepties de l'OMS existent. Mais il est nécessaire de prendre le temps d'aller chercher les informations, par exemple la réaction des experts britanniques sur le Science Media Centre, voire si on est très sérieux, de lire les rapports scientifiques sérieux d'instances indépendantes publiés et mis à jour. Accéder, lire et comprendre ces informations prend du temps.

L'opacité pour garder le secret

De même, les réels commanditaires de la communication anonyme de l'OMS peuvent être cernés. Mais cela demande d'enquêter sur une OMS qui interdit la présence de journalistes à sa Convention anti-tabac (CCLAT). Or Jean-Jacques Bourdin n'a simplement pas les moyens d'offrir une information fiable à ses auditeurs. Il est condamné à n'être qu'un bruit pour les distraire. Il n'est même pas sûr qu'il sache que l'OMS impose le huis-clos pour faire l'opacité totale sur les manigances des négociations entre archi-milliardaires, grandes nations du tabac et lobbyistes de l'industrie de la pharmaceutique lors des COP anti-tabac.

Pourtant le sujet est chaud. Les affaires de corruption de l'OMS émergent, bien que celle sur le sanglant scandale de l'Oxycontin soit passée sous silence dans les médias dominants. Plus précisément sur le sujet des violations des droits humains et de l'absurdité sanitaire de l'orientation prohibitionniste et répressive du vapotage de l'OMS, deux associations viennent, coup sur coup, de publier des documents. Ils sont d'une lecture complémentaire l'un à l'autre, bien que les deux associations ne se sont pas concertées entre elles.

S'emparer de l'information en direct

Jeudi, l'association britannique Knowledge Action Change (KAC) a édité la mise à jour 2020 de son rapport sur l'état global de la réduction des risques face au tabagisme en mettant l'accent sur la question des droits humains. De son côté, l'association Sovape a publié vendredi un document listant plusieurs problèmes de violations des principes de l'OMS, ainsi que des principes de la CCLAT et des mise en danger inquiétantes des droits humains par les agissements de l'OMS sur le sujet. J'ai participé à la rédaction de ce travail de Sovape. A vous de les lire, de les discuter et de les diffuser directement.

Selon les enquêtes de Reuters et du journal la Croix, la perte de confiance dans les médias en France atteint un record. Signe que le public perçoit de manière générale, et peut-être floue, le problème de fond. Sur ce sujet précis, les informations sur l'OMS et la réduction des risques ne passeront pas sur RMC. L'auditeur de Jean-Jacques Bourdin n'en saura rien. Il n'aura eu le droit qu'à être conforté dans son tabagisme en étant apeuré du vapotage. Et l'émission matinale de continuer d'imiter le perroquet soviétique du 21e siècle. "L'OMS dit que..."

mercredi 22 janvier 2020

Soutien au tabac, corruption ou crétinerie? L'OMS fait une compilation des pires fakenews sur la vape... mais au 1er degré!

Le pire du web réuni sur une page. C'est ce que propose depuis avant-hier l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à propos du vapotage. Soit le département de la communication de l'OMS cultive la parodie sordide, soit l'état de déréliction scientifique et morale de l'organisation onusienne a atteint un point de non retour. Cette nouvelle page de l'OMS fabrique du doute au mépris du principe fondamental d’Hippocrate: ne pas nuire. Le sujet  mis en question par l'OMS n'est pas l'estimation appropriée de la réduction des risques pour le fumeur qui passe au vapotage. Mais un affolant et insensé délire que le vapotage pourrait "être plus dangereux" que de fumer. "Cela dépend d'une série de facteurs", prétend l'OMS pour contourner toute explication rationnelle et scientifique. Pour paraphraser la réaction à chaud d'un chercheur: il y a plus de science sur un site anti-vaxx que dans cette communication de l'OMS.

Salir le vapotage pour condamner les fumeurs aux cigarettes et aux cancers

Et en effet, la page présentée sous forme d'un questions/réponses, sans aucun nom d'auteur référent, semble emprunter une stratégie de communication comparable aux sites anti-vaccin: amalgame fumeux, fausse information et éléments décontextualisés pour en biaiser le sens. Simplement de l'anti-science. Exemple révélateur de la stratégie de tromperie, la page sous-entend sans l'affirmer que la nicotine serait un risque particulier au vapotage. De quoi être rassuré en contraste sur les cigarettes.

Mentir...

Mais c'est presque un détail dans la déferlante de stupidités obscurantistes. On peut aussi lire, entre autres conneries, que le "liquide de vapotage peut brûler la peau". L'OMS affirme également qu'il n'y aurait "pas assez de preuve" que le vapotage permet d'arrêter de fumer. Pour arrêter de fumer, essayez plutôt le vapotage que "les preuves" inexistantes de l'OMS. Mais éventuellement vous pouvez lire les études scientifiques pour savoir que les preuves existent.

et encore mentir...

Bien que presque toutes les réponses présentées par l'OMS soient tournées spécifiquement contre le vapotage de nicotine, un paragraphe l'amalgame aux pneumopathies américaines, sans dire qu'elles sont liées aux liquides frelatés à la vitamine E du marché noir du THC. Tout en se référant au rapport du Center for Disease Control de décembre qui a clairement avoué ce point avec plusieurs mois de retard. C'est d'ailleurs le seul document référencé, mais en déformant gravement son contenu, par l'OMS. 

L'OMS préfère prohiber le moyen d'éviter 7 millions de morts par an

De mensonges en tromperies, l'OMS nous amène au point désiré par les promoteurs de la communication. Le vapotage doit-il être prohibé ? "Les pays peuvent choisir d'interdire le vapotage", puis, "lorsqu'il n'est pas interdit, il doit être réglementé". Le tabagisme tue, selon les estimations de l'OMS elle-même, près de 7 millions de personnes dans le monde chaque année. Et c'est donc pour interdire le moyen d'arrêter de fumer que l'organisation mobilise ses ressources et son énergie.

[Add 15h30] Les experts britanniques ont réagi à ce nouveau document de l'OMS sur le Science Media Center. "Ce texte de l'OMS est trompeur à plusieurs titres. Il prétend que le vapotage de nicotine est la cause de la vague de maladie pulmonaire aiguë aux États-Unis en 2019, alors qu'il s'agissait en fait du vapotage de produits au cannabis [frelatés]. Il indique qu'il n'y a aucune preuve solide que le vapotage soit un moyen efficace d'arrêter de fumer, alors qu'en fait, il existe des preuves d'essais cliniques du plus haut niveau démontrant que le vapotage est plus efficace que les thérapies de remplacement de la nicotine approuvées par l'OMS. Il répond à la question de savoir si les cigarettes électroniques sont plus dangereuses que les cigarettes de tabac en suggérant que nous ne savons pas, alors qu'en fait elles sont clairement moins nocives. De cette manière, l'OMS fausse les preuves scientifiques disponibles", déclare notamment le Pr John Britton, directeur du Centre d'études sur le tabac de l'Université de Nottingham. [/]

L'OMS, une institution éminemment pourrie

A qui profite cette communication criminelle ? Une annonce transparente des sponsors de l'OMS et de leurs intérêts financiers, ainsi que les conflits d'intérêts de ses membres et de ses employés, est urgente. En attendant, on ne peut que s'interroger sur l'opacité des intérêts de Michael Bloomberg, 6e fortune mondiale, candidat à la Maison blanche et parrain financier de l'OMS sur ce dossier. 

Pour ce qui est du financement par l'industrie pharmaceutique, on s'interroge moins. Les traitements des cancers sont voués à devenir l'eldorado de la pharma au 21e siècle. Quand aux intérêts tabagiques de l'Inde, du Brésil et de la Thaïlande, ils ne sont pas un grand mystère malgré le tabou dont ils jouissent. La violation du principe d'indépendance de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) de l'OMS des intérêts tabagiques (article 5.3) est aussi manifeste que passée sous silence.

A quelques mois de la COP9 anti-tabac de l'OMS aux Pays-Bas, dont le Secrétariat cache au public le lieu et les dates précises, cette nouvelle offensive contre la réduction des risques soulève la question des raisons du soutien financier des pays démocratiques à ces agissements, qui visiblement s'associent de facto à des intérêts sordides et délétères. Ceci intervient également après la scandaleuse conférence au nom de l'OMS de Ranti Fayokun devant le Congrès des Philippines en décembre, la confirmation de la corruption des experts de l'OMS sur l'opioïde de synthèse Oxycontin et les soupçons de détournements de fonds en profitant de la crise d'Ebola. Cette publication confirme en creux l'état de putréfaction avancée des cadres de l'organisation. L'OMS a ainsi franchi un nouveau pas: elle protège le tabac contre la menace salutaire du vapotage.


mardi 14 janvier 2020

Les ados français qui vapotent ont près de 40% de risques en moins de devenir fumeurs quotidiens

L'étude est extrait du suivi Escapad réalisé en 2017 par l'Observatoire Français sur les drogues et toxicomanies (OFDT) sur près de 39'000 adolescents de 17 ans. Le suivi recense 34,1% de 17 ans ayant fumé au moins une cigarette le mois précédent et 25,1% à fumer chaque jours. En regard, 16,8% ont vapoté au moins une fois dans le mois, mais seuls 1,9% vapotent quotidiennement. A l'origine de l'étude, l'interrogation inquiète sur le soi-disant "effet passerelle" du vapotage vers le tabagisme chez les jeunes. "À l'aide d'une approche de traitement pondéré de probabilité inverse (IPTW) et de données de cohortes rétrospectives, nous avons analysé si un usage quelconque d'e-cigarette a eu un impact sur la transition vers le tabagisme quotidien chez les Français de 17 ans ayant déjà fumé, en utilisant une grande enquête nationale représentative", explique le papier publié dans la revue Drug and Acohol Dependence

Le vapotage corrélé à un risque fortement réduit de devenir fumeur quotidien

Les résultats montrent que non seulement "aucune preuve d'un risque accru de transition vers le tabagisme quotidien", mais même que ce risque est significativement réduit. Parmi les plus de 23'000 qui ont déjà fumé au moins une cigarette dans leur vie, les adolescents qui ont utilisé le vapotage étaient moins susceptibles de 38% que ceux qui n'ont jamais vapoté de devenir fumeur quotidien à 17 ans (Risk Ratio=0,62 - IC à 95 %). Des résultats similaires concernent les jeunes qui ont essayé le vapotage avant toute cigarette (RR=0,76 IC à 95 %). Les chercheurs se sont concentrés sur la recherche d'un éventuel rôle passerelle du vapotage vers le tabagisme. Pour conclure à son absence en France.

Les chercheurs évoquent des pistes de différences entre la France et les Etats-Unis pour expliquer la différence de résultats entre leur étude et celles prises en compte par la méta-analyse de Soneji et coll. Une considération sur les biais méthodologiques des études américaines, qui corrigent leurs données par des facteurs sans prendre en compte le principal, à savoir le tabagisme des proches, aurait probablement permis d'économiser cette partie du texte. 

Concurrence, évitement, substitution

Parmi les plus de 7'000 jeunes fumeurs quotidiens qui ont essayé le vapotage, "40,2 % (n=2'870) l'ont essayé après la transition au tabagisme quotidien", tandis que "27,2 % (n=1'882) avant et 32,7 % (n=2'302) la même année", précisent les chercheurs, dont Stanislas Spilka de l'OFDT qui avait évoqué en primeur, mais sans rentrer dans les détails, cette étude lors de sa présentation au Sommet de la vape le 14 octobre à Paris. Des proportions qui laissent ouverte la possibilité de rôles distincts entre évitement avant ou en même temps que le passage à la cigarette, mais aussi des tentatives de substitution, comme il est connu et fréquent chez les fumeurs adultes.

Même si les chercheurs contournent le sujet, les résultats de cette étude financée par la Ligue contre le cancer française nourrissent l'hypothèse d'un effet de "concurrence", si ce n'est de rempart, du vapotage contre le tabagisme adolescent. L'hypothèse a déjà été évoquée par le Pr Bertrand Dautzenberg sur la base du suivi Paris Sans Tabac. Cet effet pourrait expliquer la chute sans précédent du tabagisme adolescent dans les pays où le vapotage s'est développé. Notamment aux Etats-Unis, comme l'a présenté, aussi au Sommet de la vape, le Pr David Levy de l'Université de Georgetown (Washington, USA). Ces résultats correspondent également aux constats britanniques, notamment ceux issus du suivi le plus important de jeunes au monde, qui montrent une baisse accélérée du tabagisme des jeunes sous l'impact du vapotage.

A Genève, le principe de précaution en faveur du tabagisme

Malgré ma tentative d'explication en Commission (voir p.11 à 20 + annexes 2 et 3 du mémorandum), à la fin de la semaine le Grand Conseil genevois va, selon toute probabilité, promulguer au nom de la protection des jeunes, l'interdiction du vapotage dans tout lieu public, y compris les magasins, et de la vente de tout produit de vapotage, y compris sans nicotine, aux mineurs. De quoi prolonger d'au moins quelques années le tabagisme, actuellement à un niveau similaire à la France avec un quart des adolescents qui fument, dans la population genevoise. Par "principe de précaution" et pour le plaisir des cigarettiers et de l'industrie pharmaceutique. Mais au nom de la protection des jeunes, évidemment...


mercredi 8 janvier 2020

Avertissement danger de la campagne Ditch Juul: Fort risque d'explosion des batteries en cas de plongée dans l'eau ou de chocs

Des influenceurs sur le réseau social TikTok, principalement utilisé par les adolescents et les jeunes, ont lancé une campagne pour inciter à noyer et casser des vaporettes, en particulier celles de la marque Juul. Selon le site de la revue People, ces influenceurs sont engagés pour créer cette "campagne virale" par l'organisation Truth Initiative.[édité, voir note de fin] Les clips vidéos montrent ces influenceurs noyant ou cassant des Juul. On peut noter que les montages vidéos, pour certains de manière assez grossière, laisse penser que les influenceurs ont évité de prendre eux-même réellement le risque de faire exploser leur Juul en la noyant ou la cassant ce qu'ils incitent pourtant leur jeune audience à faire. 

En effet, les vaporettes, la Juul y compris, fonctionnent avec une batterie au lithium, similaire à celles des téléphones portables. En cas de court-circuit provoqué par l'humidité, ou de chocs, la chimie interne de ces batteries peut engendrer des réactions instables. Cela peut aboutir à une surchauffe de la batterie dont jailli des éléments à très haute température, pouvant entraîner des brûlures graves pour les personnes à proximité. Nous recommandons vivement de ne pas suivre l'exemple abruti et irresponsable de cette campagne d'influencage qui risque fortement de provoquer des blessures. 

Rappelons par ailleurs qu'il faut toujours protéger les batteries non utilisées avec une étui ou une boite, pour éviter tout contact avec des pièces métallique pouvant entraîner un court-circuit.

Billet édité le 11-01-2020: Contrairement à ce que j'ai cru, Truth Initiative ne semble pas dans les bénéficiaires du nouveau plan anti-vape de 160 millions $ de Michael Bloomberg, qui finance la Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK), dirigée par Matt Myers, et la Fondation des Centers for Disease Control (CDC). Désolé.
https://www.bloomberg.org/press/releases/bloomberg-philanthropies-launches-new-160-million-program-end-youth-e-cigarette-epidemic/

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