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vendredi 27 mars 2020

Comment la désinformation tue: la tragique démonstration de New York avec le Covid-19

La désinformation tue. Encore plus en période de crise. Le 8 mars à son point presse hebdomadaire, Bill de Blasio, le maire de New York optait pour une communication opportuniste sur l’épidémie de Covid-19. « Les personnes qui contractent le covid-19 sont les personnes qui ont des problèmes de santé préexistants », insiste le maire de New York en détachant bien les syllabes de « pré-existants ». Parmi ces caractéristiques, il cible le vapotage, aux côtés du tabagisme, du diabète, des maladies cardio-vasculaires, de déficience immunitaire, du cancer, etc.. 

Il justifie le dénigrement ciblé sur le vapotage parce qu’il y a à ce moment-là un vapoteur malade à New York. Sur les 110 000 personnes détectées avec le virus dans le monde à ce moment-là. Les médias se ruent sur l’accroche : le vapotage rend les gens plus vulnérables au COVID-19. Message reçu par la population : le virus menace des personnes à risques uniquement, et en particulier les vapoteurs. « Oh, mais alors il suffit de ne pas vapoter pour éviter d’attraper le coronavirus ? ». 

Un message qui n’a pas prévenu le désastre

Le 8 mars, New York comptait 20 cas de personnes infectées par le coronavirus. Ce 27 mars, selon les données du New York Times : New York compte 39 000 personnes infectées, 432 décès. Les 54 000 lits des hôpitaux new-yorkais vont être à saturation d’ici le début de la semaine prochaine, les 1800 lits de réanimation sont probablement déjà tous occupés depuis ce vendredi. 

L’annonce de Bill de Blasio le 8 mars a réussi à faire arrêter le vapotage à quelques New-Yorkais. Dont certains ont recommencé de fumer illico, si l’on croit leur message sur les réseaux sociaux. Mais il a surtout trompé sa population en floutant l’information sur la propagation du virus. Le coronavirus peut toucher tout le monde, et il se diffuse ainsi. Il a trompé ses concitoyens sur la nature des risques et des précautions qu’ils devaient réellement prendre. 

La priorité des politiciens : faire passer la loi S7507-A pour interdire le vapotage

Cette stratégie de communication du maire de New York a reçu le soutien du Gouverneur Andrew Cuomo. Ce dénigrement opportuniste du vapotage répondait pour les deux hommes du souci de faire passer la loi interdisant les liquides de vapotage aromatisés à New York. Au lieu de préparer la ville à l’épidémie, les deux dirigeants ont mis leur énergie à imposer une prohibition de tout produit de vapotage aromatisé, sous le nom de loi S. 7507-A. Le gouverneur a finalement réussi a l’inclure dans le projet de budget de l’État de New York, qui devrait être voté d’ici le 1er avril. L’association des vapoteurs CASAA tente de s’y opposer.

Dénigrer le vapotage semble aussi avoir été une opportunité politicienne dans le rôle classique de bouc-émissaire facile. Évacuer le poids de ses propres responsabilités dans la catastrophe de santé publique en en rendant coupables les vapoteurs. Mais, de toute évidence, il y a aussi une grande incompétence et une forme de déni de la catastrophe des deux responsables. 

Deux responsables totalement à côté de la plaque

Cinq jours après avoir chargé le vapotage, le 13 mars, Bill de Blasio annonce enfin une recommandation de distance sociale aux habitants de New York. Deux semaines après, il y en a déjà 40 fois plus et le pic est loin d’être atteint. Le maire s’est montré totalement à côté de la plaque. 

Le Gouverneur Andrew Cuomo ne semble pas plus lucide. À l’annonce du confinement, décrété seulement le 17 mars, il s’engueule en direct sur CNN avec son frère pour savoir qui d’eux deux est le préféré de leur mère dans une séquence surréaliste. Le 24 mars, le Gouverneur ne semble toujours pas avoir récupéré ses esprits et invoque en conférence de presse les forces de l’amour pour sauver New York. 

Covidiot : le Surgeon General n’a « même pas peur »

À la décharge des deux responsables new-yorkais, Jérôme Adams, le Surgeon General qui est une figure sanitaire censée jouer un rôle de référence aux États-Unis, se montre totalement incapable de comprendre ce qu’il se passe. Le 6 mars, il poste sur les réseaux sociaux un selfie de lui en avion accompagné d’un commentaire sur le fait qu’« il ne craint pas le Covid-19 ». 

Depuis, il se montre toujours aussi incapable de saisir la situation et d’offrir une réflexion de stratégie de santé publique. Il a donc suivi l’exemple des deux dirigeants new-yorkais et opté pour le dénigrement du vapotage en guise de dérivatif et distraire le public de son incompétence. Ce 23 mars au show Today de CNN, il présente ainsi une théorie tombée de nulle part pour accuser le vapotage des Italiens et des Américains d’être une possible cause du Covid-19 chez les personnes de 18 à 49 ans. 

Comment peut-on croire que le vapotage est responsable du coronavirus ?

En l’état des connaissances sur l’épidémie du Covid-19, forcément non consolidées, rien n’indique une particularité d’âge des personnes contaminées en Italie et aux États-Unis par rapport aux autres pays. Et absolument rien n’indique un quelconque rôle, positif ou négatif, du vapotage dans les infections. Comme le montre l’analyse des chercheurs Konstantinos Farsalinos, Anastasia Barbouni et Raymond Niaura des données disponibles publiées sur Qeios. Seules des fakenews inspirées de théories du complot absurdes ont répandu ce message avant que des responsables américains ne le reprennent.

Pourtant, les médias américains ont martelé ces deux dernières semaines ce message de peur du vapotage en priorité. « D’après mon comptage, il y a eu plus de 30 articles dans les journaux et d’innombrables commentaires sur les émissions et journaux télévisés essayant de plaider d’un certain effet sur les infections à coronavirus ou COVID-19 de la part du vapotage », rapporte Jim McDonald, sur le site spécialisé Vaping360. L’alarme des médias évoque deux cas de vapoteurs infectés au total au début de cette semaine, alors que le nombre total de cas était estimé alors à 350 000 dans le monde. Depuis, on a dépassé les 500 000 dans le monde, dont plus de 80 000 aux États-Unis.

Bloody Bullshit

Les deux semaines qui auraient dû être consacrées à prévenir la propagation du virus ont été utilisées par les deux principaux dirigeants new-yorkais, et dans leur sillage les médias américains, à un pur bullshitage politicien pour détourner l’attention du public. Cette désinformation va participer à tuer énormément d’Américains, et en particulier de New-Yorkais, en les ayant distraits des précautions à prendre alors que le virus se répandait. Les options stratégiques prises depuis par le président Trump et son administration ne semblent pas en mesure d’inverser cette tragédie déclenchée à New York. 

C’est aussi ainsi que les autorités sanitaires perdent la confiance du public. Les États-Unis comptaient, avant cette crise, un des taux les plus faibles de confiance du public envers leurs autorités de santé. The Economist du 5 mars relate un sondage du Wellcome Trust, un organisme de bienfaisance : 59 % des américains font confiance aux messages des autorités de santé de leur pays, contre notamment 80 % au Royaume-Uni et en Allemagne, 86 % en Corée du Sud. Les Européens devraient vraiment arrêter de s’inspirer des États-Unis dans ce domaine.

jeudi 26 mars 2020

Suisse: infos pratiques et listes de sites de vente de vape durant le confinement Covid-19

Des professionnels de santé en Suisse m’ont alerté que certains de leurs patients, qui ont arrêté de fumer à l’aide du vapotage, se retrouvent démunis pour se fournir en résistances et liquides de vapotage dans la situation de confinement actuelle. Pour éviter la propagation du virus, il est préférable d'éviter les contacts. La liste de sites de vente par internet qui suit doit permettre de trouver la plupart des produits. Certains prennent des commandes par téléphone ou mail, et en cas d'urgence ou d'impossibilité de passer par un achat par internet, contactez votre magasin local pour savoir ce qu'il en est.

Ce billet joue le rôle d’une sorte d’annuaire internet temporaire des sites qui vendent des produits de vape en Suisse, quelques liens vers des groupes d’entraide francophones, et à la fin des conseils et infos spécifiques sur le vapotage et le coronavirus. Il est susceptible de mises à jour au fil de l’évolution et/ou de nouvelles infos dont je prends connaissance. [mis à jour au 30 mars]

Disclaimer: Aucun des magasins listés ne m’a demandé ou offert quoi que ce soit. Le listing n’est probablement pas exhaustif et les renseignements sur chaque lieu ne sont qu’à titre indicatif. La situation de chaque lieu peut évoluer. Je ne suis pas en mesure de donner des renseignements sur les magasins au-delà de ce qui est indiqué ici. Les circonstances très particulières liées à l’épidémie de coronavirus font que je déroge à mon principe de ne pas exposer de liens spécifiquement commerciaux sur ce blog.

Absence d’aide aux personnes vulnérables en Suisse

L’association Helvetic Vape, créée en 2013, défend les intérêts des vapoteurs en Suisse. Entre autres actions, elle a édité un petit guide pour les débutants, dans les trois langues nationales, que l’on trouve en pdf

Le harcèlement anti-vapoteurs de la part des médias liés au tabac et d’organismes soi-disant antitabac a précipité la disparition d’initiatives d’aide aux plus précaires, comme la Vape du Cœur Suisse. À ma connaissance, actuellement la seule aide pour l’arrêt tabagique accessible à bas seuil pour les plus démunis est le programme d’arrêt avec la vape du Sucht Hilfe d’Olten.
https://www.grea.ch/publications/protection-des-personnes-en-situation-de-precarite

Le Groupe romand d’Étude sur les Addictions (GREA) regroupe des informations et ressources concernant la situation d’épidémie du coronavirus et les diverses addictions.
https://www.grea.ch/publications/covid-19-affiches-recommandations-ressources

Liste de magasins basés en Suisse romande actifs durant le confinement :

Les conditions pour chaque magasin peuvent évoluer dans la situation actuelle, se renseigner sur leur site ou par téléphone... L'Association romande des professionnels de vape recommande des règles sanitaires strictes pour la vente en magasin de vapotage durant l'épidémie.
https://arprovape.ch/wp-content/uploads/2020/03/Communiqu%C3%A9-de-presse-ARPV-19-mars-2020.pdf

– Un portail de magasins romands avec leurs sites de vente par internet, habituels ou créés pour l’occasion. La plupart font des livraisons via la poste qui fonctionne avec un délai allongé (~48hrs) :
– https://purvapor.ch/ Genève, vente par internet, livraison gratuite à partir de 45 fs.
– https://high-creek.ch/ par internet, livraison gratuite à partir de 20 fs.

Les magasins High Creek de Lausanne est ouvert de 10 h à 17 h. Consignes strictes à respecter. Chaux-de-fonds et Sion ouverts, téléphoner. Yverdon fermé.
– https://www.facebook.com/Residence.Vapeshop/ Magasin de Payerne. Commande via Facebook ou par téléphone prise en considération dans la mesure du possible.
– Paboo-Vap à Yverdon. Ouvre avec commandes à l’avance par téléphone ou Facebook https://www.facebook.com/paboovap/
– https://www.sweetch.ch/fr/ Magasins fermés (Genève, Nyon, Lausanne, Neuchatel), vente par internet, livraison gratuite à partir de 25 fs.
– Vapothèque à Aigle — Commandes par mail ou téléphone https://vapotheque.ch/ [MàJ 30-03-2020] Ouverte les lundi, mercredi et vendredi de 10h à 15h, après un contrôle de sécurité des autorités 
– Fumerolles à Lausanne – Commandes par mail ou téléphone https://fumerolles.ch/
– https://vap-eshop.ch/ Vevey, vente par internet.
– La Fabrick à Montreux — Service minimum avec commande par Facebook https://www.facebook.com/lafabrickavape/
– https://www.vapeshop.ch/ Magasins Fribourg et Yverdon fermés, mais vente par internet ou téléphone avec livraison.
– https://chezsmoke.ch/ Boutiques Neuchâtel et Payerne fermées, vente par internet et livraison offerte durant le confinement
– https://green-cloud.shop/ Monthey et Vevey. Vente par internet, livraison gratuite à partir de 100 fs
– Millésime Vape à Sierre Commandes par Facebook ou téléphone https://www.facebook.com/millesimevape/
– Shiters à Bulle et Lausanne. Commande par mail ou téléphone Téléphone : 079 897 33 37 — Bulle : info [at] shifters.ch — Lausanne : shifterslausanne [at] shifters.ch
https://www.vapers-saloon.com/ Vapers Saloon. Vente par internet et frais de port offerts durant le confinement. 
– https://vipersmoke.ch/ Châtel Saint-Denis et Romont, vente par internet ou commande par téléphone, livraison gratuite à partir de 50 fs.
– https://www.wevappy.ch/ Site de vente par internet uniquement, frais de port offerts à partir de 29 fs.
– https://www.freevap.ch/fr/ Vente par internet, frais de port offerts à partir de 30 fs.
https://www.saintevape.ch/ à Lutry, livraison à domicile ou par la poste (téléphoner). Boutique certifiée Amzer Glas-Cimvape.
https://www.cigarette-electronique-shop.ch/fr/ Magasin de Meyrin ouvert 10-17h, magasin de Genève fermé, vente par internet.
- MyVap's à Fribourg est fermé. Commandes par mail myvaps[at]bluewin.ch ."Toute commande passée avant 17h30 est livrée le jour même"
- Le Savoie à Morges est ouvert avec des horaires allégés. Infos et contact à https://www.lesavoie.ch/
https://vapecloud.ch/ Site de vente par internet, frais de port offerts durant le confinement 

Côté suisse-allemand, liste de sites faisant de la vente à distance

https://www.dampfqueen.ch/ Magasins de Burgdorf, Berne, Thoune et Dietikon fermés, mais vente en ligne et envoie par la poste. Possibilité de conseils pratiques via skype (en allemand).
https://shop.squape.ch/ Le site de vente en ligne du moddeur squape et des liquides Crossbow vapor, made in swiss.
https://www.vapelounge.ch/ Vente en ligne
https://neu.ohm-vapers.ch/
https://www.dampfi.ch/e-liquids-e-zigarette.html Magasins de Zurich, Basel, Horgen fermés pour le moment (mais préparent une réouverture avec des protocoles de sécurité), vente par internet fonctionnelle.
https://www.ezy-e.ch/de/ vente par internet
https://www.dampf-haus.ch/ Magasin de Lachen fermé, vente par internet, possibilité de commande par téléphone et livraison dans la région (sur arrangement).
https://www.e-heaven.ch/ Magasin ouvert demande d'utiliser Internet ou le téléphone de préférence  pour ne se rendre au magasin qu'en cas de nécessité absolue, vente par internet. [édité 30-03-2020]
https://shop.swiss-vapors.ch/ Site de vente par internet
https://www.e-zigaretten-shop.ch/ Magasin de Winthertur - pas clair sur ouverture ou non actuellement - vente par internet
https://www.vapeheaven.ch/ magasin fermé à Dielsdorf, vente par internet
https://vape-cloud.ch/blogs/news/wir-machen-weiter-nur-anders  (livraison à proximité de  Belp)
https://smoke-shop.ch/ Magasin à Flums fermé, vente par internet
https://www.vs-gubrist.ch/
https://creative-coils.ch/
https://www.vapeoase.ch/ Vente par internet (pas clair si magasin ouvert ou non)
https://www.red-vape.ch/ Vente par internet, vérifier par téléphone si ouverture des magasins de Brig et Herisau

Pour le Tessin, pas d’info pour le moment, malheureusement...

Normalement les commandes sur des sites à l'étranger sont livrées, mais les délais sont sensiblement allongés...

Groupes Facebook de vapoteurs

Deux groupes de vapoteurs basés en Suisse, où vous pouvez y trouver des renseignements pratiques, demander de l’aide ou discuter...
– Les vapoteurs romands (francophone) https://www.facebook.com/groups/262163160651791/
- Swiss Vape (Schwizerdütsch) https://www.facebook.com/groups/164755573691976/

Des groupes Facebook d’entraide à l’arrêt tabac avec le vapotage, francophones pas forcément suisses. Aide, conseils et soutien dans la démarche d’arrêt tabac :
https://www.facebook.com/groups/vapeinfoservice/ Vape Info Service - Groupe Facebook d’entraide à l’arrêt du tabac à l’aide de la vape
https://www.facebook.com/groups/jenefumeplus/ Je Ne Fume Plus ! – Groupe Facebook d’entraide à l’arrêt du tabac avec plus de 10 000 membres
Stop-Tabac La tribu — forum d’entraide de Stop-tabac.ch
https://je-defume.info/ - site regroupant conseils, témoignages et infos sur la défume

D’autres liens vers forums, assos, lectures (si vous vous ennuyez en confinement ;)) sur la page de ressource utiles

Conseils et connaissances sur le Covid-19 et le vapotage

Carmen Escrig, spécialiste en biologie cellulaire à l’Université de Madrid (UAM), et Roberto Sussman, physicien à l’Université de Mexico (UNAM), ont rédigé un factsheet (en anglais) sur le vapotage et le virus Sars-Cov-2, responsable de l’épidémie de Covid-19.
Un résumé en français a été fait par l’association Aiduce.

Brefs extraits :
« Il n’y a aucune preuve que le vapotage (en lui-même) augmente les risques d’infection ou l’apparition de conditions graves de COVID-19 ». « Dans la mesure où passer au vapotage exclusif améliore les conditions cardiovasculaires et respiratoires, on peut espérer que les fumeurs qui passent complètement au vapotage aient un risque réduit s’ils sont touchés par ce virus. »

« Par sa nature hygroscopique, la vapeur de Propylène Glycol (pas les gouttelettes) peut agir comme désinfectant supprimant les pathogènes dans des conditions physiques précises. Cependant, il n’y a aucune preuve si cet effet fonctionne sur le SARS-Cov-2 ou dans le contexte du vapotage ».

« La vapeur émise par un vapoteur touché par ce virus ne diffusera probablement ni plus ni moins de virus qu’une respiration normale autour de la personne, bien moins et surtout moins loin qu’un éternuement ou une toux ». (voir le document en anglais pour plus les explications physiques)

« Les précautions pour prévenir la contagion par le virus transporté par la vapeur sont les mêmes que celles de “distance sociale” recommandées à toute la population vapoteurs ou non : éviter les contacts physiques et la proximité des autres. Pour les vapoteurs plus spécifiquement : vapotez plutôt à basse puissance, évitez de vapoter dans des espaces à moins de 2 mètres des autres. »

Attention à la désinformation malsaine et nuisible de lobbys américains qui entendent profiter du climat d’anxiété liée à l’épidémie. 
« Des acteurs américains et quelques employés d’un milliardaire semblent très actifs dans la presse anglo-saxonne et sur les réseaux sociaux pour exploiter cette pandémie à des fins de propagande, dont un faussaire notoire, au lieu d’aider leurs concitoyens. »

Ne paniquez pas, ce n’est pas une bonne conseillère. Des lobbys orchestrent de manière particulièrement cynique dans ces circonstances des campagnes anti-vapoteurs, en misant sur l’angoisse pour les faire retomber dans le tabagisme. Faites-vous confiance, le ressenti de vos améliorations par l’arrêt du tabac avec le vapotage est plus juste que ces enfumages.
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La page d’informations de l’OFSP sur le coronavirus
Important pour tous, mais encore plus pour les vapoteurs qui portent leur vaporette à leur bouche, lavez-vous les mains après chaque contact avec quelqu’un ou une surface susceptible d’être touché par le virus. Nettoyez votre matériel, en particulier le drip-tip (embout buccal) avec du liquide hydroalcoolique ou de l’alcool.
Respectez la distanciation sociale, plutôt 2 mètres.


mercredi 25 mars 2020

Belgique: Maggie de Block profite du Covid-19 pour pousser les vapoteurs vers le tabac

« Ouvrez les vape shops, comme en France, en Italie ou en Suisse ! On ne veut pas recommencer à fumer ! ». En situation de confinement depuis le 18 mars, le cri de détresse des vapoteurs belges n’a presque que les réseaux sociaux pour trouver écho. Les diverses échoppes de tabac sont ouvertes sans restriction. Par contre, les magasins de vape sont fermés depuis le 18 mars, alors que tout achat à distance de produits de vapotage est interdit depuis un arrêté royal de 2016. « Pris de court, certains consommateurs se retrouvent démunis », constate RTL Info, seul média belge a avoir consacré un article au sujet hier

Interdiction de répondre aux demandes à l’aide

« On a un gros souci avec nos clients, s’ils n’ont pas leur liquide ou matériel pour faire fonctionner leur vaporette et bien ils vont droit vers la cigarette », témoigne le tenancier d’un magasin de vape de Bruxelles à RTL. Les vapeshops reçoivent des tas de demandes par mails de leurs clients. Mais ils n’ont pas le droit de leur fournir quoi que ce soit. 

Un professionnel qui a un magasin en France, à Longwy, et un autre en Belgique à Arlon, témoigne aujourd’hui dans le Républicain Lorrain. « Nos clients sont contents qu’on ait pu rouvrir. Ils commençaient à avoir peur de se tourner à nouveau vers la clope... », constate-t-il côté français, tandis que son magasin belge est fermé. « On a écrit à l’État pour en savoir plus, on attend la réponse ».

Le Pr Frank Baeyens, de l’Université de Louvain, interpelle les autorités depuis plusieurs jours. « Ne conduisez pas inutilement près de 10 000 vapoteurs à recommencer de fumer. Autorisez l’ouverture des magasins de vape ou la vente sur internet », interpelle le chercheur dans un tweet le 20 mars adressé à Maggie de Block, la ministre de la Santé et d’autres décideurs du Service public fédéral (SPF) 

Arrangement annulé depuis en haut

Des professionnels de vape aussi ont tenté de dialoguer avec l’administration de santé publique. Un arrangement semblait avoir été trouvé, comme le relate RTL Info : « “Les magasins de e-cigarette doivent fermer mais peuvent vendre en ligne et faire des livraisons”, nous a d’abord communiqué Vinciane Charlier, porte-parole du SPF Santé Publique. Un peu plus tard, une décision est prise dans le sens inverse. La vente en ligne de ces produits reste finalement interdite. »

De longue date, les autorités belges font la guerre aux vapoteurs. En 2016, le ministre des Finances espérait relancer les ventes de cigarettes pour remplir les caisses de l’État. Maggie de Block avait réagi en poussant à un arrêté royal particulièrement restrictif contre le vapotage. L’absence de compassion et d’intelligence actuelle de la ministre de la Santé n’est pas une découverte. Dans la situation de crise actuelle, ces restrictions abusives déploient tout leur potentiel délétère en termes de santé publique. 

Le droit à la santé mal en point en Belgique

« Le droit à la santé est complété par le droit de bénéficier des progrès scientifiques et de leurs applications », rappelle Eurotox en se référant à la Déclaration des droits humains (1948), dans une prise de position sur le droit à la santé publiée ce 19 mars. L’observatoire socio-épidémiologique alcool-drogues en Wallonie s’est avant tout concentré sur les conséquences des lacunes politiques pour les usagers de substances prohibées. Mais le parallèle avec le vapotage, entravé en temps normal et prohibé de fait avec le confinement, est saisissant. Tandis que les ventes de tabac sont pleinement diffusées, même en période de confinement. Près de 14 000 personnes meurent chaque année de maladies liées au tabagisme en Belgique.
Extrait de la prise de position ce 19 mars d'Eurotox sur le droit à la santé: « Le droit à la santé requiert des États qu’ils mettent en œuvre une véritable politique nationale de réduction des risques à destination des usager·es de drogues, sans discrimination aucune, et qui soit à même de délivrer l’ensemble des services et dispositifs essentiels à la possession du meilleur état de santé atteignable. (...) ceci doit exister dans un environnement où les usager·es de drogues ne risquent pas des problèmes avec la police ou la justice dans leurs démarches de soins et de réduction des risques. »

samedi 21 mars 2020

Covid-19: la censure de Facebook connait un nouvel accès de fièvre, très orientée idéologiquement

Je ne pourrais peut-être pas diffuser ce billet sur Facebook. La plateforme commerciale m’a interdit temporairement de publication. Mon crime est d’avoir partagé, dans une conversation avec un ami, un article du journal 24 Heures sur les tests de la chloroquine contre le Covid-19 à l’hôpital de Lausanne. Facebook juge que ce contenu va à l’encontre de ses standards « en matière de violence organisée et apologie du crime ». Rien de moins. Je ne suis pas la première victime ces derniers jours des abus de la censure du réseau de Mark Zuckerberg. 

Critiques du CDC et de Stanton Glantz censurées

Par exemple, le partage d’un article du 16 mars de Reason, présentant une critique de la communication du Center of Disease Control (CDC) américain sur la notion d’épidémie, a été bloqué avec un prétexte du même ordre. Le Dr Philippe Arvers, médecin addictologue et tabacologue au Centre médical des armées (CMA) notamment, s’est vu interdire la diffusion d’un article de Vice sur les études douteuses de Stanton Glantz

Trois journalistes du site suisse Heidi.news ont vu leur posts censurés le 17 mars. Des articles concernant l’épidémie de Covid-19 sur BusinessInsider, BuzzFed, ainsi qu’un article à propos du film de témoignages italiens « 10 days » sur The Atlantic ont été empêchés de diffusion sur Facebook. « Le contenu de journaux établis et de sites tels que Politico, The Atlantic, USA Today, Vice, Business Insider, Axios et The Seattle Times. La plateforme de blogging Medium (qui gère une série de sous-sites dotés en personnel et édités) et le site de financement participatif GoFundMe sont également pris dans le filet », liste de manière non exhaustive un article d’Ars Technica

Juste un bug?

En guise d’excuse, Guy Rosen, vice-président de Facebook, regrette dans un tweet (!) un « problème avec un système automatisé qui retire des liens vers des sites abusifs, mais qui a retiré beaucoup d’autres posts aussi ». Il promet que tous les posts incorrectement censurés seront restaurés. Près de 500 tweets en réponses affirment que cela n’a pas été le cas. Et de toute évidence, cela continue comme mon propre exemple le montre. Guy Rosen n’a pas eu même la politesse de répondre à mon interpellation sur twitter.

Les « non-alignés »

L’excuse du bug de la part du responsable de la plateforme dévoile de fait un système de censure. Les cibles éveillent un doute. Bien que les sujets abordés soient différents — de la critique du CDC, dénonciation des fraudes de Stanton Glantz, témoignages directs de la population italienne, recherches sur la chloroquine face au Covid-19 —, il semble se dessiner un fil rouge entre les cibles de la censure de Facebook. 

Elles sont ce que les cadres de l’OMS appellent des propos « non-alignés ». L’expression vient de Vinayak Prasad, ex-haut fonctionnaire indien et directeur de l’Initiative pour un monde sans tabac de l’OMS financé par la Bloomberg Philanthropies Company LLC, qui l’a utilisé dans Politico le 6 février dernier. Il visait avec ce terme l’approche britannique de réduction des risques face au tabagisme, à laquelle l’OMS, Bloomberg et les intérêts du tabac indien s’opposent.

Une seule vérité : celle de l’OMS

Peu de temps avant cette nouvelle vague de censure, Facebook avait annoncé vouloir serrer la vis contre la liberté d’expression au nom de la lutte contre les fausses informations. Un communiqué le 19 mars a précisé le plan. « Nous commencerons également à supprimer le contenu contenant de fausses allégations ou des théories du complot qui ont été signalées par les principales organisations mondiales de santé et les autorités sanitaires locales et qui pourraient nuire aux personnes qui les croient », explique Kang-Xing Ji, responsable santé de Facebook.

La mesure de censure prétend viser les fakenews, mais y incorpore tout ce que les « principales organisations mondiales de santé » trouvent dérangeant. Il y a là plusieurs problèmes. Celui du droit à la pluralité de l’information, la nécessité d’une confrontation d’idées face à la crise, notamment avec des scientifiques hétérodoxes comme le Pr Didier Raoult, et moteur de la science. Mais également d’énormes problèmes de conflit d’intérêts financiers et de politiciens à quelques mois d’une échéance électorale aux États-Unis

Facebook se métamorphose-t-il en Wechat?

L’opportunité offerte par l’épidémie de coronavirus à Faceboook de se transformer en Wechat, le réseau social chinois censuré en temps réel, est inquiétante. « Afin d’échapper au système de cybercensure le plus sophistiqué au monde, les internautes chinois n’ont d’autre choix que d’inventer leur propre vocabulaire afin de débattre de “sujets sensibles”. Notamment la gestion de l’épidémie de coronavirus par le gouvernement », explique Amnesty International dans un article sur la Chine ce 16 mars.

De fait. il semble de plus en plus évident que les utilisateurs de Facebook devront trouver des astuces similaires pour pouvoir encore exprimer des informations « non-alignées » sur la doxa de l’OMS. Parler de vapotage, de réduction des risques, et visiblement de la chloroquine, etc. fait déjà courir le risque d’être censuré et banni de la plateforme. 

Les intérêts des compagnies « philanthropiques » et pharmaceutiques

L’intérêt commercial d’un vaccin, plutôt qu’une solution avec une molécule tombée dans le domaine public telle que la chloroquine, est assez évident. D’où émerge un soupçon sur les logiques de censure et les liens d’intérêts entre l’OMS, les compagnies pharmaceutiques et les firmes « philanthropiques » telles que la Chan Zuckerberg Initiative LLC ou la Bloomberg Philanthropies Company LLC. 

La proximité idéologique et d’affaires entre le propriétaire de Facebook et l’oligarque puritain Michael Bloomberg, parrain financier de l’OMS et lancé dans la bataille des élections américaines, multiplie et entrecroise les conflits d’intérêts de manière ahurissante. Or Mark Zuckerberg a déjà démontré, notamment à l’occasion de l’affaire Cambridge Analytica, son absence de loyauté envers le public.

La liberté d’informer : un bien non-essentiel?

Même le très conformiste journal le Monde s’inquiète du risque de dérive liberticide liée à la crise du coronavirus. « S’il est, en effet, une liberté publique essentielle pour lutter contre une épidémie de façon précoce, et donc efficace, c’est la liberté d’informer », souligne Catherine Vincent dans un article sur les libertés publiques à l’épreuve du Covid-19

On peut évidemment avoir en mémoire l’épidémie en 1918 de la « grippe espagnole » qui porte ce nom en raison de la censure militaire qui s’exerçait partout sauf en Espagne. Seuls les journaux espagnols avaient pu parler des ravages du virus, qui a tué probablement près de 100 millions de personnes dans le monde. 

Délayer la question, le temps de mettre en place le cadenas

Le retard de deux mois d’information fiable par les dirigeants chinois au début de l’épidémie de Covid-19, couvert et enrobé par la communication du Dr Tedros, directeur général de l’OMS, est un des facteurs, sans être le seul, de l’impréparation des pays européens à l’épidémie. « On aura tout le temps après cette crise pour revoir son historique », esquive Sylvie Briand, directrice de département à l’OMS, au journal le Monde

Mais pendant ce temps-là, Facebook et l’archipel d’influence de l’OMS et de ses parrains mettent en place le dispositif de verrouillage de communication, procédant à une quasi-réécriture de l’histoire en temps réel. Et de pousser aux mesures les plus autoritaires et liberticides dans la veine idéologique de son état-major.

Une élite sclérosée

Au-delà de l’information factuelle nécessaire à la protection, un autre ravage de la censure est la sclérose de la pensée unique. La crise du Covid-19 dévoile à ce titre un peu plus l’état d’une pensée atrophiée et monolithique à l’OMS, qui ne se sert du terme de science qu’à titre d’élément de langage marketing pour ses décisions

L’exclusion par l’OMS de Taiwan, pays démocratique au système de santé efficace et équitable, est révélatrice de cette sclérose. Le pays est celui qui a su le mieux juguler l’épidémie de Covid-19 avec une centaine de contaminés et deux décès. Parce qu’il ne s’est pas fait enfumer par l’OMS, selon les déclarations de ses responsables. Le pays a pris des mesures dès le 31 décembre. Cette semaine, le Financial Times a révélé que Taiwan avait prévenu l’OMS en décembre de l’essor d’une épidémie de coronavirus en Chine. Et l’OMS a enterré l’information, jusqu’à fin janvier.

Silence sur Taiwan

Taiwan a opéré des dépistages, confinements des personnes atteintes et une quarantaine pour les personnes arrivant de l’étranger, sans tenir compte des données biaisées diffusées par l’OMS. Au 20 mars, le bilan est de deux décès pour une centaine de personnes détectées avoir été infectées à Taiwan. Le contraste est saisissant avec la situation de pays comme l’Italie qui ont cru les informations délivrées par l’OMS.

Le résultat de cette crédulité est un état d'urgence moyenâgeux en dernier recours face à l'impréparation. « Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés », se désole Jean-Dominique Michel, anthropologue de santé, dans un blog essentiel à lire.

À suivre, mais ce sera ailleurs que sur Facebook...

Ces questions ne seront pas ouvertement débattues sur Facebook, sous peine d’être banni. Seule la version officielle de la vérité, selon l’église de l’OMS, y aura sa place. La chape de plomb qui se met en place à l’occasion de l’épidémie de Covid-19 risque de réduire à long terme la capacité de débat et de recherche hors des dogmes de la poignée de dirigeants de l’OMS.

À six mois de la COP9 anti-tabac de l’OMS, où l’alliance des intérêts économiques de l’oligarque Bloomberg et du tabac indien vont tenter de nouveau de faire interdire le vapotage, nous devrions nous en inquiéter.

jeudi 19 mars 2020

Suisse, France et Italie: l'ouverture des vapeshops répond d'une double réduction des risques

Dans le contexte de restrictions liées à l'épidémie de Covid-19, l’Italie, la France et les cantons suisses de Neuchâtel, Vaud et Valais ont autorisé l’ouverture de magasins de vapotage. Au niveau fédéral, l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) ne s’est pas encore prononcé sur le sujet. En Espagne, l’Union des professionnels de vape UPEV) demande un traitement similaire. En Belgique, l’interdiction de vente à distance met en péril les vapoteurs, qui vont devoir passer par des circuits parallèles pour ne pas retomber dans le tabagisme.

Double réduction des risques : individuelle et collective

Les décisions des gouvernements italiens, français et des trois cantons romands répondent de deux formes de réduction des risques. La première au niveau individuel est de maintenir un accès aux produits de vapotage pour les ex-fumeurs qui n’ont pas la possibilité de passer par des achats à distance. La seconde collective permet d’éviter l’engorgement des bureaux de tabac et des effets de promiscuité en additionnant les vapoteurs aux fumeurs. 

Pour un succès de cette approche, les conditions d’hygiène sont cruciales. En ce sens, les organisations professionnelles de vape indépendantes françaises et romande ont annoncé des recommandations sanitaires strictes pour éviter au maximum le risque de propager le virus Covid-19. Cette situation inédite met au défi la communauté de la vape, à la fois les professionnels mais aussi les usagers, pour développer la culture de terrain de la réduction des risques.

Les personnes les plus fragiles

L’ouverture des magasins de vape concerne en premier lieu les catégories de personnes en difficulté sociale et souvent de santé fragile, qui n’ont pas, ou difficilement, la possibilité de passer par des achats à distance. Les largués d’internet, les personnes âgées, les exclus de moyens de paiements, les précaires de domicile, etc. Il y a des recouvrements importants entre tabagisme, niveaux socio-économiques, maladies et risques de complication avec le virus Covid-19.

Donner la possibilité à ces personnes de continuer d’accéder à des produits de vapotage réduit les risques liés à une rechute dans le tabagisme. C’est en soi, une réduction des méfaits sanitaires. Dans le contexte du coronavirus, qui attaque le système respiratoire, il est vraisemblable que fumer augmente les risques de cas graves.

Éviter les goulots d’étranglement

Il y a aussi une réduction des risques au niveau collectif. D’une part, un risque systémique inquiétant dans la situation d’épidémie est l’engorgement des hôpitaux. Ajouter aux cas de coronavirus, des personnes souffrant de problèmes respiratoires parce qu’elles ont rechuté dans le tabagisme serait négatif.

D’autre part, l’ouverture de vapeshops permet de réduire les interactions sociales en évitant aux vapoteurs n’ayant pas la possibilité d’achat à distance de s’additionner aux fumeurs dans les mêmes bureaux de tabac. Cela permet de réduire les effets de promiscuité et facilite la distance sociale, qui est pour le moment le moyen de prévention le plus efficace contre la propagation du virus.

Les consignes des organisations professionnelles

En France, la Fivape, fédération indépendante des professionnels de vape, et le SIIV, syndicat des vapoteries, ont tous deux publié des recommandations hier sur les règles à suivre: la page détaillée des protocoles recommandés de la Fivape concernant les différents secteurs de la filière du vapotage, et le document de recommandations du SIIV.

Côté Suisse, l’Association romande des professionnels de vape (ARPV) a communiqué cet après-midi ses consignes, suite aux autorisations des cantons de Neuchâtel, Vaud et du Valais. Une distance de deux mètres entre chaque personne, le lavage des mains systématique avec un produit hydroalcoolique entre chaque client et le passage de désinfectant sur les comptoirs, les poignées et le matériel manipulé entre chaque client sont notamment exigés par l’ARPV, en plus des consignes sanitaires générales à la population de l’OFSP.

Aucune donnée sur un effet antiviral du propylène glycol (PG) sur le Covid-19

Les trois organisations professionnelles exigent l’absence de vapotage à l’intérieur des magasins « afin de respecter les gestes barrières élémentaires », explique la Fivape. Bien qu’il existe plusieurs études sur les propriétés antivirales du propylène glycol sous forme d’aérosol, aucune n’a été menée spécifiquement sur le virus Covid-19. 

Insistons : rien ne permet d’affirmer que le propylène glycol a un pouvoir antiviral sur le Covid-19. Étant donnée, la brutalité de la contagion, la précaution impose de partir du principe qu’il n’élimine pas le virus jusqu’à une preuve solide.

Les tests ajournés

Le monde de la vape fait face à un défi difficile et inédit. L’étape charnière du testing de liquides, aidant à déterminer taux de nicotine et goût adaptés, pour amorcer le sevrage tabagique avec la vape est mise entre parenthèses de force. Selon la durée de l’épidémie, c’est un élément essentiel du rôle en première ligne pour l’arrêt tabagique des vapeshops qui devra peut-être être « réinventé » à terme.

L’importance de la dimension communautaire

Depuis dix ans sur le terrain de la réduction des risques face au tabagisme, le vapotage a les ressorts pour répondre à cette crise. Les associations, les groupes d’entraide, les forums, les médias audiovisuels et écrits constituent une armature communautaire. – Voir la page des liens utiles (liste non exhaustive) –. La crise du Covid-19 souligne l’importance cruciale de ces relais complémentaires au secteur commercial. 

A un moment où l’anxiété face à un péril invisible et inconnu peut amener à des comportements régressifs [qui a parlé de PQ?], la dimension collective d’une culture de réduction des risques n’est pas qu’une option. Elle est la voie pour gérer et apprendre collectivement à gérer les risques.

En complément, repères pour les usagers : vapoter à distance et aérer

Que l’on soit vapoteur ou non, il est avéré que les gouttelettes de sécrétions respiratoires peuvent transmettre le virus Covid-19. À titre de repères sur les distances de sécurité, un éternuement projette vite (jusqu’à 100 km/h) l’aérosol expiré avec des gouttelettes à 2,50 m en moyenne, selon des mesures du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Tandis qu’une toux non bloquée par le coude, irait jusqu’à environ 1,80 m. Tout vapoteur expérimenté sait qu’il peut fortement moduler son expiration de vapotage, du grand nuage jusqu’à la vape discrète à très faible portée. 

À côté des gouttelettes, la transmission du virus en aérosol ou par dépôt sur les surfaces inertes n’est pas clarifiée. Une étude publiée hier dans le New England Journal of Medicine (NEJM) a mesuré la viabilité du virus en suspension dans l’air et sur différentes surfaces inertes. « Nos résultats indiquent que la transmission du SARS-CoV-2 par aérosols et les surfaces est plausible, car le virus peut rester viable et infectieux dans les aérosols pendant des heures et sur des surfaces jusqu’à plusieurs jours (selon le dépôt d’inoculum [quantité de germes]) », concluent les chercheurs de Princeton. Ce résultat, qui ne présente qu'une plausibilité et non pas une certitude, invite à aérer les locaux et nettoyer les surfaces.

mardi 17 mars 2020

Bloomberg enrôle des trolls à 250$ pour une campagne de parents anti-vape

En pleine crise du coronavirus, le philanthro-bizness suit son agenda politique. Une campagne en trois volets sera lancée ce mercredi 18 mars pour se poursuivre jusqu’au 30 avril sur les réseaux sociaux. En apparence, des parents américains inquiets alerteront des dangers du vapotage pour les adolescents et la nécessité d’interdire toute vape aromatisée et sa vente sur internet. En réalité, ces influenceurs ont été recrutés 250 $ pour poster trois messages sur les réseaux sociaux par l’entreprise de marketing WomenOnline. L’opération fait partie d’une campagne disposant d’un budget de 160 millions $ pour viser l’interdiction totale des liquides aromatisés de vapotage aux États-Unis.

Des parents trolls

» Nous créons des programmes marketing percutants (...). Nous aidons les clients à se connecter avec les influenceurs qui propulseront véritablement la marque ou le message du client », explique le site WomenOnline. Malgré des campagnes médiatiques intenses depuis trois ans, manipulant les chiffres entre expérimentations et usages fréquents du vapotage chez les adolescents, les parents sont rares à s’engager dans les campagnes anti-vape. La firme de marketing est donc partie à la chasse aux participants avec 250 $ de prime pour chacun. Parmi les conditions d’éligibilité : avoir au moins 4 000 abonnés sur un réseau social et n’avoir « jamais recommandé d’arrêter de fumer à l’aide du vapotage » (sic!).

Les influenceurs devront poster trois messages. Le premier s’attaquera à Big Tobacco, avant d’y amalgamer la vape aux deuxièmes et troisièmes vagues, au nom de la protection des adolescents avec le hashtag #ProtectKids. Aux États-Unis, la vente de produits de vapotage est interdite aux moins de 21 ans depuis février. Les pods ne sont plus disponibles que dans les goûts tabac et menthol. Seules les fioles de liquide aromatisé restent disponibles légalement.

Le tabagisme des lycéens américains divisé par trois depuis 2011

Cette campagne prend place alors que le tabagisme des lycéens américains s'est écroulé de 15,8 % en 2011 à 5,7 % en 2019. Une analyse en détail sur le vapotage, à partir des données 2018 de l’enquête NYTS, montre que 20,8 % des lycéens disent avoir vapoté au moins une fois au cours du dernier mois, mais près des trois quarts d’entre eux de manière occasionnelle. Parmi les 5,8 % de lycéens vapoteurs fréquents (usage au moins 20 jours dans le mois), l’extrême majorité avait précédemment déjà fumé. Reste que la part de vapoteurs chez les lycéens américains augmente sensiblement depuis 2017 selon ce suivi.

Campagnes perverses

Plusieurs études pointent des effets contre-productifs des campagnes anti-vape ciblant les ados depuis 2016. Des clips, dont celui de Darren Aronofsky en 2018, ont suscité des jeux d’attraction-répulsion, tandis que les mots d’ordre d’abstinence provoquent l'attendue réactance. Une analyse de leur impact sur les jeunes à travers Instagram, publiée dans Frontiers in communication en janvier, montre l’échec de ces campagnes.
« Je ne pense pas que ce message soit efficace. C’est une façon super sophistiquée de nous rappeler que la nicotine crée une dépendance. Je m’imagine en train de scroller sur mon téléphone cherchant à m’amuser, et là, le clip anti-vape de la FDA veut me dire ce que je dois faire », un adolescent américain à propos du clip d’Aronofsky dans l’étude de Frontiers in communication
De même, le matraquage médiatique du terme « épidémie » a généralisé l’idée d’une mode. « Si l’objectif est de décourager un comportement, le pire message qu’une annonce de service public puisse envoyer est que “tout le monde le fait” », souligne l’analyse de Michelle Minton, du Competitive Enterprise Institute.

Philanthro-bizness

Pour beaucoup, cet effet contre-productif chez les jeunes était prévisible. Mais la cible réelle des campagnes n’est-elle pas plutôt l’adhésion inquiète des parents? Le recrutement des parents trolls par WomenOnline semble donner corps à cette lecture. L'opération sur les réseaux sociaux est commanditée par l’organisation Campaign for tobacco-free kids (CTFK), qui dispose de 160 millions $ spécialement dédiés à l’interdiction des liquides aromatisés de vape. En cherchant le bailleur de fonds initial dans l’enchevêtrement de poupées russes financières, on aboutit à l’entreprise Bloomberg Philanthropies LLC, propriété du multimilliardaire Michael Bloomberg.


Bloomberg Philanthropies LLC a le statut de Limited Liability Company (LLC), société à responsabilité limitée américaine. La compagnie de « philanthropie » a bien un but lucratif. L’entreprise peut s’adonner au lobbying et à des actions politiques. Elle n’est pas soumise aux restrictions concernant les délits d’initiés ni à l’obligation d’un quota d’aide à des causes caritatives, contrairement aux fondations.

Opacité financière

« Une LLC ne nécessite pas non plus les mêmes types de divulgation de documents fiscaux publics, et le couple [Zuckerberg-Chan] peut choisir de débourser tout profit de la LLC comme bon lui semble. À tous ces égards, la LLC agit davantage comme un véhicule d’investissement privé », expliquait le New York Times à propos de la création de la Chan Zuckerberg Initiative LLC au Delaware en décembre 2015.

Sarah Reckhow, de l’Université du Michigan, estime dans son livre Follow the money que les LLC en « philanthropie » constituent une évolution antidémocratique rendant toute recherche indépendante impossible à leur propos. Par ailleurs, lors de sa très brève campagne aux primaires démocrates, Michael Bloomberg a refusé de présenter sa déclaration de revenus. Ne levant aucun des doutes que l’on peut légitimement nourrir  sur ses activités.

En lien avec les rumeurs conspis ?

On peut se demander les éventuels liens entre cette campagne, les rumeurs conspirationnistes liant coronavirus et vapotage, nées sur les sites chinois puis répandues aux Etats-Unis, et enfin l'intensification ces dernières heures de la diffusion de fausses informations sur le vapotage et les risques de contamination. Les diffuseurs semblent liés au cercle d'influence de Michael Bloomberg. Mais cela pourrait n'être qu'un effet de halo... (?)

Philanthropie Potemkine

Pour résumer, la campagne sur les réseaux sociaux à l’apparence de parents inquiets sera en réalité une opération de trolls recrutés par un cabinet de marketing. Le prétexte d’une épidémie de vapotage chez les ados ressemble plus à mouvement d’évitement du tabagisme qu’à un coronavirus. Des activités autoproclamées de philanthropies sont le fait d’entreprises à but lucratif aux finances opaques. Tout cela prenant pied dans un contexte d’élection, de jeux d’écritures comptables et d’effets contre-productifs établis chez les jeunes des campagnes menées par ces lobbys.

[Mise à Jour 18-03-2020 à 14h30] WomenOnline a annulé l'opération rémunérée en dernière minute, officiellement en raison de l'épidémie de Covid-19. "Comme nous l'avons mentionné dans nos e-mails de notification concernant la campagne suspendue, nous ne faisons rien officiellement en tant qu'agence aujourd'hui", explique un mail de l'agence de marketing. [/]

D’autres éléments de la nébuleuse toile d’entreprises « philanthropiques » de Michael Bloomberg sur le terrain du tabac me semblent étranges. Mais ce sera pour de prochains billets...

L’émission Spreaker du 10 février dernier sur Bloomberg :


dimanche 15 mars 2020

Covid-19 "Une opportunité de fermer les tabacs et ouvrir les vapeshops" pour le Pr Polosa

« C’est le bon moment de fermer les tabacs et de pousser des milliers de fumeurs à dire au revoir à la cigarette, et pour promouvoir la possibilité de passer aux produits à risques réduits ». Le 12 mars, le Pr Riccardo Polosa, fondateur du Centre d’excellence sur la réduction des risques (CoEHAR) de Catania, prenait le contre-pied de l’avis de l’Administration des douanes et du monopole du tabac (AAMS) de fermer les vapeshops et laisser ouverts les bureaux de tabac en Italie. « Je ne suis pas d’accord avec ce choix alors que des millions de fumeurs sont forcés de rester chez eux avec leurs proches, forcément exposés à la fumée secondaire », explique le chercheur italien.  

Le droit à la réduction des risques plutôt qu'aux cigarettes

« Au lieu de cela, nous aurons plus de fumeurs qui fument pour surmonter l’anxiété et la peur générées par la propagation du coronavirus et des milliers d’utilisateurs de vapotage qui risquent de retomber dans leurs anciennes mauvaises habitudes. Je pense qu’il est injuste de priver les fumeurs de la possibilité de passer à des produits moins nocifs, et encore plus injuste de laisser des milliers de vapoteurs recommencer à fumer. Une règle générale de santé publique devrait être de garantir l’accès aux outils alternatifs pour arrêter définitivement de fumer », poursuit le professeur de médecine à l’Université de Catania.

Ne pas engorger artificiellement les hôpitaux

« Il y a des personnes atteintes de maladies respiratoires qui ont connu une amélioration significative de leur état de santé, passant du tabagisme au vapotage. Les faire recommencer à fumer pourrait entraîner une détérioration rapide de leurs symptômes respiratoires avec pour conséquence de surcharger le système de santé national, qui est déjà à la limite », argumente le Pr Riccardo Polosa qui a mené nombre de recherches sur le sujet depuis une décennie. Le CoEHAR reçoit une aide financière de la Fondation pour un monde sans fumée (FSFW) de Dereck Yach, très critiquée par les lobbys financés par Michael Bloomberg comme le site TobaccoTactics

Le Gouvernement italien laisse les vapeshops ouverts

Contre la circulaire de jeudi de l’administration fiscale, le Gouvernement italien a finalement donné en partie raison à l’approche de réduction des risques en ne forçant pas la fermeture des magasins de vape, mais en laissant tout de même ouverts les tabacs. « La revente de cigarettes électroniques et de produits d’inhalation liquides relève des catégories d’entreprises exclues de l’obligation de suspendre et/ou de clôturer et relève de la définition de vente de produits pour fumeurs. La vente est autorisée à la fois si elle est effectuée dans des bureaux de tabac ordinaires et si elle est effectuée dans des commerces de quartier autres que des bureaux de tabac, à condition qu’il s’agisse de magasins spécialisés dans la vente exclusive de cigarettes électroniques et de produits d’inhalation liquides »

En France, décision de fermeture sous réserve...

Ce matin, le Gouvernement français a décrété qu’en raison de l’épidémie, « il y a lieu de fermer les lieux accueillant du public non indispensables à la vie de la Nation tels que les cinémas, bars ou discothèques ; qu’il en va de même des commerces à l’exception de ceux présentant un caractère indispensable comme les commerces alimentaires, pharmacies, banques, stations-service ou de distribution de la presse »

Les deux associations de professionnels de vape indépendants, la fédération Fivape et le syndicat SIIV, ont pris contact avec les pouvoirs publics pour obtenir des clarifications, et le cas échéant une éventuelle dérogation favorable à la réduction des risques comme en Italie. Les services du Ministère de la santé ont promis une réponse d'ici la fin de la journée... A suivre donc...

Les professionnels rappellent la nécessité de consignes sanitaires. Le Vaping Post en a listées plusieurs avant que la phase 3 ne soit prononcée. Des systèmes de vente de type « drive-in », pour éviter au maximum les contacts, sont envisagés, tandis que les ventes par internet devraient pouvoir se poursuivre, sauf annonce d’un confinement général. Anecdote peu glorieuse, les Buralistes en colère se réjouissent de pouvoir ramener dans leur giron les vapoteurs. Une péroraison passablement inappropriée.

[MàJ] Lundi 16-03-2020 à 12h: En France, le texte du Journal Officiel de ce matin précise que les commerces, n'ayant pas caractère indispensables, doivent fermer jusqu'au 15 avril "sauf pour leurs activités de livraison et de retraits de commandes". Plusieurs magasins de vapotage mettent en place des systèmes à la "drive-in", avec commandes par téléphone ou mail. Puis expédier ou remettre avec les mesures recommandées, mais sans accueil des clients. Ceci peut dépanner les personnes en urgence, en particulier les gens qui viennent d'arrêter de fumer. [/]

En Suisse et en Belgique, pas d'info...

En Suisse pour le moment, aucune information n’a été dispensée sur le sujet. En Belgique, où les ventes à distance de produits de vapotage sont interdites, une mesure de fermeture des commerces poserait de graves complications aux vapoteurs. ...




mercredi 11 mars 2020

COVID-19: de la Chine jusqu'aux USA en passant par l'OMS, les mutations d'une fakenews complotiste anti-vape

Classique machiavélique : détourner l’attention de sa mauvaise gestion en trouvant un bouc émissaire. L’instrumentalisation des vapoteurs dans la communication de crise sur le coronavirus joue le même rôle des deux côtés du Pacifique dans leurs décors respectifs. Le dernier épisode américain, ce week-end a pris la voix du maire de New York Bill de Blasio accusant le vapotage de « rendre les gens plus vulnérables » au COVID-19. Il n’y a aucune donnée, aucune étude, absolument rien pour soutenir cela. Mais la théorie du complot incohérente qui lui a donné naissance trouve sa source sur les réseaux sociaux chinois avant d’avoir été répandue par des canaux de propagande du régime autoritaire de Pékin. 

Un vapoteur serait atteint du coronavirus

Dimanche dernier, l’agence Reuters lance le teaser : « De Blasio a déclaré lors d’une conférence de presse que les personnes qui fument ou vapotent sont plus à risque ». Le lendemain devant la presse, le maire revient avec une « preuve ». Un vapoteur new-yorkais de 22 ans serait atteint du coronavirus et hospitalisé. À ce moment-là, il y avait 113 582 cas de coronavirus détectés dans le monde, selon le suivi en temps réel de l’Université John Hopkins. Et donc un vapoteur parmi eux, selon le maire de New York. 

Soyons honnêtes, il est très probable qu’il ne soit pas le premier vapoteur atteint. Mais la caractéristique du vapotage n’apparaît pas dans les recueils statistiques du Covid-19. Une absence signifiant peut-être que les professionnels de santé ne l’ont pas identifié comme un aspect significatif et prépondérant dans l’épidémie. Quoi qu’il en soit, il n’y a aucune donnée pour soutenir qu’il y a une relation particulière, qu’elle soit protectrice ou aggravante, entre vapotage et coronavirus. En bon politicien, Bill de Blasio s’est simplement payé de mot pour distraire l’attention du public américain.

Rechute de l’OMS

Vecteur de diffusion à vocation pandémique, le Dr Alexey Kulikov, responsable des relations extérieures à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a répandu dans la foulée sur les réseaux sociaux, et semble-t-il, par messageries privées la déclaration du maire new-yorkais. On l’espérait guérie, après le scandale en janvier de sa page de fakenews sur le vapotage publiée avant d’être en partie corrigée. L’OMS avait même promis de veiller sur la communication à propos de la nouvelle épidémie de coronavirus. Mais, incorrigible, il n’aura fallu qu’une déclaration opportuniste de Bill de Blasio pour que son chargé de comm' russe rechute dans la fakenews trompeuse et manipulatoire.

Le vapotage est-il un complot américain contre la Chine?

Cependant, la déclaration du maire de New Yok n’est pas l’origine première de la rumeur. En réalité, la légende urbaine prend sa source dans une théorie du complot incohérente née sur les réseaux sociaux chinois puis propagée par le régime pour se disculper de sa gestion de l’épidémie. En Chine, explique dès le 2 mars le site américain Foreign Policy, « il y a eu un désir net de détourner la colère contre la bureaucratie pour la diriger vers un ennemi extérieur. L’étape suivante de la campagne de propagande a consisté à nier que le virus ait commencé en Chine ».

« L’idée que le virus est en réalité originaire des États-Unis » a été diffusée ces dernières semaines pour sauver la thèse que le régime autoritaire chinois est le meilleur protecteur de la population, y compris face au coronavirus. Des théories du complot ont ainsi prospéré sur les réseaux sociaux, avant d’être reprises par des médias chinois y compris en anglais, tels que le College Daily.

Les Américains ont-ils caché être atteints du Covid-19 depuis l’été passé ? 

Le Global Times, quotidien chinois en langue anglaise, donne le 2 mars une nouvelle dimension internationale à la campagne de propagande. Dans ses colonnes, le Dr Xiuyi Zhi, directeur du Centre du cancer du poumon de l’Hôpital de Pékin (BJU), explique soupçonner que la vague de pneumopathies du second semestre 2019 aux États-Unis, liées à des produits frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC, serait peut-être des cas de coronavirus.

« Xiuyi Zhi, également vice-président de l’Association chinoise de lutte contre le tabagisme, a remis en question les cas de mort subite de vapotage, laissant entendre qu’il pourrait y avoir d’autres causes. Il a dit qu’il est possible que ceux qui sont morts du vapotage puissent également être affectés par la grippe ou le coronavirus et il a appelé à des études », relate le Global Times. L’imagination a ses secrets que la rationalité a parfois des difficultés à percer. Mais ce ne sont pas les incohérences de la théorie qui peuvent effrayer les propagandistes anti-réduction des risques aux États-Unis. Ils en ont fait d’autres.

La fakenews traverse le pacifique

Hôte prédestiné à l’infection de fakenews, le fraudeur Stanton Glantz. Le Californien estimait par exemple, dans un article rétracté par le Journal of American Heart Association (JAHA), que les crises cardiaques qui se sont produites chez des personnes avant qu’elles ne vapotent sont tout de même causées par le vapotage. Une théorie où l’effet précède la cause imaginaire. 

Sans surprise, Stanton Glantz a donc repris la fakenews à sa sauce avec pour soutien des études douteuses sur des souris. Puis celle-ci a atteint le maire de New York Bill de Blasio. Déclaration dont le responsable des relations externes de l’OMS Alexey Kulikov s’est emparé pour tenter de lui donner l’allure de pandémie à travers les réseaux sociaux et les messageries privées.

En réalité, rien

« À propos du vapotage et du coronavirus, c’est tout ce que je peux dire, c’est-à-dire rien. Nous n’avons aucune preuve sur la façon dont l’utilisation du vapotage affecte l’infectiosité des coronavirus et la progression de la maladie », réagit lundi le Dr Konstantinos Farsalinos, cardiologue au Centre Onassis d’Athènes. 

Sur son blog, l’expert renommé du sujet du vapotage rappelle que le propylène glycol, un des principaux composants des liquides de vapotage, est bien connu pour ses vertus bactéricides et antivirales. « Il faut préciser que les études ne suggèrent aucun effet du propylène glycol sur la souche particulière de coronavirus (COVID-19) qui est liée à l’épidémie mondiale »

Viralité infauxdémique

Nul besoin d’être politologue chevronné pour voir l’usage éminemment politicien et opportuniste du bidonnage par les différents protagonistes. Régime chinois cherchant un bouc émissaire externe, fraudeur anti-réduction des risques répandant son habituel rideau de fumée, figure démocrate accentuant la pression sur la présidence Trump à quelques mois des élections et un ex-attaché du Consulat de Russie profitant de son poste à l’OMS pour souffler sur les braises. 

Le vapotage, la santé publique et même le coronavirus n’ont pas grand-chose à voir avec la trajectoire de cette infodémie. Cependant, à l’heure où les services hospitaliers sont débordés et que des professionnels de santé, comme en Italie, encouragent l’abandon de soin pour certains types de patients, prenons garde que cette farce ridicule ne soit pas un prélude à l’exclusion du droit aux soins des vapoteurs.

*Annexe : Et concernant le tabagisme ?

Bill de Blasio et Fraudster Glantz amalgament tous deux vapotage et tabagisme comme facteurs de risques aggravants les infections du coronavirus. Auparavant la rumeur inverse, attribuant un effet protecteur au tabagisme avait circulé de la même manière sur internet. En réalité, même si sur le tabagisme il existe des données, elles sont totalement insuffisantes à l’heure actuelle pour dire quelque chose de sérieux et en tirer une analyse robuste. 

Par exemple, l’étude publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM) sur 1099 malades chinois montre un taux de fumeurs infectés de 12,6 %. Bien moins que les 29 % attendus selon les taux de tabagisme de la population en général. Ceci n’a pas empêché, en passant sous silence cet élément fondamental, l’Alliance contre le tabac en France de communiquer sur le fait que parmi les infectés, les fumeurs sont plus susceptibles de présenter des formes plus sévères d’atteintes. 14 % des non-fumeurs ont une atteinte sévère contre 21 % parmi les fumeurs, tandis que les formes très sévères touchent 5 % des non-fumeurs infectés contre 12 % des fumeurs détectés. 

Mais il me semble assez évident qu’une confusion a pu se glisser. On peut par exemple supposer un biais d’autosélection où les fumeurs atteints de formes légères ne distinguant pas le symptôme de la toux du coronavirus de leur habituelle toux du fumeur ne sont pas allés se faire ausculter passant sous le radar de la détection. Ceci pourrait expliquer à la fois le faible ratio de fumeurs détectés avec le coronavirus et la part plus importante de forme sévère chez ceux-ci. Ce n’est qu’une hypothèse. Tirer des conclusions hâtives sur ces chiffres est du vent sans la moindre rigueur.

Propagande contre-productive

Puisqu’en définitive il ne s’agit que de propagande, je doute de cet usage opportuniste pour inciter les fumeurs à quitter la cigarette. Les antitabac vivent dans un monde en noir et blanc où ils s’opposent au Démon, dont les fumeurs sont possédés. Les aspects des dynamiques de changement, des risques d’apprentissage de l’impuissance par la répétition d’échecs, etc. sont des domaines humains qui ne les intéressent pas. Dans la vision du monde antitabac, le fumeur tient le rôle d’un aliéné vidé de sa consistance humaine.

Pourtant du côté de l’addictologie où les approches sont plus sensibles, subtiles et holistiques, le rôle des angoisses et peurs comme environnements psychologiques propices aux addictions ou usages problématiques est connu. Terroriser les fumeurs avec le coronavirus a peu de chance d’avoir d’effet positif massif sur les arrêts tabagiques consolidés à long terme. Et cette approche manipulatrice, et plutôt perverse en angoissant artificiellement le public ciblé, illustre un faible niveau de respect des personnes.


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