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samedi 21 mars 2020

Covid-19: la censure de Facebook connait un nouvel accès de fièvre, très orientée idéologiquement

Je ne pourrais peut-être pas diffuser ce billet sur Facebook. La plateforme commerciale m’a interdit temporairement de publication. Mon crime est d’avoir partagé, dans une conversation avec un ami, un article du journal 24 Heures sur les tests de la chloroquine contre le Covid-19 à l’hôpital de Lausanne. Facebook juge que ce contenu va à l’encontre de ses standards « en matière de violence organisée et apologie du crime ». Rien de moins. Je ne suis pas la première victime ces derniers jours des abus de la censure du réseau de Mark Zuckerberg. 

Critiques du CDC et de Stanton Glantz censurées

Par exemple, le partage d’un article du 16 mars de Reason, présentant une critique de la communication du Center of Disease Control (CDC) américain sur la notion d’épidémie, a été bloqué avec un prétexte du même ordre. Le Dr Philippe Arvers, médecin addictologue et tabacologue au Centre médical des armées (CMA) notamment, s’est vu interdire la diffusion d’un article de Vice sur les études douteuses de Stanton Glantz

Trois journalistes du site suisse Heidi.news ont vu leur posts censurés le 17 mars. Des articles concernant l’épidémie de Covid-19 sur BusinessInsider, BuzzFed, ainsi qu’un article à propos du film de témoignages italiens « 10 days » sur The Atlantic ont été empêchés de diffusion sur Facebook. « Le contenu de journaux établis et de sites tels que Politico, The Atlantic, USA Today, Vice, Business Insider, Axios et The Seattle Times. La plateforme de blogging Medium (qui gère une série de sous-sites dotés en personnel et édités) et le site de financement participatif GoFundMe sont également pris dans le filet », liste de manière non exhaustive un article d’Ars Technica

Juste un bug?

En guise d’excuse, Guy Rosen, vice-président de Facebook, regrette dans un tweet (!) un « problème avec un système automatisé qui retire des liens vers des sites abusifs, mais qui a retiré beaucoup d’autres posts aussi ». Il promet que tous les posts incorrectement censurés seront restaurés. Près de 500 tweets en réponses affirment que cela n’a pas été le cas. Et de toute évidence, cela continue comme mon propre exemple le montre. Guy Rosen n’a pas eu même la politesse de répondre à mon interpellation sur twitter.

Les « non-alignés »

L’excuse du bug de la part du responsable de la plateforme dévoile de fait un système de censure. Les cibles éveillent un doute. Bien que les sujets abordés soient différents — de la critique du CDC, dénonciation des fraudes de Stanton Glantz, témoignages directs de la population italienne, recherches sur la chloroquine face au Covid-19 —, il semble se dessiner un fil rouge entre les cibles de la censure de Facebook. 

Elles sont ce que les cadres de l’OMS appellent des propos « non-alignés ». L’expression vient de Vinayak Prasad, ex-haut fonctionnaire indien et directeur de l’Initiative pour un monde sans tabac de l’OMS financé par la Bloomberg Philanthropies Company LLC, qui l’a utilisé dans Politico le 6 février dernier. Il visait avec ce terme l’approche britannique de réduction des risques face au tabagisme, à laquelle l’OMS, Bloomberg et les intérêts du tabac indien s’opposent.

Une seule vérité : celle de l’OMS

Peu de temps avant cette nouvelle vague de censure, Facebook avait annoncé vouloir serrer la vis contre la liberté d’expression au nom de la lutte contre les fausses informations. Un communiqué le 19 mars a précisé le plan. « Nous commencerons également à supprimer le contenu contenant de fausses allégations ou des théories du complot qui ont été signalées par les principales organisations mondiales de santé et les autorités sanitaires locales et qui pourraient nuire aux personnes qui les croient », explique Kang-Xing Ji, responsable santé de Facebook.

La mesure de censure prétend viser les fakenews, mais y incorpore tout ce que les « principales organisations mondiales de santé » trouvent dérangeant. Il y a là plusieurs problèmes. Celui du droit à la pluralité de l’information, la nécessité d’une confrontation d’idées face à la crise, notamment avec des scientifiques hétérodoxes comme le Pr Didier Raoult, et moteur de la science. Mais également d’énormes problèmes de conflit d’intérêts financiers et de politiciens à quelques mois d’une échéance électorale aux États-Unis

Facebook se métamorphose-t-il en Wechat?

L’opportunité offerte par l’épidémie de coronavirus à Faceboook de se transformer en Wechat, le réseau social chinois censuré en temps réel, est inquiétante. « Afin d’échapper au système de cybercensure le plus sophistiqué au monde, les internautes chinois n’ont d’autre choix que d’inventer leur propre vocabulaire afin de débattre de “sujets sensibles”. Notamment la gestion de l’épidémie de coronavirus par le gouvernement », explique Amnesty International dans un article sur la Chine ce 16 mars.

De fait. il semble de plus en plus évident que les utilisateurs de Facebook devront trouver des astuces similaires pour pouvoir encore exprimer des informations « non-alignées » sur la doxa de l’OMS. Parler de vapotage, de réduction des risques, et visiblement de la chloroquine, etc. fait déjà courir le risque d’être censuré et banni de la plateforme. 

Les intérêts des compagnies « philanthropiques » et pharmaceutiques

L’intérêt commercial d’un vaccin, plutôt qu’une solution avec une molécule tombée dans le domaine public telle que la chloroquine, est assez évident. D’où émerge un soupçon sur les logiques de censure et les liens d’intérêts entre l’OMS, les compagnies pharmaceutiques et les firmes « philanthropiques » telles que la Chan Zuckerberg Initiative LLC ou la Bloomberg Philanthropies Company LLC. 

La proximité idéologique et d’affaires entre le propriétaire de Facebook et l’oligarque puritain Michael Bloomberg, parrain financier de l’OMS et lancé dans la bataille des élections américaines, multiplie et entrecroise les conflits d’intérêts de manière ahurissante. Or Mark Zuckerberg a déjà démontré, notamment à l’occasion de l’affaire Cambridge Analytica, son absence de loyauté envers le public.

La liberté d’informer : un bien non-essentiel?

Même le très conformiste journal le Monde s’inquiète du risque de dérive liberticide liée à la crise du coronavirus. « S’il est, en effet, une liberté publique essentielle pour lutter contre une épidémie de façon précoce, et donc efficace, c’est la liberté d’informer », souligne Catherine Vincent dans un article sur les libertés publiques à l’épreuve du Covid-19

On peut évidemment avoir en mémoire l’épidémie en 1918 de la « grippe espagnole » qui porte ce nom en raison de la censure militaire qui s’exerçait partout sauf en Espagne. Seuls les journaux espagnols avaient pu parler des ravages du virus, qui a tué probablement près de 100 millions de personnes dans le monde. 

Délayer la question, le temps de mettre en place le cadenas

Le retard de deux mois d’information fiable par les dirigeants chinois au début de l’épidémie de Covid-19, couvert et enrobé par la communication du Dr Tedros, directeur général de l’OMS, est un des facteurs, sans être le seul, de l’impréparation des pays européens à l’épidémie. « On aura tout le temps après cette crise pour revoir son historique », esquive Sylvie Briand, directrice de département à l’OMS, au journal le Monde

Mais pendant ce temps-là, Facebook et l’archipel d’influence de l’OMS et de ses parrains mettent en place le dispositif de verrouillage de communication, procédant à une quasi-réécriture de l’histoire en temps réel. Et de pousser aux mesures les plus autoritaires et liberticides dans la veine idéologique de son état-major.

Une élite sclérosée

Au-delà de l’information factuelle nécessaire à la protection, un autre ravage de la censure est la sclérose de la pensée unique. La crise du Covid-19 dévoile à ce titre un peu plus l’état d’une pensée atrophiée et monolithique à l’OMS, qui ne se sert du terme de science qu’à titre d’élément de langage marketing pour ses décisions

L’exclusion par l’OMS de Taiwan, pays démocratique au système de santé efficace et équitable, est révélatrice de cette sclérose. Le pays est celui qui a su le mieux juguler l’épidémie de Covid-19 avec une centaine de contaminés et deux décès. Parce qu’il ne s’est pas fait enfumer par l’OMS, selon les déclarations de ses responsables. Le pays a pris des mesures dès le 31 décembre. Cette semaine, le Financial Times a révélé que Taiwan avait prévenu l’OMS en décembre de l’essor d’une épidémie de coronavirus en Chine. Et l’OMS a enterré l’information, jusqu’à fin janvier.

Silence sur Taiwan

Taiwan a opéré des dépistages, confinements des personnes atteintes et une quarantaine pour les personnes arrivant de l’étranger, sans tenir compte des données biaisées diffusées par l’OMS. Au 20 mars, le bilan est de deux décès pour une centaine de personnes détectées avoir été infectées à Taiwan. Le contraste est saisissant avec la situation de pays comme l’Italie qui ont cru les informations délivrées par l’OMS.

Le résultat de cette crédulité est un état d'urgence moyenâgeux en dernier recours face à l'impréparation. « Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés », se désole Jean-Dominique Michel, anthropologue de santé, dans un blog essentiel à lire.

À suivre, mais ce sera ailleurs que sur Facebook...

Ces questions ne seront pas ouvertement débattues sur Facebook, sous peine d’être banni. Seule la version officielle de la vérité, selon l’église de l’OMS, y aura sa place. La chape de plomb qui se met en place à l’occasion de l’épidémie de Covid-19 risque de réduire à long terme la capacité de débat et de recherche hors des dogmes de la poignée de dirigeants de l’OMS.

À six mois de la COP9 anti-tabac de l’OMS, où l’alliance des intérêts économiques de l’oligarque Bloomberg et du tabac indien vont tenter de nouveau de faire interdire le vapotage, nous devrions nous en inquiéter.

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