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samedi 30 novembre 2019

Des élèves démontrent que publier une fraude sur la vape dans Tobacco Control est un jeu d'enfant

Faire brûler une vaporette, mesurer les toxiques générés par ce mésusage et en tirer la conclusion que vapoter est nocif. La fraude n'est ni nouvelle, ni originale. David Peyton, de l'Université de Portland, a été le premier à dénicher le filon et réussir à médiatiser son arnaque mondialement en 2015. Cela lui a permis de décrocher des millions $ de financement pour poursuivre ses enfumages. Deux élèves de l'école privée de Bucknell dans l'Arizona viennent de ré-éditer la chose, cette fois en mesurant le monoxyde de carbone dégagé par un atomiseur Cleito de marque Aspire avec une résistance pré-faite en acier de 0,2 Ohms. Cette résistance est prévue pour recevoir une puissance de 65 à 70 watts, comme il est clairement indiqué sur la résistance. Les deux élèves l'ont poussé jusqu'à près de trois fois cette puissance maximum. Les résultats et l'interprétation survoltés n'ont eu aucun mal a être publiés dans la revue Tobacco Control du BMJ. C'est là le principal enseignement de cette étude.

Science à la Bloomberg: brûler une résistance, affirmer des inepties

En dessous de la plage de puissance prévue pour la résistance Cleito, l'étude n'a mesuré aucun dégagement de monoxyde de carbone. Au-dessus, la résistance en surpuissance a vaporisé un volume de liquide plus important que ce que les fibres ne pouvaient lui amener. Et donc ce sont les fibres elles-mêmes qui ont commencé à être brûlées. Comme toute combustion de matière solide, cela a généré un processus oxydatif qui a pris la forme de monoxyde de carbone. Phénomène de chimie très basique. Ce qui est tout à fait extra-ordinaire, "révolutionnaire" affirme l'étude publiée dans Tobacco Control, c'est l'interprétation donnée.

D'une part, les auteures semblent persuadées que les vapoteurs peuvent vraiment inhaler le gaz toxique qu'elles ont produit en faisant brûler la résistance du Cleito. D'autre part, elles affirment montrer que l’arôme du liquide utilisé à un rôle dans le niveau de production de monoxyde de carbone du vapotage. Celui mentholé produirait plus de CO, selon leur interprétation ésotérique... On a beau savoir que l'étude vient d'un pays où une large part de la population est convaincue du créationnisme, de la terre plate, voire qu'il y a des reptiliens au pouvoir, on en reste un peu pantois.

En pratique: évite le dry-hit

Le mésusage de dépasser la puissance nécessaire est connu depuis dix ans par les vapoteurs. Parce qu'en pratique, c'est absolument dégueulasse à inhaler et que tout le monde apprend à l'éviter. Cela porte le petit nom de dry-hit, bouffée sèche. Pour une personne sceptique au fait que les vapoteurs ont une connaissance pratique et une maîtrise de leur usage sur ce point, il y a un test assez simple pour vérifier l'éventuelle pertinence de cette étude. Quelle est la quantité de monoxyde de carbone, qui devrait être plus élevée que pour un non-fumeur si l'on croit cette étude, dans l'air expiré par des vapoteurs? La réponse est largement documentée: le taux de ppm de CO expiré par un vapoteur est similaire à celui d'un non-fumeur. Quelques ppm, généralement liées à la pollution de l'air.

Techniques de propagande maoïstes

Que deux jeunes élèves fassent cette erreur peut s'excuser. Que leur prof de chimie, la Dr Dabrina Dutcher ne leur explique pas leur erreur, est ahurissant d'incompétence. Mais que celle-ci soumette un article à partir de cette erreur pour affirmer que la production de monoxyde de carbone dépend de l'arôme du liquide utilisé, et que ce torchon soit publié par la revue Tobacco Control, cela relève de la fraude scientifique. Et par la responsabilité de leur prof et de la rédactrice-en-chef de Tobacco Control, les noms des deux jeunes élèves restera attacher à cette arnaque.

Le choix de la rédactrice-en-chef de Tobacco Control, Ruth Malone, d'instrumentaliser de cette manière des jeunes, en guise de boucliers humains médiatiques, pour créer du buzz et diffuser une telle fraude est moralement immonde. "C’est très excitant de voir nos recherches faire les manchettes des journaux", explique une des deux jeunes élèves sur le site de son école. Cela rappelle évidemment la manipulation des enfants chinois dans le triste épisode de la révolution culturelle sous Mao Tse-Toung. La corruption par les millions $ de l'oligarque Bloomberg fait définitivement perdre toute décence.

Ce que nous apprend cette publication:
  • faire publier une fraude contre le vapotage dans Tobacco Control (BMJ) est un jeu d'enfant
  • une jeune étudiante est avant tout intéressée par faire publier sa photo dans les journaux
  • Ruth Malone a perdu ce qui lui restait de décence


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