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samedi 30 novembre 2019

Des élèves démontrent que publier une fraude sur la vape dans Tobacco Control est un jeu d'enfant

Faire brûler une vaporette, mesurer les toxiques générés par ce mésusage et en tirer la conclusion que vapoter est nocif. La fraude n'est ni nouvelle, ni originale. David Peyton, de l'Université de Portland, a été le premier à dénicher le filon et réussir à médiatiser son arnaque mondialement en 2015. Cela lui a permis de décrocher des millions $ de financement pour poursuivre ses enfumages. Deux élèves de l'école privée de Bucknell dans l'Arizona viennent de ré-éditer la chose, cette fois en mesurant le monoxyde de carbone dégagé par un atomiseur Cleito de marque Aspire avec une résistance pré-faite en acier de 0,2 Ohms. Cette résistance est prévue pour recevoir une puissance de 65 à 70 watts, comme il est clairement indiqué sur la résistance. Les deux élèves l'ont poussé jusqu'à près de trois fois cette puissance maximum. Les résultats et l'interprétation survoltés n'ont eu aucun mal a être publiés dans la revue Tobacco Control du BMJ. C'est là le principal enseignement de cette étude.

Science à la Bloomberg: brûler une résistance, affirmer des inepties

En dessous de la plage de puissance prévue pour la résistance Cleito, l'étude n'a mesuré aucun dégagement de monoxyde de carbone. Au-dessus, la résistance en surpuissance a vaporisé un volume de liquide plus important que ce que les fibres ne pouvaient lui amener. Et donc ce sont les fibres elles-mêmes qui ont commencé à être brûlées. Comme toute combustion de matière solide, cela a généré un processus oxydatif qui a pris la forme de monoxyde de carbone. Phénomène de chimie très basique. Ce qui est tout à fait extra-ordinaire, "révolutionnaire" affirme l'étude publiée dans Tobacco Control, c'est l'interprétation donnée.

D'une part, les auteures semblent persuadées que les vapoteurs peuvent vraiment inhaler le gaz toxique qu'elles ont produit en faisant brûler la résistance du Cleito. D'autre part, elles affirment montrer que l’arôme du liquide utilisé à un rôle dans le niveau de production de monoxyde de carbone du vapotage. Celui mentholé produirait plus de CO, selon leur interprétation ésotérique... On a beau savoir que l'étude vient d'un pays où une large part de la population est convaincue du créationnisme, de la terre plate, voire qu'il y a des reptiliens au pouvoir, on en reste un peu pantois.

En pratique: évite le dry-hit

Le mésusage de dépasser la puissance nécessaire est connu depuis dix ans par les vapoteurs. Parce qu'en pratique, c'est absolument dégueulasse à inhaler et que tout le monde apprend à l'éviter. Cela porte le petit nom de dry-hit, bouffée sèche. Pour une personne sceptique au fait que les vapoteurs ont une connaissance pratique et une maîtrise de leur usage sur ce point, il y a un test assez simple pour vérifier l'éventuelle pertinence de cette étude. Quelle est la quantité de monoxyde de carbone, qui devrait être plus élevée que pour un non-fumeur si l'on croit cette étude, dans l'air expiré par des vapoteurs? La réponse est largement documentée: le taux de ppm de CO expiré par un vapoteur est similaire à celui d'un non-fumeur. Quelques ppm, généralement liées à la pollution de l'air.

Techniques de propagande maoïstes

Que deux jeunes élèves fassent cette erreur peut s'excuser. Que leur prof de chimie, la Dr Dabrina Dutcher ne leur explique pas leur erreur, est ahurissant d'incompétence. Mais que celle-ci soumette un article à partir de cette erreur pour affirmer que la production de monoxyde de carbone dépend de l'arôme du liquide utilisé, et que ce torchon soit publié par la revue Tobacco Control, cela relève de la fraude scientifique. Et par la responsabilité de leur prof et de la rédactrice-en-chef de Tobacco Control, les noms des deux jeunes élèves restera attacher à cette arnaque.

Le choix de la rédactrice-en-chef de Tobacco Control, Ruth Malone, d'instrumentaliser de cette manière des jeunes, en guise de boucliers humains médiatiques, pour créer du buzz et diffuser une telle fraude est moralement immonde. "C’est très excitant de voir nos recherches faire les manchettes des journaux", explique une des deux jeunes élèves sur le site de son école. Cela rappelle évidemment la manipulation des enfants chinois dans le triste épisode de la révolution culturelle sous Mao Tse-Toung. La corruption par les millions $ de l'oligarque Bloomberg fait définitivement perdre toute décence.

Ce que nous apprend cette publication:
  • faire publier une fraude contre le vapotage dans Tobacco Control (BMJ) est un jeu d'enfant
  • une jeune étudiante est avant tout intéressée par faire publier sa photo dans les journaux
  • Ruth Malone a perdu ce qui lui restait de décence


vendredi 29 novembre 2019

En secret, le Maroc va t-il condamner à la cigarette ses 5,5 millions de fumeurs avec une taxe assassine sur la vape?

Cent dirhams marocains (DH), soit près de 10€, de taxe ajoutés pour une fiole de 10 ml de liquide nicotiné à plus de 10 mg/ml. Au Maroc, une nouvelle Taxe Intérieure de Consommation (TIC) sur les liquides de vapotage pourrait massacrer l'alternative à risque réduit à partir du 1er janvier prochain. Selon le site d'information Medias24, dans la nuit du 12 au 13 novembre, la Commission des finances de la Chambre des représentants a adopté un amendement à la loi des finances 2020 pour instaurer une taxe progressive contre les liquides de vapotage. Trois Dirhams (DH) par millilitre sans nicotine, 5 DH/mL sur ceux nicotinés jusqu'à 10 mg/mL, et 10 DH/mL au-delà de 10 mg/mL. L'information n'est pas accessible au public sur le site du Ministère des finances qui ne présente que la version sans amendement de la loi de finances 2020, mais une pétition a été lancée dans l'urgence par des vapoteurs marocains.

Une taxe antisociale pour empêcher les moins riches d'arrêter de fumer

A l'opposé de la promesse de Mohamed Benchaâboun, Ministre des finances, "de bâtir un modèle de développement basé sur la solidarité, la parité et l’égalité entre les différentes régions et catégories sociales", l'ajout de cette TIC anti-vapoteurs transformerait le moyen d'arrêter de fumer en produit d'ultra-luxe, alors qu'en comparaison le paquet de cigarettes Marquise coûte 21,5 DH (~2€)). Cet amendement à la loi de finances 2020 délivrerait au public un message en faveur du maintien dans le tabagisme avec une taxe d'autant plus punitive que le vapoteur est dans une démarche de sevrage tabagique et nécessite un liquide plus concentré en nicotine.
https://secure.avaaz.org/fr/community_petitions/M._le_Ministre_de_l_Lannulation_de_taxe_interieure_de_consommation_sur_la_cigarette_electronique/?emhJIUhb&utm_source=sharetools&utm_medium=email&utm_campaign=petition-811685-Lannulation_de_taxe_interieure_de_consommation_sur_la_cigarette_electronique&utm_term=hJIUhb%2Bfr&fbclid=IwAR2qnvvSL0hnZBIsYnNHV3Hx5ldi4u2yzjrd0V1TcyEAsumD5yEz_-XJUdE
Pétition Non à la TIC contre la vape au Maroc
"Cet amendement a été introduit par le groupe de la majorité. L’idée était initialement de taxer également l’appareil et la batterie de la cigarette. Au final, seule la taxation du liquide a été validée", rapporte Medias24, le site d'information économique marocain. En réaction, une pétition sur Avaaz contre cette taxe assassine a été lancée par des utilisateurs du moyen d'arrêter de fumer. En dépit du peu de médiatisation de la mesure anti-vapoteurs, elle a dépassé le millier de signatures en quelques heures.

Une pétition s'oppose à la taxe inique

"Le vapotage ne produit pas de fumée , pas de monoxyde de carbone, pas de goudrons. Cette taxe n'est point justifiable contre un produit de consommation courante qui n'est pas un produit de tabac et qui réduit massivement les dommages à la santé par rapport au tabac fumé", explique la pétition adressée à Mohamed Benchaâboun, Ministre de l’Economie du Royaume du Maroc.

Le vapotage qui a permis à plus de 7,5 millions d'Européens de sortir du tabagisme, dont au moins 700'000 français à long terme, pourrait pourtant être un outil utile au Maroc. Le Royaume détient le triste record du taux de tabagisme le plus élevé des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord (MENA). Plus de 5,5 millions de marocains fument. Mais accros aux taxes tabac, qui représentent plus de la moitié (56%) du prix du paquet, les autorités marocaines ne prennent que des mesures cosmétiques sur le sujet.

Plus de 5,5 millions de marocains fument

Le vapotage s'est donc profilé, à partir de 2013, en moyen d'auto-soutien pour des fumeurs marocains abandonnés aux cigarettes par les pouvoirs publics. Les autorités marocaines, comme on peut le lire dans cet article au ton peu indépendant, avaient réagi en dénigrant le vapotage pour protéger le tabagisme. Mais les arrêts tabagiques et l'amélioration de santé des utilisateurs se sont transmis hors des canaux d'information officiels, en témoignages directs. 

Par ailleurs, internet a permis de contourner le black-out des médias marocains sur les recherches scientifiques, tel que les rapports du Public Health England et du Royal College of Physicians, ou la récente étude clinique, parue dans le New England Journal of Medecine, attestant d'une efficacité du double du vapotage face aux substituts pharmaceutiques pour arrêter de fumer.

La doctrine Bloomberg contre l'arrêt du tabac à l'aide de la vape

Cependant aucune association de défense ni propre aux utilisateurs ni de professionnels indépendants du vapotage n'a encore réussi à se constituer dans la durée au Maroc. Cette nouvelle taxe inique contre le vapotage montre que la majorité au parlement a opté pour l'intérêt financier au détriment de la santé publique et décidé d'ignorer la science au profit de la ligne idéologique anti-réduction des risques de l'oligarque Michael Bloomberg, le multi-milliardaire qui a acheté un récent rapport ultra-médiatisé contre la vape présenté à l'OMS

Un succès de la pétition lancée par les vapoteurs marocains à l'attention du Ministre des finances, pourrait changer la donne et constituer un premier acte en vue d'une reconnaissance des utilisateurs et des professionnels du moyen de réduction des risques. A défaut, il est à craindre que, d'une part, les ventes sur le marché noir ne se développent encore plus, et d'autre part, le tabagisme et son cortège de maladies et de morts ne se maintiennent au Maroc.


mardi 26 novembre 2019

En Estonie, taxes et interdiction des arômes de vape ont engendré un vaste marché noir

"Selon les estimations les plus conservatrices, le marché noir des produits de vapotage en Estonie s’élève à 62%, et jusqu'à 80% selon d'autres estimations". Le député estonien Tarmo Kruusimäe a demandé jeudi dernier au Parlement de réviser l'interdiction des arômes pour la vape et la surtaxe inique qui entraîne cette situation, selon le site de la radio et télévision publiques d'Estonie ERR. Le Ministère des finances a reconnu un soucis et prépare une analyse d'ici fin janvier pour la présenter au Parlement. Tandis que le Ministère des affaires sociales refuse de prendre en considération le problème. L'Estonie est un des seuls (sinon le seul, sous réserve) pays de l'Union Européenne à interdire la vape aromatisée et l'un des 14 pays à avoir instauré une taxe anti-vapoteurs.

Causes à cet essor du marché noir, l'interdiction des liquides aromatisés et une surtaxe de 20 cts par millilitre, soit 2€ ajoutés au prix d'une fiole de 10 mL. En comparaison, le prix du paquet de cigarettes est vendu toutes taxes comprises autour de 3€50. En réaction aux mesures anti-vape, la plupart des vapoteurs optent pour des liquides aromatisés et bien moins chers en provenance de l'étranger, selon l'élu. 

Un marché noir florissant grâce aux taxes et restrictions anti-vape

La situation pousse aussi bon nombre à confectionner eux-mêmes leurs liquides, sans visibilité sur la qualité et la convenance pour la vape des arômes qu'ils se procurent sur le marché parallèle. "La prolifération du marché noir a aussi rendu les cigarettes électroniques plus facilement accessibles aux jeunes. Les papiers d'identité ne sont pas demandés au marché noir", précise l'élu, également membre du groupe parlementaire pour une Estonie sans fumée, au site d'information estonien Ärileht.

Siiri Suutre, porte-parole du Ministère des Finances, confirme à Merilin Pärli, de l'ERR, que le marché noir est un problème. "On peut reconnaître que le député Tarmo Kruusimäe soulève un problème causé, d'une part, par l'interdiction de la vente de liquides de vapotage aromatisés et, d'autre part, par la taxation actuelle des produits de vapotage autorisés", précise Siiri Suutre. 

Le Ministère des finances va étudier le dossier

Mais il tempère la demande d'agir rapidement du député favorable aux moyens de réduction des risques face au tabagisme. "Au Trésor, nous pouvons avant tout nous attaquer à la question des taxes. Cependant, il n’est pas sage d’apporter des changements à la réglementation et à la fiscalité à la hâte". Le Ministère des finances s'est engagé à présenter un rapport de situation d'ici fin janvier.

En attendant ce rapport des services de l'Etat, l'évaluation du marché noir annoncée par le député Tarmo Kruusimäe s'appuie sur l'écart entre les taxes récoltées, officiellement en 2018 sur 5'543 litres de liquide de vapotage, et une estimation de consommation entre 14'000 et 28'000 litres pour près de 13'000 vapoteurs quotidiens recensés par l'enquête 2018 de l'Institut national de santé. Une enquête du cabinet d'Etude de marché des pays baltes avait pour sa part estimé à près de 14'000 les vapoteurs au quotidien et 45'000 en y ajoutant les usagers occasionnels en Estonie en octobre 2018. 

Jeudi, le porte-parole du Ministère des finances avouait ne pas connaitre le bilan comptable après près de deux ans de la mise en vigueur de la taxe anti-vapoteur. Le député Tarmo Kruusimäe soupçonne que les frais de bureaucratie sont extrêmement élevés en regard des maigres taxes perçues.

Pour le Ministère des affaires sociales, la vape n'est qu'une alternative au tabac

De son côté, le Ministère des Affaires sociales continue de vouloir croire que la politique de taxes actuelle atteint ses objectifs. "Le vapotage n'est qu'un produit alternatif aux produits du tabac. Il n'est pas une aide pour arrêter de fumer", assène Aive Telling, responsable de la santé environnemental et de la sécurité chimique du Ministère des affaires sociales. Pourtant à son origine, la taxe anti-vapoteur avait été promue par les autorités pour protéger les ventes de tabac. Le pays balte comptait près de 23% de fumeurs selon l'Eurobaromètre en 2017.

lundi 25 novembre 2019

Un vapoteur Suisse a été malade en 2018: le Blick Tobacco et les anti-vapes toujours plus ridicules

Ce dimanche, le Blick a refait son coup préféré de la panique à partir de rien. En l’occurrence, un vapoteur aurait eu des problèmes respiratoires en 2018, et il aurait consulté à l'hôpital de Schaffhouse. Voilà. C'est la totalité des informations contenu dans l'article du Blick sur cette histoire. Le directeur de la pneumologie de l'hôpital de Schaffhouse ajoute qu’il ne s’agit pas d’un cas suspect lié à la cigarette électronique mais que c'est "assez clair".

Qu'a eu précisément le vapoteur pour que les médias nous en parlent? Fabian Eberhard, le journaliste du Blick, n'en sait rien. L'hôpital de Schaffhouse protège le secret médical. Mais cela ne l'a pas empêché de titrer son article: "Un second fumeur d'e-cigarette Suisse était à l'hôpital avec une intoxication". Ah..! En somme, il a eu le tort d'arrêter de fumer des cigarettes des sponsors du Blick. Qui agrémente son article d'un sur-titre aguicheur sur les décès de pneumopathies aux Etats-Unis, mensongèrement attribués au vapotage.

Le seul lien avec la vape, c'est la putasserie des médias Suisses

Le Blick, et les médias romands comme le Matin qui reprennent l'enfumage, passent sous silence que ce sont des produits frelatés du marché noir, où ont été poussés des consommateurs de cannabis par la prohibition, qui est la cause des malades aux Etats-Unis. Bien que même le Center for Disease Control a reconnu avec quatre mois de retard le rôle d'adultérants, notamment de l'huileuse vitamine E, dans les pneumopathies américaines.

Rien n'indique qu'il y a la moindre ressemblance entre les cas américains et le premier soi-disant cas médiatisé par le gourou anti-vape Macé Schuurmanns, la veille du vote au Conseil des Etats d'une taxe anti-vapoteurs. Comme le relève Phil Scheck, dans un billet en réaction à l'article du Blick, "la Télévision suisse-allemande SRF a dû admettre dans une déclaration sur son programme "Puls", dans laquelle le Dr Schuurmanns avait rapporté ce cas, qu'il n'y avait aucune indication fiable d'un cas d'EVALI [acronyme des cas de pneumopathies aux Etats-Unis] ni même un lien avec le vapotage en général dans cette histoire". Ceci n'empêche pas le Blick et les autres médias pro-cigarette de faire de nouveau l'amalgame à l'occasion de ce papier complètement vide et stupide.

Chasse aux sorcière pour protéger le only-tobacco cigarette en Suisse

De son côté, Laurent Nicod, président de l'Association des pneumologues, demande un fichier des vapoteurs en Suisse. Nous aussi, on veut bien que ce dossier médical soit examiné par des tierces parties. Mais qui va faire ces analyses au moment où Macé Schuurmanns et ses amis lobbyistes font la chasse aux sorcières contre les scientifiques s'intéressant à la réduction des risques face au tabagisme en Suisse?  Coupes des financements et loi du silence imposée aux chercheurs intéressés à une approche de réduction des risques face au tabagisme sous peine de se faire calomnier et flinguer sa carrière en Suisse.

Cette chasse aux sorcières et l'alliance entre cigarettiers et puritains rappellent évidemment l'histoire du Snus en Suisse. En 1991, sous le slogan "la nouvelle drogue qui va tuer nos enfants", le Blick était déjà le journal qui avait lancé une grande campagne de panique contre le Snus pour soutenir son interdiction demandée, au nom de la lutte anti-tabac, par Peter Hess, député démocrate-chrétien. Dix ans plus tard, une enquête de journalistes britanniques révélait que Peter Hess était en secret un agent de British American Tobacco (BAT). 

Les assassins associés

Aujourd'hui, on sait aussi que la Suède a divisé par quatre le taux des cancers liés au tabagisme, grâce au report sur la consommation de Snus de plus de 3/4 des fumeurs durant cette période. En réalité, c'est donc sa prohibition, jusqu'à mai dernier, qui a probablement tuer une partie des fumeurs Suisses. 9'500 personnes meurent du tabagisme chaque année en Suisse. Le Blick et les puritains en ont leurs parts de responsabilité. Les cigarettiers, les pharmaceutiques et leurs lobbyistes, ainsi que le Département de l'Intérieur continuent d'encaisser l'argent sanglant, sans aide pour les fumeurs qui tentent de s'en sortir.


samedi 23 novembre 2019

En Allemagne aussi, la peur du vapotage gagne du terrain en faveur au tabagisme

91% des fumeurs interrogés début novembre en Allemagne ne veulent plus essayer le vapotage. Seuls 5% des fumeurs d'une enquête de Forsa, sur un panel représentatif de plus de 2008 allemands, envisagent de le faire. Au niveau de la population générale, y compris les non-fumeurs, l'enquête recense 57% qui croient que vapoter est aussi ou plus nocif que de fumer. Cette peur augmente encore lorsque la question porte sur le vapotage avec nicotine: 77% pensent que le vapotage est très nocif lorsqu'il contient de la nicotine. 

92% des ex-vapoteurs retournés à la cigarette l'ont fait par peur

Effet direct de la campagne de panique orchestrée depuis cet été: 92% des ex-vapoteurs qui se sont remis à fumer expliquent que c'est la peur qui les a repoussé vers le tabagisme. "Le niveau d'information de la population est extrêmement préoccupant", réagit Michal Dobrajc, président de la l'association des professionnels de l'e-cigarette VDEH qui a mandaté l'enquête. "C’est une évolution fatale et ici, une chance pour la santé publique est inutilement perdue", précise le représentant des PME de la vape en Allemagne, pour soutenir la revendication de son association: 
"Les autorités sanitaires et politiques allemandes doivent impérativement s'acquitter de leur obligation d'éduquer la population plus clairement et plus rapidement!"
Outre un manque flagrant d'information sur la réduction des risques, le quotidien Welt souligne que le public allemand, qui compte plus de 28% de fumeurs, n'est pas correctement informé des différences entre la situation américaine et européenne. D'une part, les médias n'ont pas clairement expliqué que les pneumopathies aux Etats-Unis sont liées à des liquides frelatés du marché noir vendus pour être au THC, sans lien avec le vapotage conventionnel. D'autre part, le public européen n'est pas conscient des dispositions réglementaires de sécurité sur les produits en vente en Europe.

Evolution similaire à la France

Moins détaillé, un sondage BVA, commandé par l'association Sovape et réalisé début septembre en France, montre une évolution similaire avec 59% des français croyant que vapoter est aussi ou plus nocif que fumer. Là aussi, les autorités sanitaires et politiques font preuve d'une absence de prévenance à l'égard de la population en laissant la désinformation et les fakenews se répandre sans borne.

S'il est indéniable que les autorités politiques, des deux côtés du Rhin, fuient leurs responsabilités sur le sujet, il faut reconnaître que la campagne menée par les lobbys en faveur du maintien du tabagisme a été particulièrement efficace. L'oligarque milliardaire Michael Bloomberg peut féliciter ces sbires médiatiques et autres influenceurs pour avoir répandue l'épidémie de la peur et du doute pour condamner les fumeurs à la cigarette et aux maladies qui en découlent.


vendredi 22 novembre 2019

Une hypothèse fumeuse sur l'origine d'une pneumopathie au Canada devient une certitude à buzz anti-vape pour l'AFP

C'est répétitif et du coup, un peu lassant à débunker. Un travail d'un niveau scientifique proche de la cave devient un buzz affolant dans la presse grand public, via l'emballage trompeur de l'AFP. En l’occurrence, une suite d'hypothèses douteuses présentées par des médecins canadiens dans la revue du Canadian Medical Association Journal (CMAJ) devient un diagnostic établi sous la plume de l'AFP. Dépêche reprise sans vérification ni distance critique par divers médias francophones. Le papier des médecins canadiens, publié avant-hier avant révision par des pairs, présente le cas d'une pneumopathie d'un adolescent de 17 ans, pris en charge en hôpital durant 47 jours, avec une assistance respiratoire et un traitement aux corticoïdes, avant de rentrer chez lui. La phrase la plus importante du texte médical est "le mécanisme exact de l'atteinte et l'agent causal sont inconnus"

Tout le reste du texte doit se lire à partir de cette ignorance et être interprété pour une hypothèse. A l'opposé de toute loyauté pour le lecteur et d’honnêteté intellectuelle, l'AFP transforme l'hypothèse, mal fondée comme nous allons le voir, en buzz. Rappeler aux journalistes de l'AFP les devoirs des journalistes de la charte de Munich est inutile, ils ne savent pas qu'elle existe.

Inférence inversée sur un postulat branlant

L'hypothèse de Simon T. Landman et de ces confrères est que le jeune homme a subi une bronchiolite oblitérante à cause de son vapotage, qu'il utilisait depuis 5 mois, parce que des liquides contiendraient du diacétyle. N'étant pas en mesure de faire une biopsie chirurgicale des bronchioles, "ceci nous a amenés à considérer la possibilité d'une exposition toxique par inhalation de vapotage comme la cause de la bronchiolite aiguë et, étant donné l'exposition aux composés aromatisants des e-liquides, nous avons fait le postulat que la bronchiolite oblitérante pourrait s'être développé chez ce patient", précisent les médecins. Oui,  c'est ça: une hypothèse puis un postulat sur la maladie même, avec une inférence inversée entre deux. Bingo au concours de paralogisme.

Or plusieurs éléments font énormément douter de cette construction hypothétique. Dans l'ordre logique, leur première hypothèse est que le malade est atteint d'une bronchiolite oblitérante. Les médecins canadiens appuient ce postulat sur l'analyse des images des poumons du malade, qui montrent une inflammation sévère. On ne sait pas pourquoi, les médecins canadiens ont décidé que ces images écartent le diagnostic de pneumopathies similaires à celles des jeunes américains avec les liquides frelatés à la vitamine E du marché noir de produits au THC. Pourtant, dans plusieurs cas des malades américains, les images des poumons présentent des signes similaires à celui du jeune canadien.

Pour assurer un diagnostic de bronchiolite oblitérante, les médecins auraient du faire une biopsie chirurgicale des bronchioles. C'est délicat et dangereux pour le patient, et on peut comprendre qu'ils aient abandonner ce test. Mais sur la base de ce qu'ils ont à disposition, leur hypothèse n'est qu'une hypothèse et le point le plus important est que "le mécanisme exact de l'atteinte" reste "inconnu".

Cachez ce liquide frelaté que je ne saurais voir

Or, un élément essentiel plaide pour prendre en considération l'autre hypothèse d'un possible rôle d'un liquide frelaté. Cet élément est tout simplement que le patient a expliqué vapoter des liquides traficoté avec du THC. Pourquoi les médecins écartent cette piste et n'ont pas analysé le liquide supposément au THC ajouté par le jeune? Comment être sûr qu'il n'a pas inhalé des adultérants tels que la vitamine E ou des lipides ou des pesticides, comme aux Etats-Unis, à travers ça? Le postulat des médecins canadiens les a condamné à ne pas considérer cette possibilité.

Sur la base de leur postulat douteux, mais pas impossible, d'une bronchite oblitérante, ils ont décidé de traquer la présence de diacétyle dans les liquides vapotés par le jeune homme. Dans leur papier, ils disent en avoir trouvé. Mais ils ne donnent aucune précision ni sur les liquides, ni sur les doses. Une source dont je dois conserver l'anonymat pour préserver sa sécurité - les représailles contre les scientifiques osant ne pas se conformer aux mots d'ordre anti-vape devenant fréquentes et violentes* - confirme que des analyses montrent que deux des onze concentrés utilisés par le jeune homme pour confectionner ces liquides de vape contiennent des doses minimes de diacéthyl. 

Les vapoteurs sont-ils humains ? La science s'interroge

Il est extrêmement improbable que les doses relevées dans deux des concentrés, qu'il est nécessaire de diluer pour les vapoter, puissent générer des taux de diacétyle inhalé au dessus des normes de sécurité avec un usage réaliste. Sur ce point, l'article de Joseph Allen, cité en référence par les médecins canadiens,  publié en 2015 dans Environnemental Health Perspectives avait postulé un vapotage en continu similaire au volume respiré. Or, faisons-en la révélation, mais les vapoteurs respirent entre deux bouffées. Ils restent des humains, même si les anti-vape en doutent fortement de toute évidence. 

Les taux mesurés de diacétyle (2,3 butanedione) dans 38 liquides sur 51 - et non dans tous contrairement à ce que prétend l'AFP - de cette étude de 2015 montraient en moyenne, 9 parts par milliard dans les aérosols dégagés par les vapoteuses. Soit avec une consommation réaliste, environ 750 fois moins que dans la fumée de cigarette, qui n'a jamais été liée de manière causale à une bronchiolite oblitérante. Et 8700 fois moins que les taux relevés dans l'usine de pop-corn où des ouvriers ont été touchés par une bronchiolite oblitérante en 2000 (780 parts par million dans la salle de mélange).

A l'époque, les vapoteurs avaient fait pression avec succès pour limiter au minimum le diacétyle dans les liquides. La plupart des producteurs ont changé leur composition ou disparus. En Europe, la norme AFNOR le limite drastiquement d'ailleurs. Cependant, à l'exception d'un liquide américain à la pêche plus dosé, les liquides testés par Harvard en 2015 dégageaient des aérosols contenant moins de diacétyle (pour ceux qui en avaient) que le fumet d'une tasse de café. Ce qui nous amène à revenir sur un dernier point troublant du papier des médecins canadiens.

Fast-food, fake-science et bullshit-media?

A travers leur construction hypothétique, ils en arrivent à accuser le vapotage conventionnel, en dépit de l'usage de produits du marché noir douteux par le jeune homme. Et cette accusation pointe la présence de diacétyle dans des liquides, sans donner les mesures qu'ils ont fait. Mais les médecins canadiens ne se sont pas intéressés aux conditions de travail du jeune homme. Or, celui-ci bosse dans un fast-food. Les frites surgelées, les pains et les gâteaux des fast-foods notamment sont connus pour contenir des doses importantes de diacétyle.

Et pourtant, ils n'ont pas essayé de mesurer le taux de diacétyle dans l'air ambiant du lieu de travail auquel est exposé le jeune homme. Hum... Croient-ils vraiment à leur hypothèse ? En tout état de cause, une hypothèse peut être soumise à discussion dans le cadre scientifique. Mais qu'elle devienne une vérité diffusée sans précaution ni distance critique minimale médiatiquement est déontologiquement honteux pour les journalistes et pour les médecins à l'origine de cette mésinformation.

*A propos des représailles contre des scientifiques et chercheurs sur le sujet, l'exemple du harcèlement de Marewa Glover en Nouvelle-Zélande est évoqué par le Pr Jean-François Etter dans son analyse sur la Fondation Smoke-Free World à la Royal Society dont la vidéo est en ligne.

mercredi 20 novembre 2019

Duterte ordonne oralement l'interdiction totale du vapotage aux Philippines

Il aura fallu moins d'une semaine entre l'annonce du projet de loi et sa validation orale par Duterte. Jeudi dernier, la députée Sharon Garin, du parti AAMBIS-OWA, annonçait avoir déposé le projet de loi 5099 exigeant l'interdiction totale du vapotage aux Philippines. "Sharon Garin explique aussi que sa proposition vise à protéger les petits producteurs de tabac susceptibles d'avoir subi des pertes suite à la demande croissante de cigarettes électroniques, généralement considérées comme une alternative «plus sûre» et «moins nocive» aux produits du tabac conventionnels", relatait alors CNN Philippines le 14 novembre

"Juges, je ne vous obéirais pas", Duterte

Hier matin, le Président Rodrigo Duterte a validé oralement l'interdiction en conférence de presse (voir vidéo plus bas): "J'interdis le vapotage. Son importation et son utilisation". Le despote sanglant, dont l'addiction aux opioïdes de synthèse ne semble pas avoir disparu, a insisté sur le caractère "toxique" du vapotage, affirmant que cela "cause le cancer". "Ce vapotage, ils disent que c'est électronique. Ne me donnez pas cette connerie. Mieux vaut l'arrêter, je vais ordonner votre arrestation si vous le faites dans une pièce...", rapporte le journal Straits Times

Ce matin, à une commémoration du camp militaire Aguinaldo, le Président Duterte a ajouté qu'il n'obéirait pas à la Cour suprême si elle invalide la constitutionnalité de cette prohibition: "Juges, je vous préviens, ne donnez pas d'ordonnances restrictives aux Douanes, ou à la Garde côtière. Je n'obéirai pas à votre ordre"

Opération de police contre les vapoteurs

Dans la foulée, la police a lancé une opération "de répression à l'échelle nationale visant les équipements de vapotage à la suite de l'ordre verbal du président Rodrigo Duterte d'arrêter les personnes utilisant des cigarettes électroniques dans des lieux publics", rapport le même CNN Philippines ce matin

Les policiers peuvent appréhender tout vapoteur pris en flagrant délit de vapotage dans un lieu public, l'emmener au commissariat et lui saisir son matériel de vapotage. Le lieutenant-général Archie Gamboa, responsable de la Police Nationale ajoute "que les contrevenants ne seront ni détenus, ni tenus de payer des amendes jusqu'à ce qu'une ordonnance écrite soit émise". La base légale pour punir les contrevenants fait pour le moment encore défaut.

La conférence de presse de Duterte, mardi où il annonce la prohibition totale du vapotage aux Philippines:


Commission Européenne: les Etats n'ont relevé aucun problème, mais certains vont en créer en interdisant des arômes de vape

Il n'y a pas de problème de pneumopathie lié à la vape en Europe, mais comptons sur les bureaucrates pour en créer. En résumé, c'est ce qui ressort du compte-rendu de la réunion le 15 octobre dernier du groupe de travail de l'Union Européenne sur la 3ème révision de la directive des produits du tabac et du vapotage (TPD) mis en ligne avant-hier. Le groupe de travail réunissant un représentant de chaque Etat membre était encadré par pas moins de douze bureaucrates de la Commission Européenne SANTE, désormais dirigée par Stella Kyriakides. Malgré la demande du député européen Christian Busoï (national-libéral, Roumanie) en ce sens, aucun parlementaire ne semble y avoir assisté, selon le compte-rendu de séance (en anglais seulement). A notre connaissance, aucune organisation indépendante d'usagers n'a été consultée pour ce travail de révision du texte réglementaire qui les concerne au premier chef.

Pas de problème signalé...

Le sujet du vapotage, prévu d'être abordé en sous-groupe spécial vape le 28 novembre, a été avancé en raison des "récents développements aux USA" . "Aucun cas similaire à ceux trouvés aux États-Unis n'a été signalé parmi les États membres de l'Union Européenne dans l'une ou l'autre des portails de sécurité (RAPEX) ou ICSMS", annonce Thea Emmerling, qui préside cette séance du 15 octobre au nom de la Commission SANTE.

Aucune mention de l'impact du vapotage ayant favorisé la baisse du tabagisme en Europe n'est évoqué dans le compte-rendu. Il est précisé qu'un travail sur le vapotage - "effets sanitaires, cessation et initiation" - du Comité scientifique sur la santé, l'environnement et les risques émergents (SCHEER) est en cours, avec un rapport final attendu pour septembre ou octobre 2020.

Le compte-rendu spécifie que la Commission a rappelé aux représentants des Etats membres "que la responsabilité de réglementer les arômes (y compris l'interdiction) reste entre les mains des États membres (selon le considérant 47 de la TPD). Les États membres peuvent également utiliser les dispositions de l'article 24 (3) de la TPD pour appliquer la législation sur les médicaments". Le considérant 47 de la TPD précise que "toute interdiction de ces produits aromatisés devrait être justifiée et la notification soumise conformément à la directive 98/34/CE du Parlement européen et du Conseil".  

... mais des prohibitions d'arômes déjà en route

Le compte-rendu poursuit: "Certains États membres ont déjà mis en place une interdiction des arômes et d'autres États membres envisagent de mettre en œuvre une telle interdiction. Un État membre a présenté son rapport national d'expérience et l'approche en matière de mise en œuvre de leur interdiction des arômes". Le texte ne précise ni de quels Etats il est question, ni les justifications apportées pour se conformer au considérant 47 de la TPD. Ces informations sont pourtant dignes d'intérêt pour le public. Mais on a déjà pu constater l'hostilité et la déloyauté des bureaucrates européens envers le public. Par exemple lors de la dernière consultation publique sur le projet de taxes anti-vapoteurs: avant, pendant et après.

Il faut donc espérer le développement de la plateforme européenne des défenseurs de moyens de réduction des risques face au tabagisme ETHRA, pour que les usagers soient informés. Créée en septembre, l'ETHRA n'a pas encore une banque de données très étoffée. Selon son fil des news, l'Irlande discute d'une interdiction des arômes. Par ailleurs, sans prohibition totale des arômes, les Pays-Bas ont déjà interdit depuis juillet la vente de tout liquide de vapotage, aromatisé ou non et avec ou sans nicotine, en contenant de plus de 10 ml, provoquant le recours à l'achat d'arômes de pâtisserie par les utilisateurs pour contourner la restriction absurde. Des prohibitionnistes néerlandais appellent à interdire totalement le vapotage pour ne laisser que les cigarettes en vente.

La prohibition, origine toxique des pneumopathies américaines

Face à la tentation des prohibitions, il semble pertinent de rappeler l'origine de la crise sanitaire américaine, ce qui n’apparaît pas dans le compte-rendu du groupe de la Commission Européenne. Les pneumopathies aux Etats-Unis ont été provoquées par des produits frelatés, notamment avec de la vitamine E, vendus comme étant au THC. Près de 39 décès et plus de 2000 personnes atteintes de pneumopathies ont été recensées par le Center for Disease Control (CDC) depuis cet été. 

Une prohibition des arômes, en plus de favoriser le tabagisme, créerait une situation potentielle de mise en danger du public par la perte de contrôle de la qualité des produits sur le marché noir ou des achats "à l'aveugle" d'arômes pas forcément compatibles avec le vapotage. Alors que des organismes tels que l'AFNOR essaient d'établir des normes les plus sures en réunissant les différentes parties prenantes au sujet - professionnels de santé, professionnels du secteur et usagers -, des Etats européens sabotent de manière irresponsable la situation. Ils ne s'y prendraient pas autrement s'ils cherchaient à programmer la mort d'utilisateurs. Et la probabilité que cela frappe des jeunes inexpérimentés est forte. 

Les bureaucrates plus préoccupés par l'initiative Vaping is not tobacco

La Commission et les représentants des Etats, laissés anonymes dans le compte-rendu au public, "ont convenus de continuer à suivre la situation et d'approfondir les discussions lors du prochain sous-groupe sur les cigarettes électroniques, le 28 novembre 2019". Avant ce prochain rendez-vous, la Commission a informé le groupe de "l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE), 'Demandons une réglementation plus intelligente du vapotage !'. Le groupe a discuté de préoccupations selon lesquelles certains aspects du processus de l'Initiative pourrait contrevenir aux dispositions pertinentes de la TPD sur la publicité, la promotion et la vente de cigarettes électroniques". Le groupe a chargé la Commission d'écrire aux responsables de l'ICE.

Lancée fin avril, l'ICE "Vaping is not tobacco" demande "à l'Union européenne de créer un cadre réglementaire unique séparant les produits du vapotage des produits à base de tabac", selon le texte de l'initiative sur son site. L'ICE est soutenue par des associations de professionnels de vape, mais aussi par des cigarettiers, dont Imperial Brands, et des associations d'utilisateurs. La présence de cigarettiers a freiné certaines associations d'usagers et de professionnels indépendants, qui n'avaient pas été consultés à la création de l'initiative et craignent notamment son instrumentalisation pour imposer l'interdiction des produits ouverts, telle que désirée par plusieurs cigarettiers.


samedi 16 novembre 2019

Etude: Une nette amélioration cardiovasculaire pour les fumeurs qui passent au vapotage dés le premier mois

"La fonction vasculaire s'est nettement améliorée moins d'un mois après être passée de la cigarette de tabac fumée au vapotage", souligne le Pr Jacob George, de l'Université de Dundee, qui a dirigé la recherche nommée VESUVIUS - pour Vascular Effects of Regular Cigarettes Versus Electronic Cigarette Use. Publiée hier dans le Journal de l'American College of Cardiology, c'est la plus grande étude sur les effets cardiovasculaires pour les fumeurs qui passent au vapotage effectuée à ce jour. 

L'équipe de l'Université de Dundee (Ecosse) a mesuré plusieurs indicateurs cardio-vasculaires clefs de 114 fumeurs - d'au moins 15 cigarettes par jour depuis au moins deux ans - durant un mois. Les deux groupes qui sont passés au vapotage, l'un avec des liquides nicotinés à 16 mg/ml (37 personnes), l'autre sans nicotine (37 personnes), ont vu la mesure de la capacité de dilatation des vaisseaux (flow mediated dilation - FMD), ou fonction vasculaire (ou endothéliale), significativement s'améliorer après un mois. Le troisième groupe témoin (40 personnes) qui a continué de fumer n'a sans surprise pas évolué.

Près de 20% de risques d'accidents cardio-vasculaires en moins après un mois

"Pour mettre en contexte, chaque point d'amélioration de la fonction vasculaire entraîne une réduction de 13% du taux d'événements cardiovasculaires tels que les crises cardiaques [selon une étude précédente]. Chez ceux passés de la cigarette de tabac fumée au vapotage, nous avons constaté une amélioration moyenne de 1,5 points en un mois seulement. Cela représente une amélioration significative de la santé vasculaire", précise le Pr Jacob George, dont l'étude a été financée par la British Heart Foundation.

Les résultats n'ont pas montré de différence notable entre le groupe de vapoteurs avec (1,44 points d'amélioration) et celui sans nicotine (1,52 points d'amélioration). Par contre, parmi les vapoteurs, ceux qui se sont le plus tenus à un usage exclusif du vapotage, mesuré par le taux de monoxyde de carbone (CO) expiré, "ont le plus bénéficié en termes d'amélioration de la fonction endothéliale", caftent les chercheurs dans leur papier.

Un non-fumeur en bonne santé peut s'attendre à un score FMD de 7,7%, explique le site New Scientist"Les fumeurs chroniques qui sont passés au vapotage avec nicotine ont vu leur FMD augmenter d'environ un cinquième, passant de 5,5% à 6,7% à la fin du mois. Cela signifie qu'en l'espace d'un mois, les nouveaux vapoteurs étaient à mi-chemin du niveau FMD d'un non-fumeur en bonne santé".

Des effets positifs plus nets chez les femmes et les fumeurs moins anciens

Le nombre d'années de tabagisme a un impact sur la régression des méfaits après l'arrêt avec le vapotage. Ceux ayant fumé durant moins de 20 ans ont eu une amélioration plus nette, avec des baisses de la rigidité vasculaire et du rythme cardiaque au repos, que les plus anciens fumeurs. "Cela suggère que la tendance à une baisse de la pression artérielle dans les groupes de vapoteurs pourrait être importante. Des études à plus long terme sont nécessaires pour déterminer s’il existe une réduction statistiquement et cliniquement significative de la pression artérielle lors du passage de la cigarette de tabac au vapotage en raison de l’amélioration de la rigidité vasculaire", précise l'étude.

"Les femmes aussi ont bénéficié significativement plus que les hommes d'opter pour le vapotage, et nous en cherchons toujours les raisons", ajoute le Pr Jacob George. Les auteurs insistent que leur étude montre une amélioration rapide de la fonction vasculaire pour les fumeurs chroniques passant au vapotage et "suggère donc que d'un point de vue vasculaire, le vapotage pourrait être une alternative moins nocive à la cigarette de tabac. Mais il n'y a aucune justification ni preuve dans nos travaux pour affirmer que le vapotage est sûr en soi et, par conséquent, les non-fumeurs ne devraient jamais les considérer comme des dispositifs inoffensifs à essayer".

Interview (2 mn) du Pr Jacob George qui a dirigé l'étude:

Une étude majeure

Le Pr Jeremy Pearson, directeur médical de la British Heart Foundation qui a commandité l'étude, rappelle que le tabagisme est un des risques majeurs cardiovasculaires. "Cette étude suggère que le vapotage peut être moins nocif pour les vaisseaux sanguins que de fumer des cigarettes. Un mois à peine après avoir abandonné le tabac pour les cigarettes électroniques, la santé des vaisseaux sanguins des gens avait commencé à se rétablir", note t-il à Eurekalert. 

"Enfin, voici une étude randomisée chez l'homme qui fournit des données pertinentes sur le sujet. Les fumeurs qui passent au vapotage bénéficient d'avantages cardiovasculaires importants - ou, pour être plus précis, évitent les risques cardiovasculaires du tabagisme. Fait important, les avantages sont les mêmes pour le vapotage avec ou sans nicotine", souligne le Pr Peter Hajek, de l'Université Queen Mary de Londres, sur le Science Media Center

"Bien que nous ayons récemment entendu beaucoup d'histoires sur la manière dont les cigarettes électroniques et la nicotine pourraient aggraver la santé cardiaque, ces études s'étaient concentrées sur des données à très court terme et nombre d'entre elles ne sont pas réalisées chez l'homme. Cette étude devrait rassurer, car elle a étudié plus de personnes et les a suivies plus longtemps que nombre d'études récemment publiées", appuie la Dre Jamie Hartmann-Boyce, de l'Université d'Oxford et rédactrice en chef du groupe tabac de l'institut Cochrane.

[add 12h] Le Pr Konstantinos Farsalinos, cardiologue au Centre Onassis d'Athènes, souligne sur son blog hier soir que "des améliorations de la fonction vasculaire ont été observées même chez ceux qui n'avaient pas complètement arrêté de fumer mais avaient considérablement réduit leur consommation de tabac. Il s'agit d'un autre élément d'information important, en particulier pour ceux qui insistent sur le fait que le double usage (qui inclut les vapoteurs qui fument encore une cigarette par jour ou pas tous les jours) n'a aucun avantage ou peut être associée à un risque plus élevé que de fumer uniquement".

A l'opposé, la Dr Rose Marie Robertson, responsable scientifique de l’American Heart Association (AHA), a déclaré à Fox News que "l'étude est bien faite, mais ses conclusions comportent d'importantes mises en garde. Par exemple, un certain nombre de facteurs sont restés inchangés chez les fumeurs qui ont changé de mode, notamment les marqueurs de l'inflammation et la réactivité plaquettaire". L'American Heart Association vient de lancer une grande campagne publicitaire contre l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage aux Etats-Unis, intitulée "Big Vape #QuitLying". L'organisation financée par le lobby pharmaceutique accuse notamment les vapoteurs de mentir lorsqu'ils disent avoir arrêté de fumer. [/]

Dans le Guardian, Deborah Arnott, directrice de l'Action on Smoking and Health (ASH), insiste que "les vapoteurs ne devraient pas être poussés par la peur à reprendre le tabac, cela leur coûterait la vie". Malgré l'importance de cette étude et du sujet en terme de santé publique, nous n'avons pas vu pour le moment de couverture à son propos dans la presse francophone...

Le Pr Konstantinos Farsalinos, du centre Onassis d'Athènes, a présenté vendredi (en 15 mn) l'état des connaissances - sans les résultats de cette dernière étude - sur la question des risques cardiovasculaires du vapotage au 7ème Ecig Summit à la Royal Society de Londres (en anglais avec la pointe d'accent grec):


jeudi 14 novembre 2019

Raphaël, le jeune belge, est-il décédé à cause du mépris des autorités envers les associations d'usagers? [MàJ]

A ne pas avoir pris la peine d'écouter l'avertissement des associations européennes de réduction des risques, les autorités ont-elles fait preuve d'une négligence mortelle? Raphaël P. est décédé ce 6 novembre aux clinique Saint-Luc de Bruxelles. Selon la presse locale, le jeune belge de 18 ans aurait succombé à des complications pulmonaires ayant provoqué une insuffisance respiratoire. Les analyses médicales sont en cours. 

Cependant devant le parlement, Maggie De Block, la Ministre de la santé belge, affirme que le "lien avec la cigarette électronique est établi. Il n'y a chez ce patient aucune autre explication pour une pneumonie aussi grave". Le père de la victime donne des précisions sur son usage du vapotage. En mai, le jeune avait reçu une vaporette. "Il ne l’a utilisé que deux semaines environ. Après, il s’est mis à fumer. Vers la mi-septembre, il a testé du CBD par vapoteuse avec son frère et sa mère. Eux n’ont rien eu", précise Thierry P., le père de la victime, au journal SudPresse. 

Les analyses médicales sont en cours

"Nous ne possédons pas encore les résultats des analyses pour Raphaël mais, de tous ces éléments, il nous semble logique de recommander une extrême prudence dans l’utilisation de la vapoteuse et certainement de produits contenant des dérivés du cannabis", précise de son côté le Pr Luc-Marie Jacquet, responsable du service d'infectiologie des cliniques de Saint-Luc de Bruxelles.

L'accident était-il évitable? 

Si l'hypothèse d'une pneumopathie liée au vapotage de liquide à base de CBD, comme insiste lourdement la presse belge, se confirmait alors l'absence de réaction des autorités à l'avertissement de l'European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA) publié le 5 octobre dernier pourrait être synonyme de négligence grave. 

Le 5 octobre l'ETHRA avertissait de produits dangereux en Europe

Le regroupement des associations de défense de la réduction des risques et des droits des usagers avait prévenu de la présence en ligne de vente à destination d'acheteurs européens de produits avec de l'huile et de la vitamine E. "Les liquides contenant des huiles ou de l'acétate de vitamine E sont potentiellement nocifs, même pour une utilisation à court terme", insistait alors le communiqué de l'ETHRA.

Ayant constaté l'absence totale d'intérêt et de réaction, malgré plusieurs tentatives de militants pour faire retirer de la vente en ligne des produits problématiques, j'avais relancé la problématique à travers un billet le 24 octobre. Sans aucune réaction, ni intérêt des autorités. Juste l'habituel mépris bureaucratique et l'absence de consultation des principaux concernés et défenseurs des usagers. Aujourd'hui, le site américain qui vend en ligne depuis la Pologne des vape-pens remplis d'huile et de vitamine E est toujours actif  [edit 15-11-2019 à 1h] a rendu le produit problématique  indisponible à la vente. [/]
Aujourd'hui, même le CDC reconnait que la vitamine E des produits du marché noir est impliquée dans les pneumopathies aux Etats-Unis.
Pourtant entre temps, le Centre for Disease Control (CDC) américain a confirmé que les décès consécutifs à des pneumopathies aux Etats-Unis sont tous liés à des produits contenant de la vitamine E. "Ces analyses apportent la preuve directe que l'acétate de vitamine E est le principal responsable de lésions dans les poumons", a assuré Anne Schuchat, directrice adjointe des CDC. Une analyse qui arrive quatre mois, et plusieurs milliers de malades supplémentaires, après les alertes et éclairages sur le sujet des utilisateurs aux Etats-Unis.

L'acétate de vitamine E est une substance sur une base huileuse utilisée par les dealers pour tromper les usagers sur la qualité des produits au cannabis. Nous avions insisté en août et septembre sur cette origine des problèmes. Une analyse qui avait reçu le commentaire de théorie "fumeuse" par le Journal International de Médecine (JIM). C'était au moins une forme de réaction. Celles des autorités, les défenseurs des droits des usagers de moyens de réduction des risques les attendent toujours.


mercredi 13 novembre 2019

Réactions de scientifiques à l'étude allemande qui a "identifié" l'acroléine comme toxique chez des souris

Une étude publiée ce matin dans l'European Hearth Journal, montre un effet cardiovasculaire du vapotage avec nicotine chez des fumeurs. Un fait bien connu et pas spécialement mieux éclairé par les chercheurs allemands, menés par le Dr Thomas Münzel, de l'Université de Mayence. La publication prétend aussi avoir identifié l’acroléine comme molécule toxique dans le vapotage. Sur cette accroche des médias français, comme l'Express, en discutent sans grand éclairage du contenu. 

Le fait que l'acroléine est toxique est aussi un fait connu depuis longtemps. Que ce soit dans la fumée de cigarette ou dans les émanations de cuisine, en particulier la cuisson frite à l'huile. L'étude sophistiquée met en relief l'effet de stress oxydatif de l'acroléine chez des souris en ayant inhibé chez certaines d'entre elles l'enzyme NADPH oxydase phagocytaire NOX-2. 

Mais un des problèmes méthodologiques qui se pose directement pour évaluer la pertinence de ces résultats est de savoir si les vapeurs qu'ont été forcées d'inhaler les souris ont été obtenu de manière réaliste dans cette étude. On sait qu'en faisant brûler par surchauffe ou fonctionnement à vide une vaporette, il y a moyen de produire des aldéhydes, dont l'acroléine, de manière artificiellement astronomique et irréaliste. Le matériel supplémentaire de l'étude publié ne permet pas de savoir précisément la manière dont la vaporette a été utilisé. Par exemple, la photo (ci-dessus) de l'installation ne montre pas clairement comment était disposée l'ego-C de Joyetech lors de l'utilisation.

[add du twitt de Xavier qui cite un aspect problématique de la méthodologie]

Les commentaires contrastés des scientifiques britanniques (aucun n'a de conflit d'intérêt), publiés en anglais par le Media Science Centre ce matin, m'ont semblé pertinents pour décrypter la valeur de l'étude et des articles de presse qui la médiatisent. Voici leur traduction:

Pr Peter Hajek, directeur de l'unité de recherche sur la dépendance au tabacà l'Université Queen Mary de Londres:
"Les auteurs ont détecté deux effets. Chez les fumeurs, la nicotine provenant du vapotage a produit un effet stimulant aigu typique, également observé après avoir bu du café, qui ne signale aucun danger en soi. 

Chez les souris et dans des échantillons de tissus, l'acroléine, une substance chimique qui peut être générée lorsque le liquide de vapotage est frit, a eu des effets plus dommageables. Cela ne concerne toutefois pas les vapoteurs humains. La friture d'un e-liquide produit ce produit chimique, mais produit également un goût aversif que les vapoteurs évitent. Les vapoteurs humains ont des niveaux d'acroléine similaires à ceux des non-fumeurs et beaucoup plus faibles que ceux des fumeurs."

Pr Ajay Shah, directeur de l'école de médecine cardiovasculaire et des sciences et professeur de cardiologie à la BHF du King's College de Londres:
"Cette étude montre de manière convaincante que l’utilisation de cigarettes électroniques chez les fumeurs de cigarettes entraîne une dégradation supplémentaire à court terme de la fonction de la paroi interne des vaisseaux sanguins - l’endothélium. 

Il est reconnu que la fonction anormale persistante de l'endothélium prédispose à long terme (plusieurs années) à la formation de plaques sur les artères pouvant entraîner une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral. L'effet d'un épisode de vapotage de cigarette électronique sur l'endothélium est similaire aux effets à court terme du tabagisme, de l'hypercholestérolémie ou du diabète, mais cette étude ne permet pas de savoir s'il aurait des effets nocifs à long terme sur la santé. 

Il est important de noter que les chercheurs n'ont pas étudié les effets des cigarettes électroniques sur les non-fumeurs en bonne santé, mais uniquement chez les personnes qui fument régulièrement des cigarettes et dont l'endothélium est peut-être déjà légèrement anormal - nous ne pouvons donc pas extrapoler ces résultats à des non-fumeurs. . Ils ont également étudié uniquement les effets d'un épisode de vapotage.

La deuxième partie de l'étude a consisté à exposer des souris à la vapeur de cigarette électronique pendant cinq jours au maximum et à évaluer l'impact sur leurs vaisseaux, poumons et cerveau. Les chercheurs ont trouvé des preuves de lésions de tous ces organes mais ces résultats sont moins faciles à extrapoler à l'homme et ils n'ont pas inclus tous les groupes de contrôle appropriés pour améliorer la confiance en ce résultat. 

Les conclusions des études sur les animaux concernant les effets possibles sur les poumons et le cerveau nécessitent donc des recherches plus poussées chez l'homme pour déterminer si le même phénomène se produit chez l'homme. Cependant, il est tout à fait clair que les cigarettes électroniques semblent avoir des effets potentiellement nocifs sur l'endothélium chez les personnes qui sont des vapoteurs ordinaires, ce qui indique qu'elles ne sont pas inoffensives."

Dr Gavin Sandercock, enseignant en physiologie clinique (cardiologie) et directeur de la recherche à l'Université d'Essex:

"Cette étude a été réalisée chez la souris et sur 20 fumeurs humains. Le travail avec les souris est très complexe mais je ne l'ai pas trouvé très convaincant. Le travail humain étant compliqué par le fait que les gens fumaient déjà, nous ne pouvons donc pas savoir dans quelle mesure l'effet observé pourrait résulter de dommages liés au tabagisme. 

Tous les effets du vapotage sur les fumeurs étaient des changements à court terme qui se produisent lorsque la nicotine pénètre dans le corps; que ce soit en fumant des cigarettes, en vapotant, en utilisant des patchs ou des gommes nicotinées - ils ne sont pas spécifiques au vapotage. 
Un grand nombre des problèmes de santé potentiels suggérés dans l'étude ne sont pas basés sur les humains qui ont participé, mais proviennent d'expériences effectuées sur des souris. Cela rend les résultats difficiles à généraliser à la santé humaine.

Les auteurs disent: "Au Royaume-Uni, 1,6% des 11-18 ans consomment des cigarettes électroniques plus d'une fois par semaine, contre 0,5% en 2015". Mais ces chiffres n'ont pas de sens si on ne sait pas la part de jeunes déjà fumeurs, ou combien auraient fumé des cigarettes s'ils n'avaient pas vapoté. Vaper est peut-être moins sain que de respirer de l'air, mais toutes les preuves suggèrent qu'il est loin d'être aussi malsain que de fumer des cigarettes. Parce que les cigarettes sont si nocives, beaucoup plus nocives que le vapotage, tout enfant qui vape au lieu de fumer s'en trouve mieux. De même, tout fumeur qui passe au vapotage est susceptible d'améliorer sa santé par rapport à quelqu'un qui continue de fumer des cigarettes.

Les auteurs décrivent comment ils mesurent le flux sanguin et la rigidité artérielle de 20 fumeurs actuels avant et après avoir vapoté. Mais nous savons que la cigarette provoque un dysfonctionnement endothélial - c'est un fait. Les changements décrits ici à la suite de la vaporisation sont de courte durée, de petite taille, ne sont pas nécessairement révélateurs d'un mauvais état de santé en soi et pourraient avoir été très différents chez les non-fumeurs ou même dans les vapoteurs habituels par rapport à ce petit échantillon de fumeurs. Nous ne pouvons donc pas dire à quel point ces effets sont liés au fait que ces personnes sont fumeurs.

Les auteurs disent: «Nos données peuvent indiquer que les cigarettes électroniques ne sont pas une alternative saine aux cigarettes traditionnelles et que leur "sécurité" perçue n'est pas garantie». Mais cet argument rate la question du meilleur niveau de sûreté relatif du vapotage sur les cigarettes fumées. Les cigarettes augmentent d'environ un tiers le risque de décès prématuré, et il n'y a pas encore de preuves indiquant que le vapotage constitue une menace pour la santé. Il n’y a de manière certaine aucune preuve qu’il soit pire ou aussi mauvais que les cigarettes.

Les auteurs disent que «l' épidémie de cigarettes électroniques aux États-Unis et en Europe, en particulier chez nos jeunes, est à l'origine d'une énorme génération de toxicomanes à la nicotine». Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. Selon le CDC l'année dernière, le taux de tabagisme a chuté au niveau record de 14% aux États-Unis. Les graphiques de l'OMS* indiquent l'ampleur de la baisse du tabagisme en Allemagne (où cette étude a eu lieu) et en Europe. L'OMS prévoit que cette chute de la prévalence du tabagisme va se poursuivre - ce qui ne permet pas de penser qu'il existe une augmentation de la dépendance à la nicotine.

Les gens ne seraient mis en danger en passant des cigarettes au vapotage si l'on savait que ces dernières présentaient PLUS de danger pour la santé, mais rien ne permet de penser que cela soit vrai."
* http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0009/402777/Tobacco-Trends-Report-ENG-WEB.pdf?ua=1


Pr Tim Chico, professeur de médecine cardiovasculaire et consultant honoraire en cardiologie à l'Université de Sheffield:

"Cette étude a été menée chez l'homme et la souris et montre clairement que les cigarettes électroniques ont des effets négatifs sur le système cardiovasculaire. Ces effets négatifs (augmentation du stress dans les vaisseaux sanguins et détérioration de la fonction des vaisseaux sanguins) ne prouvent pas complètement que les cigarettes électroniques conduiront certainement à des formes de maladies cardiaques telles que les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques, car elles nécessiteraient une très grande étude sur plusieurs années. Toutefois, ces résultats laissent penser qu'il est fort possible que l'utilisation de cigarettes électroniques augmente le risque d'attaque cardiaque et d'attaque cérébrale plus tard dans la vie.

Même si je soupçonne toujours qu'il est peu probable que les cigarettes électroniques soient aussi nocives que le tabac conventionnel, toute augmentation du taux d'utilisation de ces cigarettes chez les personnes qui n'ont jamais fumé de produits du tabac conventionnels serait particulièrement préoccupante. Il n'est pas vrai que les cigarettes électroniques soient inoffensives. Cette étude a révélé que les cigarettes électroniques produisent de nombreux produits toxiques pouvant endommager les tissus sains.

Les auteurs de cette étude appellent les pays à envisager de les interdire. Cela soulève une question délicate, car une interdiction à ce stade serait l'absence de preuves évidentes d'une augmentation à long terme du risque de maladie cardiaque. Cependant, il faudra des années pour accumuler de telles preuves avant que des personnes s'exposent à des risques.

Cette étude ne devrait empêcher personne de prendre des mesures pour réduire ou cesser de fumer, mais si vous utilisez des cigarettes électroniques, vous devez les utiliser pour un minimum de temps et comme moyen de cesser de fumer (y compris de cesser complètement de vapoter). Je salue cette étude en tant que signe important de la nature potentiellement dangereuse des cigarettes électroniques."

Pr Jacob George, professeur de médecine cardiovasculaire à l'Université de Dundee:

"Il s'agit d'une étude scientifique basique in vitro et chez la souris, avec une sous-étude de 20 sujets humains, dans laquelle une seule cigarette électronique a été vapotée par des volontaires et la fonction vasculaire testée avant et après. Nous avons encore besoin de beaucoup plus de recherche avant de pouvoir traduire ces données précliniques en un tableau clinique cohérent.

En ce qui concerne l’étude chez l’homme, il est impossible de tirer des conclusions définitives de ces petites études à exposition unique, c’est pourquoi des essais cliniques randomisés plus vastes sont nécessaires. Les résultats vont également à l'encontre d'essais cliniques de plus grande durée et de plus longue durée conduits par C. D'Ruiz et al. (1) et K. Farsalinos et al. (2), qui démontrent une réduction de la pression artérielle avec l'usage de la cigarette électronique, ce qui implique des améliorations de la fonction vasculaire avec l'utilisation du vapotage.

Etant donné que cette étude n'a pas pu démêler les effets de l'usage antérieur de cigarettes au tabac et de double usage (la plupart des vapoteurs sont d'anciens fumeurs) sur ces volontaires, les conclusions sont loin d'être claires."
1 Regul Toxicol Pharmacol 2017; 87: 36-53
2 Intern Emerg Med 2016; 11:85–94

Pr John Britton, directeur du Centre britannique d'études sur le tabac et l'alcool et consultant en médecine respiratoire à l'Université de Nottingham:

"Cette étude suggère que le vapotage resserre les vaisseaux sanguins chez l’homme et a divers effets sur les vaisseaux chez la souris. Je ne suis pas cardiologue, donc je ne sais pas dans quelle mesure ces changements sont convaincants, mais je sais que cette étude ne peut nous dire quels sont ces effets dus à la nicotine dans les vapeurs et ceux (le cas échéant) dus à d'autres composants de la vapeur. Nous savons que la nicotine contracte les vaisseaux sanguins et elle est évidemment essentielle pour que les e-cigs remplacent efficacement le tabagisme. Nous devons donc savoir si l’un de ces changements se produit sans nicotine dans les vapeurs, ce que nous ne pouvons pas dire avec cette étude.

Le vapotage n'est pas inoffensif, il risque simplement d'être beaucoup moins dommageable que les cigarettes fumées de tabac. Ce document apporte des éléments de preuve sur la sécurité des cigarettes électroniques, mais ne traite pas de leurs méfaits en relation avec ceux du tabagisme. C'est le préjudice relatif qui compte - et c'est pourquoi tous les fumeurs qui passent du tabagisme au vapotage s'en porteront beaucoup mieux, et cette étude ne change rien à ce fait."

Pr Paul Aveyard, professeur de médecine comportementale à l'Université d'Oxford:

"Ce document rapporte une petite étude menée sur 20 volontaires humains, des souris et des cultures cellulaires, montrant que le vapotage affecte négativement la fonction de la paroi des artères. Le dysfonctionnement de la paroi des artères est l’un des mécanismes par lesquels le tabagisme provoque des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux. Ce constat est donc important, mais il convient de garder à l’esprit que nous savons à quel point le tabagisme est nocif. Malheureusement, cette perspective est perdue ici.

Au Royaume-Uni, rien ne prouve qu'il existe un marché important pour le vapotage parmi les jeunes qui ne fument pas. Beaucoup de jeunes essaient de vapoter, mais la plupart ne le font que quelques fois. L’usage régulier chez les jeunes qui ne fument pas est rare et parmi ceux qui vapotent, l'usage est peu fréquent. Pendant ce temps, plusieurs millions de Britanniques tentent chaque année d’arrêter de fumer en utilisant une e-cigarette et nous savons que les e-cigarettes les aideront à réussir. Presque tous les adultes qui utilisent régulièrement le vapotage le font soit dans le but d'arrêter de fumer, soit pour éviter de recommencer à fumer.

Les fumeurs actuels et les anciens fumeurs qui vapotent devraient-ils cesser de vapoter suite à cette publication? La recherche aurait été utile aux personnes confrontées à ce choix si elle avait comparé les effets du vapotage à ceux du tabagisme, mais ce n’est pas le cas. Elle a seulement montré que le vapotage altérait le fonctionnement des artères, mais il est impossible de savoir à quel point cet effet est nocif à long terme. 

Par exemple, l'effet décrit dans cet article sur les parois des artères à la suite d'un vapotage peut être observé dans des études similaires sur les effets du tabagisme. Les études sur le tabagisme ont montré que la vitamine C permettait d’inverser le mauvais fonctionnement des artères, mais nous sommes certains que prendre de la vitamine C ne prévient pas les crises cardiaques ni les accidents vasculaires cérébraux, même chez les personnes à risque. Cela ne peut donc pas être la seule voie d'action par laquelle fumer nuit aux artères. 

Les agences de santé publique britanniques, les associations caritatives, et les organisations de médecins conseillent aux personnes qui ne peuvent pas arrêter de fumer de passer au vapotage. Ces résultats ne devraient pas dissuader les gens de le faire."

Référence de l'étude:
‘Short-term e-cigarette vapour exposure causes vascular oxidative stress and dysfunction: evidence for a close connection to brain damage and a key role of the phagocytic NADPH oxidase (NOX-2)’ by Marin Kuntic et al. published in European Heart Journal, 13 November 2019.
DOI: 10.1093/eurheartj/ehz772


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